SOMMAIRE D’APPRENTIS INTRO ET VOCABULAIRE
« Une doctrine qui n'attaque pas la vie actuelle et ne l’atteint pas dans ses ultimes profondeurs n'est pas une doctrine et ne devrait pas être enseignée. » Oswald Spengler, Le déclin de l'occident.
La gestion paisible nous exige une toute nouvelle éthique de vie. Les habitudes admises jadis, ainsi que celles auparavant trouvées inadmissibles, doivent être réétudiées quant à leur contenu d’armes. Des contradictions fondamentales nous confrontent, entre nos idéaux et le « réalisme » que nous avons adopté, fondées sur des limitations imaginaires. Nous devons résoudre ces contradictions et évoluer une nouvelle conscience en paix absolue.
La mort assistée devrait être à la discrétion de chaque adulte. De fortes ententes philosophiques soutiennent cet avis, comprenant notre liberté particulière. Les collectivités d’armes proscrivent catégoriquement cette autoterminaison : un autre effort d’annuler l’autonomie particulière. Cette restriction, à elle toute seule, sanctionne la mort assistée en cas de besoin.
Il devrait être évident que des assassins ne doivent jamais être permis d’abuser du meurtre aidé. Des périodes d’attente, des offres de thérapie, de conseils et d’assistance sociale, et la publication de déclarations d'intention : ceux-là pourraient sécuriser les victimes potentielles. La mort choisie par soi-même devrait être un rituel solennel coordonné avec autant de discernement qu’un mariage ou avortement.
« Afin de mériter d’une mort indolore, nous autres, les fonctionnaires, devons certifier que vous souffriez d’une agonie intraitable sinon d’une catatonie incurable, au point, bien sur, où vous ne seriez plus capable de nous le réclamer. » Ces légalismes de Catch-22 ne sont que des affinages de l'esclavage d’armes.
Durant la longue agonie de mon père bien estimé, j'ai assisté aux indignités continues d’une maladie terminale. Je préférerai mourir de façon douce et rapide à l’endroit et l’heure de mon choix, à toute intervention d’Hippocrate hyperactif.
Les autoritaires ne permettent jamais aux prisonniers de « tricher le bourreau. » Tout le monde reconnaît que l'emprisonnement à vie et la peine de mort sont des alternatifs beaucoup plus affligeants qu’un suicide propre et rapide. Ces bureaucrates de punition considèrent le suicide d'un de leurs prisonniers comme une grave contrariété, bien qu'ils l’invoquent sans hésitation afin de déguiser la négligence ou le méfait de leurs gardiens. Ils préfèreraient plutôt forcer à quelqu'un placé sous leur garde à souffrir indéfiniment et lui arracher tous ses droits humains, y compris celui de choisir son temps et moyen de mourir.
Quant à la contraception et planification des familles, les gestionnaires d’armes souhaitent augmenter le nombre de rejetons abusés. De tels pénitents innocents rendent le meilleur fourrage de canon, vois-tu. Ils condamnent a priori la promiscuité sexuelle, puisque la frustration en résultant multiplie commodément l'agression criminelle. Des rebelles sexuels sont châtiés de grossesses redoutées, de condamnation moraliste, d’ostracisme social et de maladies génitales autrement maîtrisables par des mesures de base de santé publique.
L’on pourrait conclure que la guerre est un impératif fondamental : une méthode brutale mais coutumière de contrôle forcé des populations. Voici un autre mythe chéri d’armes. De même, l'idée que la guerre encourage « la survie des plus capables. » Hélas, deux réalités interviennent.
Tout d'abord, la guerre encourage la pauvreté, l’ignorance et la haute mortalité. Celles-ci résultent des suites de la polygamie induite évidement dans des communautés très pauvres et par conséquent d’une violence hyperactive, qui produisent à la longue moins de survivants virils et plus de femmes. Ce déséquilibre dans le coefficient des sexes aboutit en polygamie, davantage d'enfants et approbation sociale pour d’inévitables familles plus grandes.
