- LA FORMULE DE MENACE -

 ENGLISH VERSION                                       

 

SOMMAIRE D’APPRENTIS      INTRO ET VOCABULAIRE

 

(Le compte des corps) x (la distance / le temps) 2

 

Notre civilisation raffine inlassablement cette formule de menace qui détient une multitude de constants et de variables subsidiaires.  Toute l’histoire enregistrée n’est qu’un compte rendu équivoque de cet affinage compulsif. 

L'humanité a désappris la plupart des technologies paisibles.  Sa mémoire collective a pourtant su retenir des connaissances d'armes presque indéfiniment.  Le compte de mortalité d’enfantement, de calories absorbées par personne et de chansons chantées : de telles variables ont fluctué, se sont nivelés, lancés en cimes et crêtes, et ont très vite été oubliées.  Entre temps, les constants au total d'armes ont toujours augmenté, retenus scrupuleusement par nous tous.  La gestion d'armes, voici tout auquel nous excellons.

La gérance d’armes n'a jamais obtenu de la sécurité de longue durée pour ses adhérents.  Le plus intimement que nous embrassions des technologies d'armes, le plus probable que nous en serons écrasés durant leur prochain paroxysme, avec tout ce que nous chérissons. 

Malgré tout, chaque nation identifie une multitude de menaces stratégiques – autant chez elle qu’à l'étranger – et coordonne un grand étalage de comportements et de technologies afin de soutenir sa contre menace préventive. 

Du Trinidad à la Place Tiananmenne, chaque état moderne est optimisé pour la guerre, chaque pays peut entrer en guerre instantanément et lutter indéfiniment, sinon être dévasté en quelques moments, chacun est un chef-d’œuvre de la gestion d’armes. 

Nous avons oublié presque toutes les technologies et mentalités (religieuses ou idéologiques) incontestablement paisibles, même celles de proto paix inventées par des civilisations d’armes moins défendables que les nôtres.  Tout ce que nous admettons comme paisible, nous l’aurions douloureusement oublié très fréquemment et dû le réapprendre aussi péniblement. 

Par définition, une gestion entièrement paisible demeure « préhistorique » : par-delà la représentation de nos écrits historiques parce que notre histoire l’a détruit. 

 

La technologie d’armes dévie des économies paisibles de leur niveau soutenable de développement et de productivité.  Même en temps de paix, beaucoup d’ouvriers sont mis au ralenti afin de satisfaire les demandes du recrutement militaire.  De nombreuses technologies paisibles sont rejetées comme inefficaces du point de vue coût, telles que l’énergie solaire et du vent.  En revanche, de ruineuses technologies d’armes bénéficient de primes doubles et triples.  Les centrales nucléaires, par exemple, réclament des fortunes quintuples : les deux premières défrayant leurs coûts de construction et d’opération, et les trois suivantes, leurs coûts en aval de sécurité, de décontamination et de disposition de déchets.

 

« Selon une analyse publiée en 1998, Norman Myers et Jennifer Kent de l’université d’Oxford, ont établi les suivantes subventions globales par année : de $390 à $520 milliards à l’agriculture, $110 milliards aux combustibles de fossile et à l’énergie nucléaire, et $220 milliards dans les eaux.  La somme de ces subventions et d’autres surpasse $2 mille milliards, parmi lesquels beaucoup sont d’autant nuisibles à nos systèmes économiques qu’à nos gouvernements.  L’Américain moyen paye deux mille dollars par année en subventions, ce qui dément la croyance que l’économie américaine s’actionne selon un marché vraiment libre.  Un fort prix supplémentaire, difficile à quantifier mais considérable, est imposé sur l’environnement naturel qui doit supporter ces fardeaux d’extraction et de consommation. » Edward O. Wilson, The Future of Life (Le future de la vie), Alfred A. Knopf, New York, 2002, p. 184.

 

L'éducation inadéquate et le sous-emploi ne réduisent jamais l’inflation, nonobstant que ces réductions soient la justification habituelle de tels abus.  Le chômage ne résout jamais des problèmes économiques, il les aigrit. 

Pendant la deuxième guerre mondiale – en dépit d’une mobilisation totale et son plein emploi – l'Amérique élimina l'inflation en taxant rigoureusement ses profits militaro-industriels et en les redistribuant au moyen d’un GI Bill charitable/éducationnel, (un projet de loi américain visant les GIs vétérans de la deuxième guerre mondiale) et des programmes d'aide économique à l’étranger (le Plan Marshall pour l’Europe en particulier et ceux moins bien publiés en faveur du Japon et des « petits tigres » d’Asie.)  Le peuple et le gouvernement suédois l’ont autant bien réussi, d’après la deuxième guerre mondiale jusque leur déchéance réactionnaire de fin de centenaire, dans le prochain terrain de stationnement de MacDonalds tout comme les autres.  Ils l’ont réussi en taxant sévèrement le tout et prodiguant de cette fortune pour des travaux, emplois et services publics.

