- CARL MARX -

 ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTIS          INTRO ET VOCABULAIRE

 

« D’établir, dans sa part de la production, l’unique pivot à l’ouvrier de sa revendication des moyens d’exister – comme le fit Marx lui-même dans sa théorie des valeurs ouvrières qu’il saisit d'Adam Smith – ce ne serait que de lui couper l’herbe sous ses pieds, alors que la robustesse de la production approcherait à la perfection.  En réalité, la revendication des moyens d’exister repose sur le fait que l'on fait partie d'une communauté, comme un enfant fait partie d’une famille.  L'énergie, la connaissance technique et l'héritage social d'une communauté, ceux-là appartiennent autant à tous ses membres, puisqu’au fond les contributions et les dissemblances particulières sont entièrement insignifiantes. 

 « [L’appellation classique d’un tel système universel de distribution des essentiels de la vie, comme l’ont décrit Platon et More, bien avant Owen et Marx, c’est le communisme et je l’ai retenue ici.  Permettez-moi, cependant, de souligner que ce communisme doit être d'après Marx, car les faits et valeurs sur lesquels repose ce communisme, ne sont plus les paléotechnicités sur lesquelles Marx avait fondé sa politique et son programme.  Par conséquent, le communisme, comme je m’en sers ici, n'implique pas l’idéologie particulière au dix-neuvième siècle : d'absolutisme messianique et de tactiques bornées au militarisme, auxquels s'accrochent d’ordinaire les partis communistes officiels ; ni n’implique-t-il une imitation asservie des méthodes politiques et des institutions sociales de la Russie soviétique, nonobstant combien admirables le courage et la discipline des soviets. ] [Les italiques et crochets précédents sont de lui.]

« Quant à la production et la consommation : les différenciations, les préférences et les primes spéciales ne devraient être prises en considération qu’après que seraient assurées la sécurité et la continuité de la vie elle-même.  Ici et là avons-nous établi les préliminaires d'un communisme de base, dans la fourniture de l’eau, de l’instruction et des livres.  Il n'y a aucune raison apparente de se figer de ce côté d’une norme commune de consommation.  Une telle base de comptabilité n'aurait aucun rapport avec les capacités et vertus particulières : une famille de six a besoin d'à peu près trois fois les marchandises qu’en aurait celle de deux, bien que cette première n’eut qu’un seul salarié et l’autre, deux.  Nous donnons au moins un minimum de nourriture, d'abri et de soins médicaux aux criminels ayant sans doute agi contre l’intérêt sociale ; alors pourquoi le nier aux paresseux et aux obstinés ?  De supposer que la grande masse de l'humanité appartiendrait à cette dernière catégorie, ce serait d'oublier les plaisirs avantageux d'une vie mieux garnie et plus riche. » Lewis Mumford, Les technicités et la civilisation

 

Je ne sais pas si Karl Marx possédait un sens de l’humour ; ses quelques écrits que j’aie lus n’en témoignent d’aucun.  Seulement des nations les mieux pourvues d’humour pourraient blairer le Marxisme classique. 

Durant les mi-1800s, la famille de Marx subsista en pauvreté londonienne, tandis qu'il épuisait son petit revenu dans des abonnements aux journaux étrangers.  Pauvre mec, pauvre famille. 

Il prétendait que l’infériorité des prolétariens résidait dans leurs difficultés financières en particulier, plutôt qu’en leur manque d'informations valides en général ; il le conclut, bien que les finances hautes et basses ne sont que des sous-ensembles mineurs du contenu total des informations et de leur écoulement. 

Le reportage fantasque des médias de l’ère victorienne, à l’égard des merveilles de pointe de la télégraphie et des chemins de fer, l'ont convaincu que les communications humaines avaient abouti en un nouveau couronnement de perfection.  Si les communications mondiales avaient vraiment atteint cette cime, Marx aurait pu trouver ses nouvelles de haute qualité pour des sous par mois sinon moins. 

Même aujourd'hui n’en sommes-nous pas mieux pourvus.  L’information prétendue gratuite, voici la plus tordue.  Cela coûte beaucoup d’argent et de temps afin d’acquérir des nouvelles à l’épreuve de biais mesquins et d’agendas (d’ordres du jour) dissimulés d’intérêts spéciaux.  En effet, l’information, c’est le biais et l’agenda ; cela doit bien l’être.  Saurions-nous pourtant moduler minutieusement cet écoulement d’information afin de lui rendre biais et agenda paisibles : biais favorable et ordre du jour d’intérêt général ?

 

Dans un milieu optimal de communications, Marx aurait pu échanger sa brillance analytique pour un salaire plus que confortable.  Ce ne fut pas alors le cas et ça ne l'est toujours pas (me voici comme exemple.) 

