SOMMAIRE D’APPRENTIS INTRO ET VOCABULAIRE
« Il est difficile de faire comprendre quoi que ce soit à quelqu’un, quand son salaire dépend de ne pas le comprendre. » Citation d'Upton Sinclair, prise de la rubrique de Mike Mailway (pseudonyme pour L.M. Boyd), syndiquée dans le journal The Seattle Post-Intelligencer.
Je te prie de lire « L’Avenir » d’abord.
D’une manière ou d’une autre, cette ère sinistre grince à sa fin. Fini l’époque où des directeurs d'armes pourraient promouvoir d’autres bénéfices de la guerre … même de faux bénéfices. Ces temps-là ont révolu. La dynamique sociale gaspillée naguère en célébrant des mythes d'armes ne demeure plus en surplus. Aucune justification ne reste pour de l’ignorance réflexive, la pauvreté faite exprès, le désastre stimulé et une frénésie de surpeuplement : de loin les politiques sociales les plus coûteuses. Leurs remplacements supérieurs nous amèneraient moins d’enrégimentement et de souffrances, et donc davantage de profit ; d’encore plus grande importance, ils réduiraient la mauvaise volonté qui nous infecte.
Nous manquerons bientôt de pétrole. Il y a une dizaine d’années, sans que personne ne nous en ait averti, nous avons dû nous projeter par dessus l’intersection de la crête ascendante de demande pétrolière et la cime en diminution de son rendement.
L’inertie de la terre en armes est trop massive pour être stoppée. Elle nous a rendu en un de ces héros de dessin animé : suspendu juste au-delà du précipice et battant des pieds en l’air afin de se maintenir à la hauteur. Il ne reste que quelques moments (pas plus) pour choisir ce que nous amènerons par dessus ce précipice.
Nous pourrions nous y projeter munis de l’appareil lance-flammes le plus récent qu’ait su produire la terre en armes : la mort hypertechnique au bout des doigts, capable de frire quiconque oserait nous l’arracher, coûtant fortune. Pourquoi pas plusieurs, et puis autoportées à chenilles et lourdement blindés ? Qui rendront une grande éclaire et un boum satisfaisant quand nous écraserons au fond de ce gouffre. Un spectaculaire feu d’artifice : de fuligineux bouts de corps et débris d’appareil volant partout !
Sinon amener parachute : soigneusement tissée, éprouvée forte et fiable, empaquetée avec amour, et nous étant consciemment sécurisée. S’entraîner raide afin de bien s’en servir et atterrir tout doucement au fond, comme des secouristes parachutistes experts.
Sans doute nous y jetterons-nous à mi équipés entre ces deux extrêmes : pourvus d’une miteuse parachute d’urgence afin de soutenir notre tank lance-flammes d’une pesanteur intermédiaire.
Si seulement nous nous serions penchés sur ces problèmes aux années 1950s, quand nous disposions de réserves de pétrole suffisantes pour retenir cette chute au poids de plume ! Si seulement un antécédent plus génial et convainquant qu’APPRENTIS eut pu être disséminé en millions d’exemplaires, depuis une génération ou deux !
Mais les responsables de la terre en armes furent trop myopes pour entreprendre ce qu’il fallait, et leurs remplaçants modernes n’ont démontrée de vision supérieure depuis, bien au contraire. Ils nous ont suffis, sots qu’ils furent et que nous sommes.
Tendant aux lance-flammes : le sacrifice de l’Autre ; tendant aux parachutes : la célébration des Apprentis.
Ce n'est plus un simple profit à nous de poursuivre, mais le partage de l’association d’Apprentis : le devoir d’apprendre et l'humanité de la paix globale (selon Mengzi).
Notre avenir est compromis par nos pires habitudes communes : la présomption de nos élites, l’ignorance du prolétariat et notre soumission collective à l'erreur. Ces préjugés, craintes et avarices menacent la sagesse ordinaire ; l'ignorance, la paresse mentale et l’isolement individuel court-circuitent notre bon sens commun.
Les exhortations d’APPRENTIS méritent d’une considération vigoureuse ; des meilleures solutions de rechange, application immédiate. Nous avons déjà gaspillé trop de temps. Hâtons-nous, à présent, avant qu’il ne soit trop tard.
