SOMMAIRE D’APPRENTIS INTRO ET VOCABULAIRE
Laisse-moi d’abord m’enterrer vif dans ma propre identité politique, si seulement au nom d’une pleine divulgation et d’un simplisme parfait.
Si tu es déjà investi de façon émotionnelle dans ta politique d'identité, tu pourrais me désavouer comme un de ces scélérats du type blanc, riche, bientôt mort, invariable et américain. À la trappe, de par ma chandelle verte ! Si tu te fiches autant que moi de ces détails triviaux, saute donc jusqu’à ma discussion des politiques d’identité en général, beaucoup plus intéressante que mes particularités d’aucun intérêt.
Bientôt mort : dans les décennies que tu as encore à te taper, en toute probabilité, alors que je me les contemple du revers.
Riche : de plus ou moins des 95% de la richesse planétaire que nous devrions partager globalement au ras des pâquerettes, mais n’en parvenons pas, puisque nous préférons nous chamailler concernant nos précieuses positions d’identité, au lieu de coopérer tous ensemble contre la mentalité monolithique d’armes qui ne s’égare jamais dans ces fadaises, sauf afin de nous y entortiller davantage, nous chaparder royalement et mettre en marche nos enfants pour mourir.
Tôt ou tard, la mentalité rampante d’armes commencera quelque part à incendier des demeures et faire disparaître des disparus, au moyen de nuques, d'armes scalaires, de mortiers au voisinage sinon de brûlots plus intimes et de maaaachete : prends ton choix.
Quelqu’un vient d’exprimer cette avis : « Si le pétrole s’épuise et l’on s’arrête de transporter de la nourriture à Londres, cette ville se transformerait en Darfour dans quelques semaines. » Cette même disposition s’applique partout où l’on se nourrit depuis des supermarchés―les corbeilles à pain du monde incluses.
Je me trouve confortablement situé sinon riche, ayant bossé des boulots accessoires, tant qu’il m’eut fallu le faire, et jouie de quelques années de loisir adulte quand que je fus assez jeune pour les apprécier. Les loisirs de longue durée sont gaspillés chez les vieux, tandis qu’obligatoires pour des jeunes victimes des premiers transports de l'amour et pour faire pousser des bébés.
Je rédige ce livre par travail en surplus, sans paye et tout seul, animé par mon amour artistique d’elle et sa douce contrainte, puis je bosse sans grand enthousiasme le restant du temps. Les meilleurs boulots sur la terre en armes nous engagent à écoper le Titanic avec un seau au lieu d’une passoire.
Si je n’eus pu jouir de tant d'aise financière, je ne t’aurai jamais transmis ce texte de façon bénévole, n’est-ce pas ? Tu peux remarquer que la plupart des gens qui signalent des découvertes les plus intéressantes et décisives, ne sont ni affamés, ni riches de manière obscène, ni nécessairement dépendant sur leur invention primaire pour leur gagne-pain.
Blanc : bien que comportant les mêmes cinquante millions de gènes que nous partageons tous en commun. Sur des fichiers officiels, je préfèrerai me designer « Autre. » Strom Thurmond, Jesse Helms, Jean-Marie Le Pen et leurs copains pitres vicieux sont des « blancs » : couleur de la craie et la mort. Ils sont bienvenus à cette appellation qu’ils ont corrompue en une insulte valide. Mort ou vif, je ne m’identifierai jamais avec leur espèce.
Toutes les races humaines me sont frères, sœurs et enfants. Rien n’est pire qu’une bagarre intrafamiliale. Je suppose que je devrai inclure ces vaches de blancs. Patience, patience …
Je ressens un meilleur bourdonnement « rush » en me désignant « Autre. » Je fête les gènes égarés bantous, mayas, berbères, mongoles, bushmen, etc., qui doivent orner mon génotype. La progéniture métisse est la plus endurcie, comme t’affirmera tout bon fermier. Va demander chez une mauvaise herbe.
Américain : à mi français, en réalité, allemand de vingt-cinq pour cent et irlandais au quart. Mes parents sont nés en Madagascar colonial et à Queens, New York ; et moi-même, à l'hôpital américaine à Neuilly. En d’autres mots, je suis un hybride Yankee Doodle, internationaliste, cosmopolite et fier de l’être ! J'ai passé ma jeunesse à défendre l'idéal américain contre des chauvins français et internationaux de mon âge et plus vieux, et le restant de ma vie, la France et le restant du monde contre des chauvins provinciaux américain. Qu’ils sont incomptables et omniprésents, ces chauvins dépossédés d'imagination, qui grouillent comme des larves ! Puis combien j’en ai marre, de leur rumine d’identité politique !
