SOMMAIRE
D’APPRENTIS INTRO ET VOCABULAIRE
« Je me rendrai éclairé par égard à tous les êtres vivants. » Vœu bouddhique, pris du livre Par égard aux êtres vivants, de John M. Del Vecchio.
Les
inscriptions suivantes furent dressées sur des piliers en pierre, partout dans
l'empire Maurien en Inde depuis environ 264 à 233 AEC. C’étaient des aide-mémoire d'instructions
inscrites sur roche, du roi Asoka à ses fonctionnaires et sujets.
Je les ai soulevées et traduites du livre en anglais de B.G. Gokhale, Ashoka Maurya. À part quelques simplifications textuelles et de ponctuation, les seules modifications que j'ai effectuées ont été la manière dont le roi Asoka s'adresse lui-même dans ses rescrits. Asoka s’appelle parfois le prince, le roi, le roi Devanampiaya Piyadasi, Devanampiaya ou Piyadasi, ces derniers voulant dire « le bien-aimé des dieux » et « de mine bienveillante. » J'ai remplacé, par égard à la simplicité, touts ces expressions avec « le roi Asoka. »
Combien
de fois aurais-tu entendu parler de Hitler, de Gengis Khan, d’Alexander et
d’autres « Grands » bouchers de l’histoire ? Combien de fois te serais-tu rendu compte du
roi Asoka et de ses pairs moraux méconnus sans exception ?
Compare
les rescrits du roi Asoka avec nos déclarations politiques les plus
récentes. Constate le peu de progrès que
nous ayons fait. Compare ces rescrits
avec les beuglements de Hitler, de Staline et d’autres tyrans d’armes ayant
bénéficié de beaucoup plus de presse ; compare-les avec les parutions et
discours des gouvernements actuels. Des
états « primitifs » ont surpassé les nôtres, modernes, sur le plan
moral. Notre progrès est illusoire
quant à la moralité.
Tu
pourrais présumer qu'Asoka ne fut qu’un petit prince chouchoutant ses
excentricités parmi une poignée de sujets.
Au contraire, son empire couvrait la plus grande partie de l'Asie méridionale
et comprenait de nombreuses villes prospères, une massive armée et une
administration civile distinguée.
Si
le roi Asoka put consacrer son administration à l’éclaircissement, nous le
pouvons de même. Il ne s’agirait que de
lâcher toutes les voiles et hisser toutes les amarres simultanément, et
d’abandonner dans l'agitation de notre sillage des radeaux grouillant de
réactionnaires gueulant à forte voix. Ils changeront vite de propos, une
fois qu’ils verront combien mieux beurré serait leur tartine au monde
paisible. Très peu d'abstentionnistes ne
persisteront à hurler « Aux ravages ! » quand la plupart du
monde se mettra à chanter ensemble de la paix.
De ce cantique paisible que les Apprentis doivent psalmodier, Asoka
tailla en roche des versets élémentaires.
Aucun
besoin de poursuivre l’exacte ordonnance d'Asoka. Toutefois, là où il poursuivait tant
assidûment le chemin serré de la droiture, nous flânons dans les ronces et
lamentons notre sort injuste. Ses
tentatives héroïques d’atteindre la haute cime de la moralité n’étaient ni
utopiques, ni idéalisatrices, ni irréalisables—comme ces mots sont mal employés
ces jours-ci. L'exemple d'Asoka demeure magnifique et pratique ; il
sert comme modèle de conduite pour n'importe qui jouirait d’un peu de bon sens
et de fierté collective dans l’idéalisme.
Nous serions avisés de le reproduire en plus parfait.
Pour
tout ce que je sache, le règne d'Asoka eut pu être un tissu d'hypocrisie, de
contradictions et de mensonges meurtriers : le dogme officiel put prêcher
la paix tandis que la mentalité d’armes régnait parmi ses subalternes
ricaneurs. Ou pas. Ses rescrits ont dû être lus par ses
partisans, quoi qu’il en soit, et ont dû être obéis tant que cela leur fut
possible. Une seule bonté supplémentaire
et une nuisance de moins auraient valu toutes ses peines.
Nous
pourrions partager de meilleurs rescrits contenant moins de prohibitions
accablantes, et les obéir de notre mieux possible chaque fois que nous en
serions capables. Cela ne pourrait que nous
procurer du bien. Nous disposons de beaucoup plus de latitude qu’en ont
disposé les partisans d'Asoka. Au monde
en paix, les rémunérations d’une meilleure conduite devraient grossir comme une
déferlante boule de neige, financer et encourager encore de meilleurs de façon
exponentielle.
Si
Asoka l’eut réussi ; si, oui ou non, nous le réussissons aujourd'hui, cela
devrait nous sembler immatériel. Il
s’est évertué de façon héroïque – voici l’important – et nous devons l’imiter
avec encore plus d’entrain et d’héroïsme.
Maintenir le statu quo comme des médiocres, sinon pleurnicher sans le
transformer, voici le facile ; tendre le bras vers l’impossible, voila un
défi suprême, digne de notre génie.
En
comparaison, le christianisme, l’islam, l’hindouisme et d’autres militantismes
courants ne mettent en valeur que leur mentalité d’armes nuisible au progrès,
bien que tous retiennent d’équivalentes influences clés dans l'atteinte de la
paix.
Nous
devons tendre nos mains dans la superconscience collective, puiser de ce trésor
caché les meilleurs idéaux religieux et recommencer à tâtons de nous en
servir. Sitôt que le cerveau
transplanté de l'éléphant se renracinera dans sa tête d’envergure
planétaire, de nombreuses portes à la paix s’ouvriront pour nous ; chacune
d’elles plus avantageuse et renforçatrice—nous ramenant en une paix de plus en
plus profonde, comme dans un rêve.
Paul
Lackman s'est demandé ce qu’eut été l'opinion d'Asoka de la coutume hindoue du
sati. Les veuves pratiquantes de sati se
jetaient sur le bûcher funéraire de leur mari. D’autres depuis en ont été
« encouragées » par contrainte.