De puissants intérêts privés préféreront retarder cette transformation ; ils persisteront à bloquer, avec leurs babillements insignifiants, d’immatures réseaux de communication d’Apprentis : l'Internet et les médias de corporation en particulier. Ces élites d'info persisteront dans leur vente ambulante d’éphémères priorités, à travers des rangs serrés de médias de monologue en masse. Des conspirateurs d'avarice s’accroupiront derrière leurs droits de propriété privée et d'autres mythes d'armes, afin d’outrager la commune avec impunité.
Une fois que triompheront les Apprentis, ces techniciens d'armes (des techniciens globalement inférieurs de paix) pourront trouver déplaisant leur nouvelle condition de vestige, puisque souffrant du retrait clinique de tant d'argent, d'autorité et de prestige : ce dernier l’ultime bénéfice des militaires. Des élites de bataille pourront hésiter à se subordonner aux nouvelles priorités de leurs hôtes prolétaires et refuser de coopérer avec leurs ennemis d’hier, sauf afin d’induire des destructions supplétives.
Les fondamentalistes religieux d’aujourd’hui sont des carnassiers ressuscités en retraite sournoise. Ils ne trouveront d’appuis dans APPRENTIS pour leur adoration de soi. Prêchant les contradictions patentes de la bigoterie religieuse et des meurtrissures bénies, ils se maudissent eux-mêmes et tous ceux qui les suivent. Néanmoins, exactement ces mêmes gens pourraient opter de célébrer davantage et sacrifier moins, rendre plus de gens plus heureuses et moins belliqueuses, et donc leur dévotion due à la paix et à Dieu.
Ainsi de même, ceux qui s’extasient dans la catastrophe. Aucune différence s'ils puisent leur inspiration du livre de révélation dans la bible, d'une interprétation rageuse du Coran ou d'une autre source qu’ils ont empoisonnée. Ils réagissent comme un meurtrier chauffeur d’autobus, rêvant de l’accident incandescent qui consumera tous les passagers lui étant confiés. Il s’agirait de ne plus recruter de tels comme nos guides.
C’est avec d’éblouissants miracles que nous devrions nous amuser comme des bébés gloussant par terre—plus jamais d’instopables catastrophes.
Toi, activiste indigné ! Interrompt ta fascination hypnotique des raisonnements périmés. Secoue-toi de ta terrible léthargie, de tes préoccupations futiles et du vide véhément que tu as hérité. Épaule au lieu le joug d'or de l’Apprentissage et observe la fleuraison brillante qui pourrait éclater derrière toi dans les sillons que tu traceras avec le restant du monde.
Nous devons – en déroute comme nous sommes devant les forces de la réaction – faire retentir le battement de rassemblement afin que nos amis et alliés puissent nous rejoindre depuis les fins fonds du monde. Nous qui ne partageons plus aucune vision commune au-delà de nos craintes les pires, rassemblons-nous autour d’APPRENTIS et tenons bons ensemble sur cette position imprenable, jusqu'à ce que l’assaut de nos opposants ne s’épuise, que leurs arguments ne s’envolent en éclats et que leurs résultats ne confirment rien que le pire ; puis retournons, une fois pour toutes, à l’encontre avec élan.
Ce livre ne propose que quelques petites répliques à nos problèmes les pires. Attends-toi à de meilleures solutions quand des nouvelles coopératives d’abondance et de plénitude susciteront la créativité des Apprentis. Une fois que réapparaîtra ce coopératisme créatif, nous gagnerons nouvelle voix dans toutes les discussions qu’illuminera notre curiosité. Chaque pas de bébé, chaque antinomie résolue – tant individuelle qu’institutionnelle – vaudra un autre round pour les Apprentis.
Il va toutefois falloir d'abord vanner notre constellation de métaphores politiques de son contenu d'armes ; seulement alors serons-nous capables de nous émanciper du Reich de mille ans de sa mentalité.
Nous devrions établir des casinos d’Apprentissage : des installations magnifiques de récréation où pourraient se recueillir des maîtres de jeux, programmeurs, artistes graphiques et leurs compagnons contestants. Ils créeront ensemble et joueront au-dedans des jeux électroniques visuels : des simulations virtuelles de la réalité, jeux de cartes et de table, drames et simulations interactives en formes dépassant l’entendement courant.