J'ai passé ma vie d’adulte en supplice, depuis l’assassinat de Kennedy et la guerre au Vietnam, à me demander combien ignoble l’Amérique dut se rendre pour me forcer au maquis maniant une arme automatique, aussi la plus grande partie comme dépendant public reconnaissant (mon père fut officier militaire) et fier commis des États-Unis. Que de paradoxes ! Je suis arrivé à craindre que je ne serai qu’un autre « bon allemand, » me soumettant, au nom de la paix, à la pire tyrannie fasciste que ces imbéciles de Republicans puissent fantasmer. Ah non, ça jamais !
Je suis tout aussi ambivalent quant à être franco-américain, que d'autre chose. La dernière minorité que des racistes dans les parages peuvent mépriser en public sans grand risque—du moins en mon absence. Une espèce noble et ambitieuse, celle franco-américaine. Scions des nations les plus riches, puissantes, réactionnaires et moins évoluées sur terre : résistant couramment aux traités internationaux de paix, de droits humains et de salubrité environnementale, et non leurs francs avant-coureurs. Lieux de naissance et berceuses des idéaux les plus magnifiques auxquels l'humanité ait aspiré, aussi des plus grandes perfidies entreprises en leur nom. Nous devrions mener franchement, ici ; tous, à part ces singuliers qui le résistent, aménagés fort paisiblement !
Allemand : Mozart et Himmler, kultur, fin raisonnement, science et civilisation … et la puanteur sans fin de latrines militaires. Puis Irlandais, en fin de compte, pour mieux pouvoir cuisiner toutes ces fadaises en un furieux ragoût Mulligan (mulligan stew.)
Homme : coupable comme inculpé, du moins la dernière fois que j'ai vérifié.
Invariable : que ma femme et d’autres belles dames me rendent heureux, chacune à sa manière !
Sinon, comme je préférerai faire imprimer sur mon maillot :
APPRENTI :
Ni de cette espèce
Ni de cette planète.
Tout cela n’importe que peu.
Je me rends compte que le moyen le plus facile de me présenter comme un imbécile, (après ma tentative de rédiger ce texte en français) c’est en généralisant au sujet des races et ethnies humaines. Comme si cela me retiendrait !
En ce qui me concerne, les expressions « ségrégationniste » et « politicien d'identité » sont synonymes et n’impliquent que les questions suivantes : Quelles sont les sous identités auxquelles tu élirais de retenir un préjugé, soit pour ou contre, et combien passionnément croirais-tu que ton bénéfice accrut en réduisant celui de l’Autre—tandis que tout le monde s’amuse à ce jeu crétin de somme zéro : ce que je dois gagner, tu dois perdre.
À ce point, tu dois comprendre que je n'ai rien de bon à te dire des politiques d'identité, et beaucoup à en critiquer, ayant souffert toute ma vie des claques du revers de sa main. Pars maintenant, si tu en es incliné, sinon demeure un peu auprès et écoute-moi jusqu'au bout. Rappelle-toi seulement que chaque fois que tu te trouves exclu, puni ou nié quelque chose d'important pour des raisons autres que ton mérite et le contenu de ton caractère moral, (comme l’a si bien exprimé le bienveillant Martin Luther King) les politiques d'identité, des tiennes et des leurs, s’en sont mêlées. Ne juge point, de peur d’être jugé.
Toute conclusion qu'un sexe soit responsable pour la paix, tandis que l'autre soutient la guerre : voici un autre mythe d’armes et simplification désespérée.
Une énumération partiale et partielle de noms nous aidera peut-être à réfuter ce préjugé : Catherine la Grande de Russie, Catherine de Medici, Elizabeth la Grande d'Angleterre, Jeanne d'Arc, Marie Thérèse, Rebecca Felton, Margaret Thatcher, Trung Trac, Trung Nhi, Phung Thi, Trieu Au, Tsu Hsi (Cixi, l'Impératrice douairière de Chine), Moulanne, Zénobie, Boudicca, Sémiramis et Indira (parcontre) Mahatma Gandhi, Bouddha, Asoka et Martin Luther King. Excuse-moi, je te prie, si j'ai raté ta conquérante favorite ou ton homme paisible favori.
L’ultime pouvoir des femmes pourrait résider dans leur droit catégorique d’interdire les plus sottes des décisions manifestées par l’homme. Si ce droit fut admis de façon honnête, les pires décisions humaines n’auraient jamais eu lieu auparavant ni ne seraient-elles possibles dans l’avenir.
La plupart des males alpha dominants comptent, dès le début, sur de l’agression patente. Beaucoup de femmes tendent à la coopération et au consensus à leur propre dépens, jusqu’à ce que leur famille intime ne soit mise en danger. Dans ce cas, l'agression féminine et alpha dominante se rend encore plus vigoureuse que celle virile stéréotypée. Des femmes se sont souvent trouvées chefs, après que leurs compagnons alpha dominants soient tombés au combat, aussi ont-elles souvent mené à conclusion prospère (ou à l’extinction) des batailles, sièges et guerres menant à l'annihilation.