Asoka aurait désapprouvé d’autres habitudes que quelques Hindous et
leurs descendants contemporains Musulmans considèrent appropriées : telles
gestes que de brûler vives des nouvelles mariées pour avoir amené des dots
inadéquats et marquer à l'acide les corps de demoiselles indisponibles :
des infractions soi-disant « d'honneur. »
Par
correspondance privée, B.G. Gokhale a eu la gentillesse de m’informer que la
coutume de sati fut « probablement introduite par les Scythes qui
apparurent un jour dans l’histoire indienne, entre le deuxième et premier
siècle AEC. » Il m’a généreusement
permis d’inclure l’entièreté de son texte dans APPRENTIS.
Dans
des cultures autres que celles d'Asoka, l'habitude d'un tyran, de sacrifier ses
proches pendant sa cérémonie funéraire, aurait pu servir un but plus
pragmatique qu'hystérique. Après la mort d'un tyran, qu’un seul successeur
choisi et sa suite ne furent nécessaires.
Les autres serviteurs, concubines et enfants ne furent que des rivaux,
conspirateurs et assassins potentiels. Des
tyrans humains, des lions et apparemment des marsouins sont curieusement
semblables dans leur emploi de la violence linéale afin d'éliminer leurs rivaux
génétiques.
Cette
forme de rivalité peut toutefois être mise de côté en permanence, comme des
disputes lasses entre les partenaires d’un mauvais mariage trop longuement
enduré. De meilleures chansons paisibles
pourraient être chantées, de façon plus fréquente et pensive.
Mais
laissons à Asoka l’opportunité de nous raconter son histoire :
Inscription 1 : Ce rescrit sur la moralité a été commandé d’être écrit par le roi Asoka. Ici, aucun animal ne doit être tué ni offert en sacrifice. Aussi, aucune assemblée sociable ne doit être tenue. Parce que le roi Asoka voit de nombreuses bavures dans les assemblées sociables. Pourtant, quelques assemblées sont considérées bonnes par le roi Asoka. Autrefois, dans la cuisine du roi Asoka, des centaines de milliers d'animaux furent tués chaque jour pour le carry. Mais à présent, depuis que ce rescrit sur la moralité fut inscrit, seulement trois animaux sont tués pour le carry : deux paons et un cerf, et ce cerf pas toujours. Même ces trois animaux ne seront désormais plus tués.
Inscription 2 : Dans tous les territoires du roi Asoka, même sur les frontières et dans les territoires des Cholas, des Pandyas, des Satiyaputra, des Keralaputra, même jusqu'aux Tambraparni et partout ailleurs, aussi dans les domaines du roi grec Antiochos et de ses voisins, le roi Asoka s’est arrangé pour que deux genres de traitement, d'hommes et d’animaux, se réalisent. Pareillement, des herbes médicinales et salutaires aux hommes et aux animaux ont été apportées et plantées là où elles n'ont existé jadis. Aussi, des racines et des plantes fruitières ont été apportées et plantées là où elles n'existaient pas. Des puits ont été creusés et des arbres plantés sur les routes, pour l'usage des hommes et des animaux.
Inscription 3 : Le roi Asoka parle ainsi : Douze années après mon couronnement, voici ce que j'ai ordonné ! Partout dans mes territoires, (des fonctionnaires administratifs) embarqueront en visites d'inspection tous les cinq ans afin d'inculquer la moralité et d’autres travaux semblables. (Ils instruiront mes sujets que) l’obéissance au père et à la mère est excellente ; la libéralité envers amis, associés et parents, envers brahmanes et ascètes, est excellente ; excellente est l’abstention de la tuerie des animaux ; aussi l'abstention et le peu de possessions sont excellentes. Le conseil ordonnera aussi aux fonctionnaires de les remettre en vigueur, tant dans la lettre que dans l’esprit.
4 : Depuis longtemps auparavant, durant de nombreuses centaines d’années, se sont augmentées la tuerie sacrificatoire des animaux, la violence envers les créatures, la conduite des mauvais enfants, et celle impropre envers les brahmanes et ascètes. À présent, avec la pratique de moralité par le roi Asoka, le battement des tambours de guerre est devenu l’appel à la moralité. Comme n'est jamais advenu depuis de nombreux centenaires, au moyen du rescrit de la moralité publié par le roi Asoka, et d'expositions de châteaux célestes, d’éléphants, de colonnes de feu et d’autres formes célestes, tout aurait augmenté, à savoir : la non tuerie d'animaux pour but sacrificatoire, la non-violence envers les êtres, l’attention adéquate aux parents, celle adéquate aux brahmanes et ascètes, le bien-être de la mère et du père, le bien-être des âgés, et beaucoup d'autres sortes de comportements moraux : tous ont augmenté. Cela augmentera encore plus. Et les fils, les petits-fils et les arrières petits-fils du roi Asoka avanceront la pratique de la moralité jusque même la fin de l'univers, en se tenant droit dans la moralité et le caractère moral, et l’enseigneront. Voici, en effet, la meilleure des actions, à savoir, l’inculcation de la moralité. Pour ceux manquant de caractère moral, la pratique de la moralité n'est pas possible. D'où le bien, assurément, réside dans l'avancement de la moralité et la diminution de l’immoralité. À ce but, ceci a été commandé d’être écrit, que tout le monde s’exercera pour le progrès dans la moralité et non pour son amoindrissement. Ceci fut commandé d’être écrit par le roi Asoka depuis qu'il fut couronné il y a douze ans.
5 : Le roi Asoka parle ainsi : La bienveillance est difficile ; celui qui entreprend une bienveillance accomplit quelque chose de difficile. J'ai entrepris beaucoup de bienveillances. La bienveillance sera aussi pratiquée par mes fils, mes petits-fils et leurs descendants, jusqu’à la dissolution même de l'univers. Mais qui en néglige même une petite partie, celui-ci accomplit du mal. En effet est-il facile de commettre le péché.
Autrefois, au temps passé, il n'y eut pas de fonctionnaires de moralité. Depuis que je fus couronné il y a treize ans, j'ai nommé des fonctionnaires de moralité. Ils se sont engagés avec les dévots de toutes les croyances, pour l'établissement robuste de la moralité, pour son progrès, pour le bonheur, ci et ci-après, de ceux qui sont consacrés à la moralité. Ils sont employés parmi les Grecs, les Kambojas, les Gandharas, les Rachtrikas, les Petenikas et le peuple frontalier.
