SOMMAIRE D’APPRENTIS
INTRO ET VOCABULAIRE
« Le spirituel :
· il doit y avoir un but noble et important ;
· sa réalisation doit être essentielle ;
· sa méthode de réalisation doit être active et agressive.
« L’intellectuel :
· ils doivent être convaincus que ce but peut être atteint,
· qu’il ne soit pas hors de porté.
· Ils doivent aussi se rendre compte que l’organisation à laquelle ils appartiennent et qui entame ce but est efficace.
· Ils doivent avoir confiance en leurs chefs... [CONFIANCE EN LEURS CHEFS—permets-moi de répéter].
« Le matériel :
· ils doivent ressentir qu'ils obtiendront bonne justice... ;
· ils doivent être donnés, tant qu’humainement possible, les meilleurs dispositifs pour cette tâche;
· leurs conditions de travaille et de vie doivent être rendues aussi propices que possible.
« Ce fut une chose de rassembler mes principes, mais toute une autre de les développer, les faire appliquer et les rendre attendus... » Field Marshall Sir William Slim, De la défaite en victoire, Four Square Books, p. 180.
Lui méditait sur les meilleures méthodes de transformer une armée en déroute en celle triomphante. Ses méditations s'appliquent parfaitement à la transformation d’Apprentis.
La reconstruction d’après guerre et désastre fournira des opportunités illimitées de remanier la structure des villes ainsi détruites et la forme de leur gouvernance.
La doctrine de choc du capitalisme de désastre prescrit de se servir de ces désastres pour détruire toutes les initiatives progressistes et les remplacer par la piraterie financière de l’ère victorienne. Voici la politique coutumière depuis trente ans. Constate où ça nous a menés. APPRENTIS préconise que l’on s’en serve (quand ils ont lieu naturellement ; l’on ne doit jamais les entamer exprès, comme le font les doctrinaires de choc) pour pousser l’espèce humaine dans l’autre direction.
Un programme de reconstruction planétaire placera des populations jadis mal logées dans des habitations idylliques contenant des centaines de milliers de personnes, sinon des hyperstructures d'arcologie logeant des dizaines de millions en confort, sécurité et opulence semblant miraculeux. Toutes les misères noires d’insécurité et de criminalité qui grouillent à présent dans nos ghettos urbains seront remplacées par de la beauté, de l’ordre et des appuis sociaux populaires jalousement gardés. Ces nouvelles villes réduiront l’empreinte urbaine et décourageront l'emploi des véhicules privés.
Comme la plupart des aménagements paisibles, des conceptions de ville utopique ont déjà été laborieusement conçues. On peut trouver des manuels les décrivant sur l'étagère de n’importe quel bon planificateur urbain. Les jeux de programmation SimCity ont instruit ce sujet à des milliers d’assistants passionnés : comment construire et gérer une commune salubre. Beaucoup d’autres Apprentis l’apprendront encore mieux.
Du béton a déjà été versé dans la construction de prototypes de petite envergure, à Arcosanti en Arizona, à Gaviotas en Colombie et sans doute ailleurs. Nader Khalili a fabriqué un dôme de Rumi en prototype, ailleurs en Arizona, de briques de boue et de paille cuits au soleil (www.calearth.org). Ces modèles conceptuels n’ont qu’à être carrément établis en dimensions sérieuses, là où ils réussiraient le mieux. La construction de ces villes idéalisées partira en flèche quand émergeront des économies paisibles. Les villes de la renaissance italienne serviront comme prototypes ergonomiques, pourvu qu’elles soient correctement encâblées et munies d’utilités publiques.
De nos jours, nous hochons les épaules, en convenant que l’on ne puisse à peine permettre davantage de taudis et de prisons, bien moins ces paradis urbains que je prévois. Il va de même pour d'autres technologies paisibles : nos systèmes de transport public, d'éducation, de justice et de santé souffrent d’inadmissibles négligences et affaiblissements. Combien de fois avons-nous entendu dire qu’il n'y avait pas assez d'argent pour fournir des services publics bien proportionnés ? Bien qu’il y ait TOUJOURS assez d'argent en temps de guerre. Que les chiffreurs de coûts aillent se pendre !
La gestion en temps de guerre exige un somptueux financement afin de procurer tout plein de personnel et d'appareillages qui ne produisent strictement rien. Un pot réduit d'impôts doit soutenir d’énormes dépenses publiques le long de durées indéfinies. Ces dépenses en temps de guerre sont tant prodigieuses que quelques mois d'un tel délire dépensier en temps de paix inciteraient l'économiste moyen à déclarer solennellement la ruine nationale. Ces guerres sont pourtant perpétuées pendant des décennies ; elles ramènent l'économie de pays entiers au primitivisme d’âge de pierre. C'est-à-dire, jusqu'à ce que la défaite militaire n’aplatisse la dernière chambre forte et presse d'argent des perdants : les premières choses, évidemment, que les envahisseurs refourniront.
