SOMMAIRE
D’APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix
« Ton isolement n'est pas autant l’effet directe des actions ennemies, mais du fait qu’en parcourrant ce chemin tes expériences seront partagées par de moins en moins de monde, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne à qui tu puisses te faire comprendre. » Sarah Patton Boyle, « Crache dans l’œil du diable : Une hérétique méridionale te parle. » The Nation 1865-1990, Katrina Vanden Heuvel, Éditrice, p. 214.
En secret, tout le long de l'histoire, des maîtres d’armes et de paix se sont chamaillés notre tout : talents, croyances, corps, richesse, postérité, santé d’esprit et saint esprit. Ces premiers ont voulu nous protéger militairement de l'Autre et se protéger de nous. Les seconds, nous faire accepter l'Autre et nous-mêmes en paix.
Tu trouveras cette même concurrence, entre les partisans de la paix et ceux d'armes, que ce soit parmi les blancs et les noirs ; les chinois, les argentins, les nouvelle zélandais et les groenlandais ; les capitalistes, communistes, socialistes et fascistes (progressistes ou réactionnaires) ; parmi les athées, agnostiques, déistes, chrétiens, musulmans, païens et bouddhistes (fondamentalistes ou œcuméniques) ; autant parmi des habitants de la jungle maniant une technologie lithique que parmi des résidents de gratte-ciel aux technologies informatiques.
Aucune différence quant à cette concurrence universelle. Personne ne se porte mieux ni n'en est immunisé. Certainement pas moi, ni toi, ni le pape, ni le Dallai Lama, malgré tous nos préjugés nous menant au démenti.
Est-ce parfaitement compris ?
Leur rivalité tranche tous les clivages sociaux qui nous sont familiers : d’âge, de sexe, de race, de classe, de religion, d’idéologie, de géographie et de politique. Celles-ci sont en grande partie de simples étalages cosmétiques en comparaison, n'ayant réussi qu’à nous distraire de notre tâche principale : réaliser une fois pour toutes la paix au monde.
La DIALECTIQUE D’ARMES ET DE PAIX règle notre dialogue politique sur le plan d’un rigide coordonné cartésien. Nous devons tous parler en langue bifurquée, comme le doivent nos états. Les deux lames de cette langue en fourche – l’une guidée par les maîtres d'armes, l'autre par des maîtres de paix – partagent trois particularités. Elles sont toutes deux :
· Dialectiques : parallèles le long l'axe de la compréhension.
· Antithétiques : perpendiculaires aux croyances de l’autre.
· Antinomiales : directement contradictoires des résultats projetés par l’autre.
Ce galimatias en langue bifurquée et trois fois nouée induit l’ANTINOMIE D’ARMES ET DE PAIX : un désaccord absolu entre nos méthodes, buts et résultats.
Permets-moi de t’offrir un exemple. Il y en a des milliers et tu pourras facilement trouver d’autres, une fois l’astuce comprise. Mon exemple sera l’expression « utopie. »
Le long du premier axe dialectique, L'utopie, c’est un livre classique dans lequel l'auteur Thomas More décrit un ordre social « parfait ». Chacun convient que son utopie ne concerne aucune circonstance actuelle, n'est pas un précis historique et ne sera praticable dans l'avenir. Néanmoins, voici le plus proche que la plupart des fidèles du siècle occidental des lumières se défient d’approcher le monde en paix. Il y a une poignée de textes subséquents, également obscures et mal réfléchis. Autant conviennent les réactionnaires que les progressistes anglo-saxons que ce pauvre assemblage de mots doit être toute la documentation requise pour énoncer les mérites relatifs de la mentalité d'armes vis-à-vis celle de paix. Autant vaudrait naviguer les Alpes, muni d’une carte de Pangée.
Si cela t’intéresse, Lewis Mumford résume en anglais dans les premiers 150 pages de son livre L'histoire des utopies, à peu près une vingtaine de textes principaux dans ce genre, figurant quelques milliers de pages.
Pas mal, jusque là. Du moins le long de l’axe dialectique, tout le monde peut convenir que leurs mots auront le même sens.
