SOMMAIRE
D’APPRENTIS INTRODUCTION ET VOCABULAIRE
« Ce ne sera qu’après que le dernier arbre ait été abattu. Ce ne sera qu’après que la dernière rivière ait été empoisonnée. Ce ne sera qu’après que le dernier poisson ait été attrapé. Ce ne sera qu’alors que vous trouverez que l'argent ne se laisse pas manger. » Prophétie des Crees indiens, prise de Mutant Message, Marlo Morgan "Two Hearts", MM CO. , 1991.
Cela me rend malade d'observer des sociopathes rembourrés en costume cannibaliser le restant de notre unique installation d'oxygène. Nous voici emboîtés à bord du seul sous-marin en notre possession, croisant la noirceur sans limite de l'espace, sans aucune opportunité de remonter à la surface, et qu’ils tiennent stupidement à tirer dans les profondeurs par voie de torpille des composants vitaux de cette seule installation. Afin de se compenser pour leur réalisation géniale, ils se paient, les uns aux autres, des pièces étincelants de métal et beaucoup de paperasseries dénombrant tout plein de zéros. Quels cons !
Je préfèrerai rêver des super forêts d'apogée du monde paisible, que des paillasses bancaires de la terre en armes. Si ça te remonte l’esprit, condamne-moi d’être un idéaliste s'obstinant à étreindre des arbres.
Nous ne pouvons plus compter sur la constitution américaine, comme mise en vigueur à l’heure actuelle, pour nous protéger durant le troisième millénaire. Son projet de droits, « Bill of Rights » n’invoque même pas la pureté de l'air et de l'eau. Comment pourrions-nous adhérer aux « intentions originelles » de cette constitution ? Ses auteurs l’ont rédigé afin de pouvoir déclarer que tous les hommes soient égaux, tout en retenant des esclaves. Méprisables ceux qui se dissimulent derrière une « interprétation stricte » de cette constitution. Cela ne leur empêchera pourtant pas d’en manigancer des interprétations et résultats les pires possibles, de cette constitution—du moins jusqu'à ce que nous leur convainquions autrement.
Faisons-en face : la constitution américaine est obsolète comme écrite aujourd'hui. Ce fut un document remarquable, il y a deux siècles, durant l’époque des terroirs gratuits sans limite, du droit divin des rois et des communications à cheval et à voile. Comme tout autre instrument révolutionnaire, elle exigeait défense active de la part de responsables désintéressés étant supposés la remettre à jour de façon continuelle selon ses propres directives. À l’heure actuelle, ces autorités rendent honneur solennel à son verbiage afin d'en glaner plus de votes, mais outragent assidûment son esprit afin de fortifier leur gouvernement mégatyrannique. Cette constitution n'a jamais justifiée l’hypergouvernement dont les dernières justifications tactiques (afin de promouvoir la défense nationale) sont vite en train de disparaître.
Le meilleur gouvernement serait tout-puissant mais le moins importun. Absent des raisons urgentes pour justifier son intervention, les locaux autogérés n’en entendraient parler qu'afin d’en recevoir des conseils sollicités, consultations électorales et taxations au poids de plume pour l’entretient de projets globaux et extraterrestres. Seulement un désastre autrement intraitable appellerait à l’intervention directe confédérative : celle-là payée fort cher après, afin d’en décourager la répétition.
La loi commune britannique s’est désespérément brouillée durant le mouvement de clôture. À cette époque, les droits communautaires au pâturage, aux ressources forestières et champs partagés furent sacrifiés dans la consolidation de grandes plantations au bénéfice des Anglais les plus riches. En soumission à cette corruption de valeurs traditionnelles, le droit souverain de propriété fut figé dans la constitution américaine.
Les Amérindiens furent abasourdis par cette définition légale de la propriété. Une telle demande n’était basée que sur des paperasseries certifiées et assez de puissance de feu pour ratifier ces certificats nuls. Les Indiens furent plutôt habitués à « l'usufruit » convenue de façon collective depuis la nuit du temps. Moins arbitraire et contestable, il était mieux apparenté à leur façon intuitive de penser et beaucoup plus facile à régler paisiblement par consentement universel.
Lors de la transition au monde en paix, ce sujet doit être d'une importance souveraine. Les Apprentis doivent abandonner toute réglementation favorisant les intérêts d’élites minoritaires au moyen de menaces de brutalité, et la remplacer par des règles plus élégantes, appliquées paisiblement au moyen d’un consentement quasi-universel, facilitant ainsi la confiance mutuelle.
