- LA GUERRE CRIMINELLE -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTIS      INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Mieux que cela : les actions les plus radicales, les méthodes de combat les plus sanglantes, les procédés les plus effroyables sont en fin de compte les plus charitables pour l’excellente raison qu'ils précipitent la fin des hostilités, et, par conséquent, réduisent les pertes en hommes et en matériel.  C’était le point de vue que défendait le célèbre maréchal Hindenburg lorsqu’il disait : "Plus la guerre est impitoyable, plus, en réalité, elle est humaine, car elle prendra fin d’autant plus vite."  C’est l’analyse que font encore aujourd’hui nos grands stratèges. » Jean Bacon, Les Saigneurs de la Guerre, Seconde Édition, Éditions L’Harmattan, Paris, 1995, p. 60.

 

« Le comportement d'un soldat doit avoir pour modèle celui du rat : doux et compréhensif avec les membres de son groupe, cruel et féroce envers tout étranger.  Que cet équilibre se détraque, que s’esquisse un reversement des tendances, et l’on court à la catastrophe.  La machine de guerre, jusqu’ici bien huilé, grince et menace de se gripper.  Un mot, qui frappe de terreur les généraux, se répète à voix basse dans les états-majors : Fraternisation. » p. 190.

 

Soit les particularités d'un état moderne – qu’elles soient idéologiques, religieuses ou technologiques – ses adhérents obtiendront leur tau maximal de privilèges en contribuant à son effort de guerre.  Richesse familiale, priorité d'âge, appartenance à la race dominante et loyauté politique : voici les critères fondamentaux de recrutement aux positions de prestige et de privilège.  L'intellect, le talent et la capacité de rendre un jugement moral, ceux-là sont aux mieux des considérations secondaires. 

L’aversion morale à la guerre est une grave infraction pour un candidat ambitieux, qui lui garantit bannissement des couloirs du pouvoir.

Tous les gouvernements sur terre sont des chefs-d’œuvre de la mentalité d’armes.  Le manque de pitié et les particularités idéologiques de chaque élite nationale correspondent à l’ampleur de ses projections de menace.  La plus absolue la crainte qu’en ressent le prolétariat d'info, la plus tyrannique se rendra son élite.   Ses bases de pouvoir, impunité et malice correspondront au montant d’inquiétudes de son prolétariat.

Étant donné des niveaux actuels de menace, l’omniprésent péril de subite annihilation bionucléaire et météorologique ratifie les tyrannies d’armes les plus sournoises sur terre.  Par surcroîts graduels de terreur, nous nous accommodons, peu à peu, à être gouvernés par des tyrans hitlériens hyperactifs. 

Chaque état présentement sur terre existe parce qu'il a maximisé sa technologie d’armes.  Autrement, ses voisins le satureraient de guérilleros, l’envahiraient et remplaceraient son gouvernement par des cadres plus ouverts à la mentalité d’armes. 

La majorité de nos états nations sont assez puissants pour dissuader une attaque conventionnelle.  Celles terroristes dans l’avenir ne réussiront qu’à provoquer ces gouvernements juste suffisamment pour aggraver leur tyrannie d’armes.

Leur mentalité se voit justifiée en raison des barrières qu’elle dresse entre des nations menées par des élites semblables mais rivales.  De façon cyclique durant l’histoire, ces barrières (ou membranes) ont ballonné vers l'extérieur.  Au-dedans demeuraient la famille prismatique, le village, la ville, la culture ou la race, le corps religieux sinon l’état nation auxquels l’on dut fidélité.  En dehors résidaient des croquemitaines que nous pouvions attaquer quand le plus commode et abuser entre-temps.