Le long du deuxième axe antithétique, ce mot utopie signifie pour les maîtres d'armes : « ce (cet endroit) qui ne peut jamais être. » L'utopie, c'est une favorite parmi leurs lectures de référence. Enseigné dans toutes les moyennes et hautes écoles anglo-saxonnes, ce livre confirme leur conviction fondamentale quant à l’impossibilité d’une commune paisible et bienveillante. Pour les maîtres de paix, L'utopie, c'est leur spéculation bornée qu’une meilleure paix pourrait être établie. Pour eux, l'utopie signifie « ce (cet endroit) n'étant pas mais qui pourrait être. » Ne me demande pas pourquoi les progressistes n’ont jamais diffusé un livre supérieur depuis. Leur omission peut être attribuable aux raisons divers : subordination lâche aux maîtres d'armes, manque d'imagination, satisfaction subconsciente avec le statu quo, sinon peut-être de l’inertie mentale toute simple. Leur ultime raison demeure au-delà de ma maigre compréhension.
Constate comment s’arrangent ces deux structures de croyance : l’un à l’angle droit de l’autre mais comprenant la même terminologie en parallèle.
Le long du troisième axe antinomial, les maîtres d'armes emploient l’adjectif utopiste presque comme une clause adverbiale : comme s’ils voulaient dire « jamais de la vie. » Toute idée marquée utopiste peut être rejetée par réflexe, sans dispute ni pensée subséquente. Les maîtres de paix emploient cette expression pour décrire un arrangement social qui prévoirait une amélioration de la réalité courante, sinon valide et pratique. En d'autres mots, la version paisible de l'utopie signifie un bien que nous devrions poursuivre, tandis que celle d'armes veut dire une horreur à éviter comme la peste : non seulement inutile mais en quelque sorte toxique.
Donc, le long de l’axe antinomial, l’ultime intention des deux cotés est orientée dans le sens exactement contraire de l’autre. Ce n’est plus une conversation mais un tir à la ligne.
Les interprétations des maîtres d'armes sont toutes dominantes. De nos jours, la mentalité d'armes domine l’entièreté de nos propos, arguments et intentions, ainsi que la technologie d’armes domine toute notre vie matérielle. Nous tentons de survivre en paix nonobstant cette domination universelle.
Nous devons harmoniser les éléments de cette antinomie. Notre synchronisation de sens, de définitions et d’intentions – et la clarté qu'elle pourrait apporter à nos propos publics – nous promet de la sécurité, de l’abondance et des sentiments de camaraderie dépassant de loin ce que nous contemplons à présent. Nos institutions et cultures contiennent des vestiges de paix que nous devrions cultiver, et des notions dominantes d'armes à nous de rendre en vestige. Jusqu'à ce que nous ne clarifiions ces idées, elles sont également suspectes (nos favorites incluses) et valides (y compris celles que nous dédaignons le plus.) Ce livre remet en cause les idées que j’estime les plus propices et marginalise les restants.
Le texte ci-dessous subdivise en quatre mots pairs l’antinomie d’armes et de paix :
· La mentalité d'armes
· La technologie d'armes
· La mentalité de la paix et
· La technologie de la paix.
La MENTALITÉ D'ARMES dépend de la crainte et la crainte dispose de notre monde. Afin de protéger leurs adhérents d’une crainte accablante, les directeurs d'armes développent des forces de menace dissuasive qu’ils présument si atroces que personne n'oserait les défier. Hélas, la terre en armes décrète ce défi : « La meilleure défense, c’est une bonne offensive. »
Nous éviterons ci-dessous des expressions bornées comme la mentalité de la guerre et la mentalité guerrière. La mentalité de la guerre se compare à la mentalité d'armes comme la fureur de la route se comparerait à la conduite défensive. Ni les directeurs d'armes ni les chauffeurs défensifs ne souhaitent encourir une collision violente. Si l’accident se produit néanmoins, c’est parce que les choses se sont échappées de leur contrôle. De façon plus ou moins réaliste croient-ils que leurs efforts éviteront ce choc.