À vrai dire, les anciens paysans anglais furent aussi ahuris que les indiens par l’arrogant banditisme de leurs supérieurs sociaux, appuyé par la même puissance irrésistible de feu et enthousiasme d’en abuser.
« L’usufruit: Le droit de … jouir des profits et avantages qui proviennent de quelque chose appartenant à un autre [dans ce cas, Dieu] autant que cette propriété ne soit ni endommagée ni transformée en aucune manière. » Webster’s II, New Riverside University Dictionary.
Les propriétaires contractuels modernes doivent surexploiter leurs propriétés afin de défrayer des impôts baroques d'armes. Ils accumulent des profits et avantages de cette exploitation crue, en dépit de leurs résultats nuisibles et peut-être à cause d'eux. La plupart de ces redevances d’armes devraient passer directement dans les caisses de la sécurité sociale.
Des éconologiciens refusent d'honorer le soutènement (sustainability, en anglais – je ne trouve pas d’interprétation correcte en français – la capacité d’être utilisé tout en se perpétuant malgré cette usage), l’exigence fondamentale de l’intendance… Bien que cette intendance soit la quintessence de l’usage légitime : le meilleur moyen d’accélérer notre retrait de la misère. Cela paraîtrait plus valable que de fantasmer de toute « poursuite » imaginaire du bonheur. Ni les défis ni les récompenses de la propriété ne diminueraient sous les lois d'usufruit ; il est certain, par contre, que le soutènement en bénéficierait.
Comme des vaguelettes concentriques refluant du lancement d’un caillou dans un étang, nous rayonnons des lames en expansion d'autorité déléguée. Depuis notre naissance, nous avons délégué ces affiliations préréglées de famille, de religion, de culture, d’éducation, d’affaires et de gouvernement. Ces libertés, privilèges, responsabilités et obligations ne nous ont jamais été « accordés » ; nous avons simplement choisi de leur déléguer ainsi qu’il nous sembla le plus convenable et attrayant—sinon, sur la terre en armes, nous semblant le moins terrifiant.
Trois idées jadis négligées doivent gouverner la manière dont nous déléguons cette autorité :
· Prérogative personnelle : l’individu en pleine santé et entièrement mûri est catégoriquement responsable de cette autorité. Il n’appartient jamais à une institution quelconque de la lui accorder en tant que « privilège. »
· Limitation institutionnelle : chaque instrument social doit se borner aux questions qu'il peut manier correctement et n'entretenir aucune autre.
· Service dirigé : les priorités du passé doivent être renversées. Les instruments sociétaux doivent honnêtement servir une fonction populaire et non des patrons institutionnels par hypocrisie furtive.
Il est temps de réécrire notre projet de droits afin de garantir à tous les droits du 21eme siècle. Le traitement bénin devrait y être exigé—y compris partage conforme du pouvoir politique.
Quelqu’un m’a informé que des conspirateurs malveillants de mauviette ont réécrit la constitution américaine dans un centre quelconque de réflexion. Je n’en ai pas pu trouver l'exemplaire. On m’a dit que des droits y furent rendus en « privilèges » et la désobéissance, en maladie mentale.
Les Apprentis amenderont la constitution américaine afin d’accorder des droits conformes à touts ceux qui lui jurent fidélité, non seulement aux Américains. Inclus seront tous ceux lui souhaitant du bien mais refusant de jurer, ainsi que ceux souhaitant honorer un autre texte de manière préférentielle (le coran ou la bible, par exemple), à condition que cela se passe de façon coopérative et en paix. Cette nouvelle rédaction devrait mériter d’une approbation presque unanime.
Dans l’avenir proche, une lutte de meutes politiques tourbillonnera autour d'amendements proposés à la constitution américaine : une série de ces révisions rédigée par des réactionnaires afin de perpétuer leur gestion d'armes ; l'autre, plus progressiste, par les Apprentis.
Les Apprentis laisseront « la poursuite du bonheur » à la conscience morale et aux talents particuliers : là où elle aurait dû appartenir en premier lieu. Une législation valide accélérerait plutôt l’éloignement de tout le monde de leur misère. Voici ce que les gouvernements actuels bloquent avec obstination querelleuse, du moins concernant leurs proies favorites.
