- EN VOYAGE ! -

 ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTIS      INTRO ET VOCABULAIRE

 

Nous venons à peine de démêler les détails de notre condition fondamentale.   Il vient à l’esprit de l'info prolétariat qu'il ne doit plus prêter tant attention aux monologues sans valeur de l'élite ; et à celle-là, le constat liminaire qu'elle ne peut plus se permettre de diffuser tant d'absurdités.  Les habitudes qui nous ont semblés les plus réconfortantes se rendent de plus en plus dérisoires et nous nous en délassons de façon graduelle mais certaine.

Nous devons encourager le cosmopolitisme, l’urbanité et le voyage en masse dans toutes les populations de cette planète. 

En optimisant la formule de menace, nous avons amassé assez de richesse « en surplus » pour hérisser d’armes modernes des centaines de millions de soldats.  Cela nous a rendu capables, en les éparpillant durant des années sans compter, d'étaler leur chantier de dévastation là où nous souhaiterions concentrer leur fureur―du moins au commencement.  Ensuite, cette friche s’étendra de façon spontanée et inévitable, là où nous la désirerions le moins.

Si nous avions sagement investi ce dividende en une honnête paix, nous aurions pu nous attendre à d’énormes profits en retour : plus qu’assez pour permettre à tous de voyager là où ils veuillent, pour leur fournir érudition maximale et disséminer une nouvelle langue mondiale.  Tous ces projets, et leurs semblables paisibles, nous rendraient exponentiellement plus de profit et de potentiel d’investissement en aval du temps.  

Dans l’absence de nos frais militaires cyclopéens, les administrations d’Apprentis pourraient fournir un confort modeste à tous.  Je signifie tout le monde, sans soucis de leurs lieux d'origine, recommandations et contributions réciproques.  Toutes les richesses produites en retour seraient un profit facile.  Je parle ici d’une richesse commune grande à être inimaginable.

 

La plupart des Américains admettraient volontiers que les états de Kansas et de Missouri n’aient rien à gagner et tout à perdre d’une lutte militaire entre eux.  C’est vrai pour au moins six raisons :

 

·     La guerre fend des attaches d'estime, de confiance et de commerce.  Le chaos en résultant prendrait des siècles à démêler.  L'Amérique doit encore se guérir de toutes sortes de plaies qui ne cessent de suppurer depuis sa guerre civile, dite « achevée » il y a sept générations.

·     Un impartial gouvernement fédéral fournit à ces états des moyens paisibles de résoudre leurs désaccords.  Est-ce qu'un honnête habitant du Kansas pourrait se plaindre que « Ces Missouriens bénéficient d’un traitement préférentiel au Congrès américain » ?

·     La vaste majorité dans chaque état demeure fidèle à l'idéal fédéral ; elle s’identifie avec cette collectivité supérieure qui semble stimuler son avantage, et ferait taire sa propre minorité prismatique, par force si nécessaire.

·     Ces deux états bénéficient d'accès illimité aux ouvriers et ressources l'un de l'autre, sans tarifs ni quotas supplémentaires.

·     L'armée fédérale puise autant d’eux que des autres quarante-huit états.  Elle seule se vante d’un inventaire d’armes en équilibre et d’une armée compétente et en pleine forme.  En cas de bagarre, elle surenchérirait les minces atouts militaires de ces états particuliers.

·     Tous deux partagent la même langue, culture et constellation de métaphores politiques.  Aucune considération ne reste, dont il faudrait se quereller à force d’armes.

 

Pour ces raisons, les fonctionnaires de ces états n’ont pas besoin de veiller des nuits tardives, soucieux que l’avoisinante garde nationale ne leur envahisse au petit matin.  Leurs législateurs ne proposent aucun projet de loi pour fortifier leurs frontières ni pour maintenir une armée au pied de guerre afin de les défendre, ni pour interdire l’espionnage chez eux, ni pour recruter des nids d'espions dans d’autres états.  N’importe quel dingue qui suggérerait de telles bêtises serait flanqué à la porte à grands éclats de rires.

Alors, pourquoi pas entre les états-nations du monde entier ?

Soit, les Kansans et Missouriens ont jadis enduré des conflits brutaux jadis.  Des Euro-américains et Amérindiens n’ont su tolérer la réciprocité de leurs contradictions socio-économiques.  Bientôt de suite, l'autorité fédérale prit fin quand des élites locales de bataille ont pratiqué du banditisme militant afin de forcer la question de l'esclavage.  Une fois qu’eut cessée cette folie béotienne, la première bagarre repartit à son dénouement de génocide.