Rarement emploierons-nous des expressions telles que « militarisme » ou « fascisme » afin de remplacer « la mentalité d'armes. » Celle-là est beaucoup plus répandue et subtile. Elle se prolifère dans les démocraties dites libres avec autant d’aise qu'au travers des dictatures. En effet, les citoyens libres de républiques libres sont des meilleurs techniciens d’armes que ne sont les esclaves d'une dictature. Un peuple qui se déclare amateur de paix gère mieux ses mises à mort que celui hurlant pour un sang étranger. Si tu t'estimes un amant de la paix – pur au-delà du reproche quoique tu n’ais pris la peine d’assortir tes préjudices d'armes et de paix – tu n’es réellement qu’un sympathisant (ou collaborateur) d’armes et qu'un autre pilier du statu quo d'armes.
Comme des ivrognes désavouant leur addiction, nous empirons la mentalité d'armes en y niant notre penchant.
La mentalité d'armes impose délibérément des déformations sociales. La pauvreté, l'hiérarchie inflexible, l'injustice, l'inégalité, le sous-emploi, la criminalité consolidée, la mauvaise éducation, la malnutrition, l'arrogance professionnelle : cette triste liste de déformations sociales s’étend sans fin. Nous confondons toutes ces dégradations sociales intentionnelles, les décrivant comme une combinaison regrettable de stupidité, de bigoterie, de folie, d'avarice, de crime, d'erreur et de mésaventure honnête. Nous ne parvenons à croire que ces combinaisons soient faites exprès afin d'atteindre les buts de la mentalité d'armes.
Les réformateurs sociétaux pensent qu’ils peuvent améliorer les affaires de manière réductive, graduelle et par incréments : problème par problème, identité politique par politique d’identité et question par question. Ils ont échoué à cette besogne depuis cinq millénaires, usant des mêmes méthodes éparpillées et raisonnements réductifs.
Seulement l’unité d'intention holistique, globale et simultanée de la mentalité paisible, convenue au préalable par presque tout le monde – suivi d'une multiplicité en cascade de solutions réductrices de petite envergure – serait capable de résoudre ce problème. Nulle réussite soutenue dans l'ordre opposé puisque toutes les petites réformes seront paralysées par la force prévenante, holistique, simultanée et globale de la mentalité d’armes que nous choyons à présent.
Une société, n'importe quelle société, se mesure par rapport à la CONSTELLATION DE MÉTAPHORES POLITIQUES que ses membres s'accordent en commun. Notre constellation de métaphores politiques est farcie de MYTHES D'ARMES. De nombreuses politiques collectives et croyances religieuses, légales et morales constituent la MYTHOLOGIE D'ARMES : des rationalisations populaires pour nos pratiques et institutions les moins raisonnables. Puisque les valeurs de base de la mentalité d'armes sont insensées selon quiconque aurait la moindre compréhension de la paix et amour pour elle, les maîtres d'armes doivent imposer leurs propres vocabulaire et syntaxe mythiques et bien immunisés de la critique raisonnable des maîtres de paix.
Voici un refrain familier des maîtres d'armes : « Tu n’es pas payé pour penser à ces choses-là ; nous le sommes. »
Les PROLÉTARIENS D'INFORMATION sont asservis par leur manque d'informations valides. Des données de rebut, leur étant servies bien chaudes chaque jour, maintiennent leur statut servile. Nous tombons ici, d'ordinaire, toi et moi. Dans d'autres cas, notre fidélité miroite entre ces métagroupes plutôt comme des quantum d'énergie entre les orbites d'un atome aussi grand que la terre.
Tandis que les prolétariens d'information apprennent, travaillent et jouent ensemble, ils créent de la richesse en se soutenant eux-mêmes et leurs bien-aimés. Des groupes beaucoup plus restreints, appelés ELITES D’INFORMATION, saisissent la majeure partie de cette richesse au nom de la sécurité militaire, afin de défrayer les coûts anti-profits de leurs TECHNOLOGIES D'ARMES.
Ces coûts vont loin au-delà des simples montants de toutes les armes et de tous les soldats durant la paix, bien loin au-delà. En comparant la performance économique d’une véritable communauté paisible à celle d’une communauté d’armes, la juste mesure économique serait entre les villes de Genève et de Mogadishu, sinon la performance athlétique d’un coureur olympique en pleine forme courrant sa course favorite, comparé à celle d’un soldat blessé traînant le corps de son meilleur copain et leur équipement vers l’arrière.