Il espérait que ses prolétariens d’argent refuseraient de combattre leurs frères ouvriers provenant de terres étrangères.  Après tout, ils partageaient plus en commun qu'avec leurs propres élites d'argent.  Combien errait-il !  À travers l'Europe, des chefs de partis ouvriers ont cédé aux chauvins nationalistes, en exigeant que leurs partisans se massacrent durant deux guerres mondiales et encore plus auxquelles ils ont posé cachet depuis. 

Les chefs syndicaux sont aujourd’hui au premier rang de la dévastation écologique, du crime organisé et du militarisme de statu quo ; ils défendent ces activités méprisables au nom de leur sauvegarde des boulots.  Ils ressentent grand embarras à s'accorder avec leurs « alliés » progressistes (bien que tous deux soient également incompétents à réaliser la paix) et confronter leurs « ennemis » communs de société d’entreprise d'armes.  Il leur est plus facile d'opposer des idéaux progressistes et de se soumettre à la tyrannie corporative ; d’autant plus facile de s'engraisser, eux et leurs bureaucraties, des droits de remise en rabais des syndicats et des pots de vin corporatifs en surcroît—et d’entreprendre le moins possible autrement.  Je leur ai tendu la main et ai subi leur rejet sans exception.

Les petits travailleurs ont voté contre eux en nombres croissants, à pied et depuis tirelire, sinon ont vu leurs boulots s’envoler, au nom de « l'efficacité économique globale. »

Rosa Luxembourg, Karl Liebknecht et leurs disciples spartakistes furent des mutins célèbres à l’encontre de cette folie militariste.  Entre les deux guerres, leurs camarades dirigeants syndicalistes les ont trahis aux proto nazis allemands.  Ces martyres de paix furent brutalement assassinés.  Étant donné cet exemple salutaire, de telles organisations et activistes syndicalistes n'existent plus, aujourd'hui, lutant pour la paix.  Leurs revendications se perdent, au lieu, dans des considérations secondaires et de troisième ordre, comme toutes celles d’institutions « convenables » aux gérants d’armes.

 Marx n’a jamais expliqué comment les prolétariens devaient s'accorder avec lui et ses conclusions extraordinaires.  Comment y parvenir, sans absorber toutes les informations qu’il acquit si péniblement et sans se communiquer franchement entre eux ?  Ce fut là une trahison interdite dans la plupart des cas : la police du jour s'assura que rien de tel n’aurait lieu ; les dirigeants des partis communistes se sont tant bien assurés que leurs subordonnées n’en discuteraient franchement. 

La clef de la subjugation prolétaire était la privation d'informations et elle le demeure.  Le manque d'argent n’est qu’un symptôme et conséquence de cette privation d'informations.  Personne n'a diffusé ce message avant APPRENTIS et personne n’en a prêté attention suffisante depuis. 

Nous avons été privés de l'information suivante : nous sommes impuissants parce que privés d'informations vitales.  Qui plus est, nous ne nous serions jamais rendu compte qu’il fallait EXIGER des meilleures informations ; nous avons toujours été satisfaits de l'information (le malpige, comme la malbouffe) que l’on nous permit d’assembler malgré milles obstacles institutionnels nous confrontant afin de l'acquérir.  Il ne nous sembla ni possible ni pratique de rassembler des meilleures informations supplémentaires.  Notre transformation communautaire afin d'y parvenir, cela nous semblait impensable.

Voici l'erreur principale de Karl Marx.  Étant donné cette triste erreur, ses conclusions subséquentes furent aussi boiteuses que celles de ses philosophes confrères d’auparavant et depuis.  Nous ne pouvons écarter la dialectique d’armes et de paix d’une analyse valide des politiques d'information, non moins que d’escompter la pesanteur inertielle dans les calculs de la mécanique orbitale. 

Sinon doit-on se contenter d’une analyse politique orthodoxe, équivalente aux épicycles terra concentriques et aux étoiles figées dans des sphères en cristal, publiée concurremment et assidûment depuis.  Deux milles ans d’attardement dans notre analyse politique !  Nous nécessitons l’équivalent d’une politique Copernicienne, remplaçant la terre centrale de la mentalité d’armes par l’astre majestueux de la mentalité paisible—nous permettant ainsi de mieux gérer nos affaires.  Emery Reves m’a devancé quant à cette analogie, dans son livre en anglais, L’Anatomie de la Paix (Anatomy of Peace.)

 

 Voici un autre mythe d'armes : d’attribuer d’authentiques libertés aux systèmes économiques ligotés par des conditions d'armes.  Nous discuterons des implications économiques de la dialectique d’armes et de paix, dans un autre chapitre d’APPRENTIS.