Des chefs progressistes ont recruté jusqu'à présent plus de femmes, que n'ont les forces de la réaction patriarcale. De nos jours, ces réactionnaires ont découvert qu'ils peuvent recruter des maniaques délirants, aussi facilement parmi des femmes et des membres de minorités, que parmi de vieilles foulques riches et crayeuses.
Les progressistes doivent abandonner leur circonspection hésitante et adopter au lieu la vigueur inconditionnelle de femmes défendant leurs petits. Ils menacent les gosses ; allons donc les prendre !
Nos écoles sont des piliers d’enrégimentement d'armes ; des femmes les gèrent en grands nombres. Absente la mentalité paisible, ces chauvines pourraient différer légèrement de leurs équivalents virils, mais non gouverner plus sagement. Bien que de nombreuses femmes jouent un rôle de service dans les militaires modernes, leur rôle de direction militaire reste marginal, et cet apprêt des femmes pour la guerre a explosé la population de femmes criminelles.
Comme d’autres pièges de la politique d'identité, l’explication de la dégénérescence institutionnelle basée sur le genre n’est bonne qu'à inciter des suppléments de dissension. Le point crucial doit se trouver ailleurs. Pourquoi débattre les mérites relatifs du pacifisme à l’encontre du féminisme sinon de toute autre question d'identité ? Voici un exercice tant nul que de déclarer une jambe de chaise la plus importante—sinon un arbre dans la forêt.
Ce que j’indique au sujet des femmes, s’applique autant à chaque minorité abusée : raciale, ethnique, religieuse et sexuelle. Les femmes constituent rarement une minorité ; pourtant, des directeurs d'armes les ont malmenées comme telle (une partie du piège de la plante, rappelons-nous.) L'existence de minorités inoffensives n'a jamais validé leur persécution ; ces abus ne parviennent qu’à transformer des minorités jusque là inoffensives, en de dangereuses : un autre enchaînement global de la gestion d'armes.
De toute façon, l’ultime pouvoir des femmes réside dans leur veto de l’initiative des males, avant que celle-ci ne les précipite dans l’abîme. Derrière chaque male réussi se tient une femme assez astucieuse pour lui indiquer quand il faut s’arrêter net, de peur perdre son avantage. Ignorons à notre péril cet ultime devoir féminin. Je me répète parce que c’est tant important.
Un autre mythe d’armes, secondé des deux côtés de l’allée centrale, c’est que les homosexuels forment une avant garde des forces progressistes. Cette conclusion mène à un gros malentendu partagé par des réactionnaires homophobes et progressistes gais : qu’il faudrait être en quelque sorte homo érotique pour entretenir des idéaux progressistes.
Les progressistes gais soutiennent cette méprise afin de s'encourager ; les réactionnaires, pour rendre les progressistes aussi infâmes qu’ils présument les gais de l’être. Ces deux groupes savent très bien qu’ils se leurrent. Il est évident qu’il y ait au moins autant de réactionnaires gais que de gais du côté progressiste, et que les progressistes hétéro sont plus nombreux que ceux homo.
L’on pourrait parvenir à la même conclusion concernant le progressisme de toute autre minorité, vis à vis les restants.
La seule différence, c’est que les réactionnaires homosexuels doivent se taire au sujet de leur prédilection érotique que leurs alliés réactionnaires abominent, alors que les progressistes de toutes sortes ne partagent pas ce préjugé et ne font ni taire ni bannir leurs alliées de tendance homosexuelle.
Il ne s’agit pas d’abandonner le progrès général en faveur de son propre avancement ni celui de son groupe restreint d’identité – même au point d’abandonner de puissants symboles progressistes, comme la coalition de l’arc en ciel de Jesse Jackson, afin que les gays puissent s’en parer exclusivement – ni de perdre des batailles vitales, comme l’élection présidentielle aux USA en 2004, à l’idée que les gays doivent jouir tout de suite du mariage unisexe.
Se préoccuper de quelles membranes muqueuses puissent frotter celles de qui, tout en retenant l’approbation publique, voici qui serait parfaitement anodin si nous ne confrontions des milliers d’autres choix plus graves. Mais ce sujet nul sert très bien à la mentalité d’armes, comme parfaite distraction d’affaires plus importantes.