À vrai dire, nous ne pouvons plus dégrader la qualité de la vie. Nos « parcimonies » en ce qui concerne la gestion paisible, n'introduisent que des suppléments d'anéantissement, de mutilations et de dépenses secondaires. D’énormes épargnes furent détournées sans merci dans le financement de nos technologies d'armes ; ces programmes d'austérité antiprofit seront suicidaires, à la longue : des épargnes sans but ni profit, destinées à un système bancaire en faillite et démolisseuse. L’écroulement financière de l’an 2009 confirme cette prémisse.
Nous pourrions améliorer nos villes de façon spectaculaire au moyen de quelques fonctions franchement décoratives :
· Fontaines et parcs. En parallèle de la reconstitution les couches aquifères et de l’épurement de nos voies d'eau, nous devrions lancer une nouvelle forme d'art urbain de parcs et de jardins.
· Des agréments bénévoles piétonniers : des bancs, poubelles, fontaines et toilettes publiques doivent croître partout, à la différence des pratiques en vigueur courante, les éliminant.
· La disposition des civières urbaines. Toute personne indigente devrait pouvoir obtenir un salaire de base en les ramassant. Elle les apporterait à une station de collection avoisinante, équipée d’employés municipaux. Un trottoir malpropre devrait devenir un déshonneur public, et sa salissure, un méfait coûteux. Il se pourrait que des oiseaux et rongeurs urbains puissent être instruits pareillement. Je trouve cette ironie piquante, que des rats dressés puissent se rendre plus utiles aux communautés urbaines que des jeteurs de civières.
· Des œuvres magnifiques d’architectes habiles et de maîtres de construction remplaceront les piles urbaines peu chères en béton et acier, et les boîtes en verre dont nous nous sommes accoutumés. Celles-ci imiteront tout d’abord les oeuvres de Henry Sullivan, Louis Gaudi et Luigi Colanni, se transformant ensuite en de belles conceptions originelles.
· Les villes, tant grandes que petites, viendront à ressembler l'arcologie de Paolo Soleri. Des pauvres habitants de patelins ruraux adopteront des dômes de Rumi comme ceux crées par Nader Khalili.
· Nous devons prêter attention au conseil qu’offrit Frank Lloyd Wright à un mauvais architecte : recouvrir la plupart de ses structures en béton avec des stands d'arbres et d’extensives plantations de vigne. Le béton et l'acier sont de merveilleux matériaux de fortification, mais minables comme matériaux d'habitat, étant donné notre technologie actuelle de revêtement. Il s'avère que ces plantations sont d'excellents moyens de réglementer la température et le bruit : ce dont nous avons le plus grand besoin, mais semblons les moins bien disposés à adapter à nos besoins.
· La règle des premiers sept mètres : selon cette meilleure pratique des villes canadiennes, les sept mètres inférieurs de chaque bâtiment devraient offrir un milieu optimal pour des piétons, sur une échelle humaine. Des boutiques, des cours et d’autres aménités devraient border le trottoir. Au-dessus de ces sept mètres, les architectes et leurs clients peuvent faire ce qu’il leur plait pour satisfaire les exigences du zonage urbain et de diminution des coûts.
Le Baron Haussmann démolit des milliers de taudis afin de bâtir les grands Boulevards de Paris. Sans compter son dégagement des voies parisiennes et ainsi des artères cérébrales de la France, son oeuvre nivela beaucoup de quartiers misérables, labyrinthiques et récalcitrants. Haussmann s'est acquitté de son obligation d'armes en créant des boulevards assez larges pour que la cavalerie puisse charger la foule et l'artillerie gouvernementale, pulvériser des barricades révolutionnaires. En 1871, des dizaines de milliers de progressistes français furent exécutés en tentant de défendre Paris de militaristes prussiens victorieux et de leurs prisonniers de guerre français, re-armés et dirigés par leurs chefs réactionnaires, fous de vengeance.
Des batailles et désastres ont depuis longtemps provoqué une massive destruction urbaine, et le continueront sans doute. Suivant, cependant, sur leurs talons, les Apprentis reconstruiront des édifices urbains afin d'en obtenir efficacité optimale et rejetteront d’inutiles pratiques de zonage.
Par exemple, nous pourrions laisser tomber l’inepte habitude de ségréguer des voisinages commerciaux, résidentiels et d’industrie légère, et permettre à la plupart des Américains de vivre, faire leurs courses et travaux dans le même voisinage. Ce troc de zonage éliminera des permutes ridicules, réduira les frais de location et de service, ranimera des voisinages somnolents et rendra plus évidents et moins profitables des problèmes de pollution, de taudis et d'autres sociopathies urbaines.
Des agréments piétonniers se proliféreront : des jardins, fontaines, arcades publics et des millions d'arbres urbains remplaceront les triples monstruosités du trafic véhiculaire urbain, de l’affichage commercial et de l'art public comme couramment conçu.
Des nouvelles lois exigeront qu'un arbre soit planté pour chaque panneau publicitaire érigé et plusieurs places de stationnement pavés. Quiconque abattrait un arbre dans un secteur constitué en payerait une amende dont le montant irait à replanter d’autres tout près. D’un moyen ou d’un autre, cinquante pour cent de la superficie urbaine doit être livrée aux arbres—les Apprentis à venir considéreront ce pourcentage risible.