J’ai sérieusement considéré employer les expressions ÉLITE D'OPINION et PROLÉTARIAT D'OPINION afin de souligner la nature éphémère de ces préjugées et le manque paradoxal de mérite objectif de la part de ces élites. L’élite d'opinion suppose que ses préjudices soient supérieurs à celles du restant du monde. Les prolétariens d'opinion sont convaincus que leurs préférences sont secondaires comparées à celles de l’élite d'opinion. Bien encadrée dans les médias et les écoles, l’élite approuve avidement de ce complexe d'infériorité.
Cela pourrait être la cause principale que la majorité écrasante des progressistes ne surpasse jamais une minorité dérisoire de gérants d'armes. Ça, puis le reflex instinctif des réactionnaires se croyant sérieusement confrontés : de tuer et de torturer des gens choisies de façon aléatoire – j’allais l’oublier ! – sinon dans les caveaux de la police secrète durant de longues intervalles de chaumage massif, sinon dans les tranchées d’une guerre fabriquée de toutes pièces pour cette seule raison, sinon les deux en série pour autant de fois que seront nécessaires afin d’extraire en continuité la soumission taciturne du prolétariat.
Les ELITES D'INFORMATION et les DIRECTEURS D’ARMES sont interchangeables entre divers états, nations, affiliations religieuses et organes politiques. Elles incluent nos gouverneurs, leur personnel, les ouvriers des médias, les juges, professeurs, prêtres, politiciens et autres professionnels influents de mésinformation et de désinformation. Ils se croient supérieurs à leurs hôtes prolétariens dont ils ressortent et dépendent, ainsi qu’un petit précoce pourrait dédaigner ses humbles gardiens.
Les prolétariens d'information ont d’abord choisi leurs premières élites parmi eux-mêmes. Par la suite, ces élites d'information ont sélectionné leurs remplaçants favoris depuis le prolétariat d'info. Aucune différence si cette sélection s'effectua par privilège princier, élection démocratique, hiérarchie religieuse, nomination soviétique, baronnie du vol ou autre méthode. Ni plus si la scène politique fut un kraal de huttes en boue, un baronnât puant féodal ou un empire militaro-industriel, transcontinental et multiethnique. Aucune différence si ces directeurs d'armes étaient asservis ou libres, séculaires ou religieux, centralisés ou orientés au profit, plèbes ou nobles, criminels ou autorisés, professionnels ou amateurs. D'identiques élites d'armes émergeront de toute façon, disposant de ressemblances remarquables quant à leur mentalité, attitude et comportement réflexif. Leurs propos peuvent changer avec le temps et selon les circonstances, de façon arbitraire, manipulatoire et préjudiciable, mais leur comportement fondamental, jamais. Sauf, peut-être, pour l’honneur…
Les Apprentis doivent surtout faire appelle à l’honneur guerrier. L’honneur de mon père, l’honneur de tout bon guerrier, lui nettoyant de sa crasse. Les bons guerriers reconnaîtront de façon automatique l’honneur. Ils le défendront contre quiconque assez dément pour ne pas l'avoir : si fatale soit-il. Cet honneur aidera à réaliser le monde en paix et le défendra farouchement ensuite. Celui-ci et l’Apprentissage doivent s’unir ensemble.
Les élites d’information convainquent le prolétariat d’information que leur idéal d'armes doit être supérieur (un mensonge transparent.) L'élite d’information se sert :
· Des MÂITRES, MENTEURS ou « MENTORS » D'ARMES afin d'énoncer cette fabrication pendant la pseudo paix et
· Des SECTAIRES D’ARMES afin de l’annoncer plus vigoureusement quand advient la guerre.