Mes félicitations pour vos indulgences d’identité politique ! N’osez pourtant plus vous prétendre progressistes ! Vous auriez autant bien pu dilapider des fonds progressistes afin de vous déplacer plus confortablement, vous et vos copains, à Tahiti. Comme de Bush à Ben Laden et vice versa, les réactionnaires vous remercient de vos démarches. « Nous n’aurions jamais pu nous emparer du pouvoir, sans votre aide ! »
Ces mêmes arguments s’appliquent aux minoritaires d’autres filiations. Par exemple, la controverse entre les partisans du pro choix et du droit à la vie. Qui s’en fiche, entre-temps, que tant d’adultes et d’enfants en pleine vie doivent être bombardés aux sous munitions ! Parfaitement incroyable et inadmissible, sur n’importe quelle planète sauf celle-ci.
Nous sommes progressistes dans la mesure que nous tenons au progrès et non par appartenance à une certaine conglomération d’identité prétendue supérieure, bien que choisie au hasard. Ceux qui souscrivent au progrès pour seul but d'avancer leur cause subjuguée, qui sacrifient des buts fondamentaux du progressisme afin d’avancer ceux moins importants de leur groupe d’identité, et qui se rendent en conservateurs beuglants du moment qu’ils aient saisi l’avantage, ne sont que des loups réactionnaires en pelisse de mouton.
Puis nous sommes tous des Apprentis, quelle que soit notre position d’identité. Tout le monde ! Toutes les personnes – que nous élisions de les mépriser ou les admirer – sont des Apprenties tout comme nous, et pour autant valables, par définition, à chaque Apprenti.
Je ne suis certain que des aspects suivants : je suis né sans le vouloir et vais mourir sans le vouloir. On m’a parachuté sur cette planète, en dépit de mes arrière-pensées. Après tout, elle a depuis trop longtemps été occupée par une majorité écrasante de crétins simplificateurs, gouvernée par des shadistes affectueux de leur corruption, munie d’une culture nullarde, contente de cette nullité et vouée à l’intentionnelle auto terminaison traumatique. Aucun autre alternatif n’est « envisageable » par cette même cohue de crétins. Faudrait une fabuleuse série de miracles inouïs pour contourner tout ça.
Je me distrais, entre-temps, en apprenant et refusant d’apprendre tout ce que je puis, comme nous tous le faisons. Trouve-moi quelqu’un qui ne le fait pas. Nous sommes tous des Apprentis.
L'introduction des femmes en situations modernes, d’ouvrière et de guerrière, voici une conséquence directe de la technologie d'armes.
Ces armes se sont rendues très fatales, vers la fin des 1800s, à tel point que la conscription universelle (mâle) dût être adoptée afin de satisfaire un formidable compte de cadavres. Cette fatalité s’est multipliée, depuis, par des milliers de fois. Ainsi le combat modern réclame des corps en surplus, femmes et enfants, afin de combler le tas. Les enfants, les âgés et les femmes (des soi-disant non-combattants) se trouvent de plus en plus souvent parmi les troupes de choc et amputés en choc du combat moderne.
Ce rehaussement en vrille de victimes « non-combattantes » n’a rien de neuf. Les mythes d'armes qui dictent que les non-combattants puissent demeurer en dehors du risque et que les guerriers réservent leurs mutilations aux adversaires armés, ce ne sont que des mythes et rien de plus. Au contraire, beaucoup d’anciennes sociétés ont annihilé des nations entières : hommes, femmes et enfants.
La guerre moderne tue des milliers de civils pour chaque soldat qu'elle tue. Il est plus facile d’abattre des gens qui ne demandent qu’à se tapir sous la ligne des tirs, au lieu de faire feu en réplique, sinon leur priver de nourriture et d’autres nécessités que les militaires peuvent toujours trouver bonne raison d’exproprier.
Faisons-en face : nous sommes tous des combattants. La question demeure : serions-nous des combattants Apprentis correctement armés et motivés, retenant l’opportunité de défense légitime ; sinon qu’une tourbe désarmée de bétails humains, mûre pour la tuerie d’état policier : soigneusement divisée et subjugués par nos suicidaires politiques d’identité ? À toi répondre.
La règle fondamentale de la victoire, c’est la concentration d'effort. Ceux qui défendent tout ne défendent rien, qui attaquent partout ne gagnent nul part. Au lieu d'attaquer en petits paquets tout le long de la ligne ennemie, sinon défendre chaque point avec résolution et vulnérabilité équivalentes, l’on doit trouver un point faible dans la disposition de l'adversaire et lancer au travers une force écrasante. Cette réserve doit être accumulée en lésinant dangereusement ailleurs. Une fois que se fracasse la ligne ennemie, d’autres réserves doivent être lancées dans l'intervalle. Ces puissantes réserves pourraient autant bien contre-attaquer l’assaut de l’ennemi, supposant qu’il s’estimait plus puissant que nous.
Les dissidents d'armes ont abandonné cet holisme idéologique ; au lieu se sont-ils mis à défendre chacune de leurs positions préférées d'identité. Ils ont abandonné la concentration d'effort – toujours capitale – et ainsi toute espérance de succès. Grâce aux politiques d’identité, aussi étroites d'esprit qu’égocentriques, des élites d'armes demeurent la seule minorité restante admissible au pouvoir.