Une économie d’armes peut être équipée par des chasseurs glaneurs ; elle peut être bouvière ; agricole (en première vague selon les Tofflers du livre renommé Le Choc Futur) ; industrielle (en seconde vague) ; ou informationnelle (en troisième).  Elle peut être décentralisée ou collective, incontestablement ou obscurément militariste, particulariste (ne favorisant que quelques individus) ou totalitaire (ne favorisant personne pour bien longtemps.)  Ses prises de décision peuvent s’établir selon le précédent, l'autorité ou l'intérêt particulier.  Chaque option stimule la coercition, l'injustice, la guerre en masse et le gaspillage des ressources et talents : contredisant formellement la propagande dont se favorisent les gérants d’armes.

 Les pandémies de chômage, de sans-abri, d'apatridie, de réfugiés, de famine, d’épidémie et de génocide entrepris par guerre tribale (s’alternant barbare primitive et techno raffinée) sont ces jours-ci des méthodes usuelles de disposition des masses humaines.  Nous désignons de tels désastres, accélérés comme ils sont par le gouvernement, des « complexes de catastrophe. »  Comme s’ils pourraient marcher autrement que de façon complexe ?  Tandis que nous durcissons nos cœurs à cette infamie, nos chefs ratifient notre pénurie émotionnelle, en décalant des suppléments de richesse vers eux-mêmes.  L'ultime résultat, c’est une philosophie dite « de chaloupe de sauvetage » prescrivant de consigner les faibles aux requins. 

Quel raisonnement absurde nous a fichu dans cette galère ?  Soit que nous nous trouvions dans une chaloupe surchargée, ne perdons nul temps noyant à main armée les plus pauvres.  Il s’agirait plutôt d’ajuster toutes les mains aux rames et aux écopes, chaque béquille et chiffon au vent ; de pointer la proue au réseau de secours le plus proche ; et puis, priant n'importe Dieu que l’on veuille, RAMER À FEU D’ENFER ! 

 

 Quel est le fondement de l'exploitation humaine ?  Marx énumère divers intervalles d'exploitation ; il inclut les époques d’esclave et de maître, de vilain et de noble, de prolétarien et de bourgeois.  Étant donné la dictature planétaire de nos sociétés d’entreprise contemporaines, il pourrait nous permettre d'ajouter celle de l’isolat individuel à l’encontre des bureaucrates de sociétés d’entreprise et de gouvernement.  APPRENTIS incluent tous ces rivaux sous les appellations PROLÉTARIAT D’INFO(RMATION) et ÉLITE D'INFO(RMATION).  Cette paire constitue une dichotomie et fait partie d’une dialectique que chaque Apprenti doit saisir avec clarté absolue.

 

Marx remplit tout plein de pages concernant le jeu de coquille économique dont se divertissent des bourgeois futés, lorsqu’ils gonflent la valeur de l’ouvrage travailliste au-delà de ses coûts de production.  Ils s'enrichissent de la différence, au dépens du prolétariat.  Sans blague. 

Mais si ces camarades de classe supérieure s'engraissaient tout simplement en opulence fainéante, chaque prolétarien pourrait assurer son affaire depuis l'écoulement des richesses goutte à goutte vers le bas.  Après tout, ces bourgeois affectueux du confort payeraient une jolie somme pour des marchandises et services supérieurs, utilisant la main-d’œuvre dans sa disponibilité intégrale.  Ils ne dédaigneraient pas la dépense de quelques sous supplémentaires pour stabiliser leur ordre de lois.  Des états de secours sociaux sont meilleur marché à administrer que ceux policiers : ruineux, eux, et plus balourds.  Ces premiers états d’armes sont d’autant plus profitables, sauf comparés aux états jouissant d’une paix absolue.  Une nation jouissant de paix intègre serait infiniment plus lucrative mais incroyablement vulnérable à l'agression militaire.

 Au lieu, quelque part d’inconnu, la plupart de ces richesses sont jetées exprès, sans rendre de profit, et ne circulent plus.  Marx négligea ce gaspillage.  En dépit de son analyse en profondeur, il n'offrit aucune sauvegarde contre la prochaine cohue d’opportunistes superfétatoires : mafieux, arbitragistes, apparatchiki, directeurs de corporations déréglementées, travaillistes corporatifs/gouvernementaux, politiciens dits de politique correcte (et donc admissibles aux besoins des riches : voir les sept derniers présidents américains) et tels parasites.  Marx refusa de distinguer les bons administrateurs des mauvais.