Les membranes les plus coriaces et les groupements prismatiques les plus clos s’assemblent dans des friches isolées – montagnes, jungles, marécages et déserts de sable, de pierre et de glace – lieux reculés où la simple survie est un grave problème.   L’hospitalité la plus généreuse et les trajets d’autostop les plus rapides peuvent être obtenus dans les pays les plus pauvres ; ils sont moins faciles à obtenir sinon entièrement interdits là où la police est vigilante, le climat doux, les voitures neuves, et leurs conducteurs gras et narcissiques. 

Dans ces landes appauvries, l’on pourrait considérer tout étranger comme une menace mortelle.  C’est toutefois là que les lois et protections de l'hospitalité sont le plus strictement obéies.  Une fois toi sous leur protection, ces habitants préféreraient mourir que de te voir nui.  Voici leur loi.  Il devrait être la notre, aussi, quelle que soit notre environnement moelleux.

S’étendant d’uniques familles préhistoriques, ces membranes ont persisté à gonfler vers l'extérieur.  Rassemblant – sinon brutalement sinon pas – des peuples disparates dans des ensembles unifiés, elles ont grandi et boursouflé.  Leur croissance s’est nourrie de la provision artérielle des systèmes de communication en accroissement. 

Maintenant que des populations sous continentales partagent une membrane commune, maintenant que deux voix aux antipodes ne sont séparées au téléphone que par 0,6 secondes, nous ne sommes qu’un saut quantique de l'unification globale.  À vrai dire, cette procédure politique ressemble à la conglomération d’une bulle d’air à partir de l’écume de celles plus petites—et obéit sans doute à un ensemble comparable de lois de tension de surface. 

 

L'autorité fédérale exige que chaque district se subordonne au gouvernement central et tout puissant.  Dans une confédération, l'autorité centrale n’existe que pour des buts restreints ; la gérance de ses confédérés conserve le consentement de peuples divers en leur laissant aussi peu dérangés que possible. 

Je croyais d’abord que la civilisation d'Apprentis honorerait Panch Shila : cinq principes de base de la confédération qu’articulèrent Jawaharial Nehru et Chou En Lai, et que ratifièrent leurs auxiliaires du tiers monde pendant la conférence de Bandung en 1955.

 

·     non-intervention

·     respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale

·     non-agression mutuelle

·     aide mutuelle

·     coexistence paisible

 

Je présumais que la cour du monde, à elle toute seule, serait permise d’annuler ces droits et obligations, et seulement momentanément selon le verdict de jurys choisis de façon aléatoire et mis au courant par des plaidoiries antagonistes internationales.

Depuis lors, nous avons tous témoigné de beaucoup trop d'atrocités autant chez nous qu’à l’étranger.  Des gouvernements et leurs partenaires s’en sont adonnés sous des parapluies blindés de non-intervention et de souveraineté nationale.  Depuis lors, j'ai lu Mortimer Adler, Comment penser de la guerre et la paix.  Son analyse des politiques du monde paisible, beaucoup plus claire que la mienne, (publié en 1943 et ignoré depuis) inclut les directives suivantes.  Je te les cite dans leur intégralité : 

 

« En ce qui concerne tout plan proposé pour maintenir « la paix en notre temps, » les conditions suivantes devraient être satisfaites :

 

·     Qu'ils ne commettent aucune injustice ni politique ni économique au moyen de distributions inéquitables et de discriminations injustes. 

·     Qu'ils ne contemplent aucune alliance qui conserverait ni directement ni indirectement un statu quo fondé sur des injustices existantes. 

·     Qu'ils se servent du pouvoir, soit par des méthodes de coalition soit autrement, afin de soutenir la bonne foi internationale et non la supplanter, afin de sauvegarder la liberté et non la supprimer. 

·     Qu'ils anticipent la direction des transformations sociétaux, économiques et politiques, afin qu'aucune mesure positivement prise n’opère, nul part au monde, comme obstacle au progrès et afin que des mesures positives soient prises pour le faciliter. 

