- L’AVENIR -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTIS      INTRO ET VOCABULAIRE

 

« En restreignant le Carbone par le rationnement, nous pourrions bientôt constater que nous aménagions une autre sorte de société, soulignant plutôt la qualité de la vie que des statistiques crues de la croissance économique et d’une implacable consommation.  Je n'ai aucun grand schéma selon quoi cette société ressemblerait ni prétend que ce serait une certaine forme d’utopie.  La vie continuerait, avec toutes ses épreuves et tribulations—et cela, après tout, serait précisément le but.  À moins que nous n’amoindrissions le Carbone, la vie en grande partie ne continuera pas du tout. » Mark Lynas, Six Degrés : Notre futur sur une planète plus chaude, National Geographic Society, Washington, D.C, 2008, p. 302.  Les paragraphes suivants (aboutissant en une liste sinistre, avec quelques additions des miennes) sont mon sommaire de ce texte primaire concernant le réchauffement global.  Comme l’on dit au poker : déchiffrez-les et pleurez.

 

Imaginons Dieu comme une vieille foulque sénile, glorifiée jadis comme l'artiste prééminent de son temps.  Ayant perdu sa bonne vue depuis quelques années, il réduit sa palette terrestre à quatre coloris : jaune de sable, gris, la plus pure aigue-marine et le blanc des nuages.  Parti tout le blanc cristallin de glace, effacé sans pitié des montagnes équatoriales (un degré) ; de l'océan arctique (deux degrés) ; des Alpes, des Rochiers et des Andes (trois degrés) ; et finalement du puissant Himalaya, même du Groenland et de l’Antarctique, après seulement quatre degrés d'augmentation dans la chaleur moyennant au monde.  Parti le vert du forêt tropical ou tempéré, puisque les fleuves vitales provenant de la glace disparue qui fondrait autrement en été, ne coulent plus de façon digne de confiance ; partis les bruns foncés du bon sol, emportés par des inondations ou transformés par la sécheresse en bols de poussière.  Quant au moteur calorifique d'une terre rendue plus chaude, ses pluies conformeront à cette convention biblique : «  À ceux qui ont beaucoup, encore plus sera donné ; mais pour ceux qui n'ont rien, même ce qu'ils ont sera enlevé. »  Plus rien de jachère, aucuns bois ni récif de corail vif ni poissons.

 

Disparues toutes les villes portières, inondées quoi qu’elles se seraient fortifiées ; disparue la bioluminescence des villes dans la nuit : quelques restantes bavures de luminosité accroupies sur des rives polaires, si capables de s’y tenir.  Au lieu, des éclats clignoteront en mer, là où l'hydrate de méthane sous-marine, une fois congelée mais à présent dégelée, moussera sur des kilomètres carrés de plateau continental et détonera en explosions titaniques qui interrompront l’occasionnel hyper ouragan de force 6+ avec des tsunamis massifs. 

Les océans sont d’une pure aigue-marine parce qu'il n'y a plus au-dedans de l’Oxygène et donc aucune vie.  La biomasse restante n’est que de la brousse non comestible sinon du marais de palétuvier et pas trop de ceux-là ; le tout induit par une simple élévation de cinq degrés dans les températures moyennant au monde.  Six degrés, et oublis la bioluminescence humaine pour au moins quelques siècles, tandis que le climat se stabilise après l'équivalent de la décroissance permienne triasique durant laquelle le monde s’est presque rendu en roche stérile.  Quelques êtres humains pourraient survivre, se reproduire et reconstruire en bon temps. Une baisse équivalente de six degrés vernirait la planète toute entière en glace, peut-être jusqu’à l'équateur. 

 

Afin d’éviter ce triste destin, nous devrions entreprendre de programmer des « cales » ou des tranches statistiques d'énergie sauvée et de réductions de gaz de serre (chaque cale réduisant les émissions de CO2 par 1.000 tonnes avant l’année 2050), selon Robert Socolow et Stever Pacala de l'université de Princeton.  Si nous insertions assez de ces « cales » dans notre vie, disons 13, et les réalisions assez vite, nous pourrions peut-être éviter les plus fatals de ces phénomènes de chaleur. Certaines à sélectionner, rejeter comme trop nocives ou reproduire plusieurs fois, incluraient :

 

·     Doubler l'efficacité de chaque automobile 

·     Diviser en deux le parcours annuel de chaque automobile 

·     Diviser en deux le nombre d'automobiles sur terre (dois-je mener par exemple et conduire mon vieux Volkswagen par-dessus la falaise la plus proche, pour que personne d'autre ne puisse s’en servir ?)

·     Rendre autant (?) d’habitations d’énergie neutre que possible 

·     700 centrales nucléaires d'un Gigawatt chacune (gare à celles qui péteront !) 

·     Deux millions de turbines poussées du vent où de l'eau, d'un Mégawatt chacun

·     Environ deux millions d’hectares de panneaux solaires photovoltaïques (1.75 mètres carrés par personne sur terre ; dois-je mener par exemple et me ruiner en couvrant ma maison de panneaux solaires ?) 

·     Un reboisement massif (? millions de hectares d’arbres replantés), et enterrer ces arbres une fois qu'ils aient mûri 

·     Terminer tous les estafilades et brûlures massives des forêts tropicales, depuis cet instant 

·     Consacrer 250 millions d’hectares aux biofuels au lieu de la nourriture (armez-vous contre ceux frappés de famine) 

·     Séquestrer 1.000 tonnes de CO2 liquide sous sol 

·     De la photosynthèse artificielle (biomécanique ? Dans les vertébrés ? Chez l'homme ?)

·     Des coccolites (planctons) d’ingénier génétique qui produiraient du carbonate de calcium en milliers de tonnes  

·     Des miroirs orbitaux, sinon vaporiser dans le ciel des nitrates induisant de l’ombre

·     Des centrales solaires orbitales, rayonnant de l’énergie à la terre (gare aux imprévisibilités atmosphériques !) 

·     Une réduction massive de l'humanité : une peste ou plusieurs (naturelles ou les produits d'armes), sinon un désastre apocalyptique qui soustrairait très péniblement mais aussi commodément 25%, 30% ou plus de l'humanité et probablement nous de même, aussitôt que possible (les Gaulois ne craignaient rien, sauf que le ciel ne leur tombe sur la tête…) 

·     ?... (d’autres idées provenant d’une bonne folie sinon d’une mauvaise, sinon autrement ?)

·     de massives applications industrielles de terra preta ?