Ceux dont le talent primaire serait d’assembler et contrôler ces scénarios, y trouveront toute l’adulation et les récompenses qu'ils cherchent … un peu comme les peintres de la renaissance italienne, les dramaturges dans Londres de Shakespeare, les compositeurs de musique classique à Vienne et les cinéastes du vingtième siècle. Voir le livre de Marc Prensky, Digital Game-Based Learning, (L’enseignement d'après des jeux numériques), McGraw-Hill, New York, 2001, afin d’entrevoir des croquis préliminaires de ce genre de jeu.
Les problèmes sociaux y seront joués afin de découvrir des solutions innovatrices. Des jeux politiques familiariseront les électeurs avec des sujets sociaux complexes. Les Apprentis s’engageront dans des scénarios individuels et sociologiques de jugement critique – tant frivoles que représentant un danger de mort – aux échelles de jeu micro, macro et hypercosmiques.
Selon un proverbe chinois, dix milles morts sont nécessaires pour établir la réputation d’un général. Dans ces nouveaux casinos, des contestants approfondiront leur sagesse bien meilleur marché : leurs décisions les plus désastreuses n’auront que des conséquences « sur papier. » Des logiciels de réalité virtuelle et de vidéo interactive simuleront une vaste gamme de choix de probabilités alternatives. D’exotiques propositions sociales seront jouées en public afin de dénombrer en détail leurs résultats à longue portée. Ces joueurs auront à dépister des faiblesses, conséquences inattendues, fausses idées et échappatoires de malfaiteur ; tous leurs résultats se rendront en composants d’archives publiques et de recherche scientifique.
Ces casinos d’Apprentis aménageront une bourse de probabilité des valeurs (décrite par John Brunner dans Sur l'onde de choc ; beaucoup de mes meilleures inspirations sont reparties dans ses livres.) Là, en tant qu'éléments du réseau neurologique recablé du monde, ces contestants prévoiront des tendances sociales comme un spectacle sportif profitable. Ces casinos pourraient coordonner leurs activités avec celles des réseaux d’Apprentissage, des milices du monde, des centres d’Apprentissage de renaissance et d'autres fonctions administratives : certaines déjà suggérées dans ce livre, d’autres à venir.
Des nouvelles cérémonies d’Apprentis absorberont l’hostilité et l’homicide guerriers, peut-être au moyen d'exercices de milice à munitions ardentes. Le livre d'Ernest Callenbach, Écotopie, dépeint cette forme rituelle de pseudo bataille.
Établir un champ de jeu clos ; l'emmurer au loin et le rendre opaque aux spectateurs curieux. Un « dôme de douleur » souterrain pourrait rendre meilleur service. N’écrire aucune règle. Armer des antagonistes nus avec de méchants bâtons cloutés et remplir des salles de secours avec la récolte de leur fureur.
Débuter avec les représentants chefs politiques, militaires et religieux de regroupements militants par cinquantaine, et puis leurs remplaçants par cinquantaine, puis encore cinquante, jusqu’à qu’ils n’en aient plus en dehors de l’hôpital. Qu’ils exercent leur haine à foison ! Cela pourrait mieux servir que d’envoyer en douceur des enfants innocents et patriotiques, dotés des matériaux militaires du dernier cri et de notre bénédiction sociale, pour enfanter au loin le chaos militaire à l’encontre d’innocentes victimes.
De nos jours, la violence d'arène et télévisée satisfait des impulsions répugnantes sans promulguer de catharsis ni d’analyse sérieuse. Les jeux de brutalité d’Apprentis excluront les simples voyeurs à la recherche de frissons sans risque. Ces confrontations artificielles pourraient sembler supérieures aux scènes de crime, prisons et champs de bataille où nous laissons à présent flâner libre notre maudite fureur.
En échange de leur participation volontaire et anonyme, ces jeux pourraient fournir :
· mystère et initiation ;
· un vraisemblable risque de sacrifice, de dégât sérieux et de fatalité ;
· la retrouvaille mystique des mutualités de compréhension particulière et de rémission des péchés ;
· des cérémonies élaborées de pardon mutuel et d’assainissement rituel ; et
· renaissance spirituelle dans le monde réel : là où de telles cruautés d’atavisme ne seraient plus tolérées.