Durant le Moyen Age le plus sombre en Europe, la Dar Al Islam atteignit son pinacle de gloire en grande partie parce que des musulmans habiles encouragèrent les plus habiles des non Musulmans. Ce fut le premier âge d'or pour l’Islam ainsi que pour des juifs sephardiques. Ensemble, des sages musulmans, juifs, chrétiens et d’autres ont préservé ce qui restait de la civilisation ; ensemble ont-ils accru des suppléments glorieux de sagesse et de beauté. Les Apprentis doivent imiter et rénover cette convivencia : s’enseigner et nous enseigner comment vivre ensemble en harmonie.
En dépit de ces efforts concertés, la nécessité de payer des armées croissantes estropia cette perspective de largesse d'esprit. Une résurgence de militants fondamentalistes a dissipé le peu de bonne volonté sauvegardée de la dévastation mongole. Leurs voisins retinrent des armées aussi importantes et coûteuses, et ces troupes ont fini par tourner contre leur gouvernement et populace afin de se sustenter à court terme, ce qui aboutit en dévastation. Ils ont provoqué une telle crise dans le monde islamique que des impérialistes étrangers ont fini par dominer l'autonomie musulmane pendant des centenaires.
L’Islam est destiné à son second age d’or, à cause de son rejet catégorique du terrorisme en faveur d’un Jihad pour la paix : ce qui adviendra pareillement à chaque religion mondiale. Les religions principales au monde parraineront une paisible efflorescence de civilisation, une fois qu’elles auront récupéré leurs meilleurs sentiments comme des casquettes emportées par l’orage.
Ce fut également l'âge d'or du jardin musulman qui apparut dans son entièreté : pourvue de canaux, réservoirs, fontaines, piscines et lacs ; de cours issues vers l’intérieur et de parcs ouverts au publique ; de fleurs, arbustes et arbres fournissant de l’ombre, du parfum et des fruits ; d’habitats d’oiseaux et de bêtes tant sauvages que dociles. Les arabes et les persans ont réservé ces lieux de tranquillité domestique pour leurs méditations privées. Étant donné leur condition resserrée de vie, le calme, l’intimité et la contemplation leur furent difficiles ailleurs.
Notre mot « paradis » se dérive de l’expression persane pour un jardin. Le coran (Qran) décrit le paradis comme un parc ombragé d’arbres sous lequel coule un fleuve d’eau fraîche. L’idéal habitat humain dans la bible, c’est le jardin d'Eden.
Chaque civilisation en maturation a prisé ses parcs et jardins ; chaque âge d'or nous les aurait présentés afin de confirmer son élégance, sa sagesse et grâce. Nous, qui nous préoccupons tant à empoisonner le monde, devons nous instruire des Arabes qui se sont rescapés du désert dans leurs jardins. Eux, au moins, ne disposaient d’aucun choix. Puisque nous préférons fabriquer du désert en série en démontant le monde naturel, nous devrions transformer chacun de nos espaces publics et privés en modèles réduits du paradis.
De nos jours, même les architectes paysagistes trahissent cette confiance en eux, en recouvrant la terre de bannières en plastique, de ciment peint, d’art public terrifiant et toutes sortes de détritus industriels qui n’exigent plus « d'entrées additionnelles et coûteuses » d’eau et d’air propre afin de survivre nos démoniaques milieux urbains.
Nous devrions terminer l’harcèlement des indigents et opter au lieu pour des agréments piétonniers luxueux. Sans exception, les églises légitimes répondront en première priorité aux besoins des pauvres. Dieu répond favorablement au bon agencement des pauvres. Dans le coran (Qran), cet engagement était la seule excuse pour imposer les fidèles.
Les milieux piétonniers devraient être rendus plus invitants et agréables, non moins. Les élites américaines se déshonorent en tolérant de la civière partout, en négligeant des fontaines publiques, toilettes, bancs de parc et d’autres agréments piétonniers, et en démontrant une incompétence inexplicable quant aux panneaux publics. Des panneaux de rue mal placés et arrachés prolifèrent dans les villes américaines, aussi ceux directionnels peu clairs et des bâtiments dépourvus d'insignes numériques. Les actuels panneaux localisateurs sont tant mal dessinés et plantés qu'ils ne servent que comme aides mémoire pour des gens qui ont déjà trouvé leur chemin à tâtons. Ceci malgré ou peut-être à cause du fait que la planification des panneaux de signalement s’est rendue en un sujet de haute certification scolaire dans des universités américaines. Ils se sont « innovés » par-delà toute utilité pratique.
Tout ce que nous permettrions d’être moins que magnifique dans notre environnement, n’arrive qu’à nous accoutumer à la mort d'esprit, autant dans nos centres urbains qu’en notre vie intérieure. Cet affaiblissement d’esprit favorise une mentalité assiégée de bloc de prison, parée pour l’exploitation d'armes. L’habitat urbain ne peut être réduit afin de chasser les pauvres de nos rues, sans aigrir le sort de chaque passant.
Les routes motrices enserreront des kilomètres carrés de verdure urbaine libérés de voitures. Les « campus » des universités américains opèrent très bien ainsi : ceux les meilleurs imitent l'ergonomie d'une ville de la renaissance. Fournis de plans complets de transit public, d’inépuisables sources d’eau de bonne qualité, de drains modernes, de câbles à fibre optique et de transmetteurs d’énergie, ces modèles offriront des dispositions idéales pour la réalisation des Apprentis.