·     Qu'ils autorisent, encouragent et peut-être même instituent des agences internationales, telles que la société des nations et la cour du monde, non parce qu’elles pourraient, à elles toutes seules, déférer la prochaine guerre d’autant moins perpétuer la paix ; mais parce qu’elles fourniraient aux hommes l’image d’une communauté internationale et l'expérience politique exigée pour les formations à venir. 

·     Qu'ils multiplient de telles agences et le bureau de la main-d’œuvre internationale, s’affairant des problèmes communs à toutes les nations du point de vue du bien collectif qui transcende les intérêts nationaux ; et, ce concernant, qu'ils créent un bureau international d'éducation ayant pour but d'égaliser partout au monde les opportunités pédagogiques jusqu’à leur plus haute cime [nota : l'intention fondamentale d'APPRENTIS] et guider partout l'éducation dans la formation des citoyens. » p. 290-291.

 

Avec la capacité technique d'exterminer une certaine populace provient celle d'administrer cette même populace en paix.  La Pax Romana ne s’est étendu qu’aussi loin que des légions romaines aient pu présenter leurs aigles.  Nous pourrions exterminer dans quelques semaines la population du monde entier ; nous serions également capables d’étendre abondance et justice à exactement le même nombre de gens.

Les élites de bataille sont les seules à bénéficier d’une société fracturée. 

 

Imagine-toi rendant visite à un port vibrant de la renaissance.  Ses habitants détiendraient des capitaux en surplus, navettes, marchandises et ordres de luxe qu’ils ne pourraient remplir qu’à l'étranger.  Néanmoins, un gouvernement stable devrait garantir la mise de ces investisseurs dans leur commerce à l’étranger, et leur marge de profit devrait demeurer raisonnablement certaine malgré des prolongations de répit appréhensif en attendant le retour de leur cargo.  Si des bandes indéterminées de vandales armés pourraient contrôler les quais et saisir le fret et les passagers devant-y passer, aucun négociant ne miserait ses économies sur une affaire tant risquée. 

Tout le monde fait face au même dilemme.  Les Nations Unies reconnaissent la souveraineté d’environ deux cent bandes de rue.  À chacune est concédé le droit officiel de tenir ses citoyens en otage, le couteau à la gorge, et d’attaquer tout autre bande, pourvu qu’elle puisse s’en démêler.  Elle n’a même pas nécessairement besoin de cette excuse. 

Entre temps, au moins CINQ MILLE NATIONS – les finalistes de dizaines de milliers additionnels qui ont cessé de s’inscrire dans ce qui reste de l'histoire enregistrée – se concurrencent pour une de ces deux cents sources certifiées de souveraineté.  Il n’est donc peu étonnant que le monde soit rempli de guérilleros militants et de terroristes furieux.

Comme toute autre polis (« citadelle » ville), le monde a besoin d'un Hôtel de Ville, d’un juge de la paix et d’une police bien attitrée.  Non de deux cents bandes glorifiés de rue déguisées en gouvernements de prisme : les 180 et quelques gouvernements certifiés au monde et des bandes de gangsters/corporations commerciales les mieux organisées, leur concurrençant du pouvoir économique/militaire.  Et certainement pas la pire bande de mauviettes punissant toutes les autres en bagarre continuelle, jusqu'à ce que celle-ci aussi ne croule sous ses contradictions internes.

 

« Durant une sombre époque de cinq cents ans, Rome fut continuellement affligée de querelles sanguinaires entre nobles et gens, Guelphs et Gibelines, [nota : pro pape et impérialistes] Colonnas et Ursinis.  Et si bien des choses se sont échappées de la perception historique et si beaucoup plus en demeurent indignes, j'ai tout de même exposé, dans les deux précédents chapitres, la cause et les effets de ces désordres publics.  À ce temps, quand chaque querelle fut décidée par l'épée et personne ne pût fier ni sa vie ni sa propriété à l’impotence de la loi ; les citoyens puissants furent armés pour la sécurité ou l’agression, à l’encontre d’ennemis domestiques qu'ils craignirent ou détestèrent.  Hormis à Venise toute seule, ces mêmes dangers et plans furent communs à toutes les républiques libres d’Italie ; et les nobles ont usurpé la prérogative de fortifier leurs maisons et d’élever des tours fortes en mesure de résister à une attaque soudaine…