En revanche, les infractions et émeutes se multiplient sûrement en parallèle du chômage.  Les taux de recrutement militaire se rehaussent dans la même mesure, ainsi que la qualité des recrues dans les forces de hargne (armées.)  Les réactionnaires politiques s'en réjouissent comme des larves dans de la pourriture. 

Les gaspillages – soit d’origine criminelle, industrielle, de l'environnement ou d'impôts – partagent ceci en commun.  Comme la carcasse d’une baleine découpée sur la plage, ils laissent traîner des couches épaisses de graisse financière, en temps de paix ; celles-ci peuvent être recyclées avec plus grande efficacité durant les urgences militaires à suivre. 

Voici pourquoi les directeurs d’armes ne réussissent jamais à contrôler l’injustice habituelle, le crime impuni et les inefficacités économiques.  Elles se prolifèrent en temps de paix, en dépit des tentatives bien intentionnées de les éliminer.  Réinvestis de façon plus efficace en temps de guerre, ces grossiers gaspillages de paix financent des projets imprévus mais cruciaux d'armes. 

Obtenir qu'un état en armes opère de manière juste et efficace, ce serait pareil à obtenir qu'une décharge d'ordures sente comme des roses.  Remarque que l’on peut bien y parvenir, en couvrant ces ordures de terre arable et en y plantant des rosiers ; mais ce ne serait plus alors une décharge d'ordures.  Les technologies d’armes ne peuvent se transformer en technologies efficaces de paix, sans les réduire et sans exposer leurs réducteurs à des techniciens d’armes encore plus réactionnaires et mieux armés, chez eux comme à l'étranger.

 

La réputation nationale, voici un autre figurant clé dans la formule de menace.  Combien de guerres antérieures furent terminées avec succès ?  Combien de fois l'armée obtint-elle victoire ?  Combien de fois fut-elle battue ?  Souvent à la suite de leur défaite et de façon paradoxale, des armées battues se rendent en adversaires plus dangereux que celles jouissant d’une longue série de victoires.  Survivre la défaite militaire et rétablir la cohésion politique, voici des tâches gouvernementales beaucoup plus exigeantes que celles d’une simple direction d'après victoire.  Cela demande une gérance supérieure afin de transformer une défaite militaire en succès à long terme.  N’importe quel incompétent peut diriger une nation victorieuse ; n’en sont un ou plusieurs en train de le faire à présent ?  Les meilleurs chefs d’après la défaite pourraient battre ceux plus médiocres d’après la victoire.

Le général américain, George Patton, affirma que personne n'a gagné de guerre en demeurant sur la défensive.  L’expérience américaine de la guerre au Vietnam et celle des Russes en Afghanistan l'auraient rendu aussi confus que ses confrères militaires imitateurs de John Wayne, tant capitalistes que communistes.  Sans doute aurait-il exigé que nous détruisions ce genre d'adversaire sur-le-champ, à coups de bombes nucléaires.  Comme des généraux français en Indochine voulaient y induire les Américains à Dien Bien Phu : larguer une bombe atomique (plusieurs ?) sur l’énorme cible dont ces généraux avaient rendu l’armée Vietminh, en déployant leurs troupes d’élite comme appât dans le mille. 

En réalité, personne n'a jamais réussi de victoire militaire décisive.  Ces victoires sont soumises aux imperfections du monde matériel, tout comme d’autres événements au monde.  Alexandre le Grossier de Macédoine s’est bien approché de la victoire totale, mais ses triomphes lui ont coûté sa vie et son empire. 

L'Amérique peut se vanter d’avoir sans doute gagné les deux guerres mondiales.  Pourtant, sa multitude de pertes en guerre depuis, son complexe boursouflé militaro-industrio-divertissant, ses infrastructures civiles croulantes, ses étudiants ignares et sa direction stupide et de connivence : tous nient ce scénario de vie en rose.

 

En guerre totale, se sont les plus courageux, obéissants, idéalistes et les mieux appliqués qui tombent aux premiers rangs du combat.  Des incompétents, des lâches, des fossiles mentaux et des opportunistes sont laissés, dans l'ensemble, pour recueillir les morceaux.  L'Europe a ainsi pris des décennies pour se remettre de ses paroxysmes, l'Amérique ne s'est jamais remise de sa guerre civile et les pouvoirs ex-communistes viennent juste d’émerger de leur coma traumatisé.  Une nation ravagée par la guerre totale ressemble à la victime d’un coup de cerveau ; celle-ci retrouve, peu à peu, l'usage paralytique de ses membres, de sa voix et sa mémoire.