Seulement des piétons, animaux, bicyclettes et rares véhicules de service seront permis dans ces zones sans automobile. Des ceintures vertes s'étaleront le long et large des villes futures, se rendront en d’excellentes pistes de passage à bicyclette et à pied, et serviront comme pistes de transport public―tant souterrains, à la surface ou au PLA.
Les bicyclettes sont des formes très efficaces de transport ; elles devraient être adoptées partout. Dans des milieux densément bâtis, des artères cantilevers – dévouées aux bicyclistes et piétons – feront pont par-dessus des réseaux d’automobile. À d’autres intersections, ces pédestres et bicyclistes obtiendront droit de passage, comme des bateaux à voile devant ceux à moteur.
Une fois que s'amélioreront nos technologies de navigation maritime, nous pourrons compter sur la poussée du vent afin d’assurer la propulsion en mer. Ce chemin de percée technologique fut frayé par un distant oncle du mien : Jacques Cousteau.
Fontaines, agréments piétonniers et chemins publics prioritaires ; des kiosques de police communautaire et leurs patrouilles à pied ; le travail, le logement, les marchandises, les soins médicaux et les centres d’Apprentissage : tous locaux, tous regroupés à distance de marche facile, seront rapportés à l’échelle humaine dans toutes les communautés à venir.
Les combattants contemporains doivent conduire et maintenir des véhicules militaires. Par conséquent, des cartels industriels dévorant de tout engendrent la flotte monstrueuse de véhicules qu’exige une armée mécanisée. Les civils doivent maintenir leurs véhicules privés afin de rester en pratique et subventionner les complexes géants de travail à la pièce, d'assemblée et d'entretien de ces véhicules. Une fois qu’éclaterait la guerre, cela prendrait trop longtemps pour former des mécaniciens débutants, construire des nouvelles usines à partir de zéro et accroître des hiérarchies maladives de corporation essentielles pour leur direction.
Le remplacement de véhicules privés par un omniprésent transport public offrira des avantages évidents de paix. En discutant du transport public, ne parlons plus de flottes d'autobus laids, puants, empoisonneurs, décrépits, inopportuns, surchargés, maladroits, inconfortables et promoteurs du crime, forçant des banlieusards à partager leurs échecs sociaux et d'hygiène. Ceux-là, ces flottes les traînent au loin et leur laissent dans des mini décharges d'ordures, les peignant de la puanteur du gasoil : à la fois carcinogène et aussi déprimant à l'esprit qu’à l'immunité, chaque heure du matin au soir. Aucune automobile neuve ne pourrait être vendue si son milieu sonore assourdissait ses occupants comme celui des autobus, et était d’autant inconfortable.
Imagine au lieu un écoulement capillaire continu de microbus privés mais subventionnés. Ceux-ci, munis de moteurs non polluants et silencieux, alimenteraient un système artériel de transport public composé d’autobus articulés, de monorails, de tramways, de bacs à piéton et de transports en banlieue plus légers que l’air.
Un euro versé pour bâtir le transit en masse génère plus d’emplois que ce même euro dépensé pour des automobiles privées, encore plus que celui versé en autoroutes militaires et beaucoup plus que ce même déversement en direct aux armes. Alors, qu'attendons-nous ?
Où sont les proverbiaux mouvements ouvriers durant cette dispute à laquelle leur entrée égoïste pourrait enfin prouver valable ? Ils se sont éternellement dévoués aux travaux de chaînes de montage de la deuxième guerre mondiale. Ouvriers du monde, debout !
Les réseaux d'Apprentis réintroduiront des équipements luxueux de transit public, de jardinage subventionné et d’affermage de petites surfaces cultivées. Ceux-ci réduiront les empreintes urbaines, pourvu que d’efficaces contrôles de population aient été inaugurés en parallèle. Beaucoup de bénéfices accroîtront aux communautés plus petites, denses et dépendantes de la marche à pied.
Nous découvrirons une importante transformation dans la perspective du consommateur moyen. Les Apprentis favoriseront la qualité et réparation des appareillages par dessus leur remplacement. Dans l'avenir, des machines seront conçues de beaucoup plus haute qualité. Longévité, fiabilité et facilité d'entretien, toutes culmineront. Celles non œuvrées localement à la main viendront chuter tout doucement (leur transport presque gratuit) sur la surface de la Terre à partir d’usines orbitales. De longs apprentissages techniques réapparaîtront, ainsi que la maîtrise d’œuvres pratiques.
Disparaîtront la plupart des administrateurs incompétents alors que leurs durées de vie politique se rétréciront. Des amateurs circonspects assumeront leur responsabilité civique. La surveillance publique et persistante deviendra un important sport de spectacle ; les activités politiques qui prennent place en arrière pièce aujourd’hui, subiront de minutieux et intenses examens publics. Les secrets politiques attireront des chercheurs agressifs, ainsi que des stars recluses, des paparazzis à présent.