Selon le sociologue allemand, Robert Michels, il existe une loi de fer de l’oligarchie.  Aussitôt qu’une organisation humaine se forme, le pouvoir gravite vers ses officiers permanents.   Soit le but originel de cette organisation, son but principal deviendra la préservation (et l’accroissement) de cette organisation et de son oligarchie ; ceci en dépit de la corruption qu’entraînerait inévitablement cette exigence. 

Personne, avant APPRENTIS, n’a déchiffré comment se servir de cette tendance au bénéfice du bien commun, au lieu de se soumettre à sa dégénérescence.  Comme un vieux maître sage en judoka confrontant un antagoniste plus jeune et mieux musclé que lui, nous pourrions utiliser les tendances de nos opposants et promouvoir au lieu le bien commun.

 

Pareillement, Marx écrit bien des choses concernant « l'aliénation du travail. »  Il ne rendit de raison précise moyennant quoi les membres du prolétariat doivent se détester et détester les travaux minables qu'ils effectuent.  Il décrit simplement cette auto détestation appliquée comme un autre abus général, vicieux et inexplicable de la part des bourgeois. 

 APPRENTIS exposent une raison claire pour laquelle les membres du prolétariat intellectuel doivent se dédaigner et détester leur place dans l’arrangement des choses.  L’aliénation induit très sûrement l’impuissance politique.  Le prolétarien d'information, aliéné au point d’être rendu impuissant, consent aux technologies maximales d'armes. 

Des gens disposant d’une sécurité émotionnelle suffisante pour leur rendre en franches amantes de leur monde et de leurs voisins, trouveraient mille raisons pour remettre en cause la mentalité d'armes ; elles saboteraient sa technologie et bloqueraient sa gérance à chaque opportunité : de façon dont nous, proprement aliénés, n’osons faire.  Si une nation doit se défendre militairement, elle doit interdire ce sabotage, le rendre impossible.  L'aliénation des masses, voici le moyen le plus sur d’empêcher au pacifisme mutin de déraciner le fascisme protecteur.

Mais parlons un peu plus de cette aliénation.

 

« Le nouvel ordre économique (du 19eme siècle) était indifférent à toutes les formes de communauté et d’association ; il détruit les affiliations coutumières du village, de la maîtrise artisanale et des associations paysannes. »  Roland N. Stromberg, Redemption by War: The Intellectuals and 1914 (La rédemption par la guerre: Les intellectuels et 1914), The Regents Press of Kansas, Lawrence, Kansas, 1982, p. 90.

 

L’aliénation est cultivée à la longueur de décennies de médiocrité culturelle, d’ordres sans valeur de picotement et de matérialisme philistin.  Quand rejaillit la guerre, cette aliénation se caille dans son antithèse : un séduisant et passionné rassemblement tribal, et le sacrifice de l’Autre effroyable. 

Soit pauvre ou riche, provenant de la plèbe ou de l’élite, réactionnaire ou progressiste, illettré ou intellectuel : chaque citoyen ressent l’attrait de ce ralliement sacré qui rend triviales les différences du passé et réimpose un sentiment communautaire autrement banni en temps de paix.  Quand deux pays s’abordent en guerre, leurs populations respectives accordent tout d’abord leurs différences et contradictions internes, afin de mieux combattre l’Autre.

Les raisons et justifications de cette guerre peuvent être fallacieuses, triviales et absurdes, sinon des mensonges fabriqués de toutes pièces ; ses conséquences, sembler désastreuses selon quiconque les noterait ; et des voix prévenantes, s’élever à son encontre.  Des gens raisonnables, qui verraient au travers dans d’autres circonstances, se mettront en rang de toute façon.  Les mêmes institutions culturelles, éducatives et rassemblant des nouvelles qui promouvaient l’aliénation stupide et rancunière en temps de paix, se précipiteront sur cette opportunité de rallumer la flamme de tribalisme atavique.  Chacun subit une sensation exaltée d’appartenance qu’il n’eut pu ressentir (n’ayant jamais été encouragé de le ressentir) durant des conjonctures normales.

Ce séisme émotionnel ébranla toute l’Europe avant la première guerre mondiale, et l’Amérique juste après l’onze septembre.  Son attribut le plus remarquable ?  Des gens parfaitement raisonnables – l’entièreté de l’élite intellectuelle devant sauvegarder la conscience collective – se précipitent du cosmopolitisme de routine et d’un pacifisme tiède, (« Ne devrions-nous pas partir en guerre moins souvent et seulement pour les meilleurs raisons ? ») tout droit dans la bigoterie nationaliste et l’hystérie de guerre.