Nous avons manqué de confronter nos pires péchés de racisme, de sexisme et d’âgisme ; ayant au lieu permis aux équivoques professionnelles de patauger et aux compromettants politiques de prendre le pas de côté des droits humains, doués comme ils sont de la finesse d’un long entraînement.
Qu’est ce que les politiques d’identité nous ont vraiment apportés ? Je te le demande. Il est vrai que tu jouis à présent du suffrage universel. Mais voici George W. Bush et ses antécédents inestimables, mis au pouvoir présidentiel par le suffrage universel. C’est pareil pour d’autres bénéfices sociaux : tous rendus radioactifs par les retombées de la mentalité d’armes.
Je te prie de mieux réfléchir, dans l’avenir : qui sont tes véritables ennemis et objectifs politiques ?
Pourquoi ne pas soutenir chaque quota d'éducation et mandat d’opportunité égal, jusqu'à ce que chaque minorité ait atteint sa représentation proportionnelle et simultanéité ? Pour chaque centile minoritaire d'une population, ce même pourcentage de candidats minoritaires devrait devenir des juges, cadres, gens d’affaires, agents de police, gouverneurs, législateurs et professionnels—sinon le chaos pourrait surgir de leur absence. Le simple mérite assortirait les mieux qualifiées de chaque groupe d’identité ; les médiocres et incompétents auraient plus grand trouble à justifier leur autorité, absent l’autorisation de leur politique d’identité de travers.
D’autres nous assurent que les adhérents des USA, de l'hémisphère occidental ou boréal, de la race blanche, du judéo-christianisme ou de quelque autre tribu prépondérante sont responsables pour tous les maux sociaux. Le monde des revendicateurs ne comporte que d’innocentes victimes et leurs vengeurs terroristes entièrement justifiés.
Dans des milieux de pénurie perçue, ceux qui jouent au jeu de somme zéro forment des petits groupes cohérents de gagnants qui intimident une majorité prédéfinie de perdants. Les chefs « gagnants » de chaque minorité abusée renvoient leurs « perdants » à la majorité ethnique, comme la source principale de leurs maux.
Les ségrégations raciales sont des dispositifs de triage de ce genre, comme le sont d’autres formes de ségrégation : nationales, religieuses et ethniques—en grande partie cosmétiques. D’habitude, les perdants, tant de la minorité que la majorité, sont menés à se haïr, les uns les autres, bien qu'ils aient beaucoup plus en commun qu'avec leurs gagnants respectifs.
En fin de compte, des élites d'info de toutes les races et nations abusent des prolétaires d'info d’elles toutes, et surtout des leurs. Des riches de la race blanche ont toujours exploité les blancs pauvres : la répétition servant le mieux à perfectionner l’exploitation. Ayant eu la moindre opportunité, des réactionnaires Hutus ont traqué tous les Hutus progressistes, avant de se jeter sur leurs voisins Tutsis. Les Tutsis réactionnaires en feraient de même contre leurs propres progressistes, s’ils en eurent le choix.
Remplace, dans cette déclaration, tes propres militants ethniques et nationaux ; note combien confortablement ces godasses leur vont.
Dans le monde réel, une organisation humaine choisit ses chefs à partir de ses membres individuels, et fait ensuite exactement ce qu'elle aurait prévu faire, dès le début – sinon ce qu’elle dut accomplir selon des contraintes la transcendant – aussi convenablement que permettrait la nature ; soit encouragé par son chef, soit en dépit de son mécontentement. Tolstoï en conclut autant. Toute considération de la gérance particulière, au-delà de ce seuil limitatif, doit être absurde.
Cette procédure de sélection se fonde d’habitude sur des phéromones, apparences physiques, droits de naissance et autosélection pour l’agressivité. Le charisme politique d’un Alexandre ou d’un Napoléon, et l’attraction sexuelle d’un Casanova ou d’une Cléopâtre, ne pourraient être que des suites irrésistibles de leur odeur corporelle ; les autres composants remarqués ne servant qu’à les renforcer ou les nuire ? Nous nous regroupons instinctivement autour d’eux, comme le ferait une ruche d’abeilles.
Je commence à soupçonner que ces individus tant remarquables durant leur époque et tant remarqués dans l’histoire, pourraient attraire des multitudes d’âmes à la dérive après la mort, à réincarner dans leur fameuse vie. Assumons que ces réincarnations transcenderaient l’espace et le temps, et n’auraient donc pas besoin d’être chronologiques ni géographiquement proximales ; (la supposition serait nulle que l’on devrait réincarner dans un corps en vie subséquente à notre décès et en étant proche.) Voici peut-être la source de leur charisme : des milliers d’âmes réincarnées en eux et revivant derrière leurs yeux ?
