- LE BOTTIN AUX PAGES JAUNES D'ORDINATEUR -

 ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTIS      INTRO ET VOCABULAIRE

 

Si la civilisation place trop d'obstacles entre son amas de données et son prolétariat d’info passionné d’en apprendre et d’y ajouter, un grand mal en résulte, nous rendant tous les plus pauvres. 

De nos jours, les fournisseurs de services d’informatique ressemblent aux compagnies privées de distribution d'eau durant l’ancienne république romaine, sinon aux compagnies téléphoniques d’avant la première guerre mondiale.  Les riches peuvent choisir d'un pêle-mêle de compagnies en démarrage afin d'obtenir un service très cher et peu précis ; les pauvres n'obtiennent que très peu d’utile (sinon rien) sans devoir le voler des riches.  

Les grands nababs d’ordinateur permettent à leurs compagnies de marchander des millions de terminaux indépendants, de maigre potentiel et d'obsolescence instantanée ; ils tirent des grands profits de leur vente de ces prétendus « ordinateurs personnels. »  Chaque ménage et affaire commerciale doit se procurer son ordinateur.  Ceux qui en ont les recettes payent le salaire moyen d’un mois toutes les quelques années, afin de se fournir de la prochaine génération d’ordinateurs individuels et leurs logiciels minimes et mal écrits.  Le transfert des vieilles données à partir de machines désuètes et la liaison entre des réseaux incompatibles, voici des maux de tête supplémentaires—réparables, bien sur, avec encore plus d'argent comptant. 

L'industrie de logiciel a récidivé en une monoculture de dinosaures grincheux, trop détaillés, sous documentés et chers.  Nous nécessitons un extravagant system d’ordinateur, rien que pour exploiter les logiciels d’opération et les programmes d’application courants, sinon pour effectuer un travail sérieux.  Tu pourrais diriger un petit pays avec les dossiers perdus quotidiennement par des ordinateurs maladroits.  Bien que leurs capacités s'élèvent solidement, (ce que remplissent, tout de suite après, des programmes mal écrits de logiciel), leur impériale étiquette de prix ne semble jamais baisser.

Qui plus est, nous gaspillons des heurs par mois en tentant de nous prémunir d’une marée montante de virus numériques que nos machines sont à peine capables de parer non moins d’identifier depuis leur source ni d’y répliquer effectivement.  Personne ne semble s’intéresser de rien de plus que des palliatifs risibles, aussi chers et laborieux qu’ultimement futiles, à l’encontre de ce fléau issu de crétins savants. 

 

La technologie d’ordinateur individuel reste à l'étape de développement de celle des autos avant le Ford Model T.  Les ordinateurs sont alimentés par d’inefficaces claviers dont la disposition originelle fut prévue pour ralentir l'entrée manuelle à ce que pouvaient soutenir les premières machines à taper.  Les logiciels courants de traitement de texte, fondés sur Windows, Apple et d'autres technologies prédominantes, sont désespérément compliqués, malcommodes et insuffisants.

Il y a trente ans, le logiciel de traitement de texte WANG offrait une excellente disposition de macro.  Avec très peu de soucis et d'entraînement supplémentaire, l’on pouvait programmer WANG afin de trouver dans son texte des combinaisons compliquées alphabétiques, numériques et de ponctuation (y compris les retours de ligne, les onglets et d'autres marques utiles que Windows refuse de trouver), d'y appliquer une logique booléenne et des relations (</=/>) en branches de décision, et de pratiquer ainsi des applications complexes de calcule et de frappe à répétition dans n'importe quel texte.  Au fond, ce logiciel WANG incorporait un élégant langage de programmation d’autant facile à comprendre qu’à utiliser.  Toutes ses commandes correspondaient à leur frappe équivalente au clavier et à leur marque sur l'écran, ce que WANG reconnaissait et incorporait dans sa programmation.  Cela éliminait la nécessitée d'avoir à apprendre encore une autre série alambiquée de codes d’agencement et d'identification.

