SOMMAIRE
D’APPRENTIS INTRO ET
VOCABULAIRE
« Et il se pourrait qu’un grand jour adviendra, quand un peuple renommé en guerre et en victoire par la démonstration culminante de ses aménagements et renseignements militaires, puis habitué à en rendre les plus considérables sacrifices, s'exclamera consciemment, « Nous romprons l'épée en morceaux ! » et démolira l’entièreté de sa machine armée jusqu'à ses ultimes fondements. De se désarmer tout en étant le mieux armé, comme expression de sentiments élevés, voici le moyen d’atteindre une paix incontestable qui doit toujours dépendre de son penchant pour la paix, alors que la soi-disant « paix armée » telle qu’elle se parade de nos jours dans toutes les nations, est un penchant pour l’hostilité qui n’a aucune confiance ni en soi-même ni en son voisin et qui, en partie par haine et en partie par crainte, refuse de poser ses armes. » Friedrich Wilhelm Nietzsche, traduit de http://bartleby.com/66/83/42183.html
Les États-Unis doivent être pourvus d’un signe croissant de Gémeaux, tant dualistes sont-ils. L'Amérique est à la fois clémente et oppressive, utilitaire et mythique, authentique et frauduleuse, flegmatique mais profondément névrosée, égalitaire et hiérarchique, amante de paix la mais chauvine, et brillante pour autant désespérément lassante.
Ce pourrait bien avoir à voir avec le contraste que note le professeur Allen C. Cuelzo, lors de sa présentation, « The American Mind (L’esprit Américain) » enregistrée par The Teaching Company, http://www.teach12.com. Selon lui, l’esprit américain est fendu entre l’intellect et la volonté, entre la raison et l’action.
Quelle habitude te semble la plus effarante : manquer d’agir à temps sinon de considérer les conséquences ? Aurais-tu plus peur de ta paralysie d’analyse, que de tes résultats inattendus ?
Ta réponse te caserait dans l’une des deux catégories d’Américains. D’un coté, des gens comme George W. Bush et ses partisans qui se précipitent là ou les anges hésiteraient de prendre le pas en avant, menés par la foi, l’instinct, le dogme ou quelque autre sottise ; et leurs antagonistes directes, les soi-disant « activistes progressistes pour la paix » qui n’ont aucune idée de ce qu’ils font et qui se fichent pas mal de la perpétuité de leur débâcle. De l’autre, ceux comme John Kerry, Bill Clinton et leurs supporters, qui n’ont jamais découvert d’idée qu’ils n’ont pu disséquer jusque dimanche prochain, sans rien faire entre-temps ; et ceux, comme moi et mes compagnons idéologues, enfouis dans nos chambres d’étude.
Chaque groupe s’indigne de l’intrusion et des faillites de l’autre ; chacun souhaite monopoliser les sources de pouvoir. L’équilibre politique entre ces deux tendances doit être minutieuse ; la péremption totale, par l’une ou l’autre, pourrait être fatale.
L’Amérique est en contradiction permanente avec elle-même. Le changement et la tradition y sont également appréciés. Les meilleurs et les pires éléments d'art et de bon goût sont fabriqués en quantités prodigues, bien estimés, puis jetés de côté comme des ordures. Les plaines fructueuses de l'Amérique la Belle soutiennent sans doute les meilleures récoltes sur terre. Malgré tout, autant chez nous qu’à l'étranger, nous minons le sol jusqu’à l'abus, empoisonnons les cultives, stérilisons les pêches, abusons des animaux de ferme et ruinons des fermiers familiaux. Ainsi activons-nous plupart de cette abondance en une boue toxique n’étant bonne qu’à engloutir, brûler puis poser sur nos campagnes en couches incrustées d'ordures solides, liquides et gazeuses.
Un flâneur à travers n’importe quelle voisinage urbain en Amérique cheminera comme si au fond d’une énorme poubelle presque vide : les détritus déprimants lui seront immanquables.