Une fois que cette guerre ait revendiqué sa part tyrannique de victimes, ces mêmes intellectuels retrouveront leur centrisme par contumace paumé.  Ils ne seront plus capables, au prix de leur vie, de décrire ce qui leur prit dans la tête de se rendre en marchands marchant tant beuglant en guerre.  Le rappelle de cette mutation leur rendra muets.  Tout tranquillement oublieront-ils leur fugue exaltée—cela ne s’est jamais passé. 

Dans une communauté qui se vante d’hyper analyser l’éructation la plus récente d’un rock star, aucune recherche orthodoxe n’est permise concernant ce sujet tabou.  Et alors ?  L’antinomie d’armes et de paix en reste intégralement hors limite.  Bon sang !  L’on pourrait bien se demander pourquoi !

 

La seule suite fonctionnelle de chaque révolution communiste fut la transformation traumatisante des féodalités de subsistance agronome, en états militaro-industriels bien armés et capables de tenir le coup de toute agression.  Sans quoi, ces nations féodales ne purent se défendre d’états ayant consolidé leur technologie d'armes, le long de sanglants loisirs.

 L'expansion du colonialisme occidentale a reposé sur ce déséquilibre militaire, entre des états industriels, d'une part, et les sociétés féodales et peuples prèféodaux, de l'autre.  Les dynasties féodales choyées et leurs militaires se sont trop longuement consacrés à supprimer des révoltes locales et des soulèvements d’indigènes périphériques ; elles n'ont jamais pris la peine de développer des défenses compétentes à l’encontre d’une armée occidentale et mieux fournie.  Le féodalisme de subsistance n'a jamais produit l’énorme surplus économique, la main d’œuvre dédaignée et sous-utilisée, et les industries fumigènes et empestant qu’exigeaient ces armées. 

Pourtant, au prix d’énormes sacrifices et pratiquement d’une nuit, les états communistes ont su les produire tout à fait convenablement.  Ils ont alors procédé à l’échec de leurs agresseurs occidentaux, n'importe leur provenance.

Le communisme est un vaccin toxique que des sociétés féodales doivent s’administrer afin de s’immuniser de l’assaut hyper organisé d’états capitalistes d'armes.

 

« Presque tous les aspects du développement du capitalisme ont eu d’importantes valeurs militaires : des avances rapides dans la technologie, le transport et les communications, à l’évolution de nouvelles forces de classe économique, et aux répliques politiques et idéologiques à cette évolution.  En adoptant la terminologie coutumière parmi les sociologues, des transformations sociales ont eu des fonctions socio-économiques "manifestes" aux théoriciens sociaux contemporains, aussi des fonctions militaires beaucoup plus "latentes."

« L’on peut considérer le militarisme en masse comme le fit, par exemple, Karl Liebknecht en 1907 : comme la forme de guerre appropriée au capitalisme.  Mais il y à aussi un sens selon lequel le capitalisme industriel et la démocratie parlementaire étaient les formes sociales et politiques requises par une nouvelle forme de militarisme d’état.  À la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième, il devint évident que le nationalisme politique et les besoins directs militaires auraient des implications sociales.  L’impérialisme fit naître des reformes sociales ; l’insuffisance dans la main d’œuvre offerte aux militaires (en Angleterre, par exemple, durant la guerre en Afrique du Sud) souleva des inquiétudes quant à la santé et l'alimentation de la classe ouvrière.  La guerre a toujours retenu des implications pour le bien-être, mais au début du vingtième siècle, elle fut un instrument admissible de transformation.  La première guerre mondiale accéléra subitement cette transformation, rehaussant en particulier les espérances des travailleurs eux-mêmes : celles-là déçues dans le déroulement de cette guerre. »   Martin Shaw, Dialectics of War: An Essay on the Social Theory of Total War and Peace, (Dialectiques de la guerre : Un essaie sur la théorie sociale de la guerre totale et de la paix), Pluto Publishing Ltd., London, 1988, pp. 74-75.

 

Rappelle-toi la maxime d’armes, qu’elle soit issue de bouches capitalistes ou communistes : « Arme-toi jusqu’aux dents d'avance, sinon soumets-toi à l'esclavage. »   Aucune importance que l'esclavage de la mentalité d'armes et celle de la défaite militaire soient identiques.  Dans l'analyse finale, nous ne pouvons distinguer la souveraineté nationale de l’esclavage individuel – l’un crée l'autre – mais nous pourrions tout de même choisir entre l’esclavage de la terre en armes et l’émancipation du monde paisible. 

Les inconnus du monde paisible nous paraissent-ils plus terrifiants que nos habitudes hypnotiques et sanguines, ici-bas sur notre bonne terre en armes ?  Et alors ?  Affranchis-toi de tes appréhensions d’hypnotisé !