 

En tout cas, soit les transformations que nous entreprenions aujourd’hui, la terre se rendra plus ou mois torride pendant les prochaines mille années ou quelques, jusqu’à ce que son climat ne se réstabilise, avec ou sans le fardeau de l’humanité sinon de sa civilisation.

 

Envisageons ensuite une civilisation planétaire consacrée à la paix.  Je sais qu’elle te serait difficile à imaginer, mais essaye tout de même.  Belle et sereine à sa surface, elle dévorerait la richesse inexploitée de l'espace extra-atmosphérique :

 

·     Le vide et l’apesanteur sans limites, nous permettant de perfectionner l’écoulement des matrices de fonte et la formation de cristaux, d’alliages et de composés très purs.  Par exemple, des roulements à billes parfaites et des engrenages n’ayant pas besoin de lubrifiant.

·     De formidables réserves d’énergie renouvelable, puisées directement du soleil.

·     Des engins énormément puissants actionnés par la différence thermique dans le vide entre des surfaces ensoleillées et celles dans l'ombre.

·     En orbites accessibles, des icebergs d’oxygène liquide, de glace d'eau et de bioxyde de carbone.

·     Des amas colossaux de minerai cru : au moins dix fois plus que dans la maigre croûte de notre terre.  Imagine des veines massives d’or pur – fractionnées au poids fort, fusionnées et mises à la dérive par quelque bouleversement cosmique – flottant là-bas dans le noir velouté et sans merci.

·     Artefacts ?  Documents ?  Biologie ?

 

Une fois que nous aurons proprement développé ces ressources (un avantage inattendu mais important du désarmement global de la paix au monde), les industries de grosse énergie et de pollution élevée émigreront jusqu’en orbite terrestre et au-delà. 

Ceci dit, l'espace extra-atmosphérique ne doit pas être plus pollué de ce fait.  Ce sujet fera part de débats cruciaux entre des Apprentis.

Le soulèvement aux cieux de la gestion des gros matériaux, de l’assemblé d'énergie et d’industries lourdes libérera une grande partie de la surface terrestre pour cultive écologique d'apogée.  Cette libération du monde naturel nous permettra de le restaurer à un semblant de sa pureté précédente. 

Les Apprentis pourraient réaliser l'intention apparente de Gaia : semer le cosmos de formes vitales terrestres.  Il semble évident que l'un des buts de la terre doit être d’étendre la vie dans le vide, comme ce fut évidement celui de la vie, de semer la terre et de nous produire : nous, ses élèves favoris. 

Nous pouvons ignorer sans grand risque les scientifiques qui tentent sans preuve de démentir la téléologie et rejettent la conclusion que tous les systèmes, même ceux inhumains, peuvent avoir des intentions, buts et fins particuliers.  Crois-le ou pas, la science rejette cette hypothèse sans examen.  Voici une excellente raison de remettre en cause toute foi religieuse dans les sciences et d’opter en faveur de « superstitions » un peu moins intransigeantes, à leur place sinon comme compléments. 

J’aurai pu être plus proscience dans un monde superstitieux, mais me vois forcé de la remettre en question dans celui ne figurant rien qu’elle.  Je le ferai de toute façon, si seulement pour contredire ces fonctionnaires dominants de l’orthodoxie : tant mal avisés, comme d’habitude, qu'ils sont comme d'habitude certains de l’incontestabilité de leur exactitude.  Comme je contredirai le partisan de toute autre orthodoxie soit religieuse, scientifique ou autrement.  Je contredirai chaque disciplinaire rendant toutes les décisions et ne permettant à personne d’autre plus qualifié d’y répondre.  Pour toutes les disciplines, plus d’entrées dans les champs de leur maîtrise et moins dans ceux de leur incompétence.

 

Les récents présidents des États-Unis ont militarisé l'espace orbital.  Contre qui, des Martiens ?  Un programme frénétique de lancement de satellites militaires a induit le désastre de la navette spatiale Challenger.  Le détournement d’argent de la NASA, des affaires civiles à celles militaires, a condamnée la navette Columbia.  Durant des décennies, la militarisation de l'espace orbital a obstrué sa recherche civile.  Cela nous remit une suffisance de nuques pour stériliser cinquante civilisations terrestres et un dépotoir de rejets dans les orbites principales de la terre.

Cette gestion spatiale confirme un manque colossal d’imagination.  S’aurait été comme si Ferdinand et Isabelle d'Espagne avaient répondu à la pétition de Christoff Colombe : « Lançons une expédition transocéanique ! » en construisant des milliers de fortifications de plage et vaisseaux de garde côtière.  Laissons de côté, pour un moment, leur fanatisme religieux et avarice tachée de sang.  Ces grandes régressifs ont exhibé une vision magnifique, comparée à nos raccommodages malhabiles.

Ce raisonnement défectueux trahit la faillite des modèles courants économiques.  Le plus effrontément que nos financiers saisissent leurs bénéfices en poissant le nid commun, le plus carrément démontrent-ils leur incapacité de contrôler même une vente de bric-à-brac, dans l’absence d’une surveillance approfondie.  Notre ultime poltronnerie peut être celle-ci : nous déléguons des responsabilités écrasantes à des provenus incompétents dont les décisions dépassent de loin leurs maigres talent et moralité, puis refusons de rectifier leurs erreurs.

Tandis que nous en discutons, des fortunes génétiques sont en train d’être démantelées dans la nature.  Des sociétés commerçantes ferment à clef quelques restes de tissu biologique dans de géants dépôts de graine banque.  Ils font breveter tous leurs éléments biologiques sans exception (même les cellules humaines et tous leurs gènes), s’appuyant sur la pleine force de la loi réactionnaire ; ainsi que nos ancêtres pas très distants ont pu rêver du même rapt d’éléments chimiques.  « Acquittez-nous de votre privilège contractuel de respirer !  L’Oxygène nous appartient par brevet ! » Une fois que ces entrepreneurs géniaux auront éliminé la plupart des ressources de leurs milieux naturels, ils prévoient de réintroduire la progéniture survivante, avant ou après en avoir trifouillé les gènes : changements utiles, bienveillants ou autres ; ensuite projettent-ils de rançonner ces otages en réclamant des redevances impériales.  Quel culot transcendant !

Ce détournement massif de la part des corporations, me rappelle les mots du conseiller dans la satire qu’écrit Douglas Adams, Le restaurant au bout de l'univers, Longmeadow Press, Stamford, Connecticut, 1986, p. 299.  Il est mort depuis— nous regretterons sa bonne humeur.

