SOMMAIRE
D’APPRENTIS INTRO ET
VOCABULAIRE
Le monde est paradoxalement affamé d’énergie, ces jours-ci, comparée aux niveaux d’un passé distant. Chaque minute, trois millions de molécules de potassium peuvent exploser dans chaque corps humain ; et nous, le tiers le mieux nourri de l'humanité, pouvons convertir en obésité quotidienne notre nourriture excessive. Ce régime énergétique demeure néanmoins misérable comparé aux ergs furieux qu'un corps de masse humaine ait pu rayonner durant l'époque Hadène il y a quatre milliards d’années. À l'époque, la conscience aurait pu occuper des orages régionaux de feu, au lieu de nos petits paquets isolés d'une centaine de kilos de chair en décomposition d’aujourd'hui.
Ici, au fond ensoleillé de notre puits de gravité, nous menons lutte incessante contre l’entropie. À propos, qu’est-ce que cette gravité ? Sa distorsion infatigable de l'espace-temps se moque bien de nos lois de conservation d'énergie, et cette force est risible comparée à celles électromagnétiques et atomiques : les quelques peu que nous reconnaissons. Un petit aimant peut renverser l’attraction entre une épingle et la planète entière.
Faisons-en face : notre civilisation « de pointe » s’alimente d'une charogne d’accroissements minéraux et de matières organiques en décomposition. Une petite bouffée de gas-oil trahit son origine comme de l’eau d'égout naturel. Il est probable que ce pétrole serve quelque fonction géomorphologue et mystérieuse. Comme des moustiques affamés, nous refusons de prêter attention alors que nous le suçons à sec, et risquons d'être giflés à plat par les conséquences inattendues de notre gloutonnerie.
Jusqu'à ce que l'humanité ne croise l'espace avec pleine assurance, l'entropie gravitationnelle nous piège dans un système d'énergie à demi renfermé. Afin d'élaborer cette idée, voir L'entropie par Jeremy Rifkin avec Ted Howard (en anglais.)
Des anciennes plantes ont pu offrir un contenu alimentaire beaucoup plus élevé que celui de nos variétés domestiques, accouplées comme elles sont de façon trop consanguine. Il y a très longtemps, des plantes les plus nutritives ont probablement accru co-dépendance avec des espèces consommatrices et se sont éteintes quand leurs consommateurs ont fait de même, sinon un désastre quelconque les aurait éteintes.
Une équivalente infection moderne de virus est en train de réduire toute la récolte mondiale des bananes. D’autres plantes nutritives menacées dans la nature par la maladie ou l’extinction incluent : grenades, pistaches, pastèques, pommes, ananas, mangues, patates douces, ails, cacahouètes, sojas, tomates, cafés, blés durs, raisins et sans doute d’autres non encore énumérées : de quoi affamer toute l’humanité.
Les mastodontes antédiluviens ont grandi jusqu’à deux fois les dimensions d'un éléphant moderne, et les dinosaures, sept fois plus massifs. Aucune économie adéquate n’a été proposée jusqu'ici, concernant leur physiologie alimentaire.
L’ancienne Berengie, le pont terrestre à présent submergé, entre la Sibérie et l’Alaska, est supposée avoir hébergé une mégafaune comprenant des mammouths et bestioles semblables ; des pionniers humains, l’avoir traversé depuis l'Asie. Personne ne peut modeler une écologie qui soutiendrait une telle faune vorace à travers un terrain arctique récuré de tempêtes et ceinturé de glaciers épais d’un kilomètre. Faudrait bien de tels glaciers afin d’abaisser le niveau de la mer et faire paraître ces ponts terrestres. Imagine ces bêtes superbes s’attroupant en Antarctique moderne.
Une possibilité ? Ces animaux se seraient nourris de plantes plus nutritives que les nôtres, résistantes aux hauts vents, à un froid intense et une précipitation basse. Un pollen de génotype unique pourrait confirmer cette hypothèse, et une révolution alimentaire pourrait reposer méconnue dans nos dossiers de fossiles. Aurait-elle pu se cacher parmi nos mauvaises herbes et plantes aquatiques ?