Aucune de ces capacités, à part celles les plus élémentaires, n'est disponible dans les logiciels courants de traitement de texte, sans avoir à se taper encore des études de langues de programmation secondaires comme Java.

Le courrier électronique, la télévision au câble et les systèmes de base de données par téléphone sont prohibitives, trop alambiqués et infructueux.  Les entremetteurs de bases de données, cadres de corporation et régulateurs gouvernementaux conspirent à rendre aussi restrictifs, exclusifs et coûteux que possible leurs protocoles en ligne. 

A coût énorme, la technologie de microfilme remplace des tas encombrants de textes imprimés avec des écrans de texte illisibles ; ensuite produit-elle des copies encore moins bonnes.  Les dossiers en micro format sont très chers, encombrants et tant difficiles à accéder qu’à maintenir. 

A peu près une centaine de journaux quotidiens servent plus ou moins un milliard de lecteurs à travers le monde.  Chaque jour, leurs bureaux nivellent l’entièreté d’une monoculture d'arbres stériles, afin de se procurer du papier journal.  Comment de telles organisations, désastreuses du point de vue écologique, pourraient-elles soutenir une discussion raisonnable de la politique environnementale ?   Implacablement, ces journaux centralisent, monopolisent et homogénéisent l’écoulement des communications et le contenu des informations.  Si la plupart de leurs colonnes furent transcrites sur du papier ordinaire, elles ne pourraient être différenciées.  Chaque article se lit comme s’il fut approuvé par le personnel du même bureau de rédaction retenant un biais politique analogue. 

Les médias télévisés réalisent un monologue quotidien, les 24 heures sur 24.  Aucun échange d’information n’est prévu de la part des spectateurs.  Les promoteurs de réclames commerciales dominent le contenu des médias : leurs motifs, au mieux douteux.  Les stations radio ne sont que marginalement plus sensibles.  Nous subsistons au centre d’un étalage de systèmes d'information en monologue.  Tout comme des mauvaises herbes obstruant la croissance saine, ils sont tant inutiles et intraitables qu'omniprésents.

La prétendue autoroute informatique, c’est une course à obstacle agencée par des fournisseurs concurrentiels de services de logiciel et leurs protocoles mystérieux.  Les engins de recherche y sont si maladroits que très peu d'information pertinente ne peut être triée de cette pétarade aléatoire, dans l’absence d’efforts extraordinaires et de dépenses supplémentaires.  Il n’y a qu’un bureau d’entreprise bien fourni de professionnels en informatique, et puis quelques enthousiastes éparpillés parmi nous autres ignares, qui puissent espérer la négocier avec succès.  Les pauvres n'en obtiennent presque rien d’utile. 

Un sacerdoce de programmeurs d’ordinateur psalmodie des incantations de plus en plus alambiquées : notre équivalent du latin médiéval.  Ce faisant, ils empochent des fortunes afin d’exécuter leurs mystères d'ordinateur.  La documentation et formation nécessaires pour manier ces ordinateurs sont très coûteuses, interminables et obsolescentes.

Notre arrangement éparpillé et sans défenses est mille fois plus vulnérable aux attaques de virus et de vers informatiques que ne serait celui plus centralisé : là où les ordinateurs personnels ne serait que des machines à taper, extraire et mémoriser les données particulières, et là où toutes les logiciels d’application proviendraient de centrales offrant ces services plus faciles à défendre, servant tous et donc moins chers.   

 

Les tendances actuelles en informatique se focalisent sur ces réalités malencontreuses :

 

·     La protection des droits d’auteur est de plus en plus facile à ouvrir en brèche.  Un malfaiteur peut déformer et redistribuer les données d’autrui avec facilité croissante.

·     Quelques entremetteurs d'information monopolisent les bénéfices d’ordinateurs.  Nous autres, les utilisateurs, devons payer loyer afin de transmettre nos messages particuliers – comme s’il s’agissait d’un passe-temps coûteux ou d'un projet de publicité commercial – tandis que s’envolent nos anciens emplois de production et de consommation.