Des petits établissements, magasins et coopératifs en famille s'épanouiront à nouveau. Les problèmes de pollution diminueront dans la mesure que les automobiles seront reléguées au transport en commun et aux services d’urgence, et que des technologies de conservation réduiront leur demande énergétique. La santé générale bénéficiera de ce supplément d'exercice. Disparaîtra la pollution des véhicules à combustible, et la qualité environnementale s’en améliorera de façon synergique.
Nous achetons à présent toute une gamme de machines économisant du travail, aussi de coûteuses machines d'exercice. Des transactions profitables pour les rares, mais une grande perte de temps et d’argent pour nous autres, les humbles gens. Nous nous remettrons au lieu en marche à pied. Nous, en général – et nos enfants inlassables, en particulier – pourrons peut être fréquenter des stations d'exercice, là où nos efforts aérobics amélioreront notre santé, produiront un peu d'électricité et nous gagneront un peu d’argent de poche : comme des indigents contemporains reçoivent quelques sous pour leur sang.
Les crimes de rue se ratatineront, une fois que nos communautés se rétréciront à l’échelle humaine et que leurs citoyens, débarrassés brusquement de leurs voitures isolantes, se rebrancheront dans leur habitat concret. La violence criminelle est un problème de santé publique plutôt que de punition juridique. Dans des circonstances ordinaires, elle repousse les adultes en bonne santé, induisant des sentiments accablants de peine, de culpabilité, de panique et de nausée. Cet état de révulsion collective doit dominer un penchant banal pour la gloire. Les directeurs d'armes et leurs esclaves médiatiques tentent de déprogrammer ce sentiment salubre. Si la violence (réelle ou dépeinte) nous écœurait à nouveau de façon fiable, elle se rendrait plus difficile à cacher, justifier et d’en extraire profit.
En fin de compte, les voitures seront limitées aux routes interurbaines, terrains de stationnement suburbaines pour prendre un autobus, garages en gratte-ciel et souterrains … et ensuite au recyclage. Des chevaux et mules reparaîtront en secteurs ruraux, ainsi que des chameaux en climats arides et des dromadaires, lamas et alpagas en régions montagneuses. Une toute nouvelle industrie émergera, de chariots de transport et de machines agricoles. Bonne utilisation sera faite de nouveaux animaux de trait (les engins qu'ils tirent rassembleraient et brûleraient leurs déchets comme carburant, par exemple), d’énergie électrique solaire, de polymères de haute résistance et de poids éphémère, et de pièces mobiles presque sans friction, fabriquées dans l’espace.
Les protagonistes des Secrets du sol : Des solutions de nouvelle age afin de reconstituer notre planète, Harper Collins and Row, 1989, par Peter Tompkins et Christopher Bird, (qui ont co-écrit La vie secrète des plantes), fournissent de robustes modèles de rôle pour les industries familiales du futur qui se spécialiseront dans la restauration du terroir. Des engrais animaux et végétaux ; des mélanges symbiotiques de bactéries, d'insectes, de champignons et de plantes ; ceux-ci remplaceront les engrais synthétiques et agents toxiques de contrôle qui compromettent à présent la biosphère entière. Une augmentation net dans la profondeur globale du terroir rattrapera son épuisement.
Un moyen pourrait être trouvé de pratiquer la terra preta (biochar, agrichar), afin d’occasionner deux aboutissements :
·
des centaines de
milliers de tonnes de charbon de bois pour servir aux terroirs épuisés comme du
fertilisant de haut carbone ; et
·
la réduction
systématique du CO2 et de son réchauffement global.
Des usines seront bâties sur les bouches des grandes rivières afin d’en extraire des engrais chimiques et d’autres composants toxiques, avant qu’ils ne pénètrent dans l’océan. Les fermiers futurs feront bonne affaire en exploitant le sol sous-marin, le terreautage, la rotation des récoltes, le reboisement et le vieillissement accéléré des étangs et des lacs artificiels. Des conseils déviques régleront l'architecture génétique.
Les Apprentis démantèleront ces cartels industriels scandaleux qui :
· élèvent en ferme d'usine des bêtes cannibales de pseudo nourriture néo-mutante ;
· trafiquent des montagnes de pesticides stérilisant du sol et d'engrais inorganiques eutrophiant en excès nos voies d'eau ; et
· commettent de la rapine agricole en général.
Le contrôle organique des parasites et le renforcement naturel de la fertilité substitueront à ces têtes d'hydre. Des bêtes de nourriture seront cultivées pour leur robustesse et santé ; plus affaiblies afin d'augmenter leur dépendance de produits corporatifs pharmaceutiques. Leur appareil digestif sera adapté à digérer des versions re-architecturées des mauvaises herbes indigènes les plus prolifiques. Ainsi pourrons-nous éliminer la plupart de leurs suppléments alimentaires souvent souillés.
Les Apprentis interdiront entièrement le cannibalisme cultivé. Trop souvent, de la chair traitée fut remise aux bétails végétariens : peut-être la meilleure route de transmission d’infections entre espèces, et de méchantes pandémies de prion. Seront bloquées toutes les tentatives d'élever des animaux domestiqués en tant que troupeaux d'usine en sorts statiques, ainsi que d'autres abus d’usine agronome.