Les pauvres n’ont qu’à se féliciter de ce qu'ils ne peuvent éviter en tout cas. D’habitude, les riches ont moins d’enfants et des familles plus petites, leur permettant de mieux les élever. Des familles plus larges exigent des ménagères abusées et surmenées ; celles-la, à leur tour, produisent des enfants de plus en plus négligés. Le dénouement est une masse de femmes méprisées, de tueurs potentiels parmi leurs enfants parce que mal éduqués, de populations plus denses et d’affrontements accrus.
En second lieu, la guerre tue les vigoureux, les courageux, les géniaux, les créatifs, les sains, les obéissants et les esprits éclaircis, beaucoup plus rapidement qu’elle ne tue le restant de nous. L’ensilage de la guerre est une superfluité de médiocres irréfléchis qui gaspillent leur vie en s’obsédant de leurs sujets favoris d'importance tertiaire et en nous les imposant. Les séquelles de la guerre sont leur ultime vengeance.
Si la guerre fut interdite, les générations à venir grandiraient beaucoup plus fortes, honnêtes et sages. Des générations entières dans ce genre seraient nécessaires pour se remettre des effets nuisibles d’une seule génération massacrée ; peut-être même un centenaire de tels, à la suite de quelques générations consécutives de massacre. Entre-temps, le mal et l’indifférence au mal prévalent sur le bien et ses soins préventifs, tout en proportion à ces pertes.
Il y a des moyens préférables de contrôler l’augmentation de population : la nutrition de bonne qualité, des soins médicaux universels, l’éducation, une fiable sécurité sociale pour les vieux et invalides, et puis, le plus important de tous, des droits égaux mis strictement en vigueur pour tout le monde sans compromis ni exceptions, femmes et enfants compris.
Par fanatisme obstiné, la gestion d’armes a tour à tour restreint chacune de ces prestations. Après tout, les techniciens d’armes se spécialisent dans l’infliction d’anéantissements et de souffrances en masse. Tout activité de rehaussement de la vie ne réussirait qu’à ajouter à leur intention primaire sinon en soustraire. D’améliorer la qualité de la vie n’est qu’une considération secondaire pour des directeurs d’armes obsédés d’autres priorités.
L’interdiction des contrôles de naissance harnache des énergies humaines explosives : l’intense frustration sexuelle multipliée par les réflexes d'agression et de shadisme découlant du surpeuplement humain. La gestion d’armes se fortifie en les sublimant dans la criminalité, et en abusant de telles intangibles humaines que la libido, la crainte de privation et les différences naturelles entre hommes et femmes, entre des gens d’appartenance d’ethnie différente, d’idéologie divergente et de croyance exclusive.
Toute organisation s’avoue l’une d’armes quand elle décourage la planification des naissances et décontenance ainsi les femmes : une autre raison pour reconnaître nos religions en masse comme des institutions d’armes.
La promiscuité sexuelle est inévitable parmi des gens niées d’adéquats soins médicaux et éducation ; elle est également prévalant parmi des affluents et bien instruits. Commander aux gens de s'abstenir de quelque chose d’aussi agréable que le sexe, voici une royale perte de temps pour tout le monde concerné—à l'exception de vigoureuses élites d’armes dissimulant leurs ordres du jour.
La plus sotte et moins habile la femme, et le plus fragile son réseau de soutien, le plus vivement et fréquemment que ces directeurs d’armes lui conseilleront d’avoir beaucoup d'enfants. De façon ponctuelle et sans correction, ces femmes sont violées jusqu’à la maternité quand elles manquent de protecteurs virils de haut privilège. Ces tristes ravages se pratiquent autant aujourd’hui qu’en temps passés (donc aucune amélioration sociale ne peut être distinguée.)
Les meilleures recrues d’infanterie sont celles disposant d’une enfance la moins sûre—en bref, ce sont des bâtards, des orphelins sinon les deux. Des ghettos économiques fournissent les crèches suprêmes pour une grande quantité de bons soldats : voici leur seule raison d’exister. Autrement sont-ce certainement les lieux les plus onéreux à gérer.