La loi américaine simule la justice en crises sporadiques, selon la richesse et notoriété des accusés. L'équité sous de fortes cours, voici la lettre de la loi ; la promotion narcissique au moyen d’une compétition vicieuse, s'en est l’esprit. Quand un pauvre gars se trouve emparé par l’empire de prison que gèrent les réactionnaires à leur profit, voici sa chute libre en enfer sur terre, soit son innocence ou culpabilité. Les assises fournissent d’éminentes sinécures pour un grand nombre de réactionnaires furtifs et monstres de contrôle (control freaks), et de humbles postes de guet pour quelques génies brillants—du moins aux niveaux inférieurs, là où le congrès des USA, infailliblement réactionnaire, ne peut trop s’en mêler.
Quand les tours jumelles sont tombées en démolition contrôlée, la première chose dont s’est assuré le Congrès américain, c’est que les familles de victimes de haut revenu recevraient beaucoup plus de compensation que ceux d’un revenu moindre. Je n’arrive pas à trouver une meilleure illustration des bavures routinières de ce Congrès, bien qu’il y en ait tant d’autres. Par exemple, pourquoi n’a-t-il pas investigué ceux qui aurait contrôlé cette démolition ?
D’innombrables pousses pimpantes d’idéalisme germent, ci et là, dans un terrain mental clos d'hypocrisie, d’avidité et de fermeture d’esprit. Des Américains ont défendu la liberté et l’esclavage, le pouvoir public et la tyrannie, avec sincérité et férocité égales. Les progressistes et libéraux américains maintiennent l’illusion de l’harmonie envers leurs confrères de tendances conservateur et réactionnaire, en consentant à se désaccorder quant à leurs définitions fondamentales de la démocratie.
Des politiciens orthodoxes et pontifes médiatiques se vantent des sacralités du vote et de la « démocratie représentative. » Toutefois, des scrutins de vote sont mal comptés par millions, surtout dans la Dixiecratie méridionale. Des scandales récents de vote, en Floride et Ohio, ne sont que le bout d’un iceberg de crypto racisme méridionale qui diffuse son froid vers le Nord.
Personne ne se tracasse du fait que les électeurs américains constituent une minorité athénienne, entourée d’une majorité d'esclaves idiots, ni qu'aucune tyrannie grecque ne fut jamais gérée par une telle minorité oppressive et minuscule que nos maîtres d'esclaves de corporation et leur police de pensée.
Tant que les sujets de passion des Apprentis demeureront défavorisés dans le discours public, le rassemblement de talent dans la direction devra diminuer ; les preneurs de décision, se rendre plus sots ; et leurs conséquences imprévues, de plus en plus désastreuses―de façon arithmétique.
Ayant maté quelques agressions britanniques, les colons européens en Amérique ont conclu qu'ils étaient invulnérables aux invasions étrangères, derrière leurs fossés océaniques. Pourvus de vastes étendus de sol vierge à cultiver, ils ont convoqué une immigration massive qu’ont dû résister d’autres nations plus entassées. Nos libertés et opportunités ont dépassé les rêves de quiconque ailleurs.
Avec l’exception, bien sur, des Indiens américains dépossédés et des Noirs arrachés de leur patrie africaine. Ces agonisants furent niés le droit qu'estime le plus chaque citoyen américain : accueil libre dans le compagnonnage de la citoyenneté. Ce que nous méritons tous sur terre. Ce même accueil qui retint ensemble l'empire romain, d'où que provinrent ses citoyens—du moins, jusqu’à ce que des Huns règènèrès en culte (born-again Huns) ne se soient emparés du pouvoir et n’aient tout anéanti.
Ne constates-tu pas la même chose en train de s’effectuer à présent ? Nous assoupirons-nous devant ce scandale de Vandale, comme l’ont dû des Romains intoxiqués de plomb ; sinon le résisterons-nous de toutes nos forces ? Il est certain que nos poisons sont beaucoup plus toxiques et volumineuses. Nous prouverons-nous assez forts et futés pour maîtriser leur effet ?
Ainsi, les affaires américaines – son art, sa science et même sa religion organisée – ont toutes bénéficiées d’infusions massives de paix. Néanmoins, sans vraiment savoir pourquoi, les Américains ont nourri la bigoterie raciale, la pauvreté en masse, le génocide ethnique, l’esclavage et la guerre civile. La raison principale qu’ils ont subventionné la mentalité d'armes, en flagrant défi de la lettre et l’esprit de leur constitution ? Ce fut pour retenir, à l’encontre des étrangers, une technologie d'armes d'un tranchant de rasoir : ceci conformant à la tradition de l’ancien monde, de coupe-gorge immédiate sur commande gouvernementale.