·     Les élites d'information recueillent de plus en plus d’informations ; ils peuvent macérer ce contenu pour le rendre meilleur marché et plus utile, mais au prix de le monopoliser plutôt que de l'étaler gratis en attendant des bénéfices indirects en aval, comme le ferait un service public.

·     Tandis que les coûts d’honoraires et du matériel se rendent plus prohibitifs, les prolétariens d'info obtiennent de moins en moins de service informatique.

·     Les analystes, chercheurs et commentateurs indépendants sont proscrits du discours public.  Ils en sont exclus quoiqu'ils aient de meilleures idées que celles des mercenaires de corporation, bureaucrates et bourdons scolaires que consultent quotidiennement les médias à la mode.  Ces pandits recherchés souffrent de l'intrusion de leurs intérêts spéciaux, pensées hiérarchiques et obsessions du profit.

 

Notre problème principal n’est pas la QUANTITÉ d’informations disponibles mais leur QUALITÉ inférieure.  Après tout, nous noyons dans un torrent d'informations inutiles.  De plus en plus de bruit blanc est créé, de moins en moins signifiant.  Même sur l'Internet, là où des informations semblent être disponibles en quantités illimitées, une superfluité d'insignifiances prédomine. 

La subvention intentionnelle des Apprentis permettra bientôt aux centrales publiques d'information de desservir des informations de la meilleure qualité, en quantités facilement assimilables et au coût extrêmement bas.  Ils finiront par ressembler aux services bien réglés d’eau et d’électricité, et cesseront de correspondre aux fournisseurs monopolistes de services inabordables de télévision par câble et satellite.  Comme les services publiques d’eau du vingtième siècle, ces utilités d'Apprentis seront défrayées par impôt dans l’avenir, distribuant ainsi de l’information.  Sur base hors profit, elles partageront de l’information de la meilleure qualité praticable au prix le plus bas possible.

Ces utilités publiques d'information offriront un logiciel de service facile, bien documenté et interactif ; le courriel et l’hébergement des pages interactives d’une simplicité fiable ; d’énormes services de banque de données de la part de gouvernements, de corporations et de non profits ; d’imprimerie en lot hors ligne et de bonne traduction en ligne gratis ; d’indexation massive et de stockage titanique de mémoire ; aussi bien qu'une colossale collection de documents digitales et en vidéo : le tout transmis par câble à fibre optique sinon par voie supérieure. 

La technologie électrogravitique qu’inventa Tesla, de transmission par voie de terre, pourrait enfin être dépoussiérée et adoptée, une fois que les intérêts corporatifs seront marginalisés qui l’avaient sabotée à leur profit. 

La relation des ordinateurs individuels, vis-à-vis ces utilités publiques, sera comparable à celle entre un carnet de cheques et le restant des comptes commerciales, bancaires et boursières.  La plupart des transactions compliquées informatiques se dérouleront principalement dans ces centres informatiques, de façon aussi simple et transparente que possible du point de vue individuel. 

Les Apprentis engageront ces dépôts et centres de circulation d’informations à offrir des services directs, jusque chaque maison et récepteur mobile.  Les bibliothèques existantes se rendront en noyaux de vastes complexes neufs de référencement et de recherche.  Ces centres d'info bénéficieront d’énormes économies d'échelle. 

Aussi se rendront-ils bien plus faciles à défendre contre des attentats de sabotage au virus et de piraterie informatique, surtout du point de vue de l’identification et la punition des malfaiteurs.  Ceux-ci sont à présent invisibles and intouchables par des ordinateurs individuels et leurs naïves victimes très vulnérables à leur attaque.  Sont voués à l’échec les efforts courants de monnayer des systèmes de défense passive antivirus, à partir de chaque ordinateur particulier, quoique fort profitables pour leurs distributeurs (qui circulent aussi ces virus ?)  L’on ne se protége de rien en se tenant partout sur la défensive. Tous seraient mieux sécurisés en identifiant et punissant ces agresseurs de manière active et immédiate, à partir de centres de contrôle parfaitement en état de le pratiquer.