 

« … Tout ce qui est fortifié sera attaqué et tout ce qui est attaqué peut être détruit…   "Les maisons," dit un cardinal et poète du temps, "furent écrasées sous la masse et vélocité d’énormes pierres, les murs perforés à coups de bélier, les tours compromises par le feu et la fumée, et les assaillants incités à la rapine et vengeance."  Cette labeur fut consumée par la tyrannie des lois, et les factions d’Italie ont exercé une vengeance s'alternant aveugle et irréfléchie sur leurs adversaires dont les maisons et châteaux furent rasés jusqu’au au sol.  En comparant les jours d'animosité étrangère avec les époques de celle domestique, nous devons prononcer que ces dernières furent forcément plus ruineuses à la ville, et notre opinion est confirmée par l’évidence de Pétrarque.  "Constatez," dit le lauréat, "les vestiges de Rome, l'image de sa grandeur immaculée !  Ni le temps ni le Barbare ne peut se vanter du mérite de cette destruction prodigieuse : elle fut perpétuée par ses propres citoyens, par ses fils les plus illustres ; et vos ancêtres (comme il l'écrivit à un certain noble, Anibaldi) ont achevé au bélier ce que le héros Punique ne pût accomplir à l'épée. " » Edward Gibbon, Déclin et chute de l'empire romain, Allen Lane Ltd., Penguin Press, London, 1994, p. 1073-5.

 

Toutes les nations et tous les groupes ethniques doivent être permis de rétablir leur indépendance et souveraineté politique, par voie légale et sans guerre.  Ainsi cesseraient-ils de former des points ardents d’intraitable friction militaire.  Qu’ils soient Tamouls, Indiens américains par tribu, Karens, Kashmiris, Kurdes, Palestiniens... cette liste s’étend bien longue fort rapidement.  Et cette option nous reste close parce que des activités criminelles sont certifiées légitimes pourvu qu’elles soient assez démesurées et avantageuses pour les rares.  Les états nations modernes peuvent ainsi kidnapper, torturer, extorquer l’économie et voler les ressources locales, affamer et exterminer des minorités entières, mener contre elles une guérilla sans fin, accroître avec chaque génération plus de terroristes homicides, en terrorisant simplement leur famille—et personne dans la communauté mondiale n’en rend le moindre bronchement. 

Hé, là !  Est-ce que tu t’imagines que tes droits demeureront assurés, tant que ces tyrans pourront tripoter l'indignation d'autrui ?  A toi la prochaine, mon pauvre ami bien sot.

 

Voici la question principale des politiques : à qui pourrions-nous fier confiance ? 

Au peuple ?  Pourrions-nous l’armer, lui donner des droits politiques souverains, accès à toutes les informations dont il ait besoin et le laisser libre pour réaliser de son mieux en paix totale ?  La constitution américaine est établie sur cette confiance : la source principale de sa grandeur.  Nos chefs corrompus appliquent de plus en plus de ressources à l'alternative d’armes décrite de suite. 

Nous pourrions nous méfier du peuple et nous confier au lieu à une minorité quelconque d'élite (l’élite d’information.)  Cette minorité devrait rester désintéressée, artificiellement éduquée de façon hyperactive, suprêmement consciente de ses distinctions de classe et parfaitement adaptée à diriger une dictature militaire aussitôt qu’elle en ressentirait la nécessitée et pourrait la justifier avec assez de propagande belliqueuse. 