La prolifération d'armes biologiques, nucléaires et scalaires confond aujourd'hui cette défense américaine du fossé, ce qui fane notre sens d'invulnérabilité stratégique, ainsi que ses prospérités et libertés collatérales. Depuis la guerre en Corée jusqu'à celles en Vietnam, Irak, et Afghanistan, chacune s’est rendue à son tour davantage coûteuse, injustifiable, corruptive et nuisible à nos meilleures institutions. Puisque ces aventures militaires doivent nécessairement terminer en échec et ignominie, les réactionnaires américains ont dû rentrer chez eux pour entamer la chasse de leurs prochaines proies parmi leurs propres gens : indigents, immigrés, minoritaires, enfants, drogués, criminels sans victime, sans-abri, malades mentaux et écosystèmes naturels : tout ce qui leur parut assez vulnérable.
Rappelle-toi que l’appréhension croissante de menaces extérieures multiplie la réaction et la pauvreté chez soi. Chaque élite d’armes promet à son prolétariat de le protéger d’élites identiques de provenance étrangère.
La mauvaise conduite que partagent radicaux et réactionnaires est d’une prévisibilité lassante. Sans nous soucier de leur pays d'origine, idéologie, race et d’autres distinctions cosmétiques, ils présument que leur société ne se réunira qu’en affrontant une horde d'ennemis potentiels : internes ou externes, réels ou de pure invention, il n’importe peu qui ces Autres seraient en réalité.
Les ultimes ennemis des gauchistes sont les riches. De bourrus pouvoirs étrangers et des criminels astucieux sont les croque-mitaines favoris des centristes. Les réactionnaires définissent l’ennemi comme n'importe qui serait assez faible – manquant de votes et de richesse. Tous trois estiment la brutalité comme une panacée.
Ces ennemis se prouvent souvent illusoires. Quand d’authentiques menaces émergent, elles proviennent, d’habitude, de directions inattendues. De nombreux agresseurs (Manuel Noriega, Saddam Hussein, Adolphe Hitler et Oussama Ben Laden, par exemple) furent promus et subventionnés par les mêmes autorités embauchées pour les garder à vue. Dès qu'une menace prévue s’avère signifiante et risque de déclencher des mesures défensives déjà solidement mises en place pour la mater, des politiciens chauvins bouchent leurs oreilles aux avertissements multiples du désastre et le permettent, semblant par pure incompétence. En fait, ils prennent ce plus long chemin afin de provoquer la réaction violente que leurs vrais plans requièrent.
Dans un sens, l'époque est finie de l’Amérique immunisée stratégiquement par ses fossés océaniques. Selon nos tribuns chefs, nous devons adopter en permanence la mentalité d'armes, même en temps de paix, et accepter tous ses frais sociaux ; autrement risquons-nous d'être relégués au statut de seconde classe. Voici ma question : seconde classe à qui ? Quand les États-Unis éternuent, les autres pouvoirs en obtiennent une pneumonie. Pendant les 1970s, les nations pétrolières ont dû renverser leur embargo du mazout, non parce que celui-ci eut estropié le Grand Satan mais parce que leur prise d’étranglement tuait l’oie aux œufs d'or. Il se sont tardivement aperçus que les victimes principales de leur hausse du prix de pétrole, furent leurs alliés et clients les plus pauvres.
Les statistiques en hausse des infractions et du chômage mesurent d'affaire crue cette tyrannie américaine d'armes. Ces chiffres de cauchemar ne sont rien, comparés à l'enfer auquel on doit s’attendre si nous permettons aux mauviettes et prismes de nous enjôler un peu plus en Harmaguédon.
Ainsi que la gestion paisible rend la vie aussi productive et rémunératrice que possible, celle d'armes se régale des disparités de richesse, de créativité et de sécurité. La vie doit se rendre si incertaine qu’un engagement dans l'armée devienne la seule option acceptable pour beaucoup d’enfants pauvres. La mentalité d'armes crée une vaste main-d’œuvre fainéante et la rend en codépendente bien disposée à la répression, la guerre et la criminalité.