 

[Nota : Un consultant de la gestion administrative s'adresse à une foule d’émigrants bannis de leur planète native parce que leurs qualifications professionnelles furent considérées superflues.  La population de cette planète s’est éteinte bientôt de suite, étant donné qu’une compétence considérée superflue (celle d’essuyeur de récepteur téléphonique) s'est avérée cruciale à la santé publique. ]

« "... Depuis que nous avons convenu, il y a quelques semaines, d’adopter la feuille comme notre monnaie légale, nous nous sommes certainement rendus très riches."  

« M. Ford [le protagoniste] contemplait avec incrédulité les membres de la foule qui murmuraient à ces mots de façon appréciative et tripotaient avidement les liasses de feuilles dont leurs costumes de sport furent bourrées.

« "Mais nous avons également attrapé un petit problème d'inflation," continua le consultant de gestion administrative, "à cause du niveau surélevé de disponibilité des feuilles.  Ce qui signifie, je suppose, que le taux courant soit quelque chose comme trois forêts de feuilles caduques pour acquérir une arachide empaquetée de bord."   

« Des murmures d'alarme jaillirent de la foule.  Le consultant de gestion administrative leur fit signe de se taire.

« "Alors," continua-t-il, "afin d'obvier ce problème et effectivement revaloriser la feuille, nous sommes sur le point d'embarquer dans une campagne massive de défoliation et … heu, brûler au ras toutes les forêts.  Je pense que vous conviendrez que voici une démarche sensible, étant donné nos circonstances."

« La foule sembla incertaine, pendant une seconde ou deux, jusqu'à ce que quelqu'un ait précisé combien cela augmenterait la valeur des feuilles dans leurs poches ; sur quoi, ils poussèrent des huées de plaisir et rendirent des ovations enthousiastes au consultant de gestion administrative.  Les comptables parmi eux s’attendirent à un automne profitable. »

 

Surfant gaiement sur la crête du réchauffement global, des conspirateurs d'avarice se sont rendus capables de cuire la zone équatoriale terrestre jusqu’à la stérilité, surchauffer ou refroidir les sept mers, transformer en mémoire regrettée les forêts tropicales, les récifs de barrière et les colonies marines micro-organiques.  Alors que nous lutterons pour rétablir la verdure purifiante de l'air que nous avons gaspillée, nous devrons dédicacer à la croissance naturelle une profusion de terres arables et de bas-fonds ensoleillés.

Gaïa acceptera-elle notre confession contrite de culpabilité, admission de remords et offre assidue de restitution ?  Nous permettra-t-elle de permuter notre propre condamnation à mort ?   Pourrions-nous rajuster nos vies à celle de la nature ? 

Nous parviendrons peut-être à modérer même les catastrophes chaotiques qui nous éclaboussent à présent et évoluer d'exploiteurs crétins de la terre en ses gardiens un peu plus subtils.

Quelqu'un a comparé la terre à un arbre vif.  Comme celui de la terre, son épithélium essentiel est une mince couche périphérique qui recouvre un noyau central et beaucoup plus épais de tissu mort.  Des lichens recouvrant l’écorce de cet arbre, voici ce que paraît être l’anthrosphère vis-à-vis la terre. 

Nous pourrions renverser notre croissance cancéreuse et remodeler nos villes, moyens de nutrition et industries.  Notre identité collective pourrait se transformer d’une rouille toxique sur la chair vivante de la terre, en sa couche cutanée essentielle.

Il est intéressant de noter qui si certaines espèces de fourmis disparaissaient, des écologies entières s’écrouleraient dans leur absence ; tandis que si tous les êtres humains disparaissaient, presque toutes les écologies terrestres rebondiraient.  

Les effectifs de conservation environnementale de la coure du monde auront une influence énorme sur les événements à venir, ainsi que leurs équivalents administratifs en localité.  Ils protégeront ensemble l'environnement d’insultes additionnelles de la part des corporations, et non leurs bénéfices commerciaux sans valeur, de la condamnation d’écologistes marginalisés.

Il est temps de confronter les monopoles d’agronomie, de papier et de bois de construction, et défier leurs annonces égoïstes.  « Nous plantons x millions d'arbres par an ! »   Ils maltraitent la forêt mondiale comme certains fermiers indifférents abuseraient leurs terrains vagues en attendant de s’en débarrasser.  Les élites de corporation minent jusqu'à la dépouille des forêts de vieille croissance et réapprovisionnent une partie de cette terre dévastée avec des monocultures de troupeaux de vaches pétant du méthane, et de bois de construction et du papier engendrés de manière incestueuse pour croissance trop rapide.

Une dévastation équivalente est en train de détruire les récifs de corail océaniques : les forêts tropicales de la mer.  Elle débuta depuis la construction des ports historiques et accéléra avec la construction frénétique de fortifications plagiaires pendant le paroxysme le plus grand. 

La microcouche à la surface de la mer est une mince membrane de molécules mixtes d'air et d'eau, qui pullule de vie et recouvre une grande partie de la surface côtière des océans.  Nous l'inondons de toxines alors que ses microcommunautés, empaquetées en grande densité, souffrent de stresses additionnels et inaccoutumés de chaleur et d'ultraviolet.  Les terrains marécageux côtiers sont cruciaux pour notre survie à longue durée ; nous en avons transformé la plupart en remblais et terrains de stationnement.  Ces biohabitats doivent être cultivés aussi délicatement que possible. 

Des projets maladroits dans la technologie de recombinaison génétique sont capables de nous amener des désastres imprévus—dans l’océan, en particulier.  Chaque décharge de technologie de gènes recombinants dans la mer promet d'induire des désastres toxiques que nous ne pourrions peut-être plus jamais épurer. 

Des esprits plus subtils reconstitueront ces écosystèmes brisés ; ils focaliseront leurs efforts le long des frontières d'altitude/latitude et aux bords de lacs, fleuves et océans.  Cette entreprise sera titanesque, comportant une recroissance complète des habitats naturels du globe et une réduction correspondante de l'exploitation industrielle au minimum requis pour une économie confortable et soutenable de paix.

Notre première priorité écologique ?  Replanter des habitats diversifiés le long des lignes de démarcation énumérées ci-dessus.  Le restant du monde pourrait se combler naturellement dans son propre temps, bien que la nécessité de freiner ce réchauffement terrestre ne nous permettra peut-être pas d’être tant sélectifs quant à ce reboisement. 