En fin de compte, chaque empire se rend la proie de ses contradictions internes.  Seulement des organisations superbes sont capables d’absorber leurs pertes vicieuses et d’émerger en retenant tout de même un succès durable.  À la suite de la défaite, des techniciens survivants de paix – les meilleurs perdus au combat en tant que chefs de petites unités et simples soldats gentilshommes, sinon massacrés des deux cotés en tant que chefs de commune sans défense : instituteurs, docteurs, prêtres et tels – raccommodent la structure sociale effilochée, restaurent des bases épuisés de production et rassurent un public fortement secoué.  Une fois qu’ils auront rétabli une infrastructure modeste de paix, des directeurs d’armes réapparaissant, renouent leur contrôle illicite et reprennent leurs abus habituels.

Je ne puis imaginer à quoi notre civilisation ressemblerait si tant d’artistes, braves gens et savants géniaux n'eussent péri en guerre.  La culture mondiale serait sans doute beaucoup plus belle, raffinée et signifiante—moins encombrée de mauvais goût, de bric-à-brac produit en série et de vétilles littéraires, philosophiques et politiques favorisées par les médiocres vicieux que la guerre totale épargne et promeut à leur place.

La technique de survie d'une communauté battue rend une étude plus intéressante que celle des empires militaires « prospères » que nous sommes tenus à étudier avec révérence.  Ceux-là ont tendance à s'écrouler après la mort de leur initiateur charismatique sinon peu après leur première défaite sérieuse.  En outre, l'histoire de la mentalité paisible, c’est un staccato d'inepties bien intentionnées qui s’achèvent toujours en défaite absolue.  Les stratégies d’après la défaite devraient donc stimuler la curiosité des Apprentis. 

Nous pourrions tirer certaines conclusions à l’égard des dissidents d’armes.  Leurs interminables défaites les rendent aussi affamés du succès que paumés comment l’atteindre.  Tout aussi fâcheusement, ils sont également obstinés quant à l'immuable validité de leurs répétitions récentes de tactiques futiles, et négligents de leur faillite intégrale autant dans le passé qu’au présent.  Comme des aliénés mentaux attrapés dans une boite sans sorti, ils répètent à maintes reprises les mêmes distractions vides en attendant des résultats supérieurs.

Les réactionnaires retiennent un avantage significatif sur les progressistes.  Leurs chefs n'ont pas besoin d'être admirables.  Au contraire, il serait mieux qu’ils soient draconiens, préjugeant, arbitraires et punitifs.  L’humour ne leur est pas nécessaire, c’est plutôt pour les faibles.  Toute déviation sous-entendue de ces extrêmes sera reconnue comme une tactique hypocrite et le déviationniste, appréciée pour sa capacité de tromper les crédules. 

Ces conservateurs choisiront un mufle, un médiocre, un arnaqueur enjôleur ou un sot évident, dès que celui-ci promettra d’embrasser leurs conspirations d'avidité avec délectation suffisante.  Les réactionnaires n'exigent aucune politique rationnelle.  Au contraire, la plus émotive, simplificatrice, évasive, se servant soi-même et préjudiciable que leur politique se rende, le mieux pour eux.  Les entrains de base auxquels ils font appelle sont l’avarice, la panique et la plainte de soi.  En fait, n’avoir aucune politique, à part des banalités ad hominem, cela ne semble que réduire leur vulnérabilité aux critiques raisonnables.

Beaucoup de politiciens conservateurs ont fondé une carrière prospère sur la fraude, les supercheries, le chantage et pire, partagés en exclusivité avec des éminences grises.  Ceux les plus admirés focalisent leur malice sur une minorité de proies choisies.  Leurs méfaits coutumiers, si rendus publics, les précipiteraient dans une oubliette politique : (Joe McCarthy, Richard Nixon, Kurt Waldheim, Radovan Karadzic, etc.)  Malheureusement sont-ils protégés par des élites d’information également corrompues. 

Ce sont des habitudes de longue date des réactionnaires américains, de lier les pattes aux Nations Unies, lobotomiser le State Department, (le ministère américain des affaires étrangères) et planter des chefs troglodytes dans les communautés de renseignement stratégique.  Le moins de maîtrise que démontrent ces organisations, le plus nombreux les guerres et les crises sur terre et le plus de profits de guerre, extraits au bénéfice de leurs patrons dègeulasses.  Après quelques générations de cet abus systématique, tout ce que l’on peut attendre de telles agences, c’est de l’ineptie se haussant les épaules, stagnation bureaucratique, massacre dans les coulisses, shadisme de bigot et semence sur commande de panique médiatique.  Des revenues gigantesques de taxation vont dans la poche des pires malfaiteurs qu’ils peuvent trouver tant chez eux qu’outremer.