Aurait-ce pu être une espèce spéciale de Ginkgo Biloba ? Depuis l’ère des dinosaures, cette seule plante est demeurée un fossile vivant qui survécut toutes les catastrophes planétaires. Elle comprend son propre ordre botanique : Ginkgophyta. Apparemment, ses cellules embryonnaires forment une relation d’endosymbiose avec des cellules d’algue verte ; aussi est-elle colonisée par une espèce d’animal parmi les plus extrêmophiles : les tardigrades. Voici du fascinant !
Au demeurant, le surpeuplement humain menace la civilisation entière.
Des économistes attendent, pantelants d’impatience, les projections d'accroissement les plus récentes. Ils sont comme ces docteurs ignares du moyen age, qui s’attendaient à ce que leurs malades exsangues ne se ranimassent tandis que leur pulsation disparut. De façon paradoxale, notre progrès à venir réclame de profondes coupures dans la population humaine et des rétrécissements correspondants dans l’empreinte de nos technologies.
Les défenseurs d’augmentation brute agissent comme des avares qui quittent leur gîte à contrecœur afin d'extorquer plus d'or. Munis d’une hypocrisie sans précédent, des gérants d'empire discréditent le contrôle rationnel de la population comme équivalant à l’impérialisme et ainsi le nient. D’autres défendent avec dévotion fanatique le droit de chaque fœtus de se rendre en un être humain, puis allouent des milliards supplémentaires afin de bombarder au napalm, torturer et couper court la vie d’innombrables adultes défavorisés.
Nous pourrions bientôt découvrir des nouvelles technologies et de fantasques sources d’énergie renouvelable ; nous ne pourrions toutefois plus nous permettre de demeurer tant nombreux sur cette planète et nous attendre à y prospérer. Le surpeuplement humain annule son progrès, en encourageant de la tyrannie et diminuant la valeur d’une vie humaine : il rend chaque enfant moins précieux et chaque injustice plus tentante.
Une nouvelle biotechnologie pourrait nous sembler attrayante : la photosynthèse dans des vertébrés. Des bêtes terrestres pouvaient grandir aussi importantes que leurs ossements seraient capables de les supporter sous l’étreinte d’une gravité, mais seulement en bénéficiant de nutrition supplémentaire. Leurs cellules de peau auraient pu être envahies de chloroplastes activés par des rayons solaires, en supplément de leurs mitochondries habituelles. Cette adaptation aurait pu se réaliser dans des dinosaures. Aucun autre régime de nutrition envisageable n’a été proposé. Pense aux plats verticaux brodant la crête dorsale de certains dinosaures : ont-ils pu être des panneaux solaires ?
Un animal qui sans arrêt se nourrit de plantes peut grandir jusqu’à la pesanteur d'un éléphant modern, mais non celui sept fois supérieure d'un dinosaure. Autrement aurions-nous des éléphants plus massifs. Je te répète que les mammouths furent deux fois plus massifs.
Les chimies sont remarquablement semblables entre la chlorophylle végétale et la pigmentation animale (tant dans la peau que dans l’œil.) Étant donné une infusion de substances semblables à l’APT dans des organelles cellulaires, la peau humaine pourrait absorber de la lumière rouge à la longueur d'onde approximant 666 millimicrons. Comme des plantes, le corps humain pourrait extraire de son système circulatoire de l'eau, du bioxyde de carbone, des gaz et minéraux de trace ; et décharger ensuite de l'oxygène et des acides aminés. Peut-être pourraient-ils métaboliser des graisses, vitamines et hydrates de carbone supplémentaires, au moyen d’une physiologie semblable à celle des plantes.