Ne te moque pas si vite de tous ces aliénés mentaux qui se prétendent d’être Napoléon ou Cléopâtre : elles pourraient nous raconter leur version de la vérité, et ce pourrait être nous les aliénés d’elle.
Hitler, Staline et Mao ont pu porter un parfum aussi attrayant sinon davantage que le plus saint de nos souverains. L’histoire militaire nous démontre que ce parfum et cette sagesse politique n’ont pas besoin d’être corollaires—et peut-être même l’opposé : que seuls des psychopathes en bénéficient. Cette procédure de démocratie holistique et subliminale se présente dans la plupart des hiérarchies humaines, indépendamment d'autres détails—et entièrement ignorée par nos études de science po. Elle est souvent irrationnelle, contre intuitive et contre productive ; néanmoins demeure-t-elle souveraine.
Il pourrait exister une autre source de ces préjugés raciaux et ethniques, en plus de celle induite par l’odorat. Positif ou négatif, ce biais pourrait avoir pour base des éléments immunologiques et neuraux, au lieu de ceux sociologiques (sinon leur étant complémentaires.)
Discutons du corps humain comme d’un poussiéreux balai à franges qui lâche des nuées de cellules mortes chaque fois qu’il est remué sinon touché. Au lieu d’être un revêtement caoutchouteux et homogène, la peau humaine consiste de couches de cellules, les plus externes desquelles ne sont plus attachées au corps : parées à tomber et s’éparpiller pour la moindre raison.
Disons que chacune d’elles dispose de marqueurs distinctifs : des composés de trace biochimiques capables d’identifier l’individu dont elle se détache : sa race, ses habitudes hygiéniques, son régime alimentaire et ses attributs sexuels, parmi d’autres possibles distinctions d’ethnicité ou de comportement.
Alors, quand des gens s’approchent les unes aux autres, sinon sont renfermées dans des lieux mal ventilés, elles respirent ces cellules détachées des autres. La préjudice particulière (de race, d’ethnie, etc.) pourrait être une forme très subtile de réaction immunitaire à leurs marqueurs biochimiques, les traces desquelles pourraient peut-être traverser en quantités infimes la barrière entre le sang et la cervelle, et induire des réactions de lutte ou de fuite, peut-être aussi facilement que celles d’affection familiale, de loyauté de clan ou d’attraction sexuelle.
Dans certains cas, des foules humaines commencent à agir comme un seul organisme collectif qui transcende le contrôle rationnel de ses individus. Aussi, des femmes logées ensemble synchronisent leurs cycles d’estrogène et commencent à avoir leur règle simultanément.
Des dispositifs biochimiques, neurologiques et immunologiques, comme ceux discutés ici, pourraient préciser ces comportements de manière plus scientifique. Des êtres humains peuvent réagir comme des insectes, par rapport à ces marqueurs biochimiques. Les versions humaines pourraient être autant plus complexes, comparées aux leurs, que nos communautés le sont en comparaison.
Il se pourrait que des gens charismatiques et des grands figurants dans l’histoire, aient un groupement du Type O, de ces marqueurs de trace, dans leurs cellules de peau : acceptable à tout le monde et induisant obéissance et adulation. Par contre, des bigots pourraient avoir une « allergie » aux éléments de trace du groupe ethnique qu’ils ciblent, leur préjugé pouvant être le symptôme d’une subtile maladie immunologique accentuée et renforcée par des normes communautaires de jugement et de méfait préjudiciable.
Ce texte propose de rationaliser cette procédure. Nous pourrions obtenir de meilleurs résultats au moyen d’un Apprentissage actif et d’autosélection pour excellence dans nos sujets de passion à travers l’Agora virtuelle du monde, capable de filtrer ces éléments neurophysiologiques de nos politiques ; sinon reconnaître cette maladie immunitaire, l’étudier, nous en servir dans sa meilleure application et régler ses méfaits—comme pour toutes nos autres technologies paisibles.
Jusqu’à récemment, en Amérique méridionale, des ségrégationnistes blancs se tapirent à ne rien faire de valable, en attendant que quelque personne noire ne s’exprime ou ne se conduise de manière interdite. Il y eut des milliers d’occasions malencontreuses. Ensuite purent-ils exposer leur rage, attaquer cette personne et lui imposer un grand malheur. Ces jours-ci, les moins créatifs de chaque minorité se tapissent en fainéantise équivalente, dans l’attente que quelqu’un à l’extérieur de leur petite niche d’identité ne dise ou ne fasse quelque chose qui ne leur plairait point, afin qu’ils puissent ruiner sa vie, puisqu'ils ne sont bons pour peuchère d'autre.