Aucun gouvernement n’a eu de bonne idée comment inciter le bonheur. Le bonheur humain, voici une subjectivité trop intime pour que le gouvernement puisse le comprendre non moins le manier honnêtement. En revanche, n’importe lequel peut très facilement mesurer la misère et la réduire au moyen de procédés que tout adulte sensé pourrait répertorier les yeux fermés : provision d’eaux et d’air propres ; de nutrition adéquate ; d’habits, de logement, d’éducation ; des libertés de rassemblement et d'expression ; de justice (des gardes contre la corruption), etc. … Comme tout autre individu et institution, le gouvernement doit effectuer tout ce dont il excelle et rien de plus ; il doit laisser strictement tranquille ce dont il n'aurait aucune idée comment réussir.
Les Apprentis reconnaîtront les droits individuels à la vie, la liberté de choix, la justice et au retrait de la misère. En plus méritons-nous tous des droits suivants, évidents en soi, à savoir : droit aux nécessités de survie de qualité supérieure et bon marché ; droit aux sol, air et eau purs ; droit aux soins médicaux supérieurs d’avant la conception jusqu’à la mort ; et droit de poursuivre notre Apprentissage de toutes nos forces. Nos droits actuels, bornés sans merci par la régie d’armes, devront se multiplier et fortifier sous celle paisible.
Dans Comment penser de la guerre et la paix, Mortimer J. Adler écrit :
« L'épreuve la plus élémentaire d'une conception authentique du bonheur humain, c’est qu’elle doit être abordable par chacun sans entraver ni prévenir en aucune manière l’obtention de ces mêmes biens par un autre. Tous ceux qui considèrent la poursuite du bonheur comme une entreprise compétitive … » [souffrent d'une illusion fatale.]
Dans Biomimicry : Innovation Inspired by Nature (Biomimisme : L’innovation inspiré par la nature) Janine M. Benyus prescrit quatre démarches principales qui nous transformeraient en symbiotes plus productifs vis-à-vis la nature.
· De la quiétude : nous plonger dans la nature.
· D’écouter : interroger la flore et la faune de notre planète.
· De rendre l’écho : encourager des biologistes et ingénieurs à collaborer en se servant de la nature comme leur model et aune [en tentant de répondre « Oui » aux questions suivantes :]
o Est-ce que ça s’actionne par des rayons solaires ?
o Est-ce que ça n’utilise que l’énergie requise ?
o Sa forme s’accorde-t-elle avec sa fonction ?
o Est-ce que ça recycle le tout ?
o Est-ce que ça récompense la coopération ?
o Est-ce que ça compte sur la diversité ?
o Est-ce que ça se sert de l’expertise locale ?
o Est-ce que ça se refrène, de son propre agencement, des excès ?
o Est-ce que ça exploite la puissance des limites ? [La nature sait inventer de la poésie parfaite au milieu de contraintes phénoménales de miniaturisation.]
o Est-ce beau ?
·
De
l’intendance : préserver la diversité et le génie de la vie [en dépendant d’une
forme que nous ne comprendrions que partiellement.]
Mark Hixon, professeur de zoologie dans l'université d'Oregon, a publié un ensemble de dix commandements concernant la gestion des pêches. Ses ordonnances s'appliquent remarquablement bien à la gestion d’agrégats humains : politiques, nationaux et religieux. Les divergences dans leurs signification et intention seraient plutôt drôles, si l’on y pense, puisque cet ensemble discute du contrôle d’une source de nourriture et nous discutons ici du contrôle d’une source de mutilations potentielles si d’autant mal géré. STP transposer la nomenclature politique appropriée à des communautés humaines, là où cela serait nécessaire.
« "Le premier commandement – ce qu'ils appellent la base de tous les autres – doit garder une perspective holistique, précautionneuse et adaptative," selon Hixon.
"Nous devons considérer des systèmes entiers, devons pêcher avec plus grande circonspection et apprendre en examinant des nouvelles approches," dit Hixon. "Au lieu d’une gestion qui parle d'écosystèmes, nous nous référions à une gestion 'fondée sur l’écosystème,' parce qu’il serait mal orienté de penser que nous puissions comprendre ou ordonner l’intégralité des écosystèmes maritimes. Toutefois, beaucoup est déjà reconnu comme capable de former la base d’actions importants qui amélioreront considérablement l'efficacité et le rendement de la gestion maritime," dit Hixon, "et ce n'est ni même une question de fonds monétaires—plusieurs étapes obligatoires pourraient être entamés en tenant compte des connaissances, des approches et des dispositifs de la gérance contemporaine."