Toute cette quincaillerie biologique (et beaucoup plus) peut se tapir inappliquée dans notre ADN « en surplus. » Lorsque les Apprentis chercheront de nouvelles sources de nourriture, cette alternative pourrait leur offrir une certaine promesse. La nutrition photosynthétique et autonome (NPA) pourrait atténuer nos problèmes industriels de transport, d’agronomie et de disposition de déchets, parmi d’autres.
De tels problèmes paralysent les économies actuelles. Quand la famine frappe, ces jours-ci, des experts secouristes du désastre envoient des cargaisons de nourriture par bateau, avion et camion ; puis observent des masses affamées s’enfler de nouveau, estropier leur écologie, broyer l’économie locale et céder leur autonomie politique à des tyrans malveillants. Autrement pourraient-ils inoculer de NPA des victimes du désastre, de sorte qu’au moins un peu de leur nourriture leur reviendrait directement du soleil à travers leur peau. Si oui, l'indépendance économique et des biohabitats locaux pourraient se renouveler, et les sectaires d’armes auraient moins d’excuses à prospérer.
La peau d’Adam et d’Ève aurait pu être envahie de pigments pareils ressemblant à la chlorophylle. Auraient-ils pu occuper Eden comme nous visiterions un parc : l’admirant, mais sans besoin de tuer ses animaux afin de s'en nourrir ? Le serpent les aurait-il tentés avec la pomme d’Adam : l’antidote naturel de cette capacité photosynthétique ? Ainsi, la Chute.
Pareillement, l'Exode de Moise durant quarante ans, aurait-il pu être plus détendu si ses partisans furent inoculés oralement par une manne de chlorophylle tombant comme de la rosée sur les sables du désert ? De l’eau pure, jaillissant là où Moise frappa de son bâton, aurait suffi pour le reste. Par la suite, l'esprit purificateur du désert aurait pu inspirer le génie juif.
Nous pourrions nous rendre plus satisfaits et paisibles en réduisant notre impact sur la terre, facilitant ainsi sa guérison. Si des Apprentis perfectionnent la NPA, nous pourrions réduire et décentraliser nos agro corporations et industries alimentaires : un projet capable d’alléger de nombreuses tirelires ventrues. Une copieuse réflexion devrait accompagner ce projet, en dépit d'opposition féroce de la part de puissants intérêts privés. Après tout, l'économie du monde entier tourne autour de l’alimentation de bouches affamées―quand elle ne s’occupe trop de les fermer en permanence.
La soi-disant « révolution verte » a estropiée la diversité des récoltes avec quelques moissons accouplées de façon trop consanguine : trop dépendants de suppléments agrochimiques, voraces de la fertilité du sol et vulnérables aux maladies, aux animaux nuisibles et au mauvais temps. Nous engloutissons l'héritage de nos enfants de façon insoutenable. Les corporations agro-industrielles mènent une parodie aventureuse d’anciennes méthodes de cultive qu’esquissent ici-bas APPRENTIS.
Avec grande efficacité, des communautés néolithiques ont moissonné toutes les ressources de flore dans leur zone de cueille. Des communautés plus denses de fermiers envenimèrent ce problème, en remplaçant l’éparpillement des chasseurs-glaneurs. En réplique, des élites locales d'info ont dû estimer des espèces de plantes comportant les meilleures vertus médicinales et culinaires ; ils les auraient rassemblées méthodiquement, récompensant des laïques pour en avoir dépouillé la campagne, et les auraient élevées dans des jardins sacrés, un peu comme nos postes de recherche agricole modernes.
Note bien, s'il te plaît : aucun besoin de limiter ce scénario aux hominiens. Des reptiles sociaux, des insectes et d’autres espèces organisées ont pu manipuler leur environnement de cette manière, ne nous laissant aucune trace reconnaissable de leur activité. Des communautés d'insectes multi-espèce gardent des plantes particulières qui les nourrissent et les logent à leur tour. Quelques communautés d'insectes cultivent astucieusement des moisissures et des algues, et construisent des structures compliquées afin de se protéger, régler le climat intérieur et résister à l'inondation. D’autres annihilent ou domestiquent des espèces étrangères et traient leurs sécrétions afin d'en obtenir de la nourriture et des drogues psychotropes. D’anciennes bêtes, peut-être mieux nourries, ont pu se comporter encore plus sagement.