Tous les plateaux océaniques, montagnes sous-marines et mers entourées de terroir deviendront des sanctuaires, parcs et préserves maritimes.  Les systèmes de parc terrestre doubleront et redoubleront en ampleur.  Ces parcs maritimes et terrestres reviendront sous la juridiction d'agences légitimes de protection environnementale, et non d’agences militaires, d’agriculture, de pêche, commerce, l’intérieur, tourisme et d'autres bureaucraties d'exploitation.  Dans la plupart des cas, les administrations locales relèveront les gouvernements nationaux et sociétés internationales de leurs manipulations environnementales ; l’agence environnementale de la cour du monde les surveillera ensuite.  Les fonctions écologiques ne seront plus soumises aux fonctionnaires de corporation et du gouvernement, poursuivant des bénéfices insignifiants à court terme et dévastant les plus grands secteurs dans le plus bref délai. 

Quelques préliminaires écologiques seront l'interruption de la diffusion des déserts terrestres et le renversement de leur croissance.  Bien que les anglophones emploient le mot désertification, leur vocabulaire borné n’offre aucun antonyme valable.  L'afforestation se lit trop en anglais comme « aforestation » : notre pratique de miner à nu des forêts en exploitation crue.  En outre, tous les biohabitats ne seront nécessairement capables de tenir le coup d’un reboisement forcé.  Le mot « édenisation » pourrait mieux servir.

Les Apprentis arroseront des secteurs de montagne et de désert à partir de fleuves et mers avoisinantes.  Des installations de traitement d’eau peuvent convertir de l'eau salée en fraîche, en se servant de l'énergie solaire et de nouvelles biotechnologies génétiques.  Au moyen de techniques d’osmose biologique, de l'eau douce pourrait être pompée en grandes quantités loin dans le désert afin d'irriguer d’importantes régions de verdure anti-calorique.  Ces mêmes installations assureront la provision d’eau potable publique à grande échelle, et en plus petit, l’accès de nombreuses fontaines publiques aux sources naturelles. 

Dès que nos préjudices se rendront un peu plus subtiles, nous pourrons prévoir d’èdeniser des grands étendus de désert.  Les Apprentis emploieront des techniques avancées d'irrigation afin d'empêcher la salinisation des terroirs.  Les anciens aquifères seront comblés.  La plupart des déserts peuvent être arrosés au cours d’un exercice de logistique comparable à une guerre globale.  En fin de compte, aucun problème insurmontable ne devrait se présenter.  Les grands déserts s’augmenteront peut-être encore un peu, en dépit des tentatives préliminaires de renverser leur croissance.

Outre diminuer les déserts, nous devrions envisager l’agrandissement contrôlé de nos glaciers.  Ceux-ci ressemblent à de géantes gyroscopes météorologiques.  Elles pourraient équilibrer, au moyen de leur froideur et sécheresse relative par-dessus les continents, un Eden hypothétique sur les plateaux côtiers sous-marins ainsi dénudés.  (Voir Atlantide Globale.)  Ce serait là un projet d’étendue millénaire.

Ceux privés de droits civiques, qu’ils soient réfugiés politiques ou populations déclarées surplus, pourront émigrer dans ces nouvelles terres.  Ces populations seraient logées dans des arcologies de la sorte proposée dans le chapitre « Bruit Blanc. »  Une vigilante cour mondiale garantira leurs chartes communales, leurs droits politiques et leur autodétermination. 

L'appui logistique requis pour èdeniser les déserts d'un continent proviendrait d’un fond accumulé conjointement de chaque pays sur ce continent, y contribuant en proportion directe du nombre de volontaires qu'il enverrait.  Les états de chaque continent réduiront leurs déserts au minimum nécessaire pour soutenir une biosphère salubre.

Des mauviettes et prismes peuvent saisir ce projet comme leur moyen commode d'expédier des misérables à périr dans le désert : un acte de génocide proscrit.  Chaque colon aura besoin des soutiens de vie que nécessite un soldat expéditionnaire.  Le mouvement israélien des kibboutzim a rédigé des manuels décrivant l’exact nécessité pour chaque personne et communauté. 

Nous pourrons adapter des chaînes de montagne à l'agriculture de terrassement.  L’on n’a qu’à aller voir les champs magnifiques de terrasse en Océanie, Asie et Amérique du Sud pour conclure que beaucoup plus de terroir pourrait être ainsi cultivée.  Ce projet exigera plus de main-d’œuvre intensive que de capital dépensier.  Par ailleurs, nous devrons tapisser de forêts et d’une luxuriante couverture verte la surface des montagnes jadis dépouillées, modérant ainsi des inondations, éboulements, érosions et pollution d’eau.  Ces tâches se rendraient en d’excellents projets de travail pour une jeunesse urbaine partant en colonies de vacances et en voyages de quête. 

La priorité irait à replanter et protéger ces secteurs de la terre dépouillés de leur végétation d'apogée.  Les Apprentis microcontrôleront l'exploitation corporative afin de rétablir des écologies indigènes d'apogée.  La sylviculture industrielle sera limitée aux franges de secteurs de verger dont s’étendront des forêts de vielle croissance.  Les populations indigènes et leurs invités administreront si possible ces secteurs.  Les Apprentis nettoieront et réapprovisionneront en faune et en flore des mers et voies d'eau stérilisées. 

 

Seront diminués les taux courants de pollution.  Au besoin, les principaux pollueurs seront affinés jusqu'à ce qu'ils ne s'arrêtent.  Les fonds ainsi acquis financeront des programmes efficaces de nettoyage pour des industries moins misérables, et des systèmes de bonne conception pour le traitement de déchets municipaux.  Les drains urbains deviendront exactement cela et plus jamais des systèmes de rinçage d'eaux d'égouts durant les journées pluvieuses.

Les Apprentis d’architecture génétique remodèleront des algues marines et des planctons afin de s'épanouir, malgré des conditions variables de salinité, d'eutrophisation et de chaleur.  Les conditions courantes stressent les espèces naturelles et se rendent donc moins survivables. 

Des maximums tolérables seront établis pour chaque polluant : beaucoup moindres que les conjectures courantes parmi les scientifiques.  Des procédés réversibles raccorderont les rentrés de toxine afin de neutraliser leur toxicité.  Beaucoup de polluants comportent une instabilité chimique et peuvent être transformés dans des résidus moins nocifs en les circulant à travers des transformations industrielles qui pourraient libérer encore plus d'énergie permettant d’actionner ces industries.  Des bactéries façonnées peuvent décomposer des toxines persistantes en substances moins nocives.  Des toxines dont la nocivité ne peut plus être réduite à un minimum tolérable, seront rendues en substances contrôlées que proscriront les Apprentis. 