Ils sont employés parmi domestiques et maîtres, parmi les brahmanes, les dépourvus et les âgés, pour leur bien-être et bonheur, afin d'enlever d’embarras ceux consacrés à la moralité. Ils sont engagés à aider les incarcérés, prévenir le harcèlement et obtenir sursis pour ceux qui ont de grandes familles ou ont été accablés par la calamité, sinon sont vieux. Ici en Pataliputra et ailleurs, ils sont employés dans toutes les villes, dans tous les harems de mes frères et établissements de mes sœurs et d’autres parents. Ils sont employés parmi ceux consacrés à la moralité ou qui y sont établis, partout dans mes territoires. Pour ce but ce rescrit porteur de la moralité a été écrit, qu'elle puisse longtemps durer, et que mes sujets puissent la pratiquer.
6 : Le roi Asoka parle ainsi : Depuis longtemps auparavant, la dépêche rapide des affaires et leur reportage à tous moments n'ont pas duré. Ceci, j’ai fait. À tous moments – soit que je mange ou demeure dans les appartements des femmes, ou dans les chambres intérieures, ou dans l’enclos de bétail ou chevauchant, ou au jardin – partout sont plantés des reporters, qu’ils puissent m'informer des affaires du peuple. J’entreprends partout l'affaire du peuple. Quoi que je commande verbalement, qu'il s’agisse d’un cadeau ou d’une proclamation ou de ce qui est confié aux fonctionnaires, sinon chaque fois qu’il y ait une matière urgente en dispute ou une délibération au conseil, cette matière peut m’être vite reportée à tout endroit et instant. Ceci, je l'ai commandé. Je ne suis jamais trop satisfait des applications ni de la rapidité des affaires. Car je considère le bien-être du peuple comme mon devoir principal. Son fondement est l’effort et la dépêche rapide des affaires publiques. Il n'y a aucun autre travail plus important que le bien-être de toutes les gens. Et pourquoi ? Pour la décharge de ma dette au peuple, que je puisse rendre le bonheur à quelques-uns ici et gagner le ciel ensuite. Pour ce but ce rescrit sur la moralité a été écrit, qu'il puisse durer longtemps ; que mes fils, mes petits-fils et mes arrières petits-fils puissent s’exercer pour le bien-être du monde entier. Voici qui est d’une réalisation suprêmement difficile, sauf au moyen d’efforts ardus.
7 : Le roi Asoka désire que toutes les sectes puissent vivre partout. Toutes désirent de la retenue et de la pureté d'esprit. Mais les hommes sont de divers désirs et passions. Ils pratiqueront tous (les articles de leur foi) sinon une seule partie. Même pour un homme généreux, s'il n'a pas de retenue, de pureté d'esprit, de gratitude ni de fermeté dans la foi, il n'y a pas de grandeur.
8 : Depuis longtemps auparavant, les rois partirent en voyages d’agrément tels que la chasse et d’autres amusements. Mais depuis qu'il fut couronné il y a dix ans, le roi Asoka est allé en pèlerinage (à l'endroit) d'éclaircissement du Seigneur [Bouddha]. Sa ronde de piété comprit des visites chez des brahmanes et ascètes, de la charité et des visites chez les aînés (de l'ordre bouddhiste) et des cadeaux d'or, et des visites chez des gens de la campagne, de l’instruction dans la loi et dans la moralité et des enquêtes ce concernant. En effet, le plaisir en cela est grand à dépasser tous les autres.
9 : Le roi Asoka parle ainsi : Les gens accomplissent diverses et nombreuses cérémonies propices. Pour la maladie, ou le mariage de fils et de filles, soit pour le don d'un fils, soit pour (obtenir de la sécurité en) voyage ; pour celles-ci et d’autres choses, les gens accomplissent diverses cérémonies propices. Et là-dedans, les femmes et mères en particulier s'adonnent à des cérémonies inutiles et vides. Mais des cérémonies seraient accomplies quoique de petite valeur. Mais voici en effet une cérémonie très précieuse, à savoir : la cérémonie de la moralité. Elle comprend le propre traitement d’esclaves et de domestiques, le respect envers les enseignants, de la retenue envers les êtres vivants, des offrandes aux brahmanes et ascètes ; ces choses-là et beaucoup d’autres constituent la célébration de la moralité. Ainsi, maintenant, ceci doit être exprimé par un père ou un fils, ou un maître, ou un mari, ou un ami, ou une connaissance, ou par un voisin. Voici qui est bon ; voici la sorte de cérémonie qui doit être accomplie exprès.
Et ceci aussi a été dit : que la charité est bonne. Il n'y a aucune charité ni faveur (plus grande) que le don de la moralité et la faveur de la moralité. Et en cela devrait instruire un familier ou un ami, ou un parent, ou un compagnon : cela doit être accompli, c'est bon. Par cela le ciel peut être gagné. Qu’est-ce qui est plus digne d’être effectué pour l’accomplissement du paradis, que cela ?
10 : Le roi Asoka ne pense ni de la gloire ni la renommé comme étant importantes, mais de la renommé et la gloire qu’il pourrait acquérir si le peuple écoute et suit la loi de la moralité qu'il a enjoint. Pour cela seul, le roi Asoka souhaite de la gloire et renommé. Quel que soit l’effort qu'entreprend le roi Asoka, c'est uniquement pour l'au-delà. Et qu’est-ce ? Que tous puissent être sans tache. La tache, c’est le péché. En effet, voici qui est d’une réalisation difficile par le grand ou le petit, sauf au moyen d’efforts suprêmes et renonciation de toutes les possessions. Mais le sien est effectivement le plus difficile, pour celui de haut rang.