Des réactionnaires ont déclaré que le progressiste moyen a légiféré le déclin social, bien que ce déclin soit leur ultime but subconscient. Voici leur plus récent effort à ensevelir leur honte. Aux noms de l’accommodement et de l’accord politique, des démocrates du dollar : « Un million de dollars équivaut à un vote ! » ont tripoté la législation progressiste depuis des décennies. Maintenant que les maux qu’ils ont si bien négociés ont porté leur fruit saumâtre, ils déclarent que de tels résultats sont la faute des progressistes. Il n’y a que des directeurs d’armes, gérants d’états en armes, qui pourraient invoquer de telles menteries et s’en sortir sans problème, grâce à notre apathie collective.
Tout le monde se rend compte qu’une durée raccourcie de vie humaine – terminée à l'étape embryonnaire, si nécessaire – soit préférable à la crucifixion endurée le long d’une vie passée dans un mauvais quartier de cauchemar, désert de famine ou enfer pénal. Beaucoup de gens ne condamneraient jamais leurs propres enfants à cette existence satanique ; d'une façon ou d'une autre se convainquent-elles que des enfants d’étrangers innocents, leurs pauvres parents et des prisonniers adultes méritent cette existence sans merci.
Ce pharisaïsme contradictoire trahit la nature shadique des fondamentalistes religieux. Ils lutteront, iront en prison et tueront parfois afin que des gosses naissent non désirés. Néanmoins ne traverseraient-ils pas la rue afin de leur assurer une bonne éducation, et soutiendront obstinément la guerre à l'étranger, l’empire de prison et la peine de mort chez eux, visant misère et destruction sur des enfants en surplus qu’ils ont tenu à faire naître.
Qu’en aurait dit Jésus ?
En revanche, ceux et celles commandent notre respect illimité (et je pressent que ce soit plutôt celles) qui contrecarrent l'avortement en offrant des options légitimes d'adoption et de soins de bonne qualité. En ce faisant, elles nient aux techniciens d’armes leur source fondamentale de recrutement.
Personne N’AIME le moindre mal de l'avortement. Une adoption sûre et rapide devrait être la norme pour chaque enfant non voulu par ses parents, aussi pour chaque couple qualifié à élever un enfant. Je n'ai jamais compris pourquoi tant d'enfants dédaignés et tant de parents potentiels, volontaires et désespérés sont inscrits sur de longues listes d'attente.
À présent, des drogues « du matin d’après » – des options de contrôle de naissance beaucoup moins intruses que l'avortement chirurgical – se sont prouvées efficaces des jours après la conception. Des tentatives de les supprimer ont été aussi âpres.
Reniant les défis sociaux effectivement induits par leurs précieuses contradictions, les directeurs d’armes fabriquent des faux défis à leur tyrannie. En dénormalisant la sexualité salubre et criminalisant l’usage de drogues parmi des adultes consentants, ces réactionnaires produisent des nouvelles populations plénières de « déviants » qu'ils peuvent persécuter à volonté.
Nous avons malheureusement accordé beaucoup trop de responsabilités à d’incontestables névrosés, permis qu’ils imposent leurs obsessions sur le restant du monde à partir de leurs positions d’autorité. Nous leur avons permis ensuite de recruter et former des acolytes pour prendre leur relève : une nouvelle génération de névrosés encore plus malades. Voici une vrille typique de dégénérescence institutionnelle au fil du temps : chaque génération pire que son précédant, jusqu’à ce que d’implacables inquisiteurs ne fleurissement impunément partout.
Du balai !
Les profits dissimulés que ces réactionnaires ont glanés de décennies du commerce illégal des drogues, ont financé un sprint au fascisme à l’échelle globale, guidé par les medias. Où crois-tu que tous ces milliards de fonds aient aboutis, sauf dans leurs comptes en banc ? Des médias ne se soucient guère d’accélérer cette course ; cette disgrâce étant à leur profit.
Les Apprentis éditeront les codes pénaux avec une priorité durable : leur mise en application au moyen de la coopération volontaire.
Si une minorité considérable contourne la loi, elle est inapplicable dans cette population. Si elle ne la contrarie pas, mais ne rend pas en justice personne qu’elle trouverait la contrariant, cette loi n’est plus applicable. Quand plus qu'une insignifiante minorité est soumise à l’arrestation et l’emprisonnement, la loi devient inapplicable. Si la loi autorise des gaspilleurs sans fonds, avocats redondants et idéologues fanatiques à empêtrer d’honnêtes gens dans des légalismes frivoles, elle devient inapplicable. Quand des minorités considérables définissent la police comme une intruse hostile, la loi dans son ensemble devient inapplicable.
