SOMMAIRE
D’APPRENTIS INTRO ET
VOCABULAIRE
« Les bibliothèques te permettront de passer ton temps sans un sou, beaucoup plus aisément que des sous sans bibliothèque. » L’association américaine des bibliothèques.
[Nota : En anglais, cette phrase s’appliquait plutôt à la fumée du cannabis dit sativa : un honorifique sanscrit n’étant réservé qu’au riz et au cannabis, si je ne me trompe.]
Couronné d’obsolescence classique, la pratique bibliothécaire n'est ni art ni science. Des routines désuètes sont banales dans les bibliothèques ; non parce qu'elles sont particulièrement valides mais parce que la rémunération requise pour des meilleurs systèmes dépasse de loin la pitance leur étant accordée à contrecœur. Nous les finançons de façon désespérément insuffisante.
Les livres sont difficiles à adapter aux ordinateurs : il est très laborieux de les convertir, une fois publiés. Mieux vaudrait les distribuer d'avance dans un format digitalisé et meilleur marché.
Sauf qu'il n'y ait aucun appareil pratique de lecture numérique, seulement des machines balourdes, telles que des ordinateurs personnels, à table ou portatif. Nous avons trop peu d'outils d’Apprentissage et ceux disponibles sont désuets. Comparé aux livres, la machinerie courante de lecture digitale est dure aux yeux, maladroite, volumineuse, coûteuse et fragile.
Des techniciens chefs ont gaspillé des décennies à développer de vieillots casques d'écoute permettant aux gens de jouer leurs divertissements de réalité virtuelle. Leur but fondamental dut être de raffiner des appareils de contrôle du feu au bénéfice des équipages militaires de chars d’assaut, vaisseaux et avions.
Au lieu auraient-ils dû inventer un ensemble confortable de lunettes de lecture digitale. Des lunettes de lecture toutes comme celles de soleil, démontrant de façon confortable des pages de texte lisible, admirablement reproduites comme sur du vélin parfait. Ces pages seraient illuminés de façon contrôlable, pourraient être paginés, indexés et magnifiés, changer la police de leur texte, etc. ...
Ces lunettes virtuelles visualiseraient un clavier et un écran virtuels, aussi une paire de mains virtuelles sachant taper à la machine, ces mains guidées par fil depuis des cosses aux doigts. A la ceinture, une unité de traitement central avec un dock portatif de mémoire et d’autres rapports d’ordinateur. Un casque electro-encéphalique, ces lunettes et coches : le tout relié par câble optique sinon à l’infrarouge.
Enfin, pouvoir lire tapi tranquillement sur mon dos au lieu d’avoir à tenir péniblement un livre par-dessus la tête sinon me tenir assis incommodément sur mon lit. Nous pourrions projeter l’écran de ces lunettes jusqu’au plafond assombri ou sur un mur de chambre, n’est ce pas ? Ces lunettes pourraient se rendre transparentes et peut-être même magnifier le monde réel ou enregistrer différentes fréquences de luminosité invisible, sinon projeter en trois dimensions des donnés à partir d’un casque electro-encéphalique. Ses potentialités seraient illimitées.
Rien de tel. Veuillez admirer au lieu notre génie à viser des armes de long porté à travers les nuits et brumes du champ de bataille le plus ténébreux. L’escouade moyenne d’infanterie au combat fut muni d’appareils de repérage à l’infrarouge depuis la guerre au Vietnam en 1969 ; tandis qu’en 2006, la majorité des chasseurs pompiers n’est pas encore dotée de ce genre d’appareillage afin de repérer et sauver les survivants d’une incendie. Quelle génie tordu !
Les bibliothèques marchent le mieux sur une base subventionnée et coopérative (comme d’autres utilités publics et un plus grand nombre non encore admises, du reste―comme celle de la santé.) Au lieu sont-elles attendus à produire des profits d'entreprise, comme si elles colportaient du coca cola, des autos privées, du minage à ciel ouvert, de la biotechnologie génétique en déroute sinon quelque autre obsession d'entreprise commerciale.
Beaucoup de bibliothécaires sont des serviteurs sacrificatoires au lieu d’être des gladiateurs courtiers du pouvoir ; la plupart se contentent de fournir un excellent service et non de s’accumuler des richesses et pouvoirs supplémentaires. Étant donné le tempérament vampirique des bureaucraties d’armes, les gérants d'information n’obtiennent au mieux qu’une considération d’après coup. Ce sont les premiers à tendre leur cou à la hache des parcimonies et les derniers à jouir d’un budget supplémentaire.