Comme exemple extrême, les Mayas pratiquèrent un jeu de balle sacré si sérieux que l’équipe gagnante ramassait les affaires des spectateurs, et le capitaine de l’équipe perdante (gagnante ?) sacrifiait parfois sa vie. De telles confrontations proviendront peut-être du défi de duel—pourvu que les individus défiés puissent recruter des champions volontaires et mercenaires.
L'exploration de l’espace nous offre une arène prête à l'emploi mortel pour ceux devant se faire servir leur mortalité bien chaude.
« La combinaison singulière que produit l'aventure : son emparement de pouvoirs physiques et mentaux, son décrochement du monde ordinaire, sa réintroduction au-dedans et son renouveau spirituel, ressemble de façon étroite et formelle aux mythes classiques guerriers. En prenant des soins pensifs, il devrait être possible de concevoir des aventures qui puissent servir comme cérémonies d’initiation pour des garçons effectuant leur transition dans l’age d’homme. Des activités non fondées sur l'aventure, et des mythes non fondés sur la guerre, peuvent sans doute être développés, qui avanceraient les hommes vers la maturité et l’expérience transcendante. Affirmer que les mythes satisfont des besoins humains et que nous ayons besoin de nouveaux mythes, cela n'implique pas que l’époque des lumières se serait éteinte, mais seulement que le rationalisme à ses limites : étant capable de rompre le monde en morceaux mais non de le rassembler. Il n’y a que des drames et visions qui en soient capables. » James William Gibson, Les rêves guerriers : La violence et l’age viril en Amérique après Vietnam, Hill and Wang, Division of Farrar, Straus and Giroux, New York, 1994, p. 308.
Ces jeux de guerre en temps réel imiteraient peut-être des simulations contemporaines de champs de bataille historiques et des tournois à boule de peinture. Dans ces environnements ritualistes et bien structurés, des individus pourraient manifester leurs exigences ataviques de combattre, se maintenir, se sauvegarder ou se soumettre. Comme dans des exercices d’arts martiaux, ces manifestations de brutalité pourraient induire un certain dégât sérieux et même la fatalité exceptionnelle, provoqués en proportion directe de la sévérité des conflits locaux, dont la proportion numérique pourrait être directement contrôlée dans le nombre permis de balles ardentes vis-à-vis celui des coups aux amorces. Les premières mortalités et blessures durant cette cérémonie la termineraient. Ces risques et sacrifices délibérés feraient toutefois partie intégrale de cette procédure psychique, et l’on pourrait interdire toutes ces activités en dehors de telles arènes.
Ces drames cruels pourraient se transformer en leçons de civisme. Émergeant de ces rituels hermétiques, leurs participants secoués éviteraient désormais la violence ; ils subiraient volontiers de longs rituels curatifs, comportant des soins médicaux, purifications spirituelles, guérison psychiatrique et rapatriement à la paix, et ne revisitant plus ces arènes de souffrance à moins de devoir redécouvrir leur avidité de violence.
Ceux s’étant adonnés à la violence pour de bon se rendraient en gérants rémunérés, chanoines de culte et habitants permanents de ces lieux tabous. Ils serviraient aussi comme remplaçants mercenaires ou volontaires pour des faiblards invités en duel. Chacun pourrait trouver sa place légitime au monde paisible, même les plus farouches.
L'alcool, les drogues, la prostitution, les jeux de pari et d'autres penchants humains semblent multiplier les coûts sociaux, en particulier quand rendus rares et coûteux par la prohibition juridique. Dans ces cas, ils devraient être légalisés, subventionnés et complètement réglementés afin d’en réduire les frais sociaux. Les toxicomanes devraient pouvoir obtenir leurs drogues gratis ; en effet, leur penchant devrait être subventionné. Ces dépenses seraient beaucoup moins onéreuses que celles résultant de notre habitude actuelle de forcer d’innocentes victimes à soutenir leur addiction de façon directe et disproportionnée en se soumettant à leur petite criminalité.