En revanche, les progressistes hésitent à soutenir n’importe quel chef ; ils s’attendent à ce qu’un Moïse leur guide dans la terre promise.  N'importe qui dont la sainteté intégrale n’est pas certifiée, ne sera jamais jugé digne de leur dévouement.  Cette incertitude moraliste comprend leurs plus grandes gloire et faiblesse.  Le chef parfait qu'ils attendent si placidement, peut être facilement assassiné, laissant libre le terrain politique aux réactionnaires et leurs bandits certifiés pour une nouvelle génération ou deux, centenaire ou deux, jusqu'à ce qu'une autre cible charismatique ait les boyaux de se lever debout afin de se faire promptement descendre, et ainsi de suite. 

Les progressistes ne se rendent pas compte de ce phénomène central : que la Voix et Vision parfaites qu'ils attendent si résolument, perchent dans leur superconscience collective ; là sont-elles à l’épreuve de l'assassinat politique et du défaut de caractère.  Ils sont trop effarés pour prendre le premier pas, qui serait de se rallier sans trop se soucier de leurs faiblesses particulières et d'organisation.  Ils préfèrent déléguer le risque et la responsabilité de cette transformation à quelque messie miroitant en mirage dans un avenir nébuleux et bien reculé.  Quels lâches moraux !

 

Beaucoup de conquêtes à l’étranger n’ont été que de présomptueuses expéditions de pillage, ambitionnées par des intermédiaires cadets.  D’insignifiants militaristes, entrepreneurs, politiciens et fanatiques religieux ont conspiré à submerger des bureaucrates métropolitains incertains sous des averses d'encre et de sang bien rouges. 

Quant à l’influence des riches, eh bien !

 

« Toute action politique éminente qui engage un nouveau courant de capital et une forte variation dans les valeurs actuelles d’investissement, doit obtenir l'autorisation et l'aide pratique de ce petit groupe de rois financiers…

« Créer des nouvelles dettes publiques, lancer des nouvelles compagnies et susciter des variations persévérantes et considérables dans les valeurs : ces trois considérations rendent leurs affaires avantageuses.  Chacune les apporte dans la politique et les catapulte du côté de l'impérialisme.

« Les affaires publics concernant la guerre aux Philippines, ont enfoui quelques millions de dollars dans les poches de M. Pierpont Morgan et ses amis ; la guerre entre la Chine et le Japon, harnachant pour la première fois l'empire céleste à une dette publique, et l’indemnité qu'elle devra payer à ses envahisseurs européens, quant à ce conflit récent : tout cela apporte du blé aux moulins financiers de l’Europe.  Chaque concession, qu’elle soit ferroviaire ou minière, arrachée d'un potentat étranger mal disposé, voici une autre affaire avantageuse à l’accroissement du capital et au lancement des compagnies.  Une politique qui suscite des frayeurs d'agression … et qui incite la rivalité entre des nations commerçantes, … invoque de vastes dépenses aux armements et des dettes publiques qui s’accumuleront pour toujours, tandis que les doutes et risques provenant de cette politique encourageront cette persévérante oscillation dans la valeur des titres, si avantageuse au financier habile.  Il n'y a aucune guerre ni révolution, ni assassinat anarchiste, ni autre choc public qui ne rende un profit quelconque à ces hommes : ce sont des harpies qui sucent leurs gains de chaque nouvelle dépense forcée et trouble subit dans le crédit public…

« Il est vrai que la politique de ces messieurs n’est pas forcément faite pour la guerre ; là où elle provoquerait des dégâts trop étendus et permanents dans la cohésion matérielle de l’industrie – la base primordiale de leurs spéculations – c’est à ce point qu’ils lanceront leur influence pour la paix.  [Nota : Ceci fut écrit avant la première guerre mondiale qui démentit en permanence cette conclusion.] … Mais toutes les hausses de dépenses publiques, oscillations dans le crédit public à moins de sa chute subite, et entreprises audacieuses selon lesquelles des ressources publiques peuvent être rendues garantes de spéculations privées, toutes celles-là seront avantageuses à ces gros prêteurs et spéculateurs.

« Étant donné la part dans l’expansion impériale que jouent les influences non économiques : de patriotisme, d’aventurisme, d’expéditions militaires, d’ambition politique et de coups de théâtre philanthropiques ; il pourrait sembler que d’imputer tant de pouvoir à des financiers, ne serait que de prendre un point de vue historique trop étroitement économique.  Et il est certain que le moteur du pouvoir impérialiste n'est pas principalement financier.  Les finances sont plutôt le gouvernail de ce moteur impérial, dirigeant son énergie et déterminant son travail.  Elles ne constituent pas le carburant de ce moteur ni ne fournissent-elles directement sa puissance.  Le monde financier manipule les forces patriotiques qu’engendrent des politiciens, soldats, philanthropes et négociants ; l'enthousiasme pour l’expansion, en jaillissant de ces sources, est désordonné et aveugle quoique puissant et authentique ; l'intérêt financier possède les qualités clairvoyantes de concentration et de calcul, exigées pour mettre en oeuvre l’impérialisme.  Le politicien ambitieux, le soldat frontalier, le missionnaire trop zélé, le négociant arrogant : tous sont capables de suggérer sinon d’entamer un premier pas vers l’expansion impériale ; ils peuvent contribuer à l’instruction de l'opinion publique et patriotique, du besoin urgent d’une proposition nouvelle ; mais l’ultime détermination repose dans le pouvoir financier.  L'influence directe exercée sur la haute politique par les grandes boites financières, elle est soutenue par le contrôle qu'elles exercent sur le corps d'opinion publique au moyen d’une presse qui se rend de plus en plus leur instrument obéissant, dans tous les pays soi-disant civilisés. » L’impérialisme : Une étude, (en anglais, Imperialism, A Study) par J. A. Hobson, George Allen & Unvin Ltd., Londres, 1902, quatrième impression, 1948, pp. 57-60. [Nota : Les italiques grasses sont les miennes.]