Souviens-toi que chaque démonstration étouffée, arrestation illégale, acte irrésolu de brutalité policière, coassement de Republican de banane, « Encore plus de répression ! » démontre une élite en pleine panique, se cabrant contre des cauchemars politiques qui lui sont plus effroyables que toute vraie foule ou insurrection.
Ces conservateurs politiques partagent une faiblesse commune. Ils peuvent soutenir des vieilles valeurs, mais sont incapables d’en élever de nouvelles. Dévoués à la mentalité d'armes, ils manquent cette étincelle de créativité que nécessite la mentalité paisible et qui l'occasionne.
Ça leur a pris trois cents ans, à partir des années 1200, pour que les conservateurs Européens adoptent le zéro en arithmétique.
Les progressistes ne peuvent proposer une nouvelle approche à l’abondance, sans que ces conservateurs ne résistent d'abord, « jusqu’à la mort (d'autrui) ! » Ces derniers ne peuvent concevoir le fait que tout le monde se sentirait mieux après que les richesses seraient partagées plus correctement, refusent d’imaginer les fortunes qu’ils pourraient réaliser par un partage moins réprimé. Ainsi se sentent-ils obligés de détrousser la richesse et la créativité sur une somme de base zéro : « Ce que je gagne, tu dois perdre. »
Ceci en dépit de la plus persistante conclusion historique : que les collectivités restent pauvres dans la mesure qu’une minorité se détourne leur richesse. La plus petite en proportion cette minorité riche et la plus simple sa structure sociale, la plus restreinte et donc stupide sa prise de décision et la plus pauvre qu’elle devra rendre sa nation hôtesse.
L’héritage génétique d’une élite restrictive doit également souffrir. Ses enfants, dotés d'une génétique moins robuste que celle des métis inférieurs, souffriront d’une mortalité haussée toute en proportion à cette restreinte. L’élite en périra-t-elle peut-être entièrement durant la prochaine hausse de mortalité infantile.
Du roi dieu vers sa cour minuscule, scellée de façon hermétique des masses malpropres, l’ancienne richesse dégoulina comme un ruisseau de montagne. Elle ruissela entre des bancs médiévaux de noblesse et de prêtrise, soigneusement endigués de leurs inférieures. Ensuite fit-elle glouglou, à la victorienne, entre des gros bourgeois, ecclésiastes et personnel du cartier général. Ces braves ont tenu à la pointe de la baïonnette les masses au-delà du cercle magique de la richesse. De nos jours, cette richesse serpente paresseusement parmi des tributaires de professionnels et de bureaucrates/officiers tenant à rémunérer les sous-classes aux dépenses minimes, à coups de pains d’hamburger cultivés en usine et de cirque télévisé. Prochainement, toute la richesse sur terre s’écoulera dans la plus méritoire des mers : celle de tous les Apprentis sur terre. À chaque étape de redistribution, comme si par magie, la richesse de tous s’augmente exponentiellement.
Les réactionnaires peuvent geindre tant qu'ils leur plairont ; assassiner, torturer, mentir et voler autant que leur panique de lâches leur permettra. Ils s'en rendront inévitablement plus pauvres et ne s'échapperont jamais de cette inévitabilité historique. S’ils agissaient un peu plus sagement, ils en profiteraient à l’exponentielle, une fois pour toutes.
La guerre et les désastres naturels affaiblissent une gestion paisible. L'harmonie sociale est une structure très délicate, tissée de nombreuses rives de confiance mutuelle, de coopération et de bonne volonté. Cette toile est très fragile, elle s'effiloche sous le stress et saute bientôt. Des calamités interrompent la bonne distribution de nécessités, elles incitent les gens au pillage, au rendement de comptes et au dérèglement de l’ordre social. « La civilisation, ce n’est qu’une question de fourrage, » Berthold Brecht. Faisant face aux surcharges inaccoutumées, les contrôles routiniers se rendent sporadiques, injustes et inadéquats ; la rigidité, l’incertitude et la centralisation se réinstallent. Des opportunistes mafieux se prolifèrent dans leurs conspirations d'avidité, ainsi que la synergie de leurs effets nuisibles. La tyrannie se réimpose tandis que les technologies paisibles se fanent. Dans la mesure que cela s'envenime, une société traumatisée se détroque d’une paix marginale en faveur de sa production d'apogée d'armes : voici la vraie fièvre de guerre.