11 : Le roi Asoka parle ainsi : Il n'y a aucune offrande comme le don de la moralité, l’éloge de la moralité, le partage de la moralité et la parenté de la moralité. Ceci comprend le propre traitement d’esclaves et de domestiques ; l’adéquat soutien des mères et aïeux ; la libéralité envers amis, relations et parents, brahmanes et ascètes ; la non-tuerie d'êtres. Ceci devrait être adressé par le père à son fils, frère ou ami, à la relation, ou au parent, ou même par un voisin : Voici qui est bon, voici qui doit être réalisé. En agissant ainsi, il obtient ce monde et les prochains, et acquière un mérite infini, par ce don de la moralité.
12 : Le roi Asoka honore, avec des libéralités et diverses sortes d’honneurs, tous les sectaires et ceux qui ont renoncé la vie domiciliaire, aussi les propriétaires. Mais le roi Asoka n'évalue pas les cadeaux ou l’honneur en eux-mêmes. Pourquoi ? Parce que l’accroissement de l'essentiel doit avoir lieu dans toutes les sectes. Cet essentiel est de toutes sortes. Mais sa racine, c’est la retenue dans la parole. Pourquoi ? Il ne doit pas y avoir de glorification de sa propre secte ni dénonciation des sectes d'autrui pour petite raison sinon aucune. Car toutes les sectes sont dignes de vénération, pour une raison ou une autre. En agissant ainsi, l’on aide à cultiver sa propre secte et fait du bien à la secte d'autrui. Agir autrement, cela déprécie sa propre secte et rend du mal à la secte d’un autre. Celui qui glorifie sa secte et dénonce celle d'un autre, le fait à cause d'amour pour sa propre secte. Et pourquoi ? (Pour que) sa secte puisse briller davantage. Il rend malgré tout du mal à sa secte en agissant ainsi. L'harmonie est bonne. Pourquoi ? Pour que les gens puissent écouter la doctrine les uns des autres. Voici ce que souhaite le roi Asoka. Qu'est-ce que c’est ? [Que] tous les sectaires puissent être instruits dans la connaissance d'un autre, et bien se porter sur le chemin bienveillant. Ceux qui en prennent du plaisir, doivent parler ainsi. Le roi Asoka ne considère aucune libéralité ni honneur plus important que l'augmentation de l'essentiel dans toutes les sectes. À ce but sont engagés les fonctionnaires de moralité, et ceux en charge des femmes et gardiens de troupeau et d’autres groupes. Et voici son fruit : que sa secte fait du progrès et que la vérité morale soit illuminée.
13 : Huit ans après son couronnement, le roi Asoka conquit les Kalingas. Durant cela (cette conquête), cent et cinquante mille personnes furent déportées, cent mille furent tuées ou estropiées, et maints multiples de ce nombre ont succombé. Par la suite, avec la conquête de Kalinga, le roi Asoka (a adopté) la pratique de la moralité, l’amour de la moralité et l’inculcation de la moralité. Car le remords est survenu au roi Asoka, quant à la conquête de Kalinga. Car, quand un pays insoumis est conquit, il y a lieu telles choses que la tuerie, la mort et la déportation des gens, et celles-là sont considérées très douloureuses et graves par le roi Asoka. Des brahmanes et ascètes vivent partout, ainsi que des dévots d'autres sectes et des propriétaires pratiquant des vertus telles que le maintien de la mère et du père, le service aux aïeux, le propre traitement d'amis, de parents, de familiers et d’apparentés et d’esclaves et de domestiques, et la fermeté dans le dévouement au devoir. Ils souffrent aussi de la blessure (de séparation de leurs bien-aimés), de la tuerie et la déportation de proches. Et pour ceux dont l'amour reste indemne, leurs amis, proches et parents souffrent de la calamité. Et c'est là une blessure envers eux. Cet embarras d'hommes est considéré grave par le roi Asoka. En dehors du territoire des Grecs, il n'y a aucune terre où sont introuvables des communautés de brahmanes et d’ascètes ni n’existe-t-il aucun pays où les hommes ne retiennent de la foi en une secte ou une autre.
Or, quel que soit le nombre d'hommes ainsi tués ou blessés et qui soient décédés et furent déportés durant l'annexion de Kalinga, même la centième ou la millième partie serait considérée grave par le roi Asoka. En outre, quiconque fait du mal, cette personne doit être endurée ou pardonnée. Aux gens de la forêt qui vivent dans les territoires royaux du roi Asoka, il peut leur être signalé que le roi, plein de remords comme il l’est, retient la capacité de punir les malfaiteurs qui ne se repentent point. Car le roi Asoka désire que tous les êtres soient sûrs, retenus, doux et de pensée tranquille.
Le roi Asoka considère souveraine la victoire de la moralité. Et cette victoire fut accomplie par le roi Asoka, jusqu'à la limite de toutes ses frontières, même à une distance de six cents yjanas, là où gouverne le roi grec Antiochos, et au-delà de son royaume dans les territoires des quatre rois : Ptolémée, Antigonos, Mage et Alexandre ; vers le sud dans les territoires des Cholas et des Pandyas a-t-il appelé, même jusqu'à Tamraparni. Ainsi de même, dans les domaines royaux où vivent les Grecs, les Kambojas, les Nabhaks, les Nabhapantis, les Bhojas, les Pitinikas, les Andhras et les Paridas, les gens suivent partout l'instruction dans la moralité du roi Asoka. Et partout où sont allés les ambassadeurs du roi Asoka, là aussi les gens entendent parler de ses démarches morales, de son enseignement et de ses instructions dans la moralité, et suivent la moralité et la réaliseront.
Tout ce qui fut gagné par cette victoire de la moralité, fut agréable. Ce bonheur a été obtenu au moyen de la victoire de la moralité ; même cela n’est pourtant pas éminent pour le roi Asoka, autant que le gain du prochain monde. À ce but ce rescrit sur la moralité a été écrit, que mes fils et petits-fils doivent cesser de penser de nouvelles conquêtes et que, dans toutes les victoires qu’ils puissent gagner, devront-ils se satisfaire de l’abstention et des punitions légères. Pour eux, la vraie conquête doit être celle de la moralité ; toute leur joie doit être celle dans la moralité, qu’il s’agisse de bénéfices dans ce monde et aussi dans celui à venir.