La cour du monde offrira de grandes récompenses à ceux qui dénonceront des amasseurs d’armes de destruction massive et fabricants de toxines d'omnicide. 

Des architectes génétiques réapprovisionneront les écologies traumatisées avec de nouvelles faunes et flores façonnées.  Les Apprentis naturalistes reconstitueront la diversité biologique, après des centenaires de biosimplification gérée par la mentalité d’armes. 

De nos jours, l’ingénierie génétique inquiète des personnes pensives avec ses préparatifs sophistiqués pour de nouvelles armes terrifiantes et sa gérance de désastres prévus par erreur délibérée.  Par exemple, le dégagement dit « accidentel » d’abeilles tueurs africaines au Brésil et de gènes de recombinaison, tant du maïs primordial poussant dans les montagnes du Mexique que dans des champs agricoles organiques au Canada.  Et puis cette stupidité vicieuse, de la part de la cour suprême du Canada en 2004 : punir un honnête cultivateur organique au lieu de la corporation envahissante qui pollua et ruina sa récolte.

La prohibition absolue de la science génétique ne ferait qu’éconduire au maquis terroriste son composant de recherche militaire.  Comme d’habitude, les applications militaires sont au premier rang des recherches secrètes.  Que pensais-tu que se passerait tandis que nous refusions de prêter attention ?

L'architecture génétique est une technologie problématique de paix ; elle offrira de plus grandes récompenses quand d’autres technologies paisibles mûriront en parallèle.  Il ne serait pas très réaliste de nous attendre à ce que les directeurs d'armes maintiennent de l'ordre dans la science génétique.  Ils ne sont ni capables ni désireux d’adresser ses conséquences nuisibles.  Leurs crises enfantines de nerfs seront suicidaires à la longue.

Les émissions de gaz de serre risquent, en s’augmentent exponentiellement, de réchauffer la planète à tel point que les plantes ne pousseront plus nul part (dix degrés C supplémentaires ou plus avant 2100 sinon plus tôt—presque dix fois l’augmentation de chaleur prévue par l’orthodoxie, dans la moitié du temps.)  Soit.  Oublions les protocoles de Kyoto et leur appel à la raison.  Sans quoi, que les émetteurs de polluants à base de souffre et de nitrates MULTIPLIENT leurs activités nocives afin que leurs polluants, obscurcissant des rayons solaires, puissent contrecarrer l’effet de serre.  Que tous polluent autant qu’ils le peuvent !  Vive cette débandade !  Voici ce que contemplent nos gérants d’armes : d’équilibrer le régime solaire de la Terre en rendant son atmosphère comparable à celle sulfureuse de Venus.

Quels risques énormes que nous prenons, comme des ivrognes pilotant une voiture d'envergure planétaire !

Une simple épreuve existe pour toutes les nouvelles technologies.  Est-ce que la compagnie d’assurance Lloyds de Londres (représentant le marché libre bien sanctifié) assurera cette technologie contre toute mésaventure ?  Si oui, procédons avec prudence ; sinon laissons tomber comme une patate brûlante.  Lloyds n'assurera AUCUNE centrale nucléaire à AUCUN tarife.  Non moins n’assurerait-il la génétique de recombinaison effectuée en pleine air.  Les compagnies d’assurances françaises n’assureront même plus les entreprises de télécommunications contre les atteintes à la santé que posent leurs tours de transmission.  Qui assurerait des lignes de haute tension de leurs effets biologiques ?  Des leçons aux sages.

James Lovelock (le prophète scientifique de la planète à cet instant) préconise la prolifération de centrales nucléaires.  Je suppose qu'il le recommande non seulement pour augmenter la disponibilité d'énergie exempte des gaz de serre, mais aussi pour refléter son indifférence aux collatérales victimes humaines des centrales nucléaires qui pourront sauter et disperser de l’irradiation fatale à travers la planète.  Le moins de personnes, le moindre leur impact global. Les Apprentis seront moins désinvoltes à l’égard de la douleur humaine, comptant sur la bienveillance d’un non scientifique Dieu d'amour pour remédier nos erreurs, au lieu de multiplier les résultats sanglants de nos échecs humains.

 

 

 

 

Les industries atomiques et d’autres de pollution élevée émigreront en orbite terrestre ou au-delà—sinon seront imposées hors d'existence. 

Des communautés de plus petite envergure seront plus attentives à l’écologie locale.  Tandis que nous nous enracinerons mieux dans la paix, nous n’aurons plus besoin de tant d'entrées de pollution.  Enfin, les esprits les plus lumineux pourront élucider les paradoxes de la nature, de la nature humaine et du surnaturel !

Des contraventions de données d’ordinateur et de pollution environnementale approvisionneront la criminalité mafieuse du futur, qu’elles soient considérées légitimes selon la loi courante ou non.  Cela adviendra de toute façon—que nous les réglementons aujourd'hui ou pas.

Bien sur, maintenant que j’y pense, les pires criminels graviteront vers le crime le plus payant : le trafic de la chair humaine.  Qu’il s’agisse d’organes en surplus, d’esclaves chimériques humaines/animales, de cellules clonales d’immunité ou d’autres fonctions, d’armes biologiques, de la fertilité humaine illégale sinon d’une autre technologie biomédicale pas encore entrevue, aucune importance.  Ici, au cœur ténébreux de l’âme humaine, suppurera la criminalité la plus cauchemardesque.  Ce syndic innommable prendra racine, soit que l’humanité organise un programme d’eugénique rationnelle et globale afin d’amoindrir paisiblement l’ampleur de sa population et d’assurer ainsi sa survie, soit que nous n’en parvenons pas.  Voir Le contrôle de la population.

Les crimes d’aujourd’hui : de drogues, de jeux et de prostitution – dont les victimes souffrent de punitions multidimensionnelles, alors que les racketteurs et leurs patrons de politique réactionnaire font fortune sans aucunement souffrir – sont des exercices de préchauffage pour les crimes du lendemain, de données informatiques et de pollution.  Pareillement, la prohibition américaine fournit une pépinière commode aux organisations criminelles de drogue, ainsi qu’à leurs agences commensales de « contrôle » du crime.

La liberté individuelle ressemble à un vide social que des touche-à-tout autoritaires font devoir de combler, sinon aux grumeaux dans la sauce de la société qu'ils doivent malaxer.  Ils ne rendent en exception que leurs propres méfaits, les défendant et perpétuant au nom de la liberté particulière.  La liberté ne peut que décroître entre leurs mains.  Il appartiendra aux Apprentis de leur arracher les moyens de « combler ce vide » tout en leur interdisant d'en abuser.  Ce devoir sera aussi délicat que paradoxal.