Des nouvelles cérémonies religieuses démontreront aux jeunes Apprentis le pathos résultant de leur immoralité. Ces rituels d’Apprentis pourraient reconstituer des anciens jeux de moralité d'excès et la boîte de Pandore qu'elle libère. Des cultes de mystère ont eu la même fonction pendant l’antiquité ; les anciens rites d'ivresse obligatoire des Dionysiens, eux aussi. Une fois que notre société fournira des asiles sécurisés d’initiation, d’intoxication et de convalescence, nous allons enfin pouvoir limiter de manière fiable l'intoxication publique et les addictions nuisibles qui deviendront d’impensables faux-pas publiques pour les participants d’une telle société paisible.
Ainsi de même, la communauté des Apprentis encouragera la recherche particulière dans des drogues révélatrices et hallucinogènes. Des amis se réuniront dans des kivas légaux ; là pourront-ils partager des drogues bon marché, légaux et de haute qualité afin de méditer ensemble sur Dreamtime : ces kivas étant sécurisées pour de telles activités. Pourtant, l'abus public des drogues et de l'alcool ne diminuerait jamais la responsabilité particulière. Au contraire, des crimes aggravés par ces abus tireraient des pénalités encore plus raides de jurys d’Apprentis. Après tout, ces jurés se seraient rendus par là-bas et en auraient fait autant sans conséquences tellement graves.
Cela fait au moins dix milles ans que des êtres humains se droguent ainsi. La prohibition arbitraire est de la folie furieuse. Nous devons régler les drogues de rue afin d’assurer leur qualité et réduire leur toxicité. La désignation sativa, du cannabis sativa, voici une honorifique vieille de milles années que le Sanskrit ne réserve qu’au riz et à d'autres (?) plantes bénignes. Correctement cultivée et administrée, ses qualités médicinales et de Dreamtime transcendent ses risques. La marijuane de haute qualité réduit les tensions nerveuses—contrairement au détritus engourdissant d’esprit que la police et des criminels ont conspiré à raffiner. Elle favoriserait la socialisation et le discours philosophique, sans nuire à notre poursuite de la muse. La paix des Apprentis accepterait son inspiration.
Il y a deux raisons que les drogues de récréation restent illégales. La première : que faire de tous ces teneurs de lance accrédités dans la guerre contre les drogués : tous ces flics et criminels, les grands et les petits, une fois mis au chaumage ? La guerre contre les drogués a crée une légion d'agents, de pifs, de marchands grands et petits. Tous les abus sociaux leurs sont devenus coutumiers. L’essai de leur trouver une nouvelle embauche lâcherait un contre coup de criminalité raffiné dont le semblant afflige la Russie depuis que sa police secrète perdit son permit de terroriser la populace, au nom de la révolution.
La deuxième raison que la guerre contre les droguées soit menée contre nous ? Les réactionnaires politiques ont obtenu d’énormes bénéfices en inondant les banques mondiales de leur revenue de drogue. Depuis les dernières décennies, ces réactionnaires ont financé leur ascendance médiatique au moyen de cette marge brute d'autofinancement criminelle. Tous leurs avantages se tariraient si nous rendions légitime l'utilisation de la drogue. Chaque nouvelle prison, chaque loi de drogue et chaque achat illégal augmentent leur marge de bénéfices et leur base de pouvoir. Pense à cela, la prochaine fois que tu te taperas ta favorite drogue illégale.
Aujourd'hui, certains irresponsables commettent des crimes fous et blâment leurs résultats horripilants à leur consommation de drogues. Les élites d'info rendent soigneuse leçon particulière à ces menteurs égoïstes, afin que leurs histoires d’horreur, récitées très correctement, puissent démoniser tous les criminels de drogue sans victime. C’est pareil pour les survivants en deuil des preneurs suicidés de drogues. Bien que ce choix assidu de lampistes ne peut jamais nier l’emploi des drogues de récréation. Quiconque mis en panique par l'abus adulte des drogues doit comprendre sa neutralité essentielle. Quand des drogues libèrent des manifestations destructives, elles n’arrivent qu’à magnifier un conflit psychologique situé en profondeur : notamment notre défi subconscient de la dialectique d’armes et de paix. La solution ne réside pas en claquant davantage de portes psychiques ; nous devrions au contraire envelopper ces victimes psychiques dans des filets de sûreté beaucoup plus forts, cléments et caressants.