Beaucoup de commentateurs sociaux contemplent la loi comme une force inexorable. Selon eux, elle doit demeurer menaçante, absolue et croissante indiscutablement comme une avalanche de neige. L’absence de sa croissance sinon la retouche de ses pires erreurs, ce pourrait inviter le chaos anarchique. Cette attitude mène à Auschwitz. La loi devrait demeurer une toile très fine et la mieux définie par son absence, dans laquelle la plupart des êtres humains consentiraient à s’enchevêtrer quand ils s'égarent.
Les Apprentis mettront en vigueur un minimum de lois. Les problèmes destructifs, ne pouvant être absolument interdites, doivent être strictement réglés au service de la santé publique.
« Un Etat ainsi gouverné a besoin de très peu de lois et à mesure qu’il devient nécessaire d’en promulguer de nouvelles, cette nécessitée se voit universellement. Le premier qui les propose ne fait que dire ce que tous ont déjà senti et il n’est question ni de brigues ni d’éloquences pour faire passer en loi ce que chacun a déjà résolu de faire, sitôt qu’il sera sûr que les autres le feront comme lui. » Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Bordas, Paris, Bruxelles, Montréal, 1972. Livre IV, Chapitre 1.
Les prostituées doivent être inspectées souvent et certifiées par des médecins ; les distributeurs de drogues, être autorisés comme les distributeurs d’alcool et de tabac ; les jeux de monnaie, taxés afin de défrayer leurs abus. Tout abus de mineurs devrait redevenir impensable et impossible à cacher, par coutume répétitive et conviction universelle.
La populace apprendra à réaliser du bien de façon automatique, jusqu'à ce que la plupart des gens règleront leur comportement (et surtout celui des déviants locaux de potentiel violent) sans surveillance excessive de l’extérieure. Une fois que nos lois seront purgées de leur rebut d’armes, des offenses spécifiques émergeront, n’étant éprouvées de précédent. Dans ces cas, un jury dûment attitré devrait décider les conséquences appropriées, et non des législateurs d’après le fait, ayant une main bien enfouie dans la caisse et l'autre caressant des criminels riches.
Même des criminels attestés coupables doivent percevoir le gouvernement et les administrations comme des entités pour la plupart bienveillantes. Des punitions sournoises incitent le défi, n'importe combien désespéré qu’il puisse se rendre. Des punitions excessives glorifient le criminel dans les yeux de sa communauté et interdisent tout résultat préférable.
Souviens-toi que chaque poursuite criminelle doit nous sembler comme une nouvelle confession d'échec collectif. Nous ne devons plus jamais le percevoir comme un rituel bienvenu de vengeance publique et de sacrifice du criminel.
Bien sûr, quelques victimes estiment que leur tortionnaire mérite d’une punition sévère et que la souffrance de leur assaillant compenserait la leur. Je pourrai souscrire à la même conviction, dans des circonstances analogues. Que Dieu nous aide à pénétrer cette obscurité !
La peine de mort souille l’homme et Dieu, les cieux comme la terre. Nous conspirons à exécuter les plus infortunés et troublés parmi nous – sinon tournons la tête en silence coupable – à cause de notre lâcheté morale. Si nous nous aimions sans crainte, nous trouverions des meilleurs moyens de vivre et laisser vivre en obéissance du commandement fondamental de toutes les cultures humaines.
Les meurtres de passion, d'ignorance et de folie sont une misère. La sagesse dicte que nous les anticipions au moyen de stratagèmes infiniment plus subtils que la négligence avant le fait et la brutalité hystérique, après. Malgré tout, une défense mortelle pourrait être à mi-justifiée dans les pires scénarios, et un jury pourrait prendre à cœur les cris de vengeance des parents d’une victime.
Dans une société débarrassée de la mentalité d’armes, la brutalité meurtrière aurait le même attrait que de manger une assiette de merde. Personne ne s’imaginerait l’entreprendre, à part des insensés patents et donc plus faciles à identifier de façon préemptive.