Une pandémie intermittente semble infecter des sociétés entières. Tandis que les majorités chavirent en déclins économiques et spirituels, une petite minorité s’amasse des fortunes imméritées. Les valeurs et sources traditionnelles de sécurité sont déracinées, à tel point que le combat lui-même apparaisse prometteur.
Cette pandémie de dégénérescence sociale s'est la mieux illustrée durant la grande dépression. Le carnage de la première guerre mondiale avait converti la plupart des prolétariens en pacifistes ardents ; elle a tout de même transformé des élites clés en sectaires fanatiques d'armes, qui se sont assurés que la Grande Dépression pétrirait la sensibilité prolétarienne à tel point que la seconde guerre mondiale lui soit advenue comme un semblant soulagement.
La meilleure recrue militaire, c'est un enfant provenant de quartier pauvre. Cette règle d’or de la mentalité d’armes s'applique autant aux forcenés de ghetto qu’à sa majorité plus douce de gavroches. Les plus chanceux survivent leurs inévitables abus ; leurs parents et gardiens font de leur mieux afin de leur porter secours, bien que leurs moyens soient limités. Souffrant toutefois d’abject amour-propre, ces enfants de la rue sont induits à intégrer quelque chose de plus important qu'eux-mêmes. Des survivants endurcis, ils savent manœuvrer l’adversité broyeuse et reconnaissent à fond les terreurs et la discipline sévère du combat. Leurs chefs de bande furent testés au combat armé dans la rue. Mourront jeunes tous ceux manquant de s’adapter.
En obéissant à cette simple formule, la gestion d'armes peut moissonner à l’instant une énorme récolte de soldats d'infanterie la plus fine. La plus brutale leur enfance, les plus nombreuses les recrues estimées et d’inestimables chefs de petites unités combattantes. Le produit final sera d'innombrables régiments de bonne infanterie ; une aspersion de commandos d'élite équipées de sociopathes n’étant autrement adaptés qu’à une certification psychiatrique ; une poignée dorée d’Apprentis comme Booker T. Washington, Martin Luther King, Jesse Jackson, Cornell West, le Général/Secrétaire d'État Collin Powell et leurs pairs de haut mérite—et une cohue de victimes estropiées : un massif tas de débris humains dont on puisse raffiner – à très grand gaspillage – de précieuses élites de bataille et de nombreux techniciens d’armes.
« La qualité primaire du soldat, c’est sa constance en endurant la fatigue et l’adversité. Le courage n’est que secondaire. La pauvreté, la privation et le manque : voici les écoles du bon soldat. » Citation de Napoléon, du Lieutenant Colonel Dave Grossman, On Killing: The Psychological Costs of Learning to Kill in War and Society, (De la tuerie : Les coûts psychologiques d’apprendre à tuer en guerre et dans la société), Back Bay Books, Little Brown & Co., Boston, New York, Toronto, London, 1995. Cité par autorisation, ma retraduction.
La gestion d'armes rend de l'indigence à long terme à chaque communauté qui l’agence. Ce fait reste tapi sous des mythes d’armes de norme que l’on nous a fait admirer depuis toujours. Tout et n'importe quoi : intempéries, dieux hostiles, hérétiques, magiciens, drogués, seigneurs de drogue, criminels, main-d’œuvre vieillissante, mamans à l’assistance sociale, minorités inférieures, guérilleros et à présent terroristes : tous peuvent être condamnés pour avoir ratatiné des systèmes économiques qui devraient s’épanouir mais n’en parviennent jamais.
Pour une société mûrissante, la pauvreté en masse n’est jamais la meilleure option. Au contraire, voici LA POLITIQUE SOCIALE LA PLUS COUTEUSE DE TOUTES. Permets-moi de te le répéter afin de l’accentuer, puisque nous l’avons entendu si peu fréquemment (jamais.) La pauvreté, c’est la politique sociale de loin la plus coûteuse. Aucune société ne s'est rendue riche en stimulant la pauvreté. Les élites d'info gaspillent des richesses prodigieuses en cultivant ces frais d’armes, parmi d’autres.