14 : Ce rescrit sur la moralité a été commandé d’être écrit par le roi Asoka. Quelques-uns sont brefs, quelques autres à mi-longs et d’autre(s) volumineux. L’intégralité n'a pas été rendue partout. Car mes territoires sont vastes, sur lesquels beaucoup a été commandé d’être écrit et sera écrit. Mais une partie a été répétée de nombreuses fois, à cause même de sa douceur, afin que les gens puissent la suivre. Ailleurs aurait-elle pu être écrite incorrectement, à cause de l'incomplétude, par manque d'espace ou par dégât lapidant, sinon par erreur du scribe.
Rescrit sur pierre séparée 1 : Les princes et hauts fonctionnaires de Tosali doivent être adressés ainsi, par ordre du roi Asoka. Quoi que j’aperçoive, voici ce que je désire d’être effectué au moyen approprié. Quant à ceci, je tiens à ce que mon instruction envers vous soit l’instrument principal, car vous êtes désignés par-dessus des milliers d'êtres humains, dans l'attente que vous gagnerez l'affection de tous les hommes. Tous les hommes sont mes enfants. Ainsi que je désire que mes enfants se portent bien et soient heureux dans ce monde et les prochains, je désire la même chose pour tous les hommes... Vous pourriez ne pas comprendre entièrement ce que tout cela veut dire. Quelques individus pourraient le comprendre, mais d’autres ne le pourront qu’en partie et pas tout a fait. Vous devez vous assurer de ceci : que cette politique soit bien appliquée. Il peut y avoir quelques-uns subissant l'emprisonnement ou la torture, et dans quelques cas, l'emprisonnement sans procès, ce qui produit de la souffrance et du chagrin. À propos, vous devez suivre la voie de la modération quant à la justice. Mais il se pourrait ne pas y avoir de succès, à cause de certaines taches mentales telles que la jalousie, la perte d’équilibre, la dureté, l’impatience, le manque d'application, la paresse et la lassitude. Pourtant devez-vous vous assurer que vous ne vous afficherez pas de ces souillures. La base de cette matière intégrale se situe dans la prévenance du déséquilibre et de la hâte dans la mise en oeuvre de principes. Quant à celui paresseux, il sera incertain qu’il s'applique. Mais vous devez agir et prendre de l’avant dans vos devoirs officiels. Vous devez vous en assurer. Et afin d’en être capables, vous devez être dits : acquittez-vous ainsi de votre dette, le roi Asoka vous le conseille. L'acquiescement dans ces directives sera très fructueuse, le non-respect, malfaisant. Le non-respect n’obtiendra ni le monde prochain ni service au roi. Et pourquoi est-ce que je l'accentue tant ? Parce que votre acquiescement vous gagnera le prochain monde et que vous vous acquitterez ainsi de votre dette envers moi.
Cette proclamation doit être lue durant les jours de la constellation Tishya et dans l'intervalle entre les jours de Tishya ; aussi peut-elle être lue à haute voix, même à une personne toute seule. En agissant ainsi obéirez-vous à mes directives. Cette édicte fut inscrite pour ce but : que les fonctionnaires urbains puissent s'exercer toujours, qu'aucune personne ne soit emprisonnée ni torturée sans procès dû. Afin de m’en assurer, j’enverrai en visites quinquennales d'inspection des hauts fonctionnaires qui ne sont ni sévères ni courroucés et qui sont efficaces et honnêtes dans toutes leurs actions, car ils sauront mes intentions et agiront selon elles. Toutefois, le prince à Ujjayini enverra-t-il au-dehors de semblables équipes d’inspection toutes les trois années. Cela tient autant pour les Takshashilas. Durant leurs visites de devoir, ces hauts fonctionnaires accompliront leurs fonctions en retenant mes directives.
Rescrit sur pierre séparée 2 : (Le début de ce texte ressemble au rescrit sur pierre séparée 1)... Les insubordonnées du peuple frontalier peuvent se demander, qu’est-ce que le roi conçoit pour eux. Pourtant, mon désir envers eux, c’est qu'ils devraient comprendre que le roi leur pardonnera autant qu’il lui sera possible de pardonner. Pour moi, ils devraient pratiquer la loi de la moralité et gagner ce monde et celui d’ensuite. Afin de [permettre] à cela, je vous l’instruis. Voici la manière de vous faire comprendre ma volonté, ma résolution et ma promesse, et d’acquitter ma dette au peuple. Vous devez agir ainsi. Le peuple doit être assuré au point qu'il puisse penser que le roi est pour nous comme un père, il ressent la même chose pour nous qu’il ressent pour lui-même, car nous sommes envers lui comme ses enfants. Ma résolution est immuable et aussi ma promesse, et je vous ordonne ma volonté et mes directives. Mes messagers et fonctionnaires spéciaux seront bientôt en contact avec vous. Car vous êtes capables d'assurer le peuple frontalier et d’assurer leur bien-être dans ce monde et celui d’ensuite. Agissant ainsi, vous gagnerez le prochain monde et vous vous acquitterez de votre dette envers moi. Pour ce but cette édicte fut commandée d’être écrite, que mes hauts fonctionnaires puissent toujours prendre part, dans tout l’avenir, à inspirer le peuple frontalier et leur faire avancer dans la loi de la moralité. Ceci doit être proclamé par récitation, le jour de Tishya durant toutes saisons et mois, et aussi durant les intervalles. Durant des conjonctures spéciales, il peut être récité même à une seule personne. En agissant ainsi conformerez-vous à mes directives.
Rescrit sur pierre mineure 1 : De Suvarnagiri, par ordre du prince et des hauts fonctionnaires : les hauts fonctionnaires d'Isila doivent être souhaités du bien et adressés comme de suite. Depuis plus de deux ans et demi que je me suis rendu en adepte laïque, je ne me suis pas exercé de façon énergique. Mais pour plus d’un an, depuis que je me suis approché à l'ordre, me suis-je exercé vigoureusement. Au demeurant, les hommes en Jambudvipa, qui étaient écartés des dieux, s’en sont à présent unis. Ceci doit assurément être le résultat d'application. Et ce pourrait être accompli non seulement par les grands. Car même un homme plus petit peut accéder au grand ciel par ses efforts. Pour ce but ce message a été proclamé : que puissent autant s’exercer les grands que les petits, que même les peuples frontaliers puissent le connaître et que ce grand effort puisse longtemps durer. Cela augmentera et s’augmentera par au moins une fois et demi.