Les racistes sont des chauvins sont des xénophobes. La couleur de peau, le sexe, les tendances, la provenance et la religion de ces agresseurs raciaux et de leurs victimes ne sont pas importantes au shadisme—pourvu qu’ils soient différents et vulnérables.
Nulle race ni nation plénière n'a su comment promouvoir l'égalité raciale. Seulement des individus éclaircis et héroïques, appartenant aux deux races ou à plusieurs – souvent des âmes soeurs et leurs enfants métis – ont su comment l'atteindre et la transmettre.
Par contre, la ségrégation raciale n'est pas promue par quelques individus effrontés, mais par une race entière cherchant l’avantage dans sa dominance stratégique atteinte de façon aléatoire. Ainsi de même, les autres biais d'identité : de religion, d'orientation sexuel et d'ethnicité.
Qui serait le plus farouche raciste : le bigot dominant qui s’écorche l'âme en infligeant de la misère aux autres, ses égaux évidents ; ou sa victime fulminante de rage refoulée, en attendant l'heure de sa vengeance ? Cela importe ? Le poison qu'ils partagent demeure du poison. Il s'agit d'en découvrir l'antidote, non d’assigner le blâme ni marquer le score.
L'égalité raciale provient de l’éclaircissement autonome fondé sur l'expérience privé : « Cette personne gracieuse de l'autre race et son noble comportement m’ont permis de constater qu'ils ne sont pas tous si méchants que ça… Lui, c'est mon partenaire ; vire toi et ne l'injure plus ! »
La ségrégation et le biais raciaux proviennent de normes culturelles perverties par des politiques d'identité. « L’on m'a enseigné, depuis que je fus bambin, qu'ils sont tous des canailles. Toutes mes expériences quant à eux ont confirmé ma conclusion, parce que j'ai nié toutes mes observations contradictoires. »
Le problème central, c'est cette politique d'identité. Ceux qui basent leur valeur individuelle (leur supériorité) sur leur politique d'identité, se dévoient grièvement. D’être fier d'appartenir à un certain groupe d'identité, c'est bien ; de s'en croire supérieur et d’amoindrir celle d’autres, pour cette seule raison, ça ne l'est pas.
La solution est la responsabilité personnelle. Ceux qui fondent leurs actions et croyances sur leur évaluation particulière de chaque individu, promeuvent l'égalité raciale. En ce faisant, ils démontrent la noblesse de leur propre position d'identité. Par contre, les racistes rendent mauvaise mine à leur race ainsi qu’à leurs autres idéaux, tant valables soient-ils.
On ne peut s’échapper de cette vérité, quoique ce dénie paraisse séduisant et réconfortant. Si tu hais mes propos, je t'invite à m'appeler raciste : ce qui pourrait te permettre de te sentir un peu mieux. D’autres en ont fait autant et ont ainsi confirmé mon argument. Le raciste, c'est toi ; et le racisme, c'est ta précieuse position d'identité, du moins jusqu'à ce que tu permettes à ton beau cerveau de changer d'avis.
Qu'est-ce que tout cela aurait à voir avec la situation ethnique actuelle en France ? Voici ce que je propose.
Le biais ethnique est un phénomène culturel qui s'appui sur les croyances de l'individu. L'égalité ethnique, c'est une série de décisions spontanées de la part d’individus, soutenues par leur norme culturelle. Ce renversement des sources primaires et secondaires de croyance est très important.
L’on peut réduire le racisme en proposant des lois et institutions culturelles le contredisant, sinon le rehausser en proposant l'opposé, mais on ne peut créer l'égalité qu'en permettant aux personnes de s'en convaincre elles-mêmes. Le racisme peut être soumis par la force et le décret ; l'égalité ne peut pas être aussi facilement contrainte.
La misère humaine et l'inégalité ont ceci en commun : le gouvernement peut les rehausser ou les diminuer à son gré, parce qu'ils sont très prévisibles, calculables et vulnérables aux interventions institutionnelles.
Le bonheur humain et l'égalité sont communs dans le sens opposé : ils existent strictement dans l'interprétation d’individus directement impliqués, et n'ont aucun sens en ce qui concerne le gouvernement ni capacité d'être rehaussés ni rabaissés selon un diktat gouvernemental.
Voici ce qui advient quand on essaye de contraindre l'égalité : l'on interdit aux jeunes étudiantes sages d'obéir leurs parents et à leur religion. Leur interdire de porter la voile, c’est pure folie au nom de l'égalité. Je vous prie de vous en rendre entièrement compte, avant que vos conséquences inattendues ne débordent autour de vous. L’ultime tréteau de l’égalité public, c’est la guillotine—ce que les Français n’ont qu’à admettre.
Quant à la liberté, le bonheur humain et l’obligation gouvernementale de (réaliser quelque chose avec : foncièrement indéfinissable et absurde – Les défendre ? Les appuyer ? Pousser sur une corde avec ? ) voila des sujets favoris de George W. Bush et d'autres politiciens qui n’ont rien de mieux à proposer.