 

Une situation bourrée de troubles, de craintes et d'incertitude, cela produit le meilleur profit pour une petite élite financière.  L'escroquerie favorite des très riches, c’est d’apporter l'étincelle la plus ardente de confrontation, à la plus épaisse vapeur explosive de tension internationale, sans incendier la piscine d'essence dans laquelle nous pataugeons tous. 

Ainsi, la guerre froide nous a laissé cent cinquante millions de morts de guerre, des milliards additionnelles de famine et de maladie évitable, et des millions sans compter de réfugiés ; elle a servi comme crèche luxuriante pour des profiteurs de guerre.  Tant qu'ils réussissent à ce jeu sanglant, ils en obtiennent d’inimaginables richesses.  Pourtant, dès qu’ils ratent leur coup, même pour un petit moment, et BOUM !  Voici que s’engouffreront leurs propres gosses dans l’abattoir de guerre totale, avec presque tous ceux restant au monde.

Les Apprentis défieront ces politiques.  De leur point de vue, une politique internationale excellente car bien informée produirait le pire climat possible pour des investissements de haut risque : trop ennuyeux, pas assez de risques et d’incertitudes pour des victimes distantes ; trop de reconnaissance particulière, d’entretiens intimes (« Comment vont les gosses ? ») et d’expressions d’estime mutuelle.  Plus personne ne resterait assez convenablement ignoré pour se rendre en victimes déshumanisées en masse de façon profitable ; plus personne ne menacerait ses intimes proches ou distants des échéances de tels désastres, soit improbables.  Plus aucun profit là-dedans et beaucoup plus d’ennuis.

Une efficace politique internationale se servira de force minime afin de réduire les tensions globales.  Au moyen d’interactions cosmopolites, la communauté clairement supérieure sacrifierait quelques concessions secondaires afin de rééquilibrer les affaires après chaque nouvelle crise.  Des modérés locaux gagneront plein appui, tandis que les extrémistes de prisme et les chaosistes seront désarmés en utilisant force minime.  Cette politique frustrera les spéculateurs de haut risque sur la surface terrestre.  Les Apprentis déplaceront leur attention là où leur addiction aux crises ferait de son mieux : dans l’espace extraterrestre.

Dans cette gérance d’Apprentis, tout instrument trouverait sa place, réalisant en coopération relative ce qu’il ferait de mieux et permettant à ses doubles de réaliser le restant de façon harmonieuse.  Plus jamais de gérance d’armes : quelque culte ou idéologie institutionnalisé (quel que soit son attrait) dominant partout par force brute, accablant le monde entier et ne parvenant à rien contrôler de façon efficace.  Il me semble apparent que Dieu seul retient la capacité de contrôler tout sous les cieux ; jamais une idéologie quelconque qu’ait inventée l’homme et qu’il soutint à force d’armes.

Quand une politique d’armes se gâte en massacres et désastres, ceux-là ne peuvent être caractérisés comme « des échecs » ni « des erreurs » comme nous avons été menés à les croire.   Au lieu, les directeurs d’armes ont empiré ces fâcheux résultats de façon délibérée.  Après chaque désastre et crime massif, nous sommes réduits à spéculer, « Qu’est ce qui aurait mal tourné ? »  La réponse ?  « Rien n’a mal tourné.  Tout s’est déroulé strictement selon les plans de la gestion d’armes. »  Chaque fois que nous méprenons les conséquences monstrueuses de la gestion délibérée d’armes avec celles accidentelles de l’avidité, de la folie sinon de la stupidité – toutes insignifiantes – nous aidons les directeurs d’armes à brouiller leurs traces. 

Nous ne pouvons même pas considérer la guerre nucléaire totale comme un échec de la part de ces gestionnaires d’armes.  Après tout, des abeilles guerrières meurent, une fois qu’elles ont piqué de leur dard, et cette conséquence fatale ne leur empêchera pas de piquer une cible menaçante.  Et celles-ci peuvent se flatter, durant leurs derniers clignotements de conscience, qu'elles ont rendu honneur à leur devoir.  Voici le cas pour ces holocausteurs nucléaires auxquels nous avons rendu les moyens de terminer la vie civilisée sur cette planète afin de défendre des valeurs qui peuvent sinon ne pas être considérées légitimes.