Toutefois, chaque chauvin (« hawk » faucon) américain pourrait trouver des raisons en plus de celles-ci inscrites, pour maintenir la paix entre ces états.  Si cette paix demeure valide entre Kansas et Missouri – inviolée quoique nullement imposée – la validité de la paix ne peut être dédite ailleurs.   Il s’agirait d’instituer partout ces mêmes préposés, sans permettre de contradictions.  Les États-Unis du Monde, en sus et en amont des États-Unis d’Amérique quoique l’imitant scrupuleusement.

Quant aux Américains qui discernent dans ce modèle une menace à leurs libertés particulières, je ne puis appréhender leur inquiétude.  Au contraire, l’Amérique deviendrait l’aune et l’exemple aux autres à imiter tant qu’ils en seraient capables.  L’Amérique pourrait gérer le monde, non par force brute mais par son exemple brillant.  Tout ce qu’il y aurait de mieux en Amérique serait renforcé et tout de mauvais, abandonné comme une disgrâce ne servant plus rien ni personne.

Quelle peine là-dedans ?

Des allocations non résolues d'eau, des conflits de race et de classe, et d’autres questions contentieuses pourraient sans doute raviver l’animosité militante entre ces états.  Éviter de tels conflits et les résoudre en paix, avant qu’ils ne se rendent en prétextes de brutalité, voici des responsabilités fondamentales du gouvernement.

Un autre mythe d’armes réclame son débridement et la guérison qu’il pourrait induire.  D’après quelques minorités militantes, leurs querelles se sont envenimées depuis si longtemps, leurs maux rendus tant impardonnables et leurs vendettas pénétrés si profondément qu’aucune paix durable n’en soit envisageable.

Jadis, la Suisse (et presque partout ailleurs) ressemblait aux Balkans contemporains, déchirés par leurs conflits actuels, son beau paysage pareillement souillé de massacres factionnelles.  Des cantons suisses ont lutté le long des siècles en tant que Helvètes, Celtes, Gallo-romains, Allemagnes, Bourgognes, Raetiens, Savoyards et parleurs de Romanche ; ils ont lutté entre eux, maniés comme des marionnettes en tant qu’alliés fidèles d’impérialistes français, allemands, autrichiens et italiens.  D’âpres disputes entre leurs sectes catholiques et protestants ont aggravé des décennies de conflit séculier.  Autant avant qu’après avoir fédéré, ces cantons se sont agressés au sujet des droits féodaux, relations étrangères, priorités urbaines et rurales, et conflits de classe.  Pendant des siècles d’hivers d’un froid pénétrant, des Suisses ont brûlé des villages suisses, violé des femmes suisses et affamé leurs enfants au cours de mutilations organisées.  (Tout comme on parlera des êtres humains en général, dans les années à venir.)  D’inexcusables infractions et d’incontournables actes de vengeance ont dû s’entasser aussi culminants que les Alpes. 

Les Suisses ont tenté de rentabiliser leurs fils belliqueux en les expédiant comme mercenaires, encourant un million de pertes aux champs de bataille à l'étranger.  Ils ont combattu plusieurs guerres civiles, autant chez eux en personne que par l’intermédiaire d’armées étrangères.  Ces mercenaires d’élite furent fameux pour leur comportement féroce et sans merci : ils ne se rendirent jamais ni n'offrirent-ils de merci, sauf aux ordres de leurs patrons.

Aujourd'hui, les habitants de la Suisse sereine (et d’autres assortiments complexes de peuples ethniques) pourraient brandir des demandes d’une outrance équivalente : celles mêmes que les agresseurs croates, serbes et bosniaques; puis les Irlandais du Nord, les Afghans, les Sri Lankais, les Indonésiens, les habitants du Moyen Orient…  (Cette liste étant capable de s'étendre bien longue et prévisiblement ennuyeuse) se sont lancés, les uns aux autres, sans hésiter.  Chaque militant doit une dette de sang de longue date à quelque campagnard, sinon convoite son territoire afin d'y former un « grandiose état-nation ethnique » de phantasme historique et de militarisme suicidaire.

Niklaus Von Flüe fut un pauvre moine suisse qui s’accrocha à sa caverne de montagne et y prêcha la fédération et la paix, jusqu'à ce que des gens sérieuses et désolées aient résolu de l'écouter.  Préconisés par lui, elles ont conclu qu’elles ne résoudraient jamais leurs différences par main forte sans s’asservir aux étrangers orchestrant leur querelle.  Le bon sens transforma des patriotes de guerre civile en alliés bien accueillis sinon en fugitifs désespérés.  Il a cessé tant d’importer quels furent leurs fanatisme et canton d'origine, plus important de déterminer combien disposés ils étaient à renforcer une honnête paix et combien mieux ils rendraient cette inclinaison en pratique concrète.