L’on peut vérifier cette conjecture dans la bibliothèque du Congrès des États-Unis : supposé loger l’une des plus grandes collections de livres au monde. En réalité, ses tas de bouquins sont un gruyère bien troué de livres égarés et dépouillés. Lorsque expira chaque séance du Congrès américain, les représentants battus et leur famille sont rentrés chez eux retenant leurs lectures favorites : leur prix de consolation d’avoir légiféré la course des rats. Par ailleurs et pire, de fanatiques bibliophiles internationaux ont payé des fortunes afin de corrompre son humble personnel administratif et dérober des titres irremplaçables.
Revenons des maîtres d'avidité, à leurs apprentis. Les étudiants d’université ont été donnés des lectures pour leurs cours. Les plus ambitieux ont dérobé des textes clés, mis de côté en réserve d'étude, afin que leurs concurrents en niveaux de points n’aient pu en accéder. De nos jours, le repérage informatisé des livres fait échouer leurs combinaisons dérisoires. Mais auparavant, ces paracheveurs tordus ont démembré la compétition, reçu de meilleures notes et gradué aux rangs d’élite à partir desquels ils ont pris des décisions de vie et de mort. Voici comment un fléau de réactionnaires ricanants est parvenu à infester nos magistratures, corps législatifs, universités, et bureaux d'entreprise et des medias.
La conséquence directe de cette ancienne tolérance académique mal surveillée ? Une surabondance de réactionnaires politiques. Ces malingres ont ensuite pu recruter des subalternes de moralité d’autant estropiée, comme leurs protégés et remplaçants. Du reste, leurs mauvais exemple, mauvais conseils et guidage néfaste ont corrompu les enjambeurs ordinaires de clôtures éthiques : les majoritaires dans ces professions. Ceux pourvus d’une vraie honnêteté furent sitôt renvoyés. Voici de quoi saper n'importe quelle intendance orthodoxe.
Les maîtres d’affaires administratives considèrent le rassemblement d’informations comme une fonction secondaire. Une fois que les mauvaises affaires s'interposent, les bibliothèques et installations de recherche d'entreprise souffrent des premières coupures de consolidation. Comme ces bibliothécaires ne sont d’ores et déjà pas très compétitifs, leur mentalité « de service » simplifie la prise de leurs ressources par des gestionnaires d’armes.
Ils ont tendance à restreindre leurs études à un seul sujet principal, qu’une fois que leurs patrons leur imposent ce sacrifice. Voici une autre contrainte de l’éducation d’armes qui les estropie. Tandis que les bibliothèques attirent des professionnels moins compétitifs quoique non moins compétents, les directeurs d’armes parrainent la recherche la mieux payée au bénéfice de leurs applications militaires. La technologie d’armes, c’est la Coupe du Monde intellectuelle, si tu veux.
La curiosité innée des Apprentis les attire aux bibliothèques. Dans ces ruches de pensée, le pollen de la perspicacité potentielle se transforme, par pure anarchie, en miel de richesse dynamique. Ce semis de nouvelles idées souffre de négligence flagrante, d’exploitation myope et d’inattention aux valeurs réelles, en dépit de l'optimisme désespéré animant les bibliothécaires de première ligne. Si la science d’armes serait le bénéficier princier des ressources modernes, celle des bibliothèques en est le pauvre.
La dégénérescence institutionnelle a beaucoup à faire avec la loi des recettes en rétrécit. Assez souvent, les premiers efforts produisent le meilleur résultat de base et les résultats ultérieurs aux marges exigent beaucoup plus d’effort.
Les bibliothèques se contentent de moins d'un centième des ressources dont elles ont besoin, et sont donc incapables d’atteindre leur pleine potentialité. En revanche, les technologies d’armes se sont catapultées au-delà de la zone crépusculaire des résultats en diminution, dans un limbe prodigue et insatiable. Nous avons poli de façon obsessive, compulsive, répétitive et éternelle nos systèmes meurtriers aux dépens de ceux de l’Apprentissage ; nos formules de menace ont été optimisées aux frais de la formule du fauteuil.
Des réseaux d’Apprentis pourraient beaucoup plus rapidement confirmer ou démentir toutes les hypothèses. Ils s’en serviront afin d’amplifier leurs sujets de passion et les partager avec des enthousiastes analogues. Proliféreront des petits laboratoires et installations de production : là où des inventeurs pourront concevoir leurs expérimentations, prototypes et maquettes d'invention, fabriqués par ceux dont ces ouvrages seraient leur sujet de passion.