Je n’ai guère envi de prendre la plupart des substances psycho-actives. Une fois que ces drogues seront légalisées, je préférerai cultiver les plus inoffensives dans mon jardin sinon en mander à mes amis depuis les leurs. Toutes ces drogues, cependant, devraient être légalisées. Cela réduirait des crimes secondaires et l'interposition d’une police envahissante : des maux de loin pires, à la longue.
Comme la mangeaille de trop de chocolat, la prévention des malheurs liés aux drogues deviendraient une des principales responsabilités des médecins aux pieds nus en localité, dédiés au vœu d’Hippocrate : « Ne fais aucun mal » et non d'une police armée, importune et remueuse d’ennuis subséquents.
Les mineurs devraient se refuser de telles drogues par choix. Il s’agirait de leur trouver une meilleure alternative. Ils préféreraient peut-être de se garder intacts pour des cérémonies graduées d’initiation d’âge de pair : façonnières beaucoup plus fortes de leur destin. Imitant des cérémonies ancestrales de tribu, ces rituels d’Apprentis favoriseraient des liens intensifs de parenté parmi des cohortes d’age locales. Adhésion dans ces clans doterait leurs noviciats des récompenses de maturité et de responsabilité sociale bien chronométrées et méritées.
Le contrôle du crime local deviendrait une de leurs responsabilités primaires. Les enfants assumeront des privilèges d'adulte, une fois prêts à assumer leurs responsabilités correspondantes mais pas avant. Des responsabilités policières pourraient être transférées aux enfants en bas âge, dans une société bien avancée dans la paix : là où on n'aurait depuis des années entendu parler de brutalité déréglée.
Ce texte hèle l’idéalisme réformateur de la jeunesse. Appelle cela « ferveur révolutionnaire » à défaut d'une expression préférable. Tous ceux modérément raisonnables partagent un kalotropisme : une attraction innée au bien. Notre conscience morale nous guidera de façon fiable au travers, une fois que nous cesserons de la supprimer.
Aujourd'hui, cette ferveur reste assoupie : aucune voie d’expression ne lui reste permise. La mentalité d'armes transforme cette camaraderie salubre en exclusivité de prisme, nationalisme rabique, préjudice paroissial, en haine de soi et, somme toute, l’intention de devenir soldat. Sous cette male gouverne omniprésente, le lait maternel de la bonté humaine se caille en anéantissement et outrage. Hypnotisés depuis l'enfance par des menteurs experts d'armes, nous rejetons nos idéaux et résistons au progrès. Puis nous demandons-nous : pourquoi notre petit morceau du puzzle refuse-t-il de se joindre proprement ?
La plupart des gens défient ces perversions, du moins dans l'intimité de leurs propres pensées, bien que leur défi se fonde sur des vocabulaires désuets, politiques démodées et appels faiblards pour une justice circonstancielle. Notre esprit libéral de méliorisme atomiseur est en panne. Afin de le redémarrer une fois pour toutes, il nous faudra une grande majorité d’Apprentis engagés partout au monde dans des coopératives d’abondance.
Les Apprentis de paix transformeront cet idéalisme réformateur en une dynamo de transformation. En s’en servant ainsi, ils seront destinés à la gloire. Étant donné un métier mécanique de reconnaissance valeur capable de retisser les mille rives de sa toile et la fortifier en y remettant maintes côtes de ferveur révolutionnaire, nous pourrons réparer en quelques ans notre tissu social effiloché et retisser ce drap de toutes les couleurs en une petite génération.
Les meilleures âmes s'enveloppent aujourd'hui dans de moelleux mysticismes et positivismes. Nous nous vautrons dans des pseudo philosophies et patacroyances superficielles, nous empoisonnons l’esprit par l'abus des drogues, la pathosexualité et des impulsions vaines de prisme et de mauviette. Nous relisons une suite illimitée de livres et de journaux qui ne favorisent que la mentalité d'armes, et passons de longues heures devant l'écran de télévision dont la programmation ne réussit qu’à souligner notre impuissance et futilité sociale. Nous nous livrons à la paralysie mentale, à l'inertie bien scientifique, au nihilisme post-moderne, au fondamentalisme sans fondement et à notre croyance religieuse dans l’impossibilité d’un progrès sensible.