 

Les embargos d’armes ne réussissent non plus.  Les nations et peuples légitimes souffrent la plupart des dégâts d’un embargo bilatéral d’armes.  Ceux-là ont raté pendant la guerre civile en Espagne, l'invasion italienne en Abyssinie, la récente crise en Yougoslavie, en Irak d’entre les deux guerres et dans d’autres lieux et saisons. 

Reniant toute justice, le premier réflexe des agresseurs sera de se munir d’entrain davantage de munitions que leurs victimes.  Quand des agresseurs attaquent, ils s’arment d'avance jusqu’aux dents.  Des entrepreneurs bien organisés (sinon criminels) leur fourniront plus d'armes sur demande, pour un prix.  Ces intermédiaires sont fréquemment les mêmes pouvoirs autorisés à réglementer l'embargo d’armes.  Au demeurant, des braves gens prises comme victimes et leurs gouvernements légitimes souffrent du choc principal de tout embargo d’armes.

 

La rappelle rituelle des Américains, de leur traumatisme à Pearl Harbor, a approvisionné un état d’hyper vigilance internationale à la gâchette facile qui a su retenir le monde au bord de son siège pendant un demi centenaire. 

Il est ironique de constater que le Président Franklin Roosevelt a pu connaître en détail le plan d’attaque de l’amiral Yamamoto, bien avant que l’alignement des cuirassées à Pearl Harbor fût bombardé.  Des milliers de pertes américaines, des centaines d’avions détruits et huit cuirassées obsolètes sombrés dans la boue d’Oahu : ces pertes furent moins douloureuses que celles du scénario alternatif le plus probable.

Si la flotte combattante des U.S.A. avait subi l’attaque japonaise avec moins de dégâts, elle aurait sortie à la rescousse du Général MacArthur et de ses troupes aux Philippines, selon un plan « Orange » rédigée dix ans auparavant par des « amiraux de cuirassée. »  Quatre porte-avions américains, (convenablement absents de Pearl Harbor, le 7 Décembre) avec presque tous les autres combattants que la marine américaine eut pu attacher, (leurs avions obsolètes et pilotes novices ; leurs radars primitifs, peu fiables ou inexistants ;  leurs torpilles névralgiques au point d’être inutilisables) auraient convoyé des divisions entières de soldats réguliers et de Marines américains, aussi des centaines d’avions, de pièces d’artillerie et de chars, le tout empaqueté (presque l’entier inventaire de cadres entraînés et de machinerie combattante aux U.S.A.)

Quelque part dans le Pacifique oriental, au-delà de tout appui et pris au piège dans une toile d’araignée de bases aériennes fortifiées japonaises, ils auraient dû confronter dix porte-avions japonais dont les avions furent superbes et leurs pilotes aguerris, vingt cuirassées modernisées, des essaims de submersibles et d’escortes hérissés de torpilles « Longue Lance » fatales.  Ces jours-là, les amiraux américains bigots renvoyaient la prouesse de leur adversaire.  Voulant de leur peau, les Japonais ne se seraient encombrés de transports gênants.  Des duels aériens et des attaques de submersible durant toute la journée – encore plus déséquilibrés en faveur des Japonais que ceux à Midway et aux Îles Salomon, durant lesquels les Américains ont à peine gagné à force de sacrifices héroïques et de minutage miraculeux – se seraient alternés avec des accrocs balafres de nuit, comptant sur des yeux primitifs et l’entraînement brutal, au lieu des technologies de radar en enfance : ceux que les Japonais gagnèrent de façon routinière.

S’aurait été une reprise de la bataille de Tsushima.  Cette fois-ci, les Américains, aveuglés par leur bigoterie et manque de radars, auraient été massacrés aux mains des marins samouraïs, au lieu des Russes qui périrent parce qu’ils emmagasinèrent des tas de munitions apprêtées dans leurs casemates et tourelles d’artillerie secondaire, (afin de prévenir une subite attaque de torpilleurs japonais) qui sautèrent de façon sympathisante durant les premiers coups d’artillerie primaire japonaise à longue portée.

Au lieu de la boue peu profonde d’Oahu, les actifs militaires les plus vitaux de l’Amérique auraient sombré au fond de l’océan le plus profond sur terre.  Tous les survivants ayant combattu jusqu’aux Philippines, auraient tout simplement additionné à la prise japonaise de prisonniers affamés. 