 Les militants communistes n'ont jamais eu l'intention de créer un paradis socialiste.  Ceci ne fut qu’une autre navette de mythe d'armes suspendue au devant des prolétariats féodaux d'info comme une carotte au devant d’un âne.  Le vrai but de l’avant-garde révolutionnaire fut d'optimiser d’un trait les technologies militaires domiciliaires, en dépit du retard évident des populations féodales et en particulier de leurs élites arriérées.

Malgré la mise en garde de Marx, chaque société prétendue marxiste s'est rendue également pourrie de dogmes d'armes.  Tous les idéalistes paisibles furent passés au Goulag sinon exécutés, autant du point de vue pratique qu’ils furent marginalisés et isolés du pouvoir capitaliste.  Comme toutes les autres sociétés d’armes, celles marxistes ont soutenu des formes inutiles et interdites de parasitisme d’armes : dictature minoritaire, privilèges de classe, génocide interne et externe, travaux forcés, police secrète, mauvaise gestion méditée d’avance et aliénation ouvrière ; à vrai dire, l’aliénation universelle coupant des communications : notamment celles entre l’élite et le prolétariat d’info.  Ces contradictions ont pourri chaque société communiste.

Ainsi, toutes les expérimentations communistes ont dégénéré en communisme de caserne, malgré tous les charabias idéologiques écrits en son opposition.  Toutes les contradictions qu’a déplorées Marx existeront dans chaque état d'armes, qu’il s’adhère au marxisme, au capitalisme ou à tout autre forme de divagation militaire.

La même chose s’est passée pendant la révolution française.  Marx le constata, puis l’oublia.

Les élites américaines d'information, soûles du pouvoir, ne cessent de trinquer leur triomphe sur le communisme.  La Chine et la Russie ont pourtant amassé assez d’armes nucléaires pour se protéger de tout adversaire à part le plus suicidaire, nonobstant leurs masses mal nourries et en guenilles.  Le communisme a atteint son but principal ; par conséquent est-il en train d’être péniblement repoussé, comme une vielle peau de serpent. 

Bien que le capitalisme soit aussi nécrotique, nous refusons de laisser tomber ce membre putréfié et greffer quelque chose de plus salubre au tronçon.  Au lieu nous obstinons-nous à absorber ses toxines de gangrène et nous attendons à transfuser ce pus purulent dans les anciennes communautés communistes, au détriment évident de celles-ci.   

Selon n'importe quel raisonnement sensé, les sociétés d'armes sont des marchandises corrompues, destinées aux tas d’ordures de l'histoire.  La victoire fantaisiste du capitalisme sur Das Kapital n'a pas restreint la lutte des classes ; elle a simplement rendu ce conflit plus nébuleux et moins surmontable.

 

Quelle est la fondation du pouvoir gouvernementale ?  Elle ne réside pas dans ses capitaux, comme l’ont confirmé les socialistes scandinaves et la grande dépression.  Les capitaux se répandent et refluent au caprice des très riches. 

Par « très riches, » j’entends ceux dont la richesse soit si vieille et énorme qu’elle leur rende transparents aux revues journalistiques et légales ; si riches que leur commerce d’initiés dans les bourses du monde soit non seulement légal mais prévu ; si riches que les chefs d’entreprise les mieux payés au monde et les dignitaires gouvernementaux les plus puissants sont leurs garçons de course.

Je doute qu’assez de gens comprennent l’accumulation tentaculaire d’intérêt composé au fur des centenaires ni des capitaux ni des pouvoirs inouïs que celui-ci pourrait mettre entre les mains de certaines personnes.  Ce genre d’entreprise, le fruit de générations multiples de rentes circulaires, est illégal à présent, mais ne le fut pas dans le passé.   Son tau d’intérêt aurait pu être très bas et donc assuré ; ces bénéficiers, en être indignes : cela n’aurait eu aucune importance ; ils seraient énormément riches et puissants de toute façon.  APPRENTIS leurs sont adressés en particulier—qu’ils jouissent de cette transformation mieux que quiconque, nous en jouirons de toute façon. 

 Voici le rapport que ces très riches entretiennent avec les élites d'information qu’ils dominent et le prolétariat d'information qui se déploie sous leur tour télescopique :

 

·     Les prolétariens d'info sont comme des animaux au zoo : ils sont sous commande totale et n'ont aucune idée de ce qui se passe ailleurs, hormis les quelques routines rassurantes qu'ils évaluent les plus importantes ; ils sont entraînés à ne s’intéresser de rien d’autre.