Ensuite pourront-ils bien armer quelque police ou paramilitaire minoritaire (une élite de bataille) afin de mettre en vigueur leur direction inopportune.  Par la suite pourrions-nous (le Peuple) nous approcher à la ruine en leur payant plus que généreusement afin qu’elles rendent le moins possible de dégâts ; sinon leur laisser courir à l’émeute policière meilleur marché et démanteler la communauté et son environnement pour en retirer un profit immédiat. 

De toute façon, les plus affligeantes leurs élites de bataille, les mieux sécurisés se sentiront les membres de l’élite d’information―bien que la réalité dicte l’opposé exact : moins d’agression, davantage de sécurité.

Ensuite pourrions-nous prier que des voyous mafieux ne suppléent ces mêmes élites.  Voici une inévitabilité darwinienne et un fait accompli, au cas où tu ne l’aurais pas encore pigé. 

Le Peuple ou la mafia ?  À toi choisir.

 

Les organisations militaires et criminelles partagent une interdépendance de subtile intimité. 

Un explicatif ordre militaire et criminel est celui des Hashshâshîn en ancienne Syrie.  Leurs sites de repos, récréation et formation furent situés dans des montagnes lointaines.  Là-bas, l’abus prodigue des drogues et de jeunes femmes eut persuadé aux assassins débutants qu'ils pourraient habiter un paradis terrestre, tant qu'ils serviraient les Hashshâshîn, et passer directement au ciel en mourant à leur service.  Au demeurant, leurs chefs se sont diplômés aux travers d’étapes laborieuses d'initiation et de mystère, afin de parvenir à la révélation centrale de ce culte.  « Toute cette affaire n'est qu’un raccommodage de mensonges et de faim du pouvoir : profitez-en. »

Actuellement, des escadrons génériques de la mort s'enveniment autour de la planète.  Habituellement servent-ils comme voyous de sécurité à la Gestapo sinon comme bourreaux révolutionnaires.  Des organisations semblables encombrent nos textes d'histoire : les ordres religieux militaires—les monastères militaires Bouddhiques, compactés comme des plantes de bonzaï en clans criminels par la suppression gouvernementale ; chevaliers templiers, hospitaliers et teutons ; Vehmgericht en Westphalie (cours vehmiques de l'Allemagne médiévale) ; Ninja japonais ; Thugees indiens ; bandes de lynchage du KKK ; Hermandades en Espagne ; Acordadas au Mexique ; et  clans tribaux de montagnards tels que ceux, parmi d'autres, en Écosse, Colombie et Afghanistan.

Aussi certains clans secrets de carnassiers : de loups-garous en Germanie et Scandinavie, de lions et léopards en Afrique, d’équivalents de tigre en Asie.  Comme l’exécution péremptoire de déviants sociaux devenait moins supportable par la communauté locale, ils ont apparu afin de la permettre.   Leurs victimes furent trouvées hachées en lambeaux, des traces de grands carnivores tout autour : hachées par des griffes en fer, ces traces marquées par des semelles soigneusement sculptées de sandale.  Personne ne pût conclure si un carnassier avait pris une autre victime ou si ce fut le pire des prédateurs : l’homme.

De nos jours, être « membre d'escadron fasciste de la mort, » ce n’est qu’une description de travail ordinaire dans beaucoup de pays : permis de gagner sa croûte et non une expression de dégoût et d’ostracisme.  Si tu connais des gens qui connaissent les propres gens, tu peux faire descendre n’importe qui pour le prix de quelques piqûres de drogue sinon d’une paire de chaussures basket à la mode.  De telles nations se déshonorent.

 

Les criminels reflètent les militaristes.  Tous deux partagent le même penchant d’élites de bataille pour le meurtre.  Tu trouveras ces mêmes traits dans tous trois de ces camps : compétence brute dans la brutalité, emprise aux risques, violence de clan, rituels compliqués de dominance et de soumission, chaîne d'ordre violemment contestée, exigence d’une obéissance parfaite, saisie du pouvoir par simple force ou ruse, mépris d’étrangers, penchant pour des supercheries, et de fortes compulsions à fomenter la douleur, les tourments et la terreur.