Chancelant après ce débâcle, manquant de soldats entraînés afin d’encadrer sa force armée d’envergure globale, les Etats-Unis auraient pris une autre décennie afin d’atteindre leur niveau 1944 de compétence au combat.  Par nécessité, ces Américains auraient ignoré l’Europe, au-delà de la défense statique de l’Angleterre.  Nous aurions dû contre-attaquer au lieu en Hawaii, Australie, Inde, Chine et peut-être même au Panama, afin de sécuriser des bases d’aviation à longue portée pour nos armes atomiques.  Contrairement à nous-mêmes, ceux-là auraient eu besoin désespéré de bombes atomiques afin de bloquer leur ennemi autrement instopable.

Une fois de plus, les gérants des deux cotés se sont accordés à faillir leurs planifications et négociations d’avant la guerre ; ils ont eu recours au militarisme passif-aggressif, au lieu de poursuivre la paix—précisément comme nous l’échouons aujourd’hui.  Tous les opposants ont commis ces erreurs, tamponnées par la Société châtrée des Nations, bien avant l’incident de Manchourie.  Nos Nations Unies ne sont pas même marginalement supérieures.  Aucun gouvernement actuel ne peut revendiquer comme son but la paix globale; donc aucun parmi eux ne peut revendiquer ni honnête légitimité ni vraie souveraineté (sauf au pistolet avec notre consentement taciturne, comme durant un piratage de l’air) : eux tous peuvent et doivent être remplacés par autre chose de mieux.

 

Tandis que les pouvoirs de premier ordre sont fascinés par les dynamiques de la force, ceux plus faibles sont également tentés d'en avoir recours, tant que les plus forts s’en abstiennent.  Des sots de rang élevé (les Agresseurs yougoslaves durant les années 1990, par exemple) ont raisonné que cette retenue soit une signe de faiblesse à être pleinement exploité.

Ce dilemme est central.  Quand des sectaires d’armes bloquent le chemin de la paix, ils devraient être désarmés par force minime.  Ce serait plutôt une question d’intervention rapide policière, que de celle militaire réalisée trop tard, à laquelle nous nous serions habitués.  Des moyens contestables – comme d’attraper dans leurs blousons de nuit des dictateurs de pot de chambre et lancer des boîtes de gaze soporifique dans les branches de ventilateur de conventions au bidon, avant qu'elles ne puissent légiférer plus de guerre – ceux-là pourraient être jugés légitimes.  Nous devrons toutefois compter sur des procès de jury devant la cour du monde afin de rendre jugement final quant à la légitimité de ces tactiques.  Les modérés locaux doivent être encouragés par tout autre moyen.

 

Endurant d’énormes sacrifices, une nation battue peut rattraper la supériorité stratégique de son ancien bourreau ; après un certain temps pourrait-elle ressembler à son ennemi, beaucoup plus qu’elle ne souhaiterait admettre.  L'imitation, c’est la forme la plus sincère de défense légitime.  Les perdants ranimés seront tentés de défier leur ancien ennemi en un match de rancune.  Dans ce cas, ces adversaires ont simplement changé de places : les paramètres opérants restent semblables, reflétés mais non dérangés autrement.

 

Un autre élément prend de l’ascendant sur cette formule de menace dissuasive : le nombre d’années homme gaspillées en combats, soustrait annuellement de la main-d’œuvre productive et en permanence du registre des vivants.  Même si l'humanité eut consacré à l’inaction l'effort et les ressources colossales gaspillées en guerroyant, nous tous pourrions gagner une vie confortable en ne travaillant que quelques semaines de dix heures et quelques années de quatre cents ; nous pourrions poursuivre nos sujets de passion tout le restant du temps (sinon ne rien faire du tout) et nous serions mille fois plus riches en tout cas.

 

La cohésion politique qui relie un prolétariat à son élite, voila un autre coefficient crucial dans cette formule d’armes ; elle ne peut être feinte ni contrainte pour bien longtemps.  La défaite surgit quand le prolétariat d'info ne soutient plus son élite de façon spontanée.  Ce mécontentement populaire doit demeurer amorti. 

Dans tous les scénarios sauf les pires, (voir BOUM, ci-dessus) les élites d'info sacrifient très peu comparé aux avantages qu'ils empochent ; ils réservent ce privilège au prolétariat d'info. 

À long terme, l'opinion publique doit rester apathique, même pour des guerres trop longues et coûteuses (et quelles guerres ne le sont pas ?)  Comme durant les guerres mondiales, une fois que les enfants des élites seront massacrés aussi fréquemment que ceux du prolétariat, leurs parents, gérants de cette guerre, refuseront d'opter pour la paix.  Après tout, ils ont déjà rendu le sacrifice suprême.  Ils ne céderont pas avant que leur nation protectrice ne soit aplatie et eux plantés au pied du mur.  Il s’agit de prévenir ce sacrifice et le transformer en une célébration partagée par ces mêmes acteurs.