L’élite d’information n'est pas plus intelligente que le prolétariat d’information dont elle ressort. Ses membres favorisent tout simplement la mentalité d'armes et eux-mêmes dans le moins distant. Ils se favorisent en censurant les informations importantes et en noyant cette censure sous des ras de marée de rumeurs et de mensonges insignifiants. Seront marginalisés tous ceux assez éclairés et consciencieux pour disputer cet arrangement ridicule. Ce triage au nom de « l’obéissance et la loyauté » rendra encore plus stupide, de façon collective et automatique, ceux qui choisissent de demeurer au pouvoir. Ayant détenu ce pouvoir pendant un certain temps, ces élites d'armes dériveront sur les rochers pointus de leurs contradictions sociales. Très prévisiblement s’inonderont-elles en cruautés rituelles, terreurs institutionnelles et corruptions de routine (voir La stupidité rituelle .)
Parlant en général, ces élites d’information peuvent pratiquer une de trois catégories de politiques d’information. Les deux premières SIMPLIFIENT le contenu d’information, la troisième le rend DAVANTAGE COMPLEXE. Les transitions entre ces catégories sont graduelles et flexibles – d’autant capables d’aller en avant ou en arrière – pas nécessairement catégoriques, abruptes ni progressives.
1. Les ÉLITES (ou POLITICIENS) DE MÉSINFORMATION annoncent autant de mensonges que possible. Ce comportement s’accorde aux tyrans anciens et modernes. Tout n’étant pas une vérité interdite devient un mensonge obligatoire. La politique de mésinformation crée des systèmes de gestion du combat, filant du haut en bas et semblant optimisés pour la guerre. Pense à Staline et à Saddam Hussein.
Cela devient plutôt facile de transmettre des mensonges et d’en discerner la vérité. Dans la plupart des cas d’une politique de mésinformation, l'opposé exact de ce qui est transmis par relais de monologue officiel doit être davantage vraisemblable.
La politique de mésinformation multiplie l’aliénation, le soupçon et la terreur. Rien n'est ce qu'il semble être et l’on ne peut rendre confiance en personne. Sous cette exigence claustrophobe, l'élite d’information se rétrécit à un minimum très restreint et puis se purge au-delà. Le dogme de cul-de-sac devient la réalité manifeste, répétée de façon décérébrée par tous les médias. Plutôt que manipuler tout simplement l'opinion des masses, les élites de mésinfo font fantaisie qu'elles peuvent transformer la réalité elle-même : comme sur le papier, ainsi en réalité. Elles tuent et terrorisent leurs hôtes prolétaires jusqu'à ce que cette fiction remplace le bon sens.
Des gangsters règnent tandis que des politiciens aveuglés par la mésinformation mènent guerre sainte contre la créativité des Apprentis. La collectivité tourne de sa propre inertie et s’alimente de ses dernières réserves jusqu'à ce que la famine ne s’annonce et la fige. L’ultime résultat ? De brutales guerres d’agression à l’étranger et le génocide interne afin de confirmer cette propagande officielle : l’ultime simplification de la réalité publique.
Nous pourrions évaluer ces élites de mésinformation selon leur dureté. Combien l'élite rend dure la survie de ses prolétariens d’information ? Plus cette tyrannie se rend rugueuse, plus néfaste sera sa politique de mésinformation.
Les tyrannies rendues plus douces sont plus riches. Elles remplacent la mésinformation par une politique de DÉSINFORMATION. Cette politique de désinformation est beaucoup plus subtile et difficile à manier que celle de la mésinformation.
Lorsqu’un état d'armes mûrit, les insuffisances de la politique de mésinformation se rendent de plus en plus stridentes. Le mensonge ne rend que de la richesse volée et son entropie au chaos—les richesses soutenables ne s’accroissent que depuis des vérités légitimes et la confiance du public en leur légitimité. Des réformateurs pensifs essayent de tisser quelques brindilles de mentalité paisible – y compris un peu de politique d’information – dans l’osier putréfié de la gestion d'armes. Cette conglomération de contradictions ne peut durer longtemps liée. Au lieu polarise-t-elle, dans une centrifugeuse de politiques de désinformation, des directeurs corrompus d'armes en contrepartie de leurs dissidents vexés d'armes. Nous voici à présent, régis par…
2. Des ÉLITES DE DÉSINFORMATION qui incluent un mélange de prétendus populistes et libéraux avec un noyau dur de réactionnaires retenant parole finale sur tout sujet important. Ensemble transmettent-ils leur demi monologue sans jamais finir au travers d’extensives hiérarchies de corporation, de gouvernement et de religion. À la différence de la politique de mésinformation, un « feedback » (échange d’information) soigneusement contrôlé sera permis en doses minutieuses.