Néanmoins, quand des responsables de punition et leurs partisans sont de connivence à exécuter un autre prisonnier, ils s’éclaboussent de la culpabilité de ce détenu et gravent la marque de Caïn sur leur front. Nombreux ceux qui se rendent intoxiqués par une succession de meurtres légaux : chaque nouveau cas moins justifiable.
L’ultime et la pire exégèse de la tyrannie, c’est la peine de mort ; dans cette direction nous attend la guerre civile pour débattre des questions de domaine et l’impudique tuerie d'innocents, rien que pour soutenir des principes élémentaires.
Dans toute confrontation légale, le criminel, ses victimes et les représentants de la communauté (juge et avocats, à présent ; jurys et médiateurs compétents, bientôt) devraient amalgamer le holisme de leurs besoins valides. De cet accord pourront émerger des solutions plus pragmatiques. Le plus grand rassemblement volontaire de juge, jury, victimes, accusés et leurs intermédiaires devrait résoudre ensemble ces problèmes.
Les médias devraient dépeindre des actes de brutalité comme ignobles, lâches et tragiques—plus jamais héroïques. Plutôt que d'éliminer intégralement la violence fictive sinon la rendre plus noble et moins dégoûtante (comme d’habitude, aujourd’hui), les films et la télévision devraient démontrer que cette brutalité soit certaine de tuer, d’estropier et de déshonorer chaque participant. Scélérats, acteurs secondaires, héros et héroïnes : le plus sympathique le personnage, les plus insensées, inutiles et stupides que devraient se rendre leur mutilation et destruction, dans toutes les représentations fictives de confrontation violente.
Déjà, Hollywood soutient une formule implicite : en fin de compte, aucun criminel ne doit ressortir impuni. Changeons pour lire : dans une programmation de brutalité, tout le monde doit mourir en agonie, être horriblement déchiré sinon aboutir en ruine totale. À la fin du film, seuls des tiers paisibles devraient émerger des amas fumeux : les seuls à retenir même une petite prétention au bonheur. Plus jamais des héros ne triompheraient-ils au moyen d’applications adroites de brutalité « complètement justifiée » par des astuces boiteuses d'intrigue dramatique. Plus jamais la brutalité fatale ne serait-elle convoquée au signal donné, du moment que des problèmes se rendraient graves, compliqués et troublants ; plus jamais ne résoudrait-t-elle de problèmes, seulement les aggraver. Tous les antagonistes seraient déchirés, ruinés, rendus fous et détruits par leur violence partagée. Plus jamais de héros sauf ceux paisibles.
Sous une gérance s’intensifiant d’armes, notre pays se mute en une vaste cour centrale de prison. En nombres déraisonnables, les respectueux des lois s’enferment à clef dans leurs maisons fortifiées ; de plus en plus de prisonniers inoffensifs et d’indigents sans-abri sont pris comme victimes. Sans tenir compte de notre droiture, de nos délits, faillites et moyens actuels, ce sera notre tour bientôt de suite.
Un commentateur social divisa la société civile en deux mondes : celui où les gens résident dans un voisinage ouvert, et l’autre, d’une république de banane où des riches s’entourent de gardes du corps et murs de périmètre au-delà desquels s'envenime la pauvreté en masse sans surveillance préventive.
Les pays les plus riches, puissants et affranchis au monde se rendent effrontément en républiques de banane. Nous sommes disgraciés et rendus esclaves par notre manque de soutenir de toutes nos forces nos valeurs principales. De façon paradoxale, l’incroyable richesse de notre civilisation correspond directement à son manque d’élégance. Partout, et de plus en plus souvent de nos jours, des murs de périmètre et alarmes mécaniques de maison se rendent obligatoires. Ma maison en comporte les deux : une autre de mes habitudes déshonorantes. Beaucoup trop d'Américains sont emprisonnés ou en probation criminelle. Un Américain noir dispose de meilleures chances de se faire pincer dans des rouages judiciaires, que de gagner à la roulette.
Quand émergera la mentalité paisible, émergeront en parallèle notre autodiscipline spontanée, vertu fiable et refus renouvelé d'admettre l'inadmissible.
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APPRENTIS : De la terre en armes au
monde en paix
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