Les Apprentis développeront d’autres nourritures de grande valeur protéique et vitaminée, à partir de micro-organismes comme la chlorelle, la wolffie et la spiruline. Le hamburger de soja contemporain, assaisonné comme il est au carton, se transformera en une gourmandise prenant les formes et saveurs alléchantes des meilleurs hamburgers cuits moyens et de bonnes frites, tout en excédant leur contenu alimentaire et éliminant les ingrédients toxiques. Bien sur, beaucoup d’autres saveurs et mises en bouche seront perfectionnées.
L'affermage avancé des micro-organismes, de l'aquiculture et des insectes remplacera celui des bétails domestiqués et de la pêche océanique. Ces industries deviendront archaïques : leurs produits de luxe, consignés à basse consommation bien rare et rituelle. Au lieu de détruire la moitié de nos récoltes chaque année, des organismes nuisibles seront cultivés pour rendre la moitié de nos aliments, tout en réduisant notre emploi de terre arable.
Chaque ville pourrait incorporer au moins un grand bâtiment dans lequel pousseraient une quantité suffisante d’insectes, de bactéries et d’algues pour approvisionner tous ses habitants de leurs éléments nutritifs de base quotidienne. Cette cultive pourrait se rendre volumineuse dans des bâtiments en ville sinon ailleurs, si pourvue de bonnes eaux et de lumière solaire en quantités suffisantes. De telles usines urbaines pourraient réduire l’étendu et la nécessité des terrains agricoles soutenant nos villes actuelles et servir comme pompes de chaleur et voies de purification d’eaux d’égouts.
Des nourritures splendides peuvent être cultivées dans le désert : des bourgeons de cholla, graines de chia, haricots tepary, garnitures de cactus de figue de Barbarie, et farine faite des cosses de mesquite. Celles-ci sont parmi les nourritures les plus salubres au monde. La tribu de Tohona Odham, à Tucson en Arizona, se spécialise dans la cultive de ces aliments.
L’arbre mongongo est une plante résistante à la sècheresse, qui rend une abondance de nourriture aux chasseurs glaneurs en Afrique. Un certain poids de ses noix offre deux fois la protéine du beefsteak et cinq fois les calories d’un poids équivalent de riz. D'autres desserts désertiques pourraient remplacer nos farines trop traitées, graisses remplies de toxines et sucres induisant du diabète, et leurs remplaçants encore plus toxiques dont nous nous dosons aujourd'hui.
En 2008, Carl Hodges faisait pousser de la salicorne et d’autres halophytes (plantes amantes du sel) en utilisant l’irrigation d’eau de mer sur un terrain désertique au bord de la Mer de Cortés. Cette salicorne peut être mangée crue ou cuite à vapeur, pressée pour de l’huile sinon broyée en farine de haute protéine. Un recherchiste Israélien a déterminé que des moissons ordinaires peuvent être irrigués, goutte à goutte, avec de l’eau salée, pourvu que leurs lits de racine ne soient jamais permis de sécher. De vastes étendus de désert pourraient être ainsi recouverts par des halophytes anti-caloriques, comestibles sinon pas.
Quant au chanvre, voici 101 de ses usages comme élément nutritif, médecine, article de toilette et composant industriel. http://www.recipenet.org/health/articles/101_uses_hemp_chart.htm Sa criminalisation, pour aucune autre raison qu’il s’est prouvé la meilleure drogue psychotrope dans l’histoire de l’humanité, est de lui-même un crime beaucoup plus important.
L'architecture génétique et des économies d'échelle promettent d’accélérer des technologies alimentaires d'algues. Par architecture génétique, je ne parle pas de notre ingénierie contemporaine de matériel génétique, menée par épreuve et erreur afin de satisfaire des ambitions corporatives pour une progéniture absurde : des tomates cubiques, des mauvaises herbes produites en erreur mais résistantes aux insectes, etc.
Plutôt, en tant qu'éléments d'une transformation mystique de la superconscience humaine, les dèvas (esprits architectes d’organismes biologiques) informeront des équipiers dévoués d’architectes génétiques, de biologistes, d’ethnobotanistes et de shamans, des astuces les plus productives du biomimisme. Ils nous démontreront ensemble comment mieux servir simultanément Gaia et la population d’Apprentis.
Des bisons, taureaux africains, élands, cerfs et antilopes se côtoieront sur de vastes secteurs rendus à leur écologie de faune originelle comportant des prédateurs naturels. Des chasseurs glaneurs nomades et d'esprit révérenciel pourront peut-être récupérer leur campagne héréditaire.
Jadis, les nomades et les pastoraux ont menacé des fermiers sédentaires. Tous trois ont dû faire face à l'annihilation aux mains de technologues industriels d'armes. Des Apprentis paisibles rendront meilleur accueil à ces ramifiants culturelles en tant que communautés autonomes de récréation. Après tout, la chasse/récolte, la garde nomade des troupeaux et l'affermage de propriétés libres étaient jadis des styles de vie naturels à l’espèce humaine. Des habitations permanentes dans ce genre devraient être offertes à tout ceux les préférant, et servir comme destinations provisoires pour des touristes citadins ainsi inclinés.