Des lunettes de soleil projecteurs de la réalité virtuelle offriront accès facile à n’importe quel texte, pièce de musique et film digitalisé. 

Les fonctions de publicité et de désinformation politique seront cloîtrées dans les médias de TV, de radio et d’imprimerie : des services aînés déjà estropiés par des traditions honteuses d’obsession du profit, de désinformation délibérée et de service insatisfaisant au public.  Même la qualité inférieure de ces fournisseurs s'améliorera dans la mesure qu'un auditoire curieux et critique remplacera nos brouteurs aux têtes creuses d’aujourd’hui. 

Une programmation interactive universitaire offrira des conférences libres en temps réel et des projets de recherche sur chaque question.  Ces présentations seront disponibles en temps réel, émis en phases et rejouables en arrière, si nécessaire, à la vitesse et dans les délais exigés par l'utilisateur tout seul. 

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a lancé un projet semblable pour ses cours de classe, plaçant en ligne toutes ses notes et documentations de classe, accessibles gratis.  Ce projet débute tandis que nous en parlons.  Toutes les écoles supérieures devront suivre ce mouvement.  Comme d'habitude, le texte d’APPRENTIS est au devant de la meute.   La compagnie Google contemple d’indexer et de mettre en ligne de nombreux titres rares.

Au fond, un massif modèle électronique de « l'université silencieux » de savants alliés dans tous les domaines scientifiques, accomplira l'intention originelle des premiers visionnaires de l'Internet.  Un bottin intellectuel de pages jaunes émergera, énumérant tous les Apprentis et chacun de leurs sujets de passion.  Les heures que ces Apprentis appliquent en ligne établiront leur certification scolaire, sans autres limitations de qualification ni honoraires exorbitants.  Les référencements aux documents particuliers établiront le profit et prestige social de leur auteur ; devront être ignorées des critères telles que l'âge, l’origine, le métier, les études antérieures et d’autres. 

Les journaux scientifiques, publiés sur papier, ne valideront plus les dossiers de recherche au moyen de revues de pairs professionnels.  La concurrence de chien enragé, dite « d’avoir à publier ou périr » disparaîtra de la science de prestige.  Les donnés de recherche subiront une revue simultanée et sans restriction depuis l’entier réseau d'étude, indépendamment de leur validité apparente.  Ce nouveau système acceptera n'importe quelle entrée d'information. 

Si quelqu'un ne souhaite pas apprendre de l'algèbre, mais pourtant prendre une classe de calcul différentiel, soit.  Des précepteurs virtuels recommanderont des modules d'étude mise en boîte à cet Apprenti sous qualifié.  S’ils le désirent, ils le renverront vers d'autres maîtres afin qu’il mène des études préliminaires. 

Les assistants particuliers emploieront des programmes de filtrage finement accordés afin de détourner les données non désirables, aussi pour attirer celles d'un intérêt particulier. 

L'Internet fut déformé dans la direction opposée.  Comme d'habitude, en ce qui concerne toute nouvelle technologie, ses utilisateurs prioritaires se sont rangés ainsi :

 

·     Les requises militaires, en premier lieu

·     Le milieu universitaire d'élite, deuxièmement

·     L’exploitation commerciale, en troisième 

·     Les besoins particuliers, en dernière place, remplacés par du spam, des virus et d’autres formes de détritus informatique.

 

Des nouvelles machines d'enseignement accompliront les corvées réitérées de la formation scolaire.  Beaucoup d’idéalistes doués réclameront l’honneur de servir comme maîtres d’Apprentissage.  Cette maîtrise universelle pourrait devenir l’un des derniers travaux structurés dans une économie post-industrielle de paix.  La vocation enseignante évoluera d'une servitude de répétition par cœur de cléricalisme et d’enmerdements disciplinaires ; dans l’échange, d’un à un, d'inspirations et de consultations de la part et au profit d’Apprentis enthousiastes.