Nous nous enfuyons dans le « cool » particulier, le canular évasif et le refus de prendre quoi que ce soit au sérieux, à part notre ego soigneusement engraissé. De façon désespérée, nous nous adonnons à une succession de dispositifs de démenti. Nous ne prêtons attention plus à rien, ces jours-ci, qu’a ce qui maintiendrait notre niveau superficiel de confort en confirmant nos préjudices les pires. Par crainte de nous rendre en fanatiques, nous n’acceptons plus aucune nouveauté ni inspiration. Nous nous rendons en crédophobes : des névrosés trop foutus et trop « cool » pour ne plus croire en rien.
Ce gaspillage de talent et d’intellect favorise la mentalité d'armes qui préfère la moiteur de ton « cool. » Moi et la paix, nous favoriserions plutôt l’ardent flambeau de ton Apprentissage.
Ne compte plus sur aucun avantage de grâce – ni du cru, ni acheté ailleurs, ni appris des livres – jusqu'à ce que la paix globale ne prévale. Cinq milles ans d’unilatéral perfectionnement particulier, de sanglant développement national, de dissidence nulle et de renouveau d’un quelconque culte fanatique : voici tout ce que nous puissions exhiber de notre histoire—un rallongement extraordinaire de temps et d’efforts pénibles, gaspillé sans fin.
Toutes ces notions démodées ont pris leur meilleure opportunité et ont été accordées plus qu’une chance pratique de réussir ; encore plus de latitude que n’admettrait une sagesse prudente, étant donné leurs retombées désastreuses. Elles ont échoué aussi minablement qu'elles furent adroitement annoncées et entretenues de façon fanatique.
Il est temps qu’elles soient balayées de la scène actuelle comme des chiffons moisis, sinon les porter aux toits pour les rincer au savon de Marseille dans de bonnes eaux copieuses et les laisser sécher au soleil dans la chaleur du plein jour, que leurs coloris s’éclaircissent.
Nous devons énormément améliorer notre scène globale. D’autres remèdes, d’atteinte si difficile auparavant, se manifesteront presque automatiquement, une fois que les Apprentis auront réaménagé ces préliminaires. Le désire d’apprendre pourrait soulever, à lui tout seul, le niveau de vie du peuple moyen autant que de celui extraordinaire. Développée sagement, une vraie abondance pourrait remplacer les difficultés et terreurs aménagées minablement depuis lors, jusqu'à ce que nous partagions chaque essentiel en paix. La paix et l'abondance deviendront nos dues légitimes dont nous aurions déjà versé plein comptant. Chaque menace et pénurie restante sera un problème d'isolement soumis à une résolution rapide et décisive—et non la prochaine catastrophe imprévue, balayée expertement sous le tapis par nos institutions séniles.
Les contemporains pauvres prennent pour accordées certaines pratiques pour lesquelles un empereur de l’antiquité aurait troqué l’un de ses royaumes : des téléphones et vaccins, par exemple. Au monde des Apprentis, les pauvres réclameront des sécurités et conforts surpassant les luxes piteux dont se vantent les milliardaires assiégés d'aujourd'hui.
APPRENTIS fournissent aux ambitieuses proto-élites et aux élites contentes d’elles-mêmes le seul défi digne de leur braggadocio. Leur coopération de bonne volonté est essentielle dans la planification et exécution de cette entreprise ; leurs accomplissements actuels, insignifiants en comparaison. En soutenant les Apprentis, leurs descendants bénéficieront de richesses, de pouvoirs et de luxes surpassant leurs rêves les plus transcendants, même après que tous les besoins légitimes auront été satisfaits.
Au boulot ! Renonçons à l'affichage de surconsommation paramilitaire que nous confondons avec la réussite, abandonnons des rapports suicidaires entre les riches et les pauvres, de plus que quinze et cinq à un. Offrons au lieu à chacun le libre choix entre une modération sereine et les aventures les plus périlleuses que des Apprentis pourraient trouver utiles.