Des scientifiques ont déjà confirmé l’étendu historique d'impacts de météores sur terre, bien que nous n’en ayons pas encore catalogué le centième. Les premières armes en fer furent oeuvrées de météorites ramassées. Ces scientifiques viennent de vérifier la controverse de Louis A. Frank (qu’il publia dans Le grand éclaboussement) : que des hydrobolides de glace hurlent périodiquement des cieux pour faire le plein de nos océans.
Aux anciens temps, le niveau de la mer se maintint aux bords des talus continentaux à présent submergés. Il s’agissait d’une simple différence de cent mètres de profondeur. Les légendes d'Atlantide et celles du déluge peuvent commémorer des catastrophes océaniques beaucoup plus fréquentes. Qui sait quelles anciennes civilisations, humaines ou autrement, ont pu autrefois exister le long de ces rives distantes ? Leurs villes auraient pointillé – comme les perles d’un collier – le long d’anciennes rivières en aval du bord de mer actuel. Toutes les rivières coulant à notre altitude continentale auraient été bloquées par des rapides infranchissables, interdisant à ces riverains l’opportunité d'exploiter rapport direct avec la mer. Seulement des nomades pastoraux et des cueilleurs-glaneurs se seraient donnés la peine de vivre si loin en amont de la mer, de ses rives et de leur abondance.
Les trésors archéologiques que renferment nos musées n'ont pu être que les restes désolés de montagnards en exile, entièrement éclipsés par des civilisations magnifiques reposant sur les plaines sous-jacentes et à présent noyées. Des civilisations opulentes se seraient-elles développées en aval des restes misérables et plus élevés que nous ayons réussi à fouiller ? Est-ce que leurs villes auraient pointillé des anciens littoraux et deltas de rivière, plongés depuis sous la mer ?
Une confirmation préliminaire et certainement héroïque de cette idée ? La voici, peut-être.
http://www.hindunet.org/saraswati/khambat/khambat01.htm
Les sites les plus probables de ces
civilisations urbaines et préhistoriques se trouveraient à des centaines de
kilomètres au large du débouché des rivières majeures du monde. Elles seraient à présent sous une centaine de
mètres d’eau, enterrées sous au moins des dizaines en plus de limon
alluvial. Aucun de ces sites n'a été
investigué. Pourtant osons-nous nier
l’existence de civilisations urbaines d’un passé distant—ce déni n’étant basé
que sur des traces miséreuses de bergers montagnards. Voir mon poème, Atlantide Globale.
En effet, Max Estenhofer, Buckminster Fuller, Sir Alister Clavering Hardy (Le ruisseau vital), Elaine Morgan (Le singe aquatique), Michael Crawford et David Marsh (La force motrice) m’ont inspiré la contemplation de cette hypothèse. Ils ont postulé que des êtres protohumains aient acquis la locomotion bipède dans les tropiques, le long de plages, laisses et deltas de rivière, bien avant l’apparition des villes humaines.
Nos ancêtres auraient pu se lever de leurs quatre pattes en fourrageant dans ces écologies intertidales : à demi dans l'eau et à demi en dehors. Après tout, voici le garde-manger le mieux stocké dans la nature, et certainement l’endroit le moins pénible dans lequel distordre la colonne vertébrale, horizontale dans la plupart des animaux, dans celle verticale dans l’être humain.
Des plantes de teneurs alimentaires et médicinales supérieures – probablement des anciennes algues extrêmement difficiles à isoler et identifier aujourd'hui – auraient amélioré les chances de telles sociétés, humaines ou autres. Ainsi, la super nourriture disparue dont je postule l’existence.