Est-ce que tu te serais rendu en un rat urbain, paresseux et obèse ? Sors donc dans la brousse pendant six mois ou plus, et plonge-toi dans la vie dure d’un chasseur-cueilleur. Reviens en meilleure forme, ton esprit un peu plus rafraîchi et retenant des priorités un peu moins tortueuses—sinon n’en reviens pas : la survie sera dure par là-bas.
Comme haute priorité, les littoraux, bords de rivière, frontières de croissance de latitude et d'altitude : tous seront rè-édénisés. Les Apprentis cultiveront en priorité ces biohabitats d'écologie d'apogée en tant que nouvelles formes de culte et trous d’oubli pour d’énormes richesses en surplus ; ils le feront par égard à ses avantages esthétiques, écologiques, climatiques et spirituels, par-dessus ses bénéfices fonciers à eux tout seuls. Bien que cette cultive nous offrira, d’elle-même, de gros profits supplémentaires.
Des fervents de la pêche professionnelle ont jadis promis des tonnages illimités de fruits de mer jusque dans un futur lointain. Néanmoins, la mer devient une source de nourriture de plus en plus problématique. Des autorités telles que J.E. Lovelock, l’auteur Des époques de Gaia : La biographie de notre terre vivante, Bantam Books, New York, 1990; Elisabet Sahtouris qui écrit Gaia, Pocket Books, New York, 1989; et Lynn Margulis – nous ont avertis des périls de ce penchant, nous faisant entendre qu’un rebondissement d'écocide terrestre pourrait détruire l'humanité mais non toute la vie. La force principale de la vie terrestre ne souffrirait de spasme fatal qu’une fois qu’elle aurait subi un sérieux déséquilibre dans ses régimes océaniques de chaleur, de salinité et d'anhydride carbonique modérés par des algues.
L'empiétement humain menace de permettre à précisément cela d’avenir. Les écologies marines souffrent d’épuisement d’oxygène (d’eutrophisation) induit par des eaux d'égout, des engrais, le vidange de toxines, la surexploitation frénétique, le fondre de glace par serre chaude et des flaques de pétrole : celles mineures en particulier, et d’innombrables dégagements de lests maritimes. Comparé à celles-là, des désastres plus dramatiques de pétroliers géants sont étonnamment moins significatifs. Des marées rouges et noires ne cessent de croitre en accélération, quoique les médias de corporation se tombent dessus afin de les rendre triviales.
Ces jours-ci, des vaisseaux d’usine de pêche raclent les profondeurs océaniques avec des chaluts à perche de presque quatre mètres de travers. Ces filets géants et blindés de drague annihilent le biote et l’habitat biologique de façon aléatoire. Insensibles à la profondeur de l'océan et sa stabilité écologique, ils laissent un désert saumâtre dans leur sillage. Voici comment inaugurer un nouvel age de piraterie sur la cote somalienne, en y ruinant tous les pécheurs marins.
D'autres pêcheurs industriels ont moulé des filets à dérive profonds de treize mètres et des kilomètres de long, en quantités capables d’encercler toute la terre au moins deux fois par an. Ces filets en nylon impérissable sont souvent perdus en mer ; ils se rendent en « filets fantômes. » Les agonies de mort de leurs premières victimes attirent beaucoup d’autres qui s’y font tuer infructueusement pendant des durées indéfinies.
Il est angoissant de contempler l'esprit d’entreprise capitaliste se rouler les manches, cracher dans ses mains et pénétrer dans l’océan afin de récolter son bénéfice cru. Nous devrions nous en retirer pendant quelques décennies, si seulement pour lui permettre de se récupérer. À défaut devrons-nous y réduire notre impact, en adoptant d'autres mesures notoires. Cette interdiction ne serait pas trop onéreuse à gérer, puisque ces pêcheurs à grande distance doivent être subventionnées par le gouvernement de leur pays natif, tant de carburant réclament-ils.
Les Apprentis pourront établir des milliers de parcs maritimes, incluant les étendues les plus fertiles et les plus endommagées de la mer : souvent, hélas, les mêmes. Une législation protectrice accélèrera la résomption de la normalité écologique au moyen de gestions draconiennes des pêches, nettoiement de toxines, réglementation d’écoulements et renforts biologiques. Des sous-marins mis en surplus surveilleront la pêche professionnelle et la pollution maritime. Des navires malversant de telles activités devront être surveillés et rattrapés par ceux nucléaires surannés. Ces vaisseaux de pêche seront ensuite confisqués, dépouillés et coulés en public afin de former des récifs artificiels.
Nous parviendrons à mieux comprendre les courants océaniques. Des fonds maritimes pourront être exploités ensuite, non pour des nodules de magnésium et détritus semblables, mais en tant qu’engrais enterrés marins. Les eaux froides, abyssales et pleines de nutriment peuvent être soulevées jusqu’à la surface par des technologies imminentes mais pas encore évidentes, créant ainsi des effets artificiels de récif aussi avantageux que les courants normaux d'eau froide.
J’entrevois des installations sous-marines générateurs d’énergie, dont la chaleur en gaspillage hausserait des quantités démesurées de nutriments abyssales qui exploserait la quantité des pêches courantes, tout en accélérant et ajustant finement la capacité de ces courants de stabiliser le climat. Il s’agirait de trouver des nouveaux sites pour cette forme d’exploitation et non de tripoter artificiellement ceux naturels décrits de suite, sinon des courants naturels qui stabilisent le climat.