A force de nombreux essais et erreurs, et manquant de meilleures idées, les Suisses ont négocié des promesses compliquées de non-agression.  Ces assurances ont lié en paix chaque canton à ses voisins, les ont alliés à l’encontre de toute agression étrangère, engagés à arbitrer leurs disputes et séparés durant.  Encore plus important, ils ont contresigné des accords promettant « de s’apposer nette » : des cantons alliés ont promis de ne plus se mêler aux disputes de cantons tiers.  Aucun canton, n’importe sa puissance et ses prérogatives coutumières, ne pouvait affronter tout seul le restant et s’attendre à croître.

La Suisse s’est rendue riche, puissante et assurément neutre en criminalisant la guerre interne ; la planète entière pourrait se rendre également fortunée en pratiquant la même chose. 

Une toile d'araignée de traités de paix, jetée de façon libérale à travers le monde, pourrait produire des résultats équivalents.  Autant ceux faciles à négocier (entre les États-Unis et le Canada, par exemple), mais surtout entre les pays les plus révoltés de l’entreprendre (par exemple, la Corée du Nord et du Sud), autant qu'entre des minorités insatisfaits et leurs gouvernements répressifs ; pourvue que chaque profanateur ferait face aux sanctions inflexibles et poursuite implacable pour avoir rompu la paix. 

À travers la planète, de vastes et neufs réseaux d’Apprentis pourraient renouveler le partage de confiance enter des populaces autrefois méfiantes, encourager une sereine forme de confédération suisse et criminaliser implacablement la guerre.  Étant donné beaucoup plus de calme et de paix (et des impôts militaires incontestablement diminués), beaucoup de profits en expansion et d’opportunités d’affaires émergeront à toutes les échelles d’application.

Nous sommes niés cette co-prospérité planétaire par des extorqueurs de Prisme et le restant de la population qu’ils ont dupé en paralysie hypnotisée.  

Les états souverains et leurs forces de hargne ne sont que des vauriens bien organisés se curant les dents au cran d'arrêt en titane, tout en longeant au coin de la rue.  Chaque fois que le progrès sociétal menace d'affaiblir leur dictature, ils attaquent par reflex leur population hôtesse, désignant ce barbarisme « de la sécurité interne. »  Les bénéficiers d’une connivence internationale, ces agresseurs prismatiques en conspiration globale ont recours à des agressions identiques – soit la diversité de leurs circonstances géographiques et politiques – de manière entièrement prévisible.

Nous pourrions conclure que la guerre est un problème de santé public : une pandémie planétaire.  Dans ce cas, des forces spécialisées dans la production de la paix et son maintient devraient la mettre en quarantaine et l’extirper, soutenues par toute la puissance industrielle de la planète.  Des millions de volontaires civils peuvent reconstruire ce qui fut détruit et œuvrer diligemment pour satisfaire toutes les demandes ayant mené les locaux à se battre. 

Des organisations telles que le groupement allemand de Ruppert Nuedeck, Cap Anamu ; les Médecins sans frontières d'origine française, d’administration belge et d’engagement global ; et l’américain, Témoins de la Paix : voici des services prototypes d'intervention des Apprentis. 

Des millions de volontaires potentiels traînent, ci et là : bien endimanchés mais manquant de rendez-vous.  Nous n’avons qu’à inspirer, organiser et déployer ce corps d’armée du monde paisible.

La régence d’une grande ville ne peut jamais résoudre ses problèmes d'infraction publique en mettant le feu à des arrondissements entiers.  Des directeurs d’armes ont répertorié cette alternative en Rome antique, à Paris sous Napoléon III, à Philadelphie en 1985, en Cisjordanie des fascistes israéliens et presque partout ailleurs que de tels réactionnaires ont pu tenter d’en abuser sans problème.  Elle ne peut non plus vendre des armes à une moitié des artisans du crime―bien que certains réactionnaires le considèrent bonne affaire et bonne politique. 

À l'échelon planétaire, nous devons imiter les villes les mieux réglées.  Raisonnant ensemble, nous devons parer toutes les manifestations de la brutalité organisée et fournir tous les services qu’exige la paix.   Point, à la ligne.

 

Malcolm X initia un jihad contre sa rage et au profit de son affection fraternelle, à la suite de son hajj (pèlerinage à La Mecque).  Il y découvrit que des musulmans blancs pouvaient être aussi amicaux et bons envers lui, un homme noir, que des chrétiens racistes lui eussent été vicieusement injurieux aux États-Unis.  Cette observation lui permit de changer d’avis concernant la nécessité d’une guerre totale contre le monde des blancs.  Il se résolut à promouvoir la paix, là où il eut incité la guerre.  Son martyre subséquent pour la paix nous apporte une précieuse leçon concernant le bénéfice des voyages en masse. 