Revenant à cette culture de vallée préhistorique : en s'étendant aux bords et se concentrant au centre, ses membres auraient tamisé toutes les plantes les plus désirables. Celles exceptionnelles auraient été soignées par des prêtres dans des jardins et bassins sacrés. Elles ont pu exiger une pollinisation artificielle, comptant sur l’ingéniosité civilisée pour se propager. Quand d’inévitables désastres militaires ou naturels ont rattrapé ces sociétés paisibles, ces moissons fragiles ont dû disparaître sous des mauvaises herbes, et tous les dossiers les décrivant auraient disparu.
En effet, l’intelligence vitale aurait pu évoluer bien avant la déposition des restes paléolithiques que nous cataloguons aujourd'hui. Bien avant, des collines entières ont pu réverbérer de communautés vivantes qui aurait pu prospérer en retenant des éléments vitaux aux échelles inacceptables à notre façon de penser—à l’exception, peut-être, de la science-fiction d'Olaf Stapleton et de quelques autres d’autant hardis.
La récente recherche sur des prions : des protéines se reproduisant singulièrement sans acide nucléique, pourrait confirmer l'existence de tels sables autoreproductifs et pré-organiques. L’ARN est un autre candidat.
Notre table périodique d'éléments est un maigre schéma à deux dimensions d'un autre qui s’étend dans des dimensions inexplorées par Mendeleïev. De tels éléments trans-dimensionnels ont pu posséder des capacités transcendant nos préjugés scientifiques mais bientôt dans la poigne d’Apprentis.
De distincts minéraux, sites et bassins sacrés, retenant des particularités extraordinaires : ceux-ci nous sont familiers. Ils ont pu incorporer ces éléments spéciaux se mêlant avec des composés nous étant plus familiers durant leur synchronisme de demi-vie. Des pierres, sols et bois magiques ont pu retenir des propriétés exceptionnelles pendant des durées relativement brèves, s’étant ensuite rendus inertes avant notre temps.
Autant que ces matières précieuses aient retenu leurs énergies, elles auraient été oeuvrées dans des ustensiles et objets d'adoration bien estimés. Cependant, leur propriété magique, en se fanant, aurait paupérisé leurs propriétaires autrefois prospères. Cette chute de valeurs aurait provoqué un bouleversement militaire – ainsi qu’en sera capable la disparition de nos réserves pétrolières. Tôt ou tard, des vandales militants ont fouillé des pierres vénérées, brûlé des sculptures en bois et brisé des poteries sacrées ; ils en ont pu sculpter des idoles perverses, probablement adoptées comme décors d'armes et talismans personnels. Ceux-ci dussent être ensuite brisés pendant des combats rituels, enterrés comme insignes tombals royaux sinon éparpillés par négligence.
Alors que ces terres rares se sont affaiblies, elles ont formé des potions corrompues de puissance amoindrie. Des recettes magiques auraient prescrit des portions particulières d’insectes et d’organes animales, parce que celles-ci ont pu concentrer des traces de ces éléments—ainsi qu’un oiseau concentre de la pesticide dans ses organes internes. Réduites par la suite dans des contaminations boueuses et indiscernables : de la poussière en poussière.
Nous pourrions avoir oublié les meilleures herbes médicinales et récoltes nutritives, ainsi que le but de bibelots, d’amulettes et de statues magiques, de centres sacrés et de repères géographiques aux attributs mystérieux. Des monuments furent construits d’énormes blocs en pierre polie de façon microscopique, si bien meulés qu’ils ne nécessitaient de mortier pour tenir ensemble. Des murs cyclopéens dans des sites d’anciennes villes ; des projets de monticule dont la construction prit des générations ; des grandes pyramides plantées autant sur terre qu’au fond de la mer (et peut-être même sur la surface de Mars ?) ; des bustes sculptés, pots, orbes, stèles et menhirs ; des anciens dessins de qualité exceptionnelle sinon de dimensions énormes, enfoncées profondément sous terre ou seulement visibles en vole par-dessus des plaines ternes et plates...