« "Autant qu’autre chose, le véritable défi ci-présent est de transformer notre vision du monde," dit Hixon. "Nous devons accepter la nécessité de changer notre approche à la science et la gestion des pêches. Restent de nombreuses gens qui pensent que nous pourrions accomplir nos buts océaniques en contrôlant les espèces une à la fois, pourvu que ce soit de manière correcte. Malgré cela, la prépondérance de l'évidence actuelle prouve qu’une considération d’écosystèmes entiers serait la seule qui réussirait à long terme."
« "Même au sujet élémentaire de la gestion des saumons dans le Pacifique du nord-ouest," dit Hixon, "la réalité est qu'une approche réussie doit considérer les barrages, la qualité de l'eau terrestre, la gestion des forêts, l'habitat d’engendrement, les sources nutritives marines, prédateurs, variations océaniques et transformations globales du climat.
« "Ceci peut paraître accablant, mais, étant donné de la bonne foi, beaucoup d'outils basés sur des écosystèmes sont déjà prêts à être opérés," dit Hixon.
« "Voici pourquoi mes collègues et moi avons développé ces éléments à entreprendre, afin d'aider le progrès dans la bonne voie."
« Leur "deuxième commandement" exige de remettre en cause chaque prétention, n'importe si elle serait fondamentale sinon ce que suggèrerait la sagesse conventionnelle. Par exemple, Hixon considère le but traditionnel des pêches : "le rendement maximum soutenable," mis en place depuis des décennies, comme un concept défectueux. Une meilleure approche serait la surveillance soigneuse des caractéristiques de prises afin d’évaluer si les stocks halieutiques sont soutenus.
« Parmi les autres commandements :
· Maintenir une structure de "vieille croissance" dans les populations de poissons, puisque de grands, vieux, gros poissons femelles ont été démontrés les meilleurs génitrices, mais sont également vulnérables aux pêches excessives.
· Caractériser et maintenir la structure spatiale normale des stocks halieutiques, de sorte que les frontières de gestion s’assortissent avec les frontières naturelles en mer.
· Surveiller et maintenir les habitats du fond marin afin d'assurer que les poissons aient de la nourriture et de l'abri.
· Maintenir des écosystèmes résilients qui puissent résister aux chocs fortuits.
· Identifier et maintenir les accords critiques dans les enchaînements de nourriture, y compris ceux des prédateurs et espèces de fourrage.
· S’adapter aux changements d’écosystèmes dans le temps : à court terme et selon de plus longs cycles de décennies ou de siècles, y compris le changement global du climat.
· Expliquer les transformations évolutionnaires provoqués par la pêche, qui tendent à enlever de grands et anciens poissons.
· Tenir compte, dans toutes les formules écologiques, des actions humaines et leurs systèmes économiques et sociaux. »
http://www.sciencedaily.com/releases/2007/02/070221093217.htm (en anglais).
Dans Dominion fragile : La complexité et la commune, (en anglais) Helix Books, Perseus Books Group, Reading, Massachusetts, 1999, pp. 199-206, Simon Levin essaie de clarifier la pensée écologique moderne dans toute sa complexité cabalistique. C'est à se rendre un mal de tête. Il finit par inscrire huit simples commandements de gestion écologique. Ceux-ci s’appliquent également aux sciences environnementales, à la politique d'information et à l’établissement du monde paisible :
· Réduire l'incertitude (par encore plus de recherches).
· S’attendre aux surprises.
· Maintenir l’hétérogénéité : (Vive la différence !)
· Soutenir la modularité (en contraste de simplifications extrêmes à leur propre compte).
· Conserver la redondance (beaucoup d’abrites séparées comportant le même mélange de plantes, au lieu d’une « sanctuaire modèle » entourée de dévastation.)
· Resserrer les boucles de renvoi « feedback » d’informations (prévoir les conséquences involontaires.)
· Aménager la confiance.
· Faire aux autres ce que nous souhaiterions que l’on nous fasse.
ENSUITE TABLE
DES MATIERES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS:
De la terre en armes au monde en paix
PAGE DES CONTACTS (sous développement)