Beaucoup de chauvins autrement ignorants pourraient y découvrir pour eux-mêmes que les nations et races qu’ils avaient simplifiées et haïs en bloc doivent être plus complexes que ça et consister d’individus plutôt leur ressemblant : capables d’être admirés sinon simplement tolérés. 

Afin de réaliser cette transformation d’attitude, nous allons devoir développer des réseaux fiables et bon marché de transport global.  Des atouts militaires de transport et de casernement pourraient être démilitarisés, rénovées et enclenchées pour usage de tous sur une base subventionnée.  Des programmes massifs d'échange d'étudiants pourraient temporairement troquer les enfants de récents adversaires militaires. 

Cet assortiment insolite doit être surveillé de près.  Les Apprentis ne doivent jamais inonder une communauté renfermée avec des intrus importuns et de potentielle disruptive, au risque d’ainsi raviver la xénophobie locale.  Ni des jeunes innocents ne doivent être livrés à la merci d'habitants chauvins capables de manifester une rancune ethnique à leur encontre.  Ce sera aux parents idéalistes de déterminer s’ils peuvent risquer la vie de leurs enfants précieux à cet idéal d’Apprentis.

Par ailleurs et tout d’abord, la richesse, la santé et l’érudition devraient être à peu près égalisées à travers la planète.  Autrement, en sautillant le long et large du globe, des criminels, des réfugiés économiques et des porteurs de maladies exotiques pourraient saturer des pays prospères et décourager leurs populations influentes de poursuivre ce projet.

Des interventionnistes dédiés et sacrificatoires pourraient contrecarrer les massacres capables de succéder ceux de Beyrouth, Sarajevo et Kigali.   Bien souvent, des martyrs paisibles soigneusement publiés ont fait reculer sur leurs talons des élites brutales et bien établies d’armes.  Des exemples incluent les Kalingas du regret d’Asoka ; la vague de martyrs précédant les bureaucraties des religions en masse (celles catholiques, islamistes et bouddhistes, par exemple) ; le massacre des protestataires gandhiens à Amritsar ; de ceux manifestant contre l’impôt du sel à Dharesana près de Surat ; les passagers (freedom riders) de la liberté en Amérique des 1960s ; les protestataires de guerre à Kent State, fusillés en panique par des troupes inaptes ; Steve Biko et ses compagnons brutalisés en Afrique du Sud ; les « disparus » Argentins et leurs mères courageuses ; M. Aquino des Philippines, assassiné lors de son retour d'exil ; le témoin pour la paix, Ben Linder, abattu au Nicaragua en 1987 ; et les travailleurs religieux attaqués si brutalement en El Salvador.  D’innombrables martyrs de paix nous ont laissé leur commémoration au Guatemala, Mexique et ailleurs.  Étant donnée la connivence du Congrès américain et d’autres courtiers orthodoxes du pouvoir, il est très ordinaire que ces sacrifices demeurent honteusement obscurcis.

Pendant des désastres militaires futurs, quelques martyres paisibles, agissant comme des canaris en mine de houille et dont le sacrifice serait soigneusement rendu public, pourraient détourner le génocide local en convertissant en interventions immédiates et concrètes l'outrage du monde entier quant à leur témoignage et sacrifice.  Ceux-là pourraient dédicacer leur organisation à la mémoire sacrée de Rachel Corrie.  Scrupuleusement entraînés, ils affronteraient des sectaires d’armes sous les lueurs de la publicité mondiale.  Beaucoup d'abus des droits humains pourraient être ainsi corrigés en contingence sur leur terrain d’origine : ce qui pourrait réduire la nécessité d’interventions de troupes étrangères plutôt maladroites, coûteuses, lentes à agir et peu fiables à la longue.

La plupart des familles font ce qu’ils peuvent pour dissimuler d’étrangers leurs querelles internes ; les Apprentis pourraient forcer ces sectaires de prisme à faire autant au niveau international.  En même temps, la cour du monde pourrait marginaliser les militants prismatiques et restaurer les modérés politiques à travers le globe, différant son intervention militaire qu’après que toutes les autres initiatives de paix aient été éprouvées et épuisées, et qu’un jury de pairs choisis de façon aléatoire en ait fait la preuve dans un procès verbal concurrentiel.

Les Apprentis pourront remplacer les maniements ad hoc et sans sous, entrepris par l'ONU actuel à l’encontre de ces crises, avec des plans de contingence bien répétés, mieux intégrés et beaucoup plus vigoureux.  Les instruments complémentaires qui suivent devraient être testés : A) les jeux Olympiques de la paix, B) la légion étrangère de la cour du monde et C) des nouvelles religions planétaires diffusant la doctrine de Jihad paisible : le martyre non-violent et sacrificatoire pour seul but de paix.

 

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APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix

 

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