Une fois qu’éclate la guerre, des occupants de prison et membres de syndicats criminels font éruption dans l'armée.   En temps de paix, des juges forcent souvent des adolescents butés à choisir entre l'armée et la prison.  Plusieurs assassins à louer ont sollicité de nouveaux clients dans le journal Soldier of Fortune.

Une autre fraternité armée persiste méconnue : celle partagée par des criminels et la police.  D’insignifiants cafardeurs et larcins, habitants des capitales de l’Europe durant l’ère victorienne, furent les premières recrues de police.   Le raisonnement des élites d'info fut tel :

 

·     le meilleur chasseur de criminels doit être un autre criminel ; et

·     pourquoi ne pas embaucher la moitié la plus sagace de ces agresseurs malintentionnés, les traquer sous surveillance vigoureuse et les appeler « la police » plutôt que d'essayer de supprimer ces deux groupes de fripouilles avec un autre attroupement moins qualifié ?

 

Interpol, l'agence centrale de la police européenne, fut fondé sur des dossiers et réseaux d'informateurs de la gestapo.  Il est admissible que la première agence fonctionnelle de la communauté économique européenne fût la dernière agence fonctionnelle de l’Europe dominée par les Nazis : sa police.  Tout comme la dernière expression vitale du défunt empire romain fut celle de son corps de lois.

L’Interpol s'est officiellement purgé plutôt récemment des pires aspects de cette contamination nazie.  Contrairement au gouvernement américain qui, lui, n'a ni admis ni rétracté son affection d’après guerre pour des agents fascistes et leurs sales ruses : jusqu'à et y compris l'assassinat impuni d’un président élu aux États-Unis, John F. Kennedy. 

Dans une vraie démocratie, cette infraction à elle toute seule aurait provoqué une guerre civile et catastrophique jusqu'au point ou ces conspirateurs d'élite eussent été traînés dans la lumière du jour et condamnés en public.  L’entièreté des gérants du gouvernement américain a menti, assassiné qui sait combien de témoins honnêtes et abrité des canailles responsables afin de prévenir cette catastrophe.

 

D'après la pensée courante d’armes, des nouvelles efficacités de production priveront d'emploi et de revenue légitime – comme ces nécessités sont mal comprises aujourd'hui – d’énormes groupements de main-d’œuvre civile.  Plutôt que d'installer des réseaux d'Apprentis et d’ainsi créer des travaux neufs pour ces gens-là, les réactionnaires ont organisé des programmes massifs de criminalisation de vétilles et de bâtiment de prisons.  Il y a beaucoup trop de prisonniers aux États-unis tout seul, et d’autant trop embauchées pour les traquer, manier et garder.  Staline aurait été fier du triomphe de ses successeurs idéologiques.  Cet obtus remplacement d’emplois profitables personnifie la gestion d’armes.

Aucune armée, police ni syndicat criminel – peu importe combien brutal et bien équipé – ne saurait mettre en vigueur une obéissance publique dépassant celle dont des majorités locales seraient dispos de s’imposer.  Faute de la transformation correspondante d'Apprentis, le revaloir de la monnaie courante des responsabilités publiques, voici un exercice futile et une grosse perte de temps—soit sous la menace du revolver, soit en se servant d’armes non mortelles et la propagande des médias en masse.  D’obtenir que la police supprime une dissidence légitime (sinon qu’elle multiplie de façon artificielle les arrestations triviales) par des augmentations brutes dans son personnel et sa puissance de feu, cela ne parviendrait qu’à engendrer une corruption encore plus raffinée et encore plus de victimes parmi les innocents.