Et afin [d’atteindre] ce but, ceci doit être écrit sur des pierres. Cela doit être répandu dans toute votre juridiction. Cette proclamation, je l'ai faite pendant une randonnée de 256 nuits.
Rescrit sur pierre mineure 2 : Le roi Asoka parle ainsi : Le respect dû doit être présenté à la mère et au père, également aux aïeux ; la considération adéquate des êtres vivants doit être fermement établie ; la vérité doit être dite. Ces valeurs de moralité doivent être proposées : les élèves doivent honorer les enseignants, les parents doivent être bien estimés. Voici une loi de longue date ; cela doit être pratiquée. Inscrit par le scribe Chapada.
Inscription de Bairat en pierre : Asoka, le roi Magadan, salut l’ordre (Bouddhique) et leur souhaite bonne santé et réconfort.
Messieurs, vous êtes avisés de ma vénération et de ma foi dans le Bouddha, le Dhamma et la Sangha. Tout ce qui a été dit par le Seigneur Bouddha a été bien dit. Cependant, Messieurs les révérends, il me vient à l'esprit que la bonne doctrine peut longtemps durer si les passages suivants de bonne doctrine puissent surtout être signalés, c'est-à-dire : Le Vinaya glorifié, les pouvoirs de l'élu, les dangers de l’inconnu, la chanson du sage, le discours sur la solitude, la question d'Upatishya, le conseil articulé par le seigneur Bouddha à Rahula sur le mensonge. Je désire que beaucoup de moines et religieuses puissent les écouter et en méditer, ainsi que le doivent les adeptes laïques mâles et femelles. A ce but, Messieurs, je le fais écrire, afin que le peuple puisse connaître mes vœux.
Inscriptions de la Caverne dans la Colline Barabar : Depuis qu'il fut couronné il y a douze ans, le roi Asoka a donné aux Ajivikas cette cave de banyan.
Depuis qu'il fut couronné il y a douze ans, le roi Asoka a donné aux Ajivikas cette caverne dans la montagne de Khalatika.
Depuis qu'il fut couronné il y a dix-neuf ans, le roi Asoka déclare : « J'ai donné cette caverne dans la montagne très agréable de Khalatika. »
Édicte Samchi-Sarnath-Kaushambi : Aux hauts fonctionnaires (de Pataliputra et de Kaushambi), voici le commandement du roi Asoka. « J'ai unifié l'ordre. Personne, ni moine ni religieuse, ne fendra l'ordre. Quiconque, moine ou religieuse, induit un schisme dans l'ordre, sera mis à porter des vêtements blancs et expulsé de la congrégation. » Cet ordre doit être proclamé à l'ordre des moines et des religieuses. Le roi Asoka parle ainsi : Un tel ordre doit être affiché sur les routes dans votre juridiction. Une copie doit être rendue disponible aux adeptes laïques. Les jours de jeûne, les adeptes laïques doivent se familiariser avec cet ordre. Dans votre juridiction, vous devez expulser le schismatique. Ainsi devez-vous vous assurer de son expulsion dans tous les forts et districts, conformément à cet ordre.
Voici mon désire : que pendant la durée de mes fils et de mes petits-fils, pour autant que dureront le soleil et la lune, l'Ordre [bouddhique] puisse vivre complètement uni.
Inscription de Kandahar (version grecque) : Dix années après son couronnement, le roi Asoka a instruit les gens dans la moralité. Il entreprit ensuite que les gens pratiquent encore plus de moralité.
Il y a de la prospérité dans le monde entier.
Le roi s'abstient de la violence contre les êtres vivants, comme le font les autres, et même les chasseurs et pêcheurs s'abstiennent de tuer.
Ceux qui ont été débridés ont pratiqué de la retenue tant qu’il leur fut possible.
L’obéissance aux mères et aux pères et aux aînés menait auparavant à une meilleure vie, et le fera dans l’avenir, avec la pratique des règles ci-dessus données.
Inscription de Kandahar (version Aramide) : Dix ans après son couronnement, le roi Asoka commença à suivre le vrai modèle de la vie. Ensuite, le mal diminua pour tous les hommes et la malchance disparut, dû aux efforts du roi.
Il y eut la paix et le bonheur dans le monde entier. Et voici qui s'est aussi bien passé, à savoir : les quelques animaux qui furent tués jadis pour la nourriture royale n'ont plus été tués, et même les pêcheurs ont été enjoints à cesser de pêcher.
Ceux qui étaient débridés pratiquent à présent la retenue. Il y a de l'obéissance aux mères, et pères et aïeux, comme décrété, et tous ceux qui se sont consacrés à la moralité vivent en confiance.
Tout ceci a bénéficié tous les hommes et le fera dans l’avenir.
Pilier d’inscription de Rummindie : Ici a adoré le roi Asoka quand il fut couronné il y a vingt ans, car ici fut né le Bouddha, le sage des Shakyas. L’effigie d'un éléphant et un pilier en pierre ont été installés. Et parce que le Béni fut né ici, le village de Lumbini a été exempté d'impôts et pris de prospérité.
Pilier d’inscription de Nigali Sager : Depuis qu'il fut couronné il y a quatorze ans, le roi Asoka a agrandi pour la deuxième fois le stupa du précédent Bouddha de Konagamana. Et vingt ans après qu'il fut couronné, il est lui-même venu ici afin d'offrir son adoration et installer un pilier en pierre.
Le prescrit de la reine : Par ordre du roi Asoka, les hauts fonctionnaires doivent être partout adressés ainsi : Quel que soit le cadeau donné par la deuxième reine, à savoir : un bosquet de mangue, un jardin, ou une loge d’aumône ou tout autre chose, celui-ci doit être considéré comme son cadeau. Ceux-ci doivent être estimés comme des cadeaux de la deuxième reine Kuruvaki, la mère de Tivara.