Nos proto-élites d’Apprentis sont au point de se rendre compte de leurs responsabilités. Réagissant au hasard à chaque stimulus, nous nous rendons à tour rôle en mauviettes, prismes et chaosistes ; en élites et prolétariens d'info ; en progressistes, modérés et conservateurs. Du reste, nous sommes de moins en moins disposés de nous pétrir dans ces recoins politiques. Nous rejetons des vieilles valeurs, mais nous sentons déroutés par les événements courants. Ne retenant aucune vision valide du futur, nous n’embrassons aucune conviction soutenable. Comme celle des nouveau-nés, notre attention se fige sur des babioles voyantes. N'importe l’ardeur de nos tentatives, nous demeurons incapables de nous focaliser sur un progrès légitime.
« Quand j’étais enfant, je parlai comme un enfant, je comprenais comme un enfant et je pensai comme un enfant : mais quand je suis devenu un homme, j'ai mis de coté les choses infantiles. » La bible, le livre des Corinthiens, 13-11.
Les Apprentis trouveront des alliés bienveillants des deux côtés de toutes les séparations sociales. Soulagés de leur crainte, beaucoup d’associés fidèles émergeront adoucis de leurs nids de mitrailleuse : de classe, d'ethnie, de nation, de religion et de métier. Chaque barrière demeurant au monde des Apprentis affichera quelque unicité culturelle et artistique—et pas grand-chose de plus. Elles ressembleront à L’Oktoberfest des Allemands et les Powwows des indiens aux Etats-Unis : des sources de fierté et de réconfort plutôt que d'hostilité et de soupçon. La plupart de nos adversaires supposés s’assortiront comme des alliés naturels. L'effort le plus assidu du restant ronchonneur ne posera aucun retard au progrès des Apprentis.
Les chapitres d’APPRENTIS ne sont pas taillés en pierre. Traite-les comme des plates-formes de discussion : scènes en rond depuis lesquels projeter un avenir plus brillant. Des enthousiastes professionnels et des amateurs doués devraient reconsidérer toutes les prétentions conçues au-dedans ; leurs discussions engendreront une brillante commune de biens d’Apprentis. Notre première et dernière questions devraient être : « Que pourrions-nous accomplir, si plus aucune limite ne nous fut imposée ? »
Ou les Apprentis traîneront l'humanité au monde en paix, quoi qu’elle se tapisse toute hurlante—sinon la terre en armes nous défilera, la main dans la main, endormis et souriants, jusqu’au désastre militaire.
Toi. OUI, TOI ! Baisse ta pelle et cesse de provisionner la plus sale des machines de la technologie d’armes (quit stoking the WeaponWorld Jive Drive.) Défie la mentalité d'armes partout où tu la trouveras. Sois anarchique selon ta disposition inimitable, sinon engage-toi dans de nouvelles collectivités afin d’assurer la réussite de vos projets favoris. Consacre ta vie à la sainteté discrète, comme l’ont fait tes ancêtres, sinon fais tranquillement croche-patte à la prochaine brute pourchassant devant ta porte une victime voisine.
De toute façon, étire-toi ! Ce miracle, pourchassé depuis le début du temps humain, le voici à peine dans notre porté.
« Notre façon de concevoir la justice et la vérité est infailliblement condamnée à être dépassée dans les ages à venir : nous le savons ; et, loin d’abattre notre courage, cette certitude, cet espoir, sont les plus efficaces stimulants de notre élan actuel. Le devoir strict de chaque génération est donc d’aller dans le sens de la vérité, aussi loin qu’elle peut, à la limite extrême de ce qu’il lui est permis d’entrevoir, — et de s’y tenir désespérément, comme si elle prétendait atteindre la vérité absolue. La progression de l’homme est à ce prix.
« La vie d’une génération, ce n’est qu’un effort qui en suit et en précède d’autres. Eh bien, mes amis, notre génération a fait le sien.
« La paix soit sur nous. »
Roger Martin du Gard, Jean Barois, Edition Gallimard, Paris, Le livre de poche, 1921, pages 327-328.
Eh bien ! Qu'attendons-nous encore ? Que démarrent les discussions d’Apprentis !
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