Par droit, toute cette richesse devrait nous appartenir pour investir en paix. On serra étonné par la quantité de paix que les Apprentis pourront se procurer avec, et celle de brutalité qu’ils seront en mesure de racheter avec une petite partie.
Pourtant, la bonne vie gâte les gens, les rend en querelleurs pourris qui ne se refusent plus rien : du fourrage entièrement insatisfaisant de canon. La décadence sociale n’est pas mauvaise en soi, mais il semblerait imprudent de maximiser la prospérité et le pacifisme chez soi, alors que le restant du monde tente de satisfaire ses besoins le revolver au poing.
La privation en masse n'est JAMAIS un échec de gérance stupide ; non plus ne résulte-t-elle de l'avidité égoïste, de la folie ni de la corruption : que des symptômes secondaires de la mentalité d'armes. Celle-là demeure la maladie sous-jacente. En fait, tout l'argent : ce jeu de coquille à somme zéro qui dépend de l’augmentation brute, si précieux aux politiciens, hommes d'affaires, universitaires et conservateurs fainéants de l’élite d'info : voici simplement le système énumérateur des sommes colossaux de main-d’œuvre et de ressources devant nourrir à pure perte nos technologies globales d'armes. « Le manque d'argent, » voici notre excuse favorite pour semer des quartiers pauvres et intégralement sans profit dans le sillon de nos guerres destructrices.
Voila un problème d’œuf et de poulet : qu’est ce qui advint d’abord ? Quand des systèmes économiques orthodoxes sombrent en déclin, pour quelle raison que ce soit, le militarisme rotulien devient un moyen irrésistible de ramener les richesses aux sommets sociaux. Quand une masse humaine devient tout soudainement pauvre, son premier instinct sera de se convertir aux protocoles ancestraux militaires.
Quand je parle en bas des Américains, j’implique aussi tous ceux qui ont perdu l’âme dans l’étreinte nue de la mentalité d’armes. Assure-toi que tu ne souffres pas du même fléau, tandis que tu maudis avec allégresse ces Américains en étant assujettis.
Les Américains ont tété d’une formule toxique de matérialisme obsédant et de satisfaction nulle, jaillissant inépuisable des tétons délectables de la télévision et de la publicité. Ainsi leur a-t-on enseignés à n'obéir leur conscience morale que quand cela leur soit commode, le bon sens que quand commode, le bon goût que quand commode. La transformation politique et sociale n’aura pas lieu avant que cela ne leur soit commode―sinon jamais, encore mieux.
Ils agissent comme si leur mauvais comportement, leur apathie et leurs décisions minables n'eussent jamais de conséquences. « Si tu n’aimes pas ce qui se passe, tu n’as qu’à changer de station télévisée. Mieux encore, reste là et attend la prochaine réclame insignifiante. Rien de significatif ne changera, quoi que tu fasses—et l’insignifiant se multipliera, quoi que tu fasses. » Cela leur est devenue une frénésie : poursuivre des indulgences jusqu’à leur extrémité et se réjouir aveuglement de leur impunité aveugle. Ainsi les escrocs et bigots américains prospèrent-ils, protégés par une définition toute dérisoire de la liberté particulière.
Le reportage équilibré du journalisme américain ? Cela signifie que le mal est toujours accordé un avantage supérieur. Quiconque paye le plus, celui-ci a plus droit aux larcins, tricheries et menteries, et de s’en sortir indéfiniment. L’ultime suite du « journalisme américain en équilibre ? » La démocratie du dollar : là où un million de dollars équivaut à un vote, et un votant n’équivaut à rien.
QUELQU'UN D'AUTRE est toujours responsable pour les désastres en aval ; non nous, les Américains. Nous nous répétons que ces désastres ne furent qu'une aberration et non le reflux toxique de nos habitudes et institutions pourries. Puis nulle raison de changer !
Bismarck constata que Dieu semble favoriser les Américains, les soûlards et les déments. Ainsi les Américains semblent pouvoir s’en sortir, le plus souvent, à demi propres de leur ouragan de merde. Par conséquent, l'Amérique s’est rendu en une nation d’enfants gâtés.