L'édicte du pilier 1 : Le roi Asoka parle ainsi : Ce rescrit sur la moralité a été recommandé d’être écrit par moi depuis que je fus couronné il y a vingt-six ans. Le bonheur, dans ce monde et dans le prochain, voici qui est d’atteinte difficile sauf au moyen d’un extrême dévouement à la moralité, d’introspection aigue, d’obéissance intégrale, de frayeur du mal et de grand effort. À présent, à cause de mon instruction, cette confiance dans la moralité et dans son dévouement a augmenté de façon quotidienne et continuera à augmenter. Pour autant, mes fonctionnaires – tant les plus grands, les moyens et ceux de rang inférieur – doivent suivre mon instruction et le pratiquer afin d’encourager autant qu'ils le peuvent les faibles et les hésitants. Ainsi doivent agir les hauts fonctionnaires des frontières. Et ceci doit être la norme de conduite : que cette administration doit se conformer à la moralité, que la législation doit être d'après la moralité, qui seule peut rendre les gens heureux d'après la moralité et leur protéger d'après la loi de la moralité.
Édicte du pilier 2 : Le roi Asoka parle ainsi : La moralité est bonne. Mais quelle est la moralité ? Peu de taches, beaucoup de mérite ; compassion, libéralité, vérité et pureté. Parmi mes cadeaux il y en a de toutes sortes, car j'ai donné le cadeau des yeux (de la vérité) et j'ai conféré de nombreuses bontés semblables aux bipèdes et quadrupèdes, même aux oiseaux et aux créatures vivant sous les eaux, jusqu’à l'ampleur du don de la vie. Et j'ai réalisé d'autres sortes d’actions bienveillantes. Pour ce but ce rescrit sur la moralité a été commandé d’être écrit, qu'il puisse être accompli et longtemps durer. Celui qui l’accomplit fait du bien.
Édicte du pilier 3 : Le roi Asoka parle ainsi : L’on ne voit que des bonnes actions ; j'ai accompli cette bonne action. On ne voit pas le mal ; j'ai accompli ce mal sinon que c’est une tache. Celles-là sont difficiles à remarquer. Mais l’on doit le discerner : que la colère, le caractère impitoyable, le courroux, la fierté, la jalousie : que tous ceux-là résultent dans le mal. Que ceux-ci ne puissent jamais susciter ma dégradation ! Et voici surtout ce qui doit être perçu, que cela m’est salutaire dans ce monde comme dans les prochains.
Édicte du pilier 4 : Le roi Asoka parle ainsi : Depuis que je fus couronné il y a vingt-six ans, j'ai commandé ce rescrit sur la moralité d’être écrit. Mes fonctionnaires sont nominés (à gouverner) par dessus de nombreuses centaines de milliers de gens. Je leur ai donné la liberté de juger des cas et d’infliger des punitions. Pourquoi ? Parce que ces fonctionnaires doivent fonctionner sans crainte et avec confiance, et s'efforcer d'assurer le bien-être et le bonheur des peuples en ville et des gens de la campagne, pour qu'ils puissent se montrer favorables aux gens et comprendre ce qui leur a causé le bonheur ou la souffrance. Et ils instruiront des principes de la moralité aux gens en ville et dans la campagne, afin que le salut puisse leur être assuré ici et dans l’au-delà. Ces fonctionnaires sont fervents de me servir et instruiront leurs agents quant à mes intentions. Et ils informeront les fonctionnaires quant aux moyens dont ceux-ci peuvent agir afin de me plaire. Car, ainsi qu’un homme se dit, tout en donnant son enfant aux soins d'une nourrice adroite, « Cette nourrice adroite sera assez active pour assurer le bonheur de mon enfant ; » ainsi de même, les fonctionnaires furent nommés afin d'assurer le bien-être et le bonheur des gens de la campagne, dans l'attente qu'ils puissent exécuter leurs fonctions sans crainte, avec confiance, tranquillement et sans distraction. À ce but ai-je accordé ma liberté aux fonctionnaires de juger des cas et d’infliger des punitions.
D’autant est désirable. Et qu’est-ce ? L’égalité dans les procédures judiciaires et l’égalité dans les amendes. Et désormais, voici ma règle : qu'à ceux qui seront [mis] en prison ou qui seront condamnés à mort, qu’une grâce de trois jours leur soit accordée par moi. Car, pendant ce temps, leurs parents conseilleront vivement de considérer la possibilité d'épargner leur vie, sinon, au cas où il n'y aurait personne pour l’entreprendre, alors méditer, donner de la charité sinon entamer des actes de jeûne pour la vie prochaine. Car voici mon désir : que même durant ce bref délai, ils puissent ainsi servir au prochain monde, et que parmi les gens, plusieurs genres d'enseignement dans la moralité puissent augmenter en esprit, en retenue et en distributions de charité.
Édicte du pilier 5 : Le roi Asoka parle ainsi : Depuis que je fus couronné il y a vingt-six ans, j'ai rendu inviolable des espèces, c'est-à-dire : les perroquets, les étourneaux, les arunas, les canards brahmane, les oies sauvages, les nandimukhas, les gelatas, les chauves-souris, les fourmis de la reine, les tortues d'eau douce, les poissons sans os, les vedaveyakas, les gangapuputakas, les patins, les tortues, les écureuils, les cerfs borasting, les taureaux brahmane, les rhinocéros, les pigeons blancs, les pigeons communs, touts les quadrupèdes n’étant ni de trait ni mangés. De même sont inviolables les biques, les agnelles et les truies, d’autant jeunes qu'allaitant ; les jeunes de six mois ne seront non plus tués. Les coqs ne doivent pas être rendus en capons. Des cosses comportant des êtres vivants ne doivent pas être brûlées. Les forêts ne doivent pas être brûlées par simple malice ni pour détruire des êtres y vivant. La vie ne doit pas se nourrir de la vie. Les trois jours saisonniers de la pleine lune et les jours de la pleine lune du mois de Tishya, pour trois jours durant, c'est-à-dire, les quatorzièmes et quinzièmes jours de la première moitié du mois lunaire et le premier jour de la seconde moitié du mois lunaire, ainsi que les jours rapides le long de l'année entière, les poissons ne devront être tués ni vendus. Durant ces jours, dans les forêts d’éléphants et les étangs aux poissons, aucune autre espèce d’animal ne doit être détruite.