Dans la loi future de la pollution, le fardeau de preuve et de nettoyage tombera carrément sur les pollueurs.  Ces trompeurs environnementaux peuvent inclure des criminels organisés, leurs collaborateurs dans le gouvernement (comme au Congrès américain), les directeurs de corporation et d'autres groupes puissants profitant d’une pollution élevée.  Nous cesserons de subventionner ces pollueurs absentéistes qui sont parvenus à éluder, jusqu'à présent, les pires particularités de leur avarice.  A l'heure actuelle, ils résident dans des communautés luxueuses, bien fortifiées et soigneusement mises à l'abri des décharges de pollution dont ils sont responsables. 

Cette forme profitable d'évasion de responsabilité sera terminée.  Dans l'avenir, ces mêmes personnages seront exilés avec leurs familles sur des dépotoirs dans leur secteur de responsabilité.  Ils ne pourront se déplacer de ces emplacements et de leurs annexes avant que ceux-ci ne soient certifiés propres.  Les câbles électriques à haute tension passeront directement par dessus leurs toits et les cheminés sulfureuses seront sous le vent par rapport à leurs fenêtres.  Les procès de pollution seront jugés sur place avec très peu de protections environnementales pour les appelés.  Les plus grands patrons et les investisseurs les plus riches se verront passés en jugement, non plus des lampistes parmi leurs subordonnées.  Ils se défendront dans des tentes ou sur des radeaux flottant sur les déchets.  La menace de ces dures mesures pourrait accélérer d’honnêtes efforts de nettoyage que retardent indéfiniment les courantes procédures légales encourageant une fainéantise bien payante. 

 

Nous avons grand besoin de nous arroser sous une cascade de bonne volonté et de sagesse, et de nous récurer de couches correspondantes de stupidité rituelle.  Pourvu que ce précepte de miracles se réalise, le monde pourrait se rendre en une caricature paisible de l'Angleterre victorienne.  

Dans quelques décennies, la terre pourrait se transformer en un fertile terrain de parc échiqueté d’une mosaïque de domaines affectueusement soignés.  Ils seraient beaucoup plus petits et mieux dispersés, et d’ambiance plus bénigne que nos villes et agrocomplexes corporatives contemporaines.  S'épanouiront des propriétés privés agricoles et petits patelins jardiniers/universitaires.  Des collectives volontaires et de famille étendue pratiqueront de l’exploitation intensive d’établissements horticulturaux et aquiculteurs sur juste assez de terroir et de bords d’eau pour soutenir la communauté locale.  Des industries familiales produiront des ouvrages exquis pour exportation de luxe.  Chaque biorégion soutiendra un reboisement d'apogée dans ses terrains locaux de parc, ainsi que des programmes intensifs de restauration du sol, de faune et de flore.

Nous devrions piocher ici une autre ligne de faille.  La pratique du châtelain implique une succession héréditaire parmi de fiers laboureurs du terroir et leurs maîtres affectionnés du sol : les deux aussi attentifs à leurs paysage fructueux, bétails lisses et progéniture vigoureuse.  Cette alternative – comme celle des castes hindoues – pourrait stabiliser les qualifications, le talent, l'ordre politique et la demande du consommateur.  Elle consignerait cependant beaucoup de gens aux fonctions héritées et à un accomplissement inférieur.  Tandis que des générations successives de châtelains surveilleront leurs laboureurs dignes de la terre (bien préoccupés à frotter aux brosses à dents chaque feuille d’arbre), la stagnation culturelle pourrait prendre racine. 

L’alternative sociale habituelle, c’est la promotion du mérite.  Ce système offre plus de promesse que son équivalent de caste, pourvu qu’il soit administré avec grâce et imagination ; néanmoins tourne-t-il souvent au mal quand des canailles hyperactives se favorisent en abusant de leurs parts napoléoniens d'adresse et d'avarice.

Comme d'habitude, ni l'une ni l'autre de ces solutions n’est parfaitement adaptée à toutes les circonstances.  Des combinaisons flexibles offriront plus de promesse et seront d’autant plus piquantes à administrer.  Les communautés agricoles à venir pourront se rendre collectives et héréditaires, et les municipalités correspondantes, cultiver le talent du mérite au moyen de certifications concurrentielles dans un marché libre.  Libre passage entre ces communautés – et d’autres arrangements encore plus accommodants aux particularités de chaque localité – pourraient assurer la liberté de choix.

 

Nous n’avons pas encore mobilisé nos pleines forces de santé publique contre le SIDA et d’autres pandémies plus vieilles mais en résurgence (qu’elles soient transmises sexuellement ou autrement.)  Cette inadvertance choquante n’est qu’un autre effort, de la part de gérants d'armes, de procurer de la misère en masse et du génocide au ralenti.  Tandis que nous en discutons, la tuberculose, le paludisme, l’hépatite, la méningite, le polio et le choléra se réimposent.  Cette liste de pandémies inexcusables s’accroît annuellement, tandis que celles des drogues efficaces et des mesures acceptables de prévention se réduisent à zéro.

La Nouvelle Orléans et les environs de cette catastrophe menacent d’exploser le nombre de cas de virus du Nil occidental sinon d’autres infections portées par insectes.  Toutes les catastrophes au monde augmentent cette probabilité.

Il devrait y avoir mille fois plus de toubibs.

Le SIDA, sinon un autre mutant, pourrait se rendre transmissible par voie aérosol.  Quand (pas si) un certain tueur antique s’immunise de toutes nos drogues de merveille, nous pourrions prévoir des pertes bibliques.  Le SIDA pourrait déclencher une explosive pandémie secondaire.  Les populations vulnérables se multiplient de façon alarmante : ceux frappés du SIDA, les patients hospitalisés, ceux dont l’immunité fut supprimée et d’autres vulnérables : les prisonniers, les voyageurs en lignes aériennes et maritimes, les forces armées en guerre et en garnison, les sans-abri et les réfugiés (de façon paradoxale, moins nombreux sur le plan international et plus nombreux à l’intérieur de leurs propres pays) : tous sont à la merci de niveaux scandaleux de soins. 

De plus en plus d’animaux sont torturés dans des laboratoires sinon fourrés en cages et gavés dans des usines agronomes ; d’autant moins ne survivent dans la nature.  D’une manière ou d’une autre, ces habitats tortueux pourraient incuber une nouvelle peste : comme si nous témoignions d'une suite microbiologique et terrifiante du film Alien. 