Les agences de police les plus efficaces sont des instruments de paix ; elles sont absolument distinctes de la police secrète, des agences de renseignement militaire et des armées qui sont des technologies d’armes.  Une police bien menée se sert DU MINIMUM DE FORCE POUR SUPPRIMER LA VIOLENCE.  Afin d'opérer correctement, elle doit être soutenue par des agences très efficaces de service social.  Dans l’idéal, elle se soumet à une magistrature tant honnête que prudente, contrôlée par des jurys à travers des gradins de révision ouverte aux revues publiques et appels privés.  Au mieux, cette force de police doit être équipée par le même mélange ethnique que celui de la population qu’elle patrouille et habiter les mêmes quartiers.  Les problèmes civiques doivent être maniés par des interventions sociales, législatives, volontaires et d'entreprise—et non pétris par simple force brute.  Si un grief légitime provoque des démonstrations en masse, celles-ci doivent être négociées de façon constructive et de nouveaux canaux de communication doivent être ouverts selon leur légitimité.

En revanche, les armées se forment, s’organisent et sont munis pour INDUIRE DES PERTES ET DESTRUCTIONS LES PLUS MASSIVES, AUSSI RAPIDEMENT QUE POSSIBLE, sans se soucier des droits et des maux.  Ordonner à une armée d'appliquer des surcroîts gradués de force – soulager le désastre et fournir de l’assistance sociale dans des cadres civils, par exemple, sinon imposer de la non-violence aux adversaires qui refusent d’obéir à un cessez-le-feu – cela trahit une mésentente totale de la gestion d’armes.  Chaque fois que des élites d'info confondent les fonctions policières et militaires, chaque fois qu’elles les fusionnent en une seule fonction bureaucratique, elles abusent leurs hôtes prolétariens sinon par brutalité trop zélée, par négligence gâcheuse. 

Va voire en Irak en 2003, 4, 5, 6, 7, 8, & 9 : notre modèle commun de l’avenir sur la terre en armes.  Faluja = ta ville.  Cela t’inspire ?

Alors que se détériore la qualité de la vie, les punitions criminelles se rendent moins efficaces.  Quand s’améliore la qualité de la vie, surtout parmi les pauvres, la dissuasion de la criminalité s’en remet.  Les criminels les plus éclairés trouvent qu'ils ont trop à perdre – et trop de bonnes alternatives desquelles choisir – pour se contenter d’une simple criminalité.  Une fois qu’ils se remettent franchement sur le bon chemin, ils se rendent en alliés des forces de l’ordre sinon en neutres bienveillants.  Une fois que les punitions seront réduites de façon radicale, les résultats suivants pourront être envisagés : beaucoup moins de criminels et d'autant moins compétents affrontant une majorité respectueuse de la loi et ses alliés naturels : une police pour la plupart honnête et une magistrature intégralement contrôlée par des jurys. 

Autrement, les soi-disant criminels ne sont que des guérilleros à peine déguisés : des poissons nageant dans la mer de leurs victimes coopératives.  La populace et sa minorité criminelle se rendent en alliées mal disposées, rangées coude à coude face à l’oppresseur « d’anti-infraction et d’ordre public : »   voici évidement le meilleur champ de recrutement pour des élites de bataille.

Dans un état d’armes, une active conscience morale ne subsiste que dans la tête d’esclaves, de vieux vétérans nourrissant des rêves pénibles, et de petits enthousiastes écoutant bouche bée aux contes ensanglantés de fées.  La mentalité d’armes force le restant de nous à trahir sur commande notre conscience morale ; elle nous enseigne de tolérer l'intolérable, ainsi que les Nazis ont réussi à persuader les Européens d’ignorer l'holocauste sous la menace du revolver. 

Ce que nous appelons en ricanant « la culture moderne, » ce n’est que notre tentative pathétique de justifier cette aberration massive de valeurs fondamentales.  Par quel droit et devoir étayons-nous cette travestie ?

Remplaçons-la du plus propre !

 

ENSUITE      TABLE DES MATIÈRES      ANTÉCÉDENT

 

APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix

 

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