Note bien, s'il te plait, cette manifestation des Apprentis.  Les professionnels autoritaires, détenant un pouvoir machinal et particulier de nuire à leurs clients et de les punir sous une gérance d'armes : les juges, professeurs et  politiciens, parmi d'autres, se transformeront au lieu en conseillers bénévoles et guides intimes.  Ils ne retiendront plus la propension de nuire, sauf à la direction d'autres regroupements plus étendus d’experts.  En fait, ils trouveront bientôt de suite ces normes de punition non seulement impossibles à manier de façon efficace mais inutiles et nuisibles à leur dignité professionnelle.  Comme en médecine, de rendre du bien et rien d’autre deviendra la marque de compétence professionnel ; son opposé, impensable par tout honnête praticien.

Du reste, chaque enfant devrait maîtriser, avant la puberté, au moins un doctorat parmi ses cultes de passion.  Presque tous se rendront en maîtres d’études paisibles et la plupart réclameront appartenance à de multiples disciplines adjointes.

Les sous motivés et les estropiés par abus tireront bénéfice de nouveaux systèmes de soins réparateurs bien renforcés ; ils ne se serviront plus du système standard d'étude avant que les deux parties puissent profiter de cet échange.  Quant aux personnes affligées d’incapacités graves, des aides biomécaniques raffinées leur permettront de réintégrer le système standard d'études.  Plus personne ne doit être laissé en arrière, sauf volontairement.  Le plus ce scénario d'enseignement serait provocant et difficile, les plus dévoués et subtils se rendront des maîtres d’Apprentissage attirés là par leur culte de passion.  Des académies spéciales serviront ceux ayant besoin d’un logement restrictif, jusqu'à ce qu'ils puissent s'en libérer.

Afin d'accélérer l’Apprentissage, ces réseaux emploieront toutes les ruses de Madison Avenue et phantasmes de culture en masse reconnus par l'humanité.  Des messages subliminaux clignoteront à partir de canaux « d'arcade de recréation. »  Ceux-là persisteront à offrir, les 24 heurs de sept jours hebdomadaires, ce divertissement de cerveau mort dont nous nous sommes accoutumés.  Toutefois encourageront-ils également à leur assistance sous-développé à poursuivre l’instruction littéraire et l’aptitude à calculer, et donc découvrir leur choix de maîtrise passionnée.  Cet effort de récréation prendra une fraction de l’énorme capacité disponible de traitement informatique et de mémoire numérique.  Pourtant, chacun pourra se satisfaire de sa participation sinon de son refus de participer : ces options considérées également valides et satisfaisantes. 

Des enfants bien élevés mûrissent au sein d’une société clémente et raisonnable, non celle où la coercition machinale produit machinalement beaucoup de soldats.  Les mères nourriront leurs enfants au sein pendant des années : la formule naturelle de contrôle des naissances.  Les familles étendues coopéreront à porter leurs enfants en bas âge à la hauteur d'adulte pendant toutes les heures en éveille.  Cet acte coopératif familial et extrafamilial durera plus ou moins la longueur des cinq premières années de chaque enfant. 

Des enfants bien comportés, élevés au sein d’une société raisonnable, apprécieront beaucoup plus de libertés qu’ils ne sont permis aujourd’hui.  S'échappant de la chaleur du jour, les enfants Balinais assistaient à des divertissements publics jusqu’à trois heures du matin ; aucun mal ne leur en advint, de cette habitude. 

Tout comme une salle de télévision, l’infrastructure des écoles devrait servir comme lieu de réunion volontaire, non comme centre de détention obligatoire.  Les écoles d’Apprentis, fonctionnant en décalage de nuit et de jour, attireront des enfants ennuyés et des adultes manquant de meilleure destination.  Peu de classes imposeront une assistance journalière et enrégimentée.  Au lieu, de nombreux instructeurs et leur dispositifs aménageront des sports continus, des récréations, travaux pratiques et projets d’affaires.  Les enfants sans autre issue seront observés par des membres de la communauté encore plus attentifs à leur bien-être que la plupart des instituteurs aujourd'hui. 