Si, oui ou non, des êtres humains les aient conçus, avec ou sans l'inspiration d'étrangers à l’humanité, transcendent-ils toujours notre compréhension et nos capacités technologiques. Leur façonnement est improbable, faute de technologies que nous ne saisissons plus ; leurs buts, au-delà de notre pouvoir d’imaginer. Aucun esclave, aucune bête ni machine – la grossière quincaillerie à la disposition de notre imagination épuisée – ne nous offre d’explication pragmatique de leur construction. Aussi nous semble-t-il qu’ils aient apparu en grande partie spontanément, sans exercice antécédent ni modèle primitif. Comment nos ancêtres ont-ils pu piger tout ça et l’avoir réalisé à perfection au cours de leurs premières tentatives ?
Durant toute l’histoire, il y eut des entreprises gâchées : d'irrigation rendue au sel, d’épuisement de terre arable, de désertification par surpâturage, de pêches stérilisées et de déboisement afin de construire des flottes de guerre et des fortifications urbaines le long de courses d’armes durant des siècles. Ces projets ratés ont fini par stériliser les littoraux et vallées les plus fertiles au monde : les berceaux, crèches et cimetières de la civilisation.
Avant l'ère des empires, des forets d'apogée s'étendirent depuis le Maroc, tout le long des rives africaines de la Méditerranée, jusqu’en Afghanistan et puis de retour jusqu'au Portugal, puis vers le Nord jusqu'au-delà des côtes de la Mer Baltique. D'autres, disparues depuis, jonchèrent le restant du monde. Le climat était alors beaucoup plus doux, et les mers grouillaient de poissons monstres.
L'écocide à cause de la gestion débridée d’armes n'est pas unique à notre époque. Nous avons simplement institutionnalisé nos pires habitudes et énormément aggravé leurs effets nuisibles. Aux Apprentis de tout refournir et tout remonter.
Au lieu des sept merveilles du monde, imagine sept millions de temples, de cours centrales, de bibliothèques et de jardins plus petits et éphémères ; puis sept milliards de sites naturels de vue splendide, de chant sucré d’oiseau et de tranquillité sereine—chacun plus charmant que son précédant. L’ancienne civilisation s’est rendue éminente dans la mesure qu’elle bâtit des localités confortables, élégantes et belles, lui servant comme sites d’adoration, de méditation et d'étude. Seulement accessoirement furent bâties les sept « merveilles du monde. »
Comme un exercice enjoué de reconstitution historique, les Apprentis pourraient reconstruire ces merveilles sinon ré-ornementer leurs ruines : naturelles et artificielles, les grandes comme les petites. Imagine le Parthénon, le Sphinx, les pyramides d'Égypte, le palais d’Angkor Watt et d’innombrables trésors culturels restaurés à leur splendeur originelle. Beaucoup plus de monuments semblables pourraient être bâtis à leur coté ; cette totalité encadrée d’une arboriculture indigène d’apogée. Maintenant, imagine le meilleur site d’Apprentissage que tu pourrais construire pour toi-même et tes bien-aimés, que tous pourraient construire aussi. Imagine cette prodigieuse exubérance de civilisation ! Pour changer un peu, nous discutons ici de l’authentique utilisation de la richesse, et non de notre misère actuelle que nous prenons pour accordée.
Ne me dispute pas « Qu’il n’y aurait jamais les moyens sur terre pour entreprendre ce que tu proposes. » Tu aurais minablement tort. Ce ne sont que nos frayeurs d’armes et leur stupidité faite exprès qui nous leurrent dans cette misère collective. Une fois libérés d’elles, nous disposerons de toutes les richesses dans l’univers pour nous en divertir un peu.
Mais rappelons-nous les paroles de Mengzi : l’humanité et le devoir devront toujours jouer de l’atout sur un simple profit.
ENSUITE TABLE DES MATIÈRES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS: De la terre en armes au monde en paix
PAGE DES CONTACTS (sous développement)