·     Les directeurs d'armes sont comme les employés de ce zoo : ils retiennent un contrôle quasi-absolu sur les animaux sous leurs mains et une certaine conscience de ce qui se passerait ailleurs, mais très peu sur leurs propres prises de décision et sécurité d'emploi. 

·     Les très riches ressemblent au conseil d'administration qui dirige ces deux niveaux inférieurs au zoo, tout en leur restant distant et invisible.

 

Qu’est ce qui serait réellement le responsable du zoo ?  Tu pourrais le désigner comme une partie ténébreuse de l'esprit humain : une valeur spirituelle favorisant surtout la satisfaction de sa curiosité et sa primauté sur le monde naturel.  Tous trois couches d'acteurs, leur avenir et leurs arrangements de classe, dépendent des commandes de cette valeur spirituelle. 

Chaque montée subite de la marée des finances, qu’elle soit inflationniste ou déflationniste, enrichit ces conspirateurs d'avarice d’apogée, aux dépens des restants.  Chaque sursaut de panique militaire promeut des directeurs d'armes, au péril des restants.  Chaque manipulation, privation et dégradation dans la qualité des informations semble simplifier la tâche de contraindre la classe inférieure.  La valeur spirituelle qui dirige cette procédure, c’est la mentalité d'armes.

Le pouvoir gouvernemental n'est pas non plus une question de force militaire.  Les états militaires les plus musclés ont menacé leurs voisins à tel point qu'ils furent submergés sous les nombres, sinon ont surchargé leur économie au point d’être conduits à la ruine, comme l’ont réussi les Soviets, il y a quelques années, et comme en parviennent les États-Unis aujourd’hui. 

Quand j’invoque la technologie d’armes, je te prie d'écarter la caricature du heurt de bottes cloutées, de fanfaronnades grinçantes et de démagogues hystériques.  Ne confondons pas la mentalité d'armes avec son sous-ensemble de militarisme fasciste.  L'humanité a trop souvent éprouvé cette pénible parodie ; elle s’en est tapée de nombreux désastres très prévisibles, par voie de conséquences inattendus. 

Si des armées de matamores de caserne et de gangsters choyés remplacent une police compétente et des administrateurs efficaces, elles perdent leur valeur défensive contre une armée étrangère, même également pourrie.   Même le plus fatal des états modernes d'armes doit amasser une bonne mesure de technologies paisibles. 

Comme paradoxalement démontré par les démocraties occidentales, le plus dangereux que se rend un état d'armes, la plus étendue doit être sa distribution perceptible de bénéfices paisibles.  La musique de Mozart et de Brian Ferry, la bonté, le jardinage, des (fausses) formes de progrès politique : cette prestidigitation de civilité doit être astucieusement compartimentée et subordonnée aux meurtriers buts primaires d’une société d'armes.

L'indicatif incontestable de la puissance politique se situe dans les communications, tout comme la clef du pouvoir individuel réside dans l’acquisition d’informations.  Quand des conspirateurs tracent les premières étapes de leur insurrection, les centres d'émission de radio et de TV seront parmi leurs premières cibles.  Merci pour cette illustration, Paul Lackman. 

Les états d'armes affirment leur souveraineté en limitant et simplifiant les transactions sociales tant internes qu’externes.  Une civilisation devient aussi puissante, libre et riche qu'elle permet à ses communications de se rendre complexes ; ceci en obéissant à une formule de fauteuil que nous passerons en revue dans son propre chapitre.  L’état d’armes sabote délibérément ses communications civiles, afin de mieux pouvoir les « contrôler. »   Ce contrôle fantaisiste de l’écoulement des informations nécessite que des communications contemporaines soient subverties et que leur accroissement ultérieur soit retardé exprès.  Cette déchéance doit induire davantage de pauvreté sociale ; son renversement intrépide, une abondance toute en proportion à la correspondante vulnérabilité militaire.

Un peuple raffiné peut opérer en vertu de lois libérales (dans son sens positif, inversé depuis par la mentalité d’armes qui l’a rendu dans son antonyme en anglais comme en français) et peut se prétendre libre à cause d’elles.  Son dialogue peut toutefois se homogénéiser au moyen de l’idéalisation des sports et du trivium d'opéra de lessive télévisée ; de discordes entre des adhérents polarisés d’idéologies triviales en noir et blanc ; de légalismes paralysants ; de doctrines machinales, liturgies adulées ou dogmes idéologiques ; de beuglements par un tyran dément ; de narrations obsédantes de crimes triviales mais dramatiques ; sinon d’une lame de fond de sottises dites commerçantes.  N’importe quelle combinaison suffira pour détourner le commentaire et l'attention publique de la dialectique d’armes et de paix. 