Les écoles évolueront de prisons de jour, en lieux évidents où les gosses ennuyés pourraient aller se divertir.  Le « Va dehors jouer » deviendra « Va t'amuser à l'école. »  Comme durant les âges d'or de naguère, des jeunes avides se rendront aux pieds de maîtres brillants.  La plupart des Apprentis poursuivront leurs études comme un bien en soi.  Les réseaux d'Apprentis coordonneront, programmeront et annonceront une impressionnante gamme de classes et de divertissements.

Pour un honoraire honnête, les Apprentis absorberont de l'information à n'importe quel sujet et au niveau d'expertise de leur choix. 

Un cycle d'études programmées enseignera les fonctions d'un terminal d’ordinateur standard, l’entrée des commandes et les capacités primaires de lecture et de calcul.  Ce réseau d’Apprentissage programmé fournirait ensuite des définitions de dictionnaire, essais encyclopédiques, études programmées en détail, classes du dernier cri, conférences de gradués en temps réel, revues professionnelles, et copies numériques de livres et de revues traitant de n'importe quel sujet. 

 

Afin d’être bref, permets moi de t’expliquer que mon enseignement d’enfance fut un schéma directeur : comment NE PAS enseigner des maths aux enfants.  Je suis le porte-parole d’une grande majorité d’enfants dont l’aptitude mathématique fut écrasée au cours de leurs premières années à l’école.  Il est à présent trop tard pour moi et pour notre génération―non pour les prochaines.

Voici le projet que je propose.  Faites qu’un ministère de l’éducation tende le contrat d’un milliard de dollars (oui, un milliard) à SEGA, Nintendo et quiconque propose d’en faire l’offre.  Ce projet : rédiger le meilleur jeu d’arcade de tireur en première personne (comme DOOM).  Une fois rédigé et réglé, ce jeu deviendrait désormais une programmation publique montée de façon bénévole sur toutes les plateformes numériques (Windows, UNIX, Mac) ; chaque joueur ayant accès à un ordinateur pourrait en bénéficier gratis.

Dans ce jeu, des monstres surgissant seraient tatoués d’une équation.  La mire de ce jeu se focaliserait sur les éléments distincts de cette équation (contrôlée par le joueur, sa réticule s’ajusterait aussi grande ou petite que nécessaire afin de cibler l’élément tout seul de l’équation à simplifier.)  Le joueur aurait des touches de tir : ADDITION, SOUSTRACTION, MULTIPLICATION et DIVISION, tout comme celles PISTOLET, FUSIL, etc., dans les jeux contemporains.

Le but consisterait à « tirailler » les éléments de cette équation, jusqu’à ce que le monstre fut « tué » (cette équation simplifiée pour X ou un autre variable.)  Dans un jeu équivalent pour des enfants paisibles, il s’agirait de « tailler » une vigne en folle croissance jusqu’à sa « floraison. »  Les démarches de simplification fautive s’enregistreraient comme des « ratures. »  Manque de simplifier le tatouage du monstre lui permettrait de « tuer » le joueur ; manque de « tailler » la vigne résulterait dans « l’étranglement de la vigne. »  Des joueurs encore plus experts pourraient s’imposer des contraintes temporelles et de munitions afin de retenir leur intérêt.  Faites plus vite et avec moins de tirs, sinon perdez ce jeu.

Aux paliers de complexité plus profonde, une suite de touches « de contrôle alternative » permettraient aux joueurs de résoudre des problèmes d’algèbre de plus en plus compliqués : comprenant la trigonométrie, les valeurs absolues, les calculs différentiels, les matrices, etc.  Des variantes incorporeraient la probabilité, les statistiques, la physique, l’ingénierie, la chimie et la programmation numérique.  Les monstres provenant de ces jeux plus complexes seraient tatoués d’une série d’équations de plus en plus compliquées.  Toutes les règles mathématiques seraient incluses en tant qu’instructions, allusions et indices.  Les formules les plus fameuses pourraient être dénichés en tant que « tricheries. » 

En-dehors de leur niveau particulier de difficulté, les résultats imaginaires se rendraient en « tilts. » « Félicitations !  Tu viens de faire sauter le couloir de jeu, à coups de bombe atomique ! » Comme les mathématiques les plus avancées sont toutes fondées sur des équations dites « complexes, » ce sort comporterait une issue de sortie conduisant des Apprentis précoces aux calcules les plus compliquées et couramment fructueuses. 