Pourtant, du moment que Dieu regarde ailleurs, prenez garde ! Des désastres aux proportions bibliques émergent, comme ceux du onze septembre et de la Nouvelle Orléans. Alors, les Américains font piteuse mine, et la faute doit évidemment appartenir à quelqu’un d’autre. Comment, sinon ?
Les affaires de cette nation ne seraient pas tant gâtées si seulement ses citoyens mûrissaient quelque peu.
Mais, après tout, ceux-ci ne sont que des bébés comparés à l’idiotie meurtrière durant des dizaines de centenaires parmi les Européens, et celles de millénaires supplémentaires au Proche Orient et en Chine. Pourtant ne retenons-nous que quelques petites années avant que l’anéantissement total n’apparaisse, faute d’une transformation intégrale. Nous ne disposons que de ces bébés d’Américains, puis de vous autres munis de votre pourriture encore plus mûre, étant supposés réaliser illico cette transformation. Bonne chance avec cette équipe géniale !
Entre temps, les Américains ne sont qu’une tourbe de Republicans manqués : ce qui signifie des fascistes pas encore tout à fait perfectionnés. Attendez seulement que les États-Unis obtiennent assez de corde pour se pendre. Ronnie Raygun n’était pas tout à fait parfait, mais presque. Étant donné les Bush et Nixon et leurs larrons dans la cour suprême et au congres ; permettez-nous tout juste d’élire un autre prête-nom en plâtre, un Democrat de Weimar, décoratif mais insignifiant : voici tout ce que nous puissions soutenir. Un pas en arrière et trois pas en avant, à l’aveuglette, dans un Reich de mille ans emmailloté en rouge, blanc et bleu !
En Irak, une armée américaine de mercenaires, anathème à l’esprit de notre constitution, se répète des tactiques de « pacification » avec l’ultime intention de les appliquer à Buffalo, St Louis et Seattle. Mais ne vous dérangez surtout pas ! Asseyez-vous commodément sur vos mains et observez tout simplement.
De nos jours, les Américains ne peuvent faire appelle qu’au nihilisme arrogant ou au puritanisme dogmatique, vacuité morale ou moralisme nul, à leur propre compte. Profit dérisoire, dogme, manie et commodité : voici les seuls cartes de points éthiques nous restant permises. Autant vaudrait respirer dans un vide.
Il y a un médian d'or, un mi-chemin d’accord moral que dédaignent ce pays et cette terre en armes. La route en enfer serait-elle pavée de bonnes intentions ? Dans tes rêves, peut-être. Elle est pavée de certificats d'action Halliburton (certifiés des Achats Supérieurs !)
La conscience morale, l’idéalisme et le simple rendement du bien : ceux-là méritent révérence, si seulement parce qu’elles entraînent moins de désastres inattendus. Obéis ta conscience, même lorsqu’elle te semblerait dicter l’« uncool, » l’incommode et le peu lucratif, puis réalise des miracles inattendus. Viole cette bonne conscience, ce bon sens et ce bon goût, puis souffre le plus souvent de désastres imprévisibles. La moralité comme simple probabilité et intérêt éclairé. Ignorons-la à notre péril.
Après cette jérémiade des faillites américaines, je dois souligner ce point central.
Étant donné notre association de gémeaux, nous autres Américains retenons plus de puissance, de gloire et de génie que n’importe quel autre nation. Pendant deux siècles, l’Amérique fut peuplée par la crème du restant du monde―les meilleurs autant que les pires. Pourvu que nous engagions ces avantages de façon sage, généreuse et héroïque, (en confection typiquement Américaine) nous pourrions neutraliser toutes les faiblesses et faillites décrites ci-devant.
Américains : dégourdissez-vous et laissez suspendre votre tout ! Si nous permettions à nos nerfs, moelles et tendons les plus vigoureux de découvrir leurs voies favorites de croissance vers la paix, nous la trouverions d’une facilitée étonnante et d’une récompense inouïe.
Les autres alternatives ne seront pas marantes du tout.
ENSUITE
TABLE DES MATIÈRES
ANTÉCÉDENT
APPRENTIS: De la terre en armes au monde en paix
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