Tout ceci nous engage dans un intéressant embranchement du chemin à travers la brousse linguistique. La misère n’est pas l’opposé du bonheur. Cette misère peut être calculée, (combien t’es tu nourri et as tu bu aujourd’hui ; combien longtemps as tu souffert de cette peine ; combien de nuits as tu dû dormir sous la pluie ?) tandis que le bonheur ne peut être ainsi calculé—va demander chez un héritier millionnaire en voie au suicide, sinon à un mendiant sifflotant parce qu'il fait trop beau cet après midi pour manquer de le faire.
Ainsi de même, l’égalité ne doit pas être l’opposé de la discrimination. Est-ce que l’égalité serait pareille, entre les paires suivantes : des jumeaux identiques, un frère et une sœur, deux bons copains, deux étrangers de la même race sinon deux membres de races différentes ? Prenez deux minutes pour discuter.
Tandis que la discrimination, c’est assez net. « Ils sont tous inférieurs aux miens. »
Alors, quels SONT les antipodes linguistiques ?
· la misère – la satisfaction
· le bonheur – la tristesse
· l’égalité – l’injustice
· la discrimination – le jugement approprié
Pour l’instant, je n’ai aucune idée à quelle conclusion cette tabulation doit nous mener ; je sens pourtant qu’elle serait indispensable dans une discussion des fonctions gouvernementales.
Il s’agirait de ne plus jamais soutenir ces agresseurs d’identité politique, quelle que soit leur provenance : même si elle fut pareille à la notre et donc très tentante. Il vaudrait mieux que nous appartenions à un groupe beaucoup plus vaste que le leur, d’autant plus confiant, influent et bienveillant. Nous l’estimerions bien et compterions dessus pour nous empêcher de nous mêler d’agressions d’identité, et nous protéger de telles tout aussi assurément.
Jusqu’à présent, notre modèle de base des conflits d’identité politique fut celui des groupes d’au-dedans à l’encontre de ceux d’en dehors. Nous devrions rassembler tous les Apprentis dans un groupe chéri au-dedans, puis dans ce même groupe tous les infoprolétariens et ex-élites d’info ; ne plus laisser traîner personne en-dehors, sauf ceux le souhaitant en toute tranquillité.
Nulle communauté, quelle que soit sa conception, n’a pu s’immuniser d’ingénieuses, ambitieuses et persistantes conspirations d'avidité. Dans une civilisation d'armes, adopter une politique raciale serait aussi futile qu’une politique de genre, de transsexualité, de foi et de toute autre position d’identité. Il est d’autant inutile de distinguer le ton de peau, la richesse et le penchant sexuel des opprimés que ceux des oppresseurs. Si cette situation fut renversée et les victimes antérieures atteignirent dominance, une courbe de cloche, d'abus et de coopération, tout à fait semblable en résulterait.
Si tu te prétends appartenir à une minorité et présumes que tes chefs militants se comporteraient moins disgracieusement que ceux provenant de la cueillette actuelle, tu n’aurais qu’à consulter les résultats à long terme de toutes les révolutions d'armes dans l’histoire du monde, afin de confirmer ton erreur. Si tu déplaçais ton entendement assez loin en arrière dans l’histoire, tu serais horrifié de découvrir ta propre minorité dominante quelque part, et pareillement brutale envers ses subordonnés. Nulles exceptions, sauf au monde paisible.
Les Apprentis ne chercheront pas une dominance limitée à eux tout seuls ; ils poursuivront au lieu les ressources que nous puissions tous partager sans crainte. Apprendre : voici une conjoncture que les êtres humains peuvent partager en paix et abondance commune. Ne parlons plus de remplacer une élite d’info par une autre, (conformant mieux à notre position d’identité particulière) mais de créer une commune de biens d’Apprentis qui remettrait en valeur l’égalité de tous. Plus personne ne serait abandonné au froid, qui préférerait rester au chaud.
« ÉTRANGER : Alors, pensez-vous que ce soit un gaspillage de temps, de talent et de moyens pécuniaires, quand les pauvres se battent contre les riches et les puissants ? »
« FONDATEUR : En effet ; car si ceux qui sont pauvres aujourd'hui se rendent puissants… ils opprimeront alors ceux qui pourraient être rendus pauvres par ce changement, et agiront ainsi que les riches et les puissants ont toujours agi... du début jusqu’au moment actuel. » Robert Owen, Dialogues, 18-20. Pris de La vie et les idées de Robert Owen, par A.L. Morton, 1962, Monthly Review Press, New York, p. 125.
ENSUITE TABLE DES MATIERES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS: De la terre en armes au monde en paix
PAGE DES CONTACTS (sous développement)