 

Le nombre de guerriers bien entraînés, multiplié par leur tau de feu, divisé par le temps requis pour les ravitailler, multiplié par leurs vitesses de croisière et de lutte ; divisés par le poids de feu du défenseur, par sa capacité de se creuser dans la terre, par son blindage, par la rapidité de ses manœuvres d’évasion et le remplacement de ces pertes ; multipliés par... Les directeurs d’armes ont raffiné de façon compulsive les éléments complexes de cette formule de menace.

D’ailleurs, le colonel T. N. Dupuy a tenté de formuler cette équation de façon définitive dans son livre, Understanding War (Comprenant la guerre.)  Il ne l’a pas encore réussie : ses résultats à l’égard de la guerre en Irak, projetant d’énormes pertes américaines aux mains de l’armée de Saddam Hussein, n’ont pas été prédictifs.  Cette formule existe, bien qu’elle n’ait pas encore été publiée correctement.

Selon une procédure remarquablement semblable à la sélection darwinienne, des éclatements cycliques d'innovation technologique ont favorisé les moyens d'attaque et de défense.  Ces variables, et beaucoup d’autres, composent une formule compliquée de menace.  Les éléments comprenant la morale militaire, la moralité et la culture, (la volonté de tuer en dépit de son interdiction divine, par exemple) sont des fois plus importants que les détails militaires de quincaillerie et de stratégie.

Le philosophe chinois, Sun Tsu, peut-être l’ultime théoricien militaire sur terre, lista cinq requis non négociables pour la victoire, il y a quelques milliers d’années :

 

·        Climat

·        Terrain

·        Direction

·        Doctrine militaire

·        Volonté populaire

 

Vraisemblablement, tout en plus, bon ou mauvais, peut être enduré, fabriqué de toutes pièces ou arraché de l’ennemi.  Cette liste pourrait autant bien servir les buts de la paix globale.

 

Les attaques modernes nucléaires, scalaires et biologiques annulent toutes les formes connues de défense.  Des techniciens d’armes ont optimisé cette formule de menace, au point de la rendre inopérable et inutile.  Les armées (les forces de hargne) modernes – comprenant de superbes guerriers, leurs armes exquises et leurs extraordinaires appuis paramilitaires comme paraciviles – courent le risque d’écroulement subit et total sous une averse de bombardements : d'ordinateurs, de bombes nucléaires et d’atteintes biologiques, météorologiques et de propagande.  Les armées contemporaines sont ainsi de moins en moins en mesure de produire des résultats acceptables, tout en même temps que leur maintient coûte de plus en plus.

L’écroulement subit de la logique de ce système de valeurs, rend pertinence au livre APPRENTIS.  L’attirail vénérable de nos états d’armes s’est rendu obsolète ; leurs gloires, justifications et tactiques, rendues dérisoires pratiquement d'une nuit. 

Si tu as consciencieusement suivi ce train de raisonnement, tu devrais à présent être aussi effaré qu’animé.  Tout ce que nous serions venus à croire s’est rendu trop toxique pour être ingéré.  Cela dépend à présent de nous, d’inventer des meilleures options.  Il en est temps !

 

Il est temps que nous optimisions la formule du fauteuil au dépens de celle de la menace.  Ce projet pourrait nous sembler irréaliste et même inaccoutumé à nos façons de penser.  Ne permettons pas à cela de nous retenir.  Nous avons bénéficié de si peu d’entraînement dans la paix—à la différence de la guerre totale dont nous sommes experts.  Afin de permettre la paix de fleurir, nous aurons besoin de récupérer des compétences ancestrales oubliées, les obtenir de la superconscience collective qui, elle, n'a rien oublié. 

Jusqu'à ce que ces propos soient universellement admis, des mentors d’armes se serviront de l'égarement hypnotisé des masses afin d’annuler ce débat.  Les Apprentis ne les remplaceront jamais avant que des majorités globales ne consentent à résoudre leurs problèmes en unisson et en paix, en dépit de tous les beuglements pour encore plus de guerre et moins de paix.  Manqueront, entre-temps, toutes les tentatives isolées d'améliorer la communauté – qu’elles soient d’origine individuelle, institutionnelle ou mystique – inondées dans des contradictions sociales qui les entourent. 

Il est notre devoir de défier la mentalité d’armes dans toutes ses incarnations.  Nous devons gommer la mythologie d’armes de notre conscience, récrire nos lois et lutter pour une paix digne de confiance.  Qu’autant de sacrifices possibles soient transformés en célébrations afin d’y parvenir ! 

Dis-toi : « Je suis prêt. »  Trouve tes semblables également prêts.  Agissez ensemble afin de disséminer APPRENTIS.  Une fois qu’assez d’entre vous l’auront lu, compris et vous en servis afin de vous rallier, vos mesures subséquentes se rendront évidentes, chacune à sa place et dans son propre temps.

 

 

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APPRENTIS: De la terre en armes au monde en paix

 

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