Quand des animaux sauvages et leurs habitats naturels font face à l'annihilation, leurs organismes de maladie subissent une pression énorme de survie.  D’ordinaire, ces organismes ont atteint le niveaux trois ou quatre par rapport à leurs hôtes animaux.  (Afin de déchiffrer ces niveaux, voir le chapitre Par-delà Darwin).  Ils tombent aux niveaux un et deux par rapport à leurs derniers hôtes restants : les humains.  Les maladies du niveau deux ne sont pas marrantes : va demander chez une victime de la peste noire. 

En attendant, les démocrates du dollar jouissent de la meilleure médecine que leur fortune peut leur procurer et sont indifférents aux soins inférieurs de leurs inférieurs sociaux.  Si nous fermons nos yeux trop longtemps à cette négligence criminelle, les systèmes sursaturés d'hôpital s’effondreront et nous abandonneront simultanément au même destin.

 

Une fois que les villes restantes logeront leurs habitants de manière correcte ; ici et là, des grands tas urbains continueront à empester de la concurrence corporative, des conditions atroces de vie et de niveaux surélevés de pollution.  Dans ces dernières citadelles du Capital, des visions dystopiques (d’une utopie qui se rend au mal) comme celles du filme « Blade Runner » pourraient se matérialiser. 

Tout le monde accepte cette vision abortive comme notre futur le plus probable. 

Afin d'être plus précis, nous devrions affirmer que ces souteneurs de dystopie se concentreront dans des conurbations restreintes.  Ces derniers ghettos économiques graviteront vers l'équateur : là où des charges utiles extraplanétaires exigeront moins d'énergie pour être lancées en orbite.  De tels portiques hyperurbains visant l'espace, pourraient se matérialiser dans les Andes, les montagnes équatoriales en Afrique, Sumatra, Bornéo et sur d’autres élévations frangeant la zone équatoriale. 

Autrement, des gens tendront de vivre en orbite spatiale, dans ces châtellenies, dans des petites communautés jardinières/universitaires et des arcologies géantes décrites en haut—sinon comme chasseurs-glaneurs primitifs au sein de la forêt mondiale d’apogée.  Tandis qu'évolueront leurs besoins et désires, ils transmigreront d’un cadre communautaire à un autre, sinon en arrière.  Aucun de ces milieux ne nuirait aux autres ; au contraire, chacun servirait comme complément et renforçant des autres, comme marché et entrepôt de nécessités et services de luxe, sans problèmes sauf celles du transport soutenable à la surface, que les Apprentis sauront bien résoudre.

Des villes voûtées et des nouvelles technologies de réutilisation (Paul Lackman cite l'expérimentation de la biosphère) peuvent nous enseigner comment traiter de la pollution, des rayons ultraviolets et programmes d'échange thermique, avec plus grande efficacité aux environs urbains.  Des charges de fret utile, lancées par super canon, MAGLEV et ascenseur dans l’espace, se rendront banales, une fois qu’elles cesseront de nous menacer en tant qu'armes stratégiques bon marché.  Nos moyens habituels de transport se rétréciront, remplacés par d’autres que nous ne pouvons à présent imaginer.  Voir le chapitre Rajout de PLA, rabais des nuques. 

Les problèmes pausés par des technologies « douces » comme la parapsychologie et la recherche de nouvel age, ne proviennent ni de leur manque de solidité ni de leur insuffisance scientifique ; ceci en dépit des désabusements scientifiques étonnamment bien financés et de validité nulle.  Il serait par contre difficile d’imaginer une menace plus grave que celle de leur potentiel de rassembler d'énormes forces destructives, si la gestion d'armes leur garde en main.

 

Les technocrates d'hyperprojets affectionneraient de construire d’énormes collecteurs/transmetteurs orbitaux d'énergie solaire et des centrales solaires basées sur la Lune.  Ils ont l'intention de raffiner du régolite lunaire dans du deutérium, du ciment et de l’eau, puis employer ces matériaux afin de construire des centrales projetant de l’énergie crue jusqu’à la terre.  Ces projets seraient acceptables, pourvu que des usines orbitales et lunaires aspireraient toute cette énergie supplémentaire.  Oublis vite la possibilité de micro-onder cette énergie à travers l'atmosphère jusqu’à la surface de la terre.  Un tel exercice d'effronterie technologique pourrait inviter d’inimaginables tempêtes désastreuses.  La couche d'ozone pourrait se fendre encore plus, des cyclones de grand chaos pourraient être lâchés et nous pourrions avoir à supporter un autre déluge sinon une nouvelle période glaciaire pour bonne mesure.  Une distorsion de la couche cosmique Van Allen serait également prévisible, aggravant le bombardement d'irradiations solaires.  Des conséquences néfastes de tous les points de vue.

L’énergie acquise depuis l’espace extra-atmosphérique devrait être consumée sur place, dans la fabrication de produits admirablement finis de matières premières, extraites, elles aussi, de l’espace.  Ces objets façonnés tomberaient librement (relativement bon marché) sur des communautés édéniques de population minime et exigeant basse énergie sur la surface terrestre.  Cette énergie solaire, rassemblée le long d’orbites terrestres, actionnerait les Birmingham, Coventry et Glasgow orbitales de ce nouveau modèle victorien – non plus des technologies d'armes au gigawatt, grouillant sur la surface terrestre.

Les orbites proches et distantes du système solaire représenteraient les colonies outremer de ce modèle victorien.  Bravant d’énormes périls, beaucoup d’entrepreneurs pionniers s’élanceront de la terre, et quelques survivants rentreront en nous apportant des trésors fantasques.  Attendons-nous au début à des niveaux exceptionnels d'isolement, de pénurie, primitivisme, terreur et mortalité depuis ces colonies spatiales.

Tous jeux de mots mis de côté, nous ne pouvons contempler l’exploration de l'espace dans un vide.  Ces colons extra-atmosphériques auront besoin d’infusions massives de nécessités de survie.  Des nouvelles sources d'énergie seront exigées, et des renforts d’êtres humains d'élite qu’une base terrestre florissante serait la seule capable de leur fournir.  Nous devrons imaginer beaucoup de nouvelles technologies paisibles afin d'avancer la colonisation de l'espace.

Des grands promoteurs de construction sont obligés d’étudier leurs plans, prélever des sols, apprendre de nouvelles méthodes, cataloguer de nouveaux matériaux et assembler leur main-d’œuvre habile, avant de pouvoir offrir leur service.  Comme eux, nous devons orienter notre attention sur la terre elle-même – sur le bien-être de ses habitants et de son écologie – et mettre au point ces détails titanesques avant de contempler au sérieux l’exploration de l'espace.