Ces soulèvements maritimes se produisent dans la nature sur 0,1 % de la surface océanique, aux approches des côtes du Pérou, de la Californie et de l'Afrique (en Mauritanie, Namibie et Somalie). Une autre grande pêche se trouve sur les fonds de Kildinbaken dans la mer de Barents. Ces petits secteurs produisent la moitié de la récolte mondiale des fruits de mer, selon le livre de Brian Fagan, Inondations, famines et empereurs: El Niño et le destin des civilisations, Basic Books, New York, 1999, p. 31. Tous doivent être transformés en sanctuaires marins. Nous réapprovisionnerons leur plénitude par la suite, avec des espèces mûres, énormes et abondantes.
Encore plus important, nous devons nous engager dans l'équivalent d’un nouveau projet planétaire Manhattan ayant pour but le développement de capacités photosynthétiques dans la peau humaine, nous libérant ainsi de notre besoin de tuer afin de nous alimenter. Les détails de cette technologie épuisent mon imagination, ainsi que ses conséquences à long terme. Nancy Kress m'a devancé à ce sujet dans son œuvre de science-fiction, Mendiants et connaisseurs. Le plus longtemps que s’attarde la publication d’APPRENTIS, le plus fréquemment ses spéculations les plus audacieuses se rendent banales.
Quelques astucieux promoteurs d’immobilier ont découvert qu’un investissement écologique peut leur rendre d’énormes bénéfices. Dans la ville Alexandria de l’état de Virginie, mon père passa ses dernières années en protégeant le paysage suburbain, des réalisateurs obsédés de réductions de coûts. Dans ces communautés fortunées, les revenus immobiliers ont monté en flèche à cause du rendement d’attention affectueuse aux détails environnementaux. Quelques industriels un peu moins stupides ont trouvé des méthodes supérieures de production et de contrôle de qualité, ainsi que des opportunités superbes de publicité, bien que la plupart n’ont jusqu'alors rendu qu’un service d’hypocrite envers leurs responsabilités d'intendance. Comme les éconologiciens qu’ils ont dû étudier à l’université, ils ont laissé tomber les pratiques du soutènement : cette carence leur rendant l’ultime déshonneur.
La haine irréfléchie qu’exposent les milieux d'affaires envers chaque nouveau défi de main d’oeuvre et d'environnement, ressemble aux crises de nerfs d'un enfant grincheux. Les sociétés commerçantes ne peuvent plus se permettre de telles postures d’enfant gâté. L’attention méticuleuse à l'écologie et aux droits humains n’est qu’une autre dépense d'affaires : en fait, moins négociable que les dépenses d'atelier, du livre de paie et des réclames commerciales, et beaucoup plus profitables, à la longue, que leurs impôts de guerre.
Des nouvelles législations empêcheront aux pollueurs potentiels et à leurs patrons de réussir leurs affaires à moins qu'ils habitent avec leur famille au centre de leur désastre potentiel. Les administrations locales négocieront le partage du pouvoir avec des collèges électoraux en localité. Propriétaires sans scrupules, cadres de banque et d'assurance, surveillants de services policiers, judiciaires et municipaux : tous devront mettre à jour leurs pratiques contemporaines afin de retenir leur placement. Ces fonctionnaires devront vivre avec leur famille dans les parages les moins bien manipulés sous leurs soins. Les enfants des riches ne pourront rentrer à l'école de leur choix jusqu'à ce que les dépenses de placement par écolier ne soient équilibrées partout dans cette biorégion.
Dans La Terre sur la balance, le vice-président Al Gore propose que des comptables internationaux devraient inscrire dans leur colonne de dépréciation, les répercussions environnementales et l'épuisement des ressources. Les banquiers du premier monde pourraient créditer les pays du tiers pour leur mise de coté de parcs et renonciation de technologies à haute pollution. Ceux-ci pourraient abandonner la construction de centrales brûlant du charbon sulfureux, par exemple, sinon leurs massives estafilades et brûlures forestières. Lesdits crédits pourraient financer des technologies du dernier cri, de conception indigène et moins polluante.
J’ai obtenu, il y a bien longtemps, ce conseil gratuit. Si seulement quelques centimes par jour avaient été investis à mon compte depuis la date de ma naissance, ce comptant m’aurait assuré de quoi vivre confortablement sur l'intérêt. Eh bien ! Depuis le début de son enfance, l'humanité a déchargé – chaque jour de chaque année – au moins trente pourcent de son revenu dans des activités d'armes et leur gaspillage périphérique. Il n’est donc pas remarquable que si peu d’authentiques améliorations paisibles ne nous soient abordables.
En réalité, nous pourrions facilement nous permettre tout ce dont le monde paisible nous réclamerait. Nous ne pourrons plus nous permettre rien d’autre ni de moins, puisque LA PAUVRETÉ, VOICI LA POLITIQUE GENERALE DE LOIN LA PLUS COUTEUSE.
Accoutumes-toi à cela, au moins, je t’en prie.
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DES MATIÈRES ANTÉRIEURE
APPRENTIS : De la terre en armes au monde en
paix
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