Le huitième, le quatorzième et le quinzième jour durant chaque quinzaine, autant que durant les Tishya et les jours de Punarvasu, aucun taureau ne doit être castré, ni chèvres, ni béliers, ni sangliers ni d’autres animaux ne doivent être castrés.
Les Tishya et les jours de Punarvasu, les jours saisonniers de pleine lune et durant des lunes pleines saisonnières, les chevaux et bétails ne doivent pas être marqués. Depuis que je fus couronné il y a vingt-six années, j'ai accordé vingt-cinq sursis de prison.
Édicte du pilier 6 : Le roi Asoka parle ainsi : Depuis que je fus couronné il y a vingt-deux années, j'ai commandé des rescrits sur la moralité d’être écrits afin de réaliser le bien-être et le bonheur au monde, afin que l'abandon du vieux chemin puisse mener à l'avancement dans la moralité. Ce que je désire, c’est le bien-être et le bonheur du monde entier. À savoir, je pourrai accomplir le bonheur et le bien-être de quelques-uns de mes parents et de personnes proches et distantes pour lesquels je pourrai donc leur fournir. C’est de cette même manière que je considère toutes les communautés. J'ai honoré toutes les sectes par des actes divers d'adoration. Mais voici la chose principale, à savoir, l’attention particulière aux besoins des gens. Depuis que je fus couronné il y a vingt-six ans, j'ai commandé ce rescrit sur la moralité d'être écrit.
Édicte du pilier 7 : Le roi Asoka parle ainsi : Aux temps passés, des rois souhaitèrent de cette manière : Comment devons-nous faire progresser les gens dans la moralité ? Mais les gens n'ont pas progressé convenablement dans la moralité. Mais comment le peuple peut-il être encouragé d’agir afin qu'il puisse progresser dans la moralité ? Sur quel chemin puis-je aider au moins quelques-uns à progresser dans la moralité ? À ce sujet, le roi Asoka dit ceci. « Voici qui m'est venu à l'esprit. Je ferai proclamer la proclamation de la moralité, susciterai cette instruction d’être rendue dans la moralité, afin que le peuple puisse la pratiquer et s’avancer au-dedans, et que la loi de la moralité grandisse ainsi puissamment. »
A ce but, des proclamations de moralité ont été rendues et diverses directives dans la moralité ont été ordonnées, afin que mes agents nominés pour gouverner la multitude des gens, puissent exposer et étaler mes enseignements. Aussi mes fonctionnaires ont été installés partout par-dessus de nombreuses centaines de milliers d'hommes ; ils ont donc été commandés par moi : Instruisez-la et les gens (seront) de ce fait dévouées à la moralité.
Le roi Asoka parle ainsi : Avec cette même intention ai-je installé des monuments à la moralité, attitré des fonctionnaires de moralité et effectué des proclamations de moralité.
Le roi Asoka parle ainsi : Des arbres de banian ont été plantés le long des routes afin qu'ils puissent offrir de l'ombre aux hommes et aux animaux, des bosquets de mangue ont été plantés, des puits ont été creusés à chaque intervalle d’une kos et demie, des places de pose ont été installées, des abreuvoirs ont été établies pour le bien-être des hommes et animaux. Mais la joie en cela fut en effet légère. Bien des fois, les rois du passé ont essayé, comme moi, de consoler le monde. Je l'ai réalisé avec le désir qu'ils puissent pratiquer la moralité.
Le roi Asoka parle ainsi : Mes fonctionnaires de moralité ont entrepris des actes de bienveillance royale par voies diverses. Ils se sont engagés parmi ceux qui ont renoncé ce monde autant qu’aux propriétaires et à toutes les sectes. Je leur ai ordonné de prendre part au bien-être de l'ordre, à celui des brahmanes, des Ajivikas, des Nigranthas et d’autres sectes.
Ces hauts fonctionnaires entreprendront leurs devoirs divers et respectifs, tandis que des fonctionnaires dans la moralité seront engagés en particulier parmi toutes les dénominations, en plus de leurs autres devoirs.
Le roi Asoka parle ainsi : Ceux-ci et beaucoup d'autres fonctionnaires prennent part dans la distribution de la charité royale à mon compte, autant qu’à celui de la reine, et dans toutes les maisons royales, ici comme aux provinces, pour dispenser de ce fait la charité de mes fils et d’autres princes, ainsi que pour encourager des actes de mérite et d’instruction dans la moralité, afin que la compassion, la générosité, la vérité, la bienveillance et la bonté puissent progresser dans l’espèce humaine.
Le roi Asoka parle ainsi : Quel que soit le bien que j'ai entrepris, je l’ai entrepris pour le progrès et le bien-être du monde. Par ceux-ci des vertus grandiront, à savoir : l’appui adéquat de la mère et du père, la considération pour les précepteurs et aînés, l’adéquat traitement des brahmanes et ascètes, du pauvre qui serait dépourvu, des esclaves et des domestiques.
Le roi Asoka parle ainsi : Les hommes ont été permis de progresser dans la moralité par deux voies, à savoir : par des règlements moraux et par la persuasion. Mais les règlements sont de petite efficacité alors que la persuasion est d'une efficacité supérieure.
J'ai rendu divers règlements de moralité, tels que de déclarer inviolable des classes d'êtres et beaucoup d'autres genres de règlements moraux que j’ai promulgués. Par persuasion, j'ai accompli de l'augmentation dans la moralité parmi les hommes, au moyen de la non-violence et la non-tuerie des créatures. Ce fut accompli pour ce but, à savoir : dans le temps de mes fils et petits-fils, même pour autant que dureront le soleil et la lune, voici qui sera pratiqué. En le pratiquant, ce monde et les prochains pourront être obtenus. Depuis que je fus couronné il y a vingt-sept ans, j'ai commandé ce rescrit sur la moralité d’être écrit.
Le roi Asoka parle ainsi : Là où il y a des piliers ou des blocs en pierre, là ces rescrits sur la moralité doivent être inscrites, afin qu'elles puissent longtemps durer.
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De la terre en armes au monde en paix
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