La robustesse et solidarité matriarcale d’un troupeau d'éléphants leur permettent de dorloter un veau vulnérable, en dépit de difficultés et dangers semblant insurmontables.  La savane africaine, quel méchant lieu pour élever un tendre veau !  Comme ces éléphants, nous autres humains terrestres devons développer la robustesse de nos utopies et écotopies.  Ce ne serait qu’une civilisation rationalisée d’Apprentis, capable de consolider l'exploration de l'espace durant son intervalle d’adolescence, jusqu’à la mi-durée de ce siècle. 

 

Durant l’avenir, nous pourrions explorer d'autres planètes, en se servant de colonies d'insectes spécialement conditionnées et équipées.  Leurs besoins de vie seraient minimes ; leurs instincts de curiosité et de survie les contraindraient d’explorer les roches et sables de Mars, par exemple, avec une ténacité inhumaine.  Ils l’effectueraient à la fraction des coûts de l'exploration humaine, de façon mille fois plus systématique que nos robots maladroits. 

Des communautés d'insectes d’espèces multiples et particulièrement façonnées pourraient expédier des patrouilles de scoutes, fournies d’appareils miniaturisés de photographie et d’échantillonnage, à partir d’un ou de plusieurs nids centralisés.  Leurs nécessités de soutien seraient distribuées depuis ces nids, dans lesquels les résultats de leurs prélèvements seraient collectionnés, fractionnés et retransmis par radio jusqu’à la terre.  Ce genre de colonie pourrait être approvisionné par des transports de charge utile lentement accélérés et garés en orbite.  Sa stérilisation retarderait la biocontamination de nouveaux habitats, sinon pourrions-nous leur laisser agir sous un dôme de tente pressurisée et s’éteindre quand leur oxygène s’épuiserait.

La différence entre la contamination extraterrestre et la transformation d’environnements extraterrestres en terrestres, voici une affaire en grande partie discutable.  Ce problème est d’une importance extraordinaire, que les Apprentis futurs auront à résoudre.  En effet, nous devons prêter une attention particulière à la pollution de l'espace extra-atmosphérique.  À présent, un dépotoir balistique encombre les orbites proches de la terre ; des milliers de restes d'armes et de débris irréfléchis menacent nos astronautes d’une collision mortelle.

Un certain entrepreneur génial fera sans doute fortune en balayant ce détritus de ces orbites et le réutilisant sur place en tant que précieuses matières premières.  Des entrepreneurs futurs aspireront nos remblais terrestres afin de parvenir au même but. 

L'espace extra-atmosphérique nous offre une ardoise relativement blême.  Maintenons-la propre. 

Le programme terrestre consolidé de l'espace érigera des complexes d'usines et des stations orbitales permanentes sur tous les points Lagrange : cinq points où s’annulent les gravités de la terre et la lune, et où des satellites exigent brûlure minime de carburant afin de demeurer immobiles par rapport au système entier.  Deux de ces points sont entièrement stables, les trois autres exigent des brûlures périodiques de carburant.

Des navettes spatiales télécommandées à longue portée, des citernes balistiques de carburant, des atterrisseurs sur la surface planétaire et des véhicules dédiés au retour à la terre : ceux-ci pourraient être garés à loisir, amarrés en orbite et entreposés sur des planètes lointaines pour usage ultérieur.  De gigantesques vaisseaux spatiaux pourraient contenir de massives charges utiles exploratoires et des raffineries élaborées de nécessités de vie ; ils pourraient satelliser autour d'autres objets célestes, sinon doucement atterrir (aplanètir ?) sans équipage humain.  Des charges utiles modulaires et non pilotées pourraient se balader vers d'autres planètes, le long de trajets lents et paresseux.  Ces véhicules écourteront peut-être leurs trajets de fusée chimique avec des accélérations de gravité et évolutions dans le vent solaire. 

Ils attendraient là des véhicules beaucoup plus petits de passage humain, plus rapides et spécialisés.  Ceux-ci seraient bâtis plutôt comme de rapides voitures blindées, imperméables aux rayons cosmiques (probablement au moyen d’appareils bio-electrogravitationels, sinon des couches protectrices de cellules vivantes saturées de mélanine, sinon encore de simples murs en plomb.) 

Ce plan plus relaxe, durant des décennies au lieu de quelques années, éliminerait la nécessité d’un véhicule figurant le paquet complet : de support de vie, d’exploration et de rentré, capable de porter une équipe humaine minime dans une seule navette très coûteuse, épluchée jusqu’à l’os et triplement sécurisée. 

L’agence aérospatiale américaine (la NASA) contemple déjà de fabriquer du carburant à partir des sables oxydés de Mars ; elle prévoit de produire de l’énergie et de la céramique étuvée à coups de soleil, du fromage lunaire et de sa glace.  Selon le journal russe, Izvestia, le gouvernement américain prévoit de récolter du Helium-3 depuis la surface lunaire qui en retient beaucoup, et le ramener à la terre où c’est très rare.  Il semble que ce Helium-3 soit un combustible un peu moins dangereux pour les réacteurs à fusion.  Ce projet, de le transporter depuis la lune, serait moins cher que d’essayer de le raffiner sur la terre qui n’en possède que des traces disparaissantes.          http://www.hindu.com/2004/01/26/stories/2004012600601500.htm.

Des transformateurs calorifiques pourraient harnacher d’énormes différentiels caloriques, entre des surfaces ensoleillées et celles ombragées—sur la surface lunaire, par exemple.  Les voyages dans l’espace nous enseigneront beaucoup de nouvelles astuces que nous ne pourrions pas apprendre ailleurs. 

Notre meilleure alternative pourrait être de limiter l’exploration de l’espace à quelques sondes automatisées de reconnaissance, du moins jusqu'à ce que nos méthodes ne se rendent un peu moins maladroites. 

L’on est mené à se demander, depuis que tant d’accidents, de pertes et de débranchements récents ont égaré des véhicules explorateurs de Mars (une vingtaine en faillite, de la trentaine expédiée) : Serait-ce le résultat d’une suite extraordinaire de mauvaises coïncidences ?  « Hélas, nous venons de perdre le signal convoyeur de notre dernière sonde qui nous coûta un milliard de dollars. »  Ne serait-ce sinon à cause d’une politique délibérée : dissimuler à tout prix des données significatives concernant la biohistoire de Mars et l’authenticité correspondante des ovni ? 

Tôt ou tard serons-nous en bonne mesure d’en juger.

 

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APPRENTIS: De la terre en armes au monde en paix

 

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