Voir les cinq cents mots clefs les plus recherchés sur l’Internet :               (http://www.searchengineguide.com/wt/2005/0118_wt1.html—je n’ai pas pu trouver son équivalent en français.)  La constance en majorité de leur futilité et trivialité pourrait te surprendre.

 Ces contaminants intellectuels peuvent être le plus facilement disséminés par des medias de monologue en masse.  Les médias de monologue, à elles toutes seules, (dont les communications vont dans un sens) réduisent la potentialité des communications par au moins dix fois.  Exactement les mêmes voies de transmission seraient capables d’apporter une dizaine de fois ou plus (peut être des milliers de fois plus) d'informations utiles, si ajustées de sorte que la moitié de leurs informations découlaient dans l’autre sens.

Ces communications équivalent à l'écoulement des informations, elles égalent à la richesse sociale : combien de dizaines et de milliers de fois plus d’argent que nous pourrions chacun nous permettre sans inflation, indépendamment de toute propagande idéologique affirmant le contraire.  Une multitude d'interactions personnelles et de dialogues complexes produit l'abondance d’une technologie paisible. 

Divisée, doit-on noter, par la somme des communications nuisibles. 

Tandis que ces dialogues se développent et s’étendent au-delà de l’ordre central, ils menacent de déstabiliser les hiérarchies d'armes, en leur rendant vulnérables à des menaces provenant d'extrémistes internes et externes. 

Afin d'enrayer cette déstabilisation, les propagandistes d'armes amplifient le volume (en quantité et sonorité), la pénétration et la répétition du monologue officiel ; ils simplifient la réalité officielle, jusqu'à ce qu’elle ne se rende en caricature de la nature.  Voici comment les prolétariens d'info sont intimidés dans la dissidence d'armes, la paralysie hystérique et l’autisme social.

 

Les dissimilitudes qui semblent exister entre des états d'armes communistes et capitalistes, sont strictement situationnelles, c'est-à-dire, basées sur leur perception de menaces géostratégiques. 

Plaçons la population des USA entre l'Europe, le Moyen-Orient, l'Asie méridionale, la Chine et la Mongolie ; et celle de l’ancienne Union soviétique, entre le Mexique, le Canada, l’Atlantique et le Pacifique.  Les Américains se seraient rendus plus rapidement en d’exécrables militaristes, alors que les Soviets auraient pourvu leur tyrannie militaire d’une saveur plus libérale.  Les laissant chez eux dans cette histoire, les Russes se seraient rendus plus libéraux pourvu qu’ils eussent pu bloquer leurs envahisseurs loin au-delà de leur frontière, tandis que les Américains se seraient rendus en totalitaires s’ils dussent mener leurs ultimes combats défensifs au bord du fleuve Mississippi, comme les Russes l’ont dû, au bord de la Volga.

Ce n’est qu’une question de la nature, de l’ampleur et de la proximité des hordes militaires que l’on se croit devoir tenir au loin.

Appliquons les niveaux actuels de menace posés par des assauts transcontinentaux d’armes nucléaires, scalaires et chimicobiologiques.  Qu'elles soient enfournées par engin balistique, émis et triangulés (comme des hologrammes au laser) par des vergers d’antennes scalaires bien pourvues d’énergie, sinon traînées dans des valises en carton par des fanatiques couverts de sueur : aucune différence.  Observons ces mêmes sociétés, puis toutes celles sur terre, se condamner au despotisme militaire cumulatif et à l’omnicide incontestable : « Mettez tout ce qui vit à mort ! » : l’ultime simplification de l’écoulement des informations…

 … À moins qu’un miracle de troisième millénaire ne permette à une masse critique de sages à travers la planète, d’entreprendre la transformation globale des Apprentis. 

Grâce à la toile globale : ce système de demi dialogue qui te permet de lire mon texte et moi, de te le transmettre gratis, nous pourrions espérer qu’une telle transformation ait lieu, en dépit de nos craintes et préjugés les pires. 

Participerez-vous, toi et tes compagnons, à cette transition dans un troisième millénaire paisible ?  Sinon en resterez-vous des spectateurs flegmatiques—encore pire, des adversaires dogmatisant en faveur de la mentalité d’armes ? 

Allons lire plus loin, Apprentis activistes…

Ces pages tracent le « pourquoi » le « comment faire » et les « résultats » de la paix globale qui nous attend.  Ce texte ne s’intéresse pas tant de sermons, mais d’ÈCHÈANCES.  En dépit de mon français de cuisine, t’aurai-je intéressé ?  Sinon demande-toi : pourquoi pas ?

 

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APPRENTIS: De la terre en armes au monde en paix

 

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