Ce logiciel mettrait l’accent sur le narratif, la beauté des graphiques et le plan du jeu, plutôt que sa didactique : encore plus de jeux et moins de corvées.

Les enfants doivent bénéficier d’opportunités illimitées de s'initier aux aptitudes mathématiques à leur propre vitesse et faisant partie d’un jeu fascinant.  Les aptitudes numériques en masse en résultant et ses enjeux technologiques pourraient être prodigieux. 

Les orthodoxies traitant de ce problème sont des petits cadeaux aux bureaucrates de l’enseignement contemporain, vouées en fin de compte à l’échec —soit combien satisfaisants qu’ils puissent leur paraître.  Leurs cours en maths auront pour but de renforcer ce jeu primaire d’Apprentissage, au lieu de le supprimer.  Les classes de maths deviendront des arcades de jeux bien supervisés.

Après plus d’une décennie de développement de jeux d’instruction numérique, aucun tel jeu n’existe, encore moins celui gratis et de distribution universelle.  Les jeux mathématiques d’aujourd’hui sont gauches, trop didactiques et limités aux habiletés élémentaires.  Je te demande : quelle bureaucratie est servie par ce manque en masse d’adresse mathématique ?  Qui bénéficie le plus de tous ces fonds versés afin d’enseigner les maths comme une corvée dépourvue d’amusement et de spontanéité ? 

Ce nouveau jeu mathématique sera ma revanche de tous ces raseurs insupportables.  L’enseignement des mathématiques, voici un sujet trop important (et amusant) pour le laisser entre leurs mains.

Si j’eus été pourvu d’un tel jeu durant mon enfance, j’aurai peut-être pu développer une meilleure capacité de répondre à nos problèmes actuels.  À défaut de ce jeu, me soumis-je au retard de mon instruction en réplique à mes penchants mathématiques d’enfance, et sombra ainsi dans de l’indifférence passive aux demandes académiques d’une langueur successive.  Me voici inculte quant aux mathématiques avancées—ma fenêtre d’opportunité s’est close.  Me voici aussi le porte-parole désavantagé des générations d’Apprentis doués à venir.

 Ce sera aux Apprentis de choisir le palier d’études et de jeux qu'ils souhaitent poursuivre.  En outre, ce réseau fournira des noms, adresses et liens audiovisuels de contacte direct avec d’autres Apprentis partageant le même sujet de passion.  Ces listes incluront l'amateur et l'autorité, autant ceux éloignés que locaux.  Ce rassemblement constituera le bottin aux pages jaunes dans l’avenir.

Les pauvres devront pouvoir accéder gratis à ces services, pour la même raison que l’on les envoi à l’école gratis ces jours-ci.  Ils devraient bénéficier d’importantes subventions d'impôt afin de défrayer leur achat d'un ordinateur et utilisation de ce réseau.  Les Apprentis distribueront, gratis à travers la planète, des terminaux d'ordinateur à distance.  Tous les marchés et salles de classe du tiers monde devraient d’abord en recevoir au moins un. 

Dans toutes les régions où des services de maintien de vie seront insuffisants aux besoins des jeunes gens, des académies nouvellement établies d’Apprentis leur fourniront des besoins de survie, de chaleur humaine et d’études supplémentaires. 

L'esprit affamé de ces enfants du tiers monde sera capable, une fois correctement renforcé, de nous fournir toutes les percées technologiques, perspicacités théoriques et nouveautés sociales dont nous aurons besoin.

  

ENSUITE      TABLE DES MATIÈRES      ANTÉCÉDENT

 

APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix

 

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