Nous n’obtiendrons qu’une opportunité de saisir cette incroyable richesse. Les institutions courantes sont solidement barricadées derrière leur incompétence. À moins d’une révolution sanglante, elles bénéficient de la stabilité du monopole officiel, peu importe l’abjection de leurs résultats (tant en morale éthique qu’en conséquences objectifs.) Des réseaux nouveaux venus d’Apprentis auront à se prouver infiniment supérieurs sur le champ, sinon périront-ils aux mains des « conservateurs » dilapidateurs.
Nous ne découvrirons pas de solutions à nos problèmes les pires, avant que des contribuables talentueux ne se rassemblent dans ces réseaux d’Apprentis. Première priorité : les réseaux eux-mêmes, comment mieux manier cette avalanche de nouvelles données.
À commencer depuis l’age le plus tendre, la plupart des Apprentis atteindront, dès la puberté, un niveau doctoral d'éducation sinon de multiples certificats équivalents ; bien qu’il n’y aura plus de « courses » chronométrées afin d’atteindre des buts particuliers dans un temps prédéfini. Ceux qui réussiraient mieux vers la fin de leur vie (comme moi), disposeront de tout leur temps nécessaire, aussi les Apprentis plus accélérés, moins. Pour la plupart, cela leur prendra le tiers du temps que prennent les élites d'info d’aujourd'hui.
« Le niveau doctoral, » voici une jauge simpliste de prouesse culturelle. La priorité d'âge et les tenures de faculté seront sans rapport dans ce système ; le privilège des pairs et l’approbation d’aînés, que des considérations décoratives. Des critères arbitraires de performance ne dicteront plus la sécurité financière ni ne restreindront-elles l’accès au réseau. Tout le monde méritera d’un Apprentissage accéléré et du repli de leur misère, sans se soucier de leur provenance, productivité ni recommandation.
Toutes les villes devraient diffuser une collection complète de vidéos de drame, de musique et d’art locaux. Il y aurait des vidéos de visites guidées à chacun de leurs magasins, musées et conventions en localité. Des instructions détaillées devraient décrire chaque habileté, passe-temps et industrie régionale. Des programmes intégraux scolaires, s'étendant des sujets élémentaires jusqu’aux cours des hautes écoles, devraient être disponibles localement en temps réel, à l’appel de n’importe qui pour son recensement à toute heure ; les équivalents d'autres villes, dans quelques moments supplémentaires. Tout ceci serait gratis, gratis, GRATIS ! Les profits indirects en seraient exponentiels.
Il est au lieu interdit d’auditer, d’enregistrer et d’émettre la plupart des classes et performances artistiques ! Ce contrôle absolu de l’information émane de quelques gratte-ciel à la mode, au lieu de chaque salle de séjour et cabine d'étude. Une poignée de centrales de télé, de studios de film et d’universités d'élite déterminent le contenu total de la culture populaire, assurant ainsi qu’elle soit totalement démunie d’esprit et d’à propos.
Ce vacarme en monologue nous assourdit sans rabais. Trop peu de conversations ne se croisent ni se modifient afin de clarifier notre réalité publique. Le petit nombre de maîtres médiatiques « au contrôle » agit comme des arpenteurs qui ont pour trop longtemps pointé leurs théodolites dans le soleil mercantile. Leurs erreurs éblouies de cartographie, publiées en millions d'épreuves identiquement fautives, ne réussissent qu’à nous égarer.
« Une fois rendu extrêmement riche, que ferais-tu ? Des recherchistes ont étudié un échantillon de ceux s’étant récemment enrichis et ont conclu que tu changerais probablement d’emploi afin d’apprendre ce que tu as toujours voulu apprendre, et te transformerais en un authentique expert dans ton nouveau domaine. » De Mike Mailway (pseudonyme pour LM Boyd), dans le journal Seattle Post Intelligencer, le 6 avril, 1992.
Ce que la plupart des gens accompliraient sitôt qu’une richesse rarissime leur sourit, notre civilisation devrait reproduire en série pour consommation universelle. Des économies d'échelle, mes enfants. En plus, chaque euro déboursé pour ce projet fort coûteux produira des multiples supplémentaires en forme de nouvelles découvertes. Nous n’avons qu’à patienter un peu plus longtemps, le long de cet arpent de route, pour entrevoir le monde paisible franchir l’horizon et nous souhaiter la bienvenue.
ENSUITE
TABLE DES MATIÈRES
ANTÉCÉDENT
APPRENTIS : De la terre en
armes au monde en paix
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(sous développement)