Le mot clé dans la politique de désinformation, c’est « mais. » Comme ainsi : « Nous entendons vos appels à la réforme. Nous savons que la moralité, le morale et l'efficacité nous dictent incontestablement d'effectuer les affaires de façon supérieure, MAIS … » suit une longue liste de raisons et d'excuses que des pratiques inefficaces et immorales doivent demeurer courantes.
« Mais soyez donc raisonnables, messieurs dames ! Ce que vous proposez serait impraticable, trop coûteux, assujetti aux abus des voyous, ne s’accorderait jamais avec nos antiques protocoles les plus prisées, et cetera, et cetera… » Dogmes religieux éphémères, charabias idéologiques, distorsions de l’histoire, feuilletons littéraires aussi vides qu’exquis, publicités commerciales, babillements sportives, violence d’arène, procès d'exposition, drames triviaux d'opéra de lessive, données « mathématiques » et conclusions « scientifiques » qui se prouveront par la suite entièrement erronées : tous seront émis par voie de monologue d'autant de sources médiatiques que possible, sans fin, en détail somptueux, en exactitude douloureuse et en volume sonore.
Les sujets significatifs seront dissimulés de façon obsédante par omission coutumière. Cette procédure de transe deviendra hypnotique et autorenforçant. Autant les promoteurs de désinformation que leurs auditeurs refuseront de distinguer de la vérité leurs tromperies évidentes. Les élites de désinfo seront aussi vulnérables à leur propre désinformation que le sont leurs hôtes prolétaires. Les activités destructrices s’accroissent mais la vraie richesse s'évapore. La populace ignore ses forces et périls les plus éminents en faveur de plus en plus d’élaborations de banalités. Elle est facilement convaincue de sa richesse imaginaire quand en réalité serait-elle au bord de la faillite et vice versa. Les ordonnances publiques deviennent vacillantes et arbitraires, sans base morale ni idéologique. La gérance s'applique à l'improviste et ses résultats en souffrent.
Il devient de plus en plus facile (bon marché ou gratis) de se procurer des informations inutiles et triviales, et plus avantageux de les produire, alors que les informations utiles deviennent de plus en plus difficiles (dispendieux de temps et d’argent) à annoncer et acquérir. On interdit toute croyance sauf celle favorisant le mercantilisme rabique ; par consentement universel et culture populaire prohibe-t-on la foi en autre chose que l’avarice nue et le dogme sénile.
Les élites de désinfo évoluent dans des mandarinats boursouflés. Au moyen de promotions actives de médiocrités certifiées et d’escrocs bien fondés, des Apprentis doués seront relégués au statut prolétarien et à l'anéantissement de leur créativité. Ces habitudes de malentendu délibéré, de sur simplification de consensus et de médiocrité sociale ne seront renversées que pendant des intervalles de guerre, lorsque de nombreux talents frustrés seront recrutés dans des cadres revitalisés d'armes.
Je me souviens d'une photo d’ouvriers qui quittaient un chantier naval américain durant la deuxième guerre mondiale. Une affiche énorme décorait l’entré : « Faites-nous part de vos meilleurs idées ! » Aucune affiche semblable n’aurait embellie une telle usine au même moment dans l'historie, si entre les guerres.
Comme une claque à la figure arrêtera net une crise hystérique, et un profond baiser de même, le trauma en masse est la méthode courante de stopper cet état d’illusion. Sans avertir, le désastre et la guerre frappent dur parce que personne ne s’est donné la peine d'aborder au sérieux les questions les plus importantes. Tout le monde se sent consterné quand leurs châteaux de sable se font niveler simultanément. Ensuite, les élites de désinfo déclarent la guerre : cette tâche plus facile pour eux que de favoriser de l’abondance et des sentiments supplémentaires de camaraderie. Le meurtre en masse redevient la norme. Il est alors trop tard pour adopter une paisible politique d'information, puisque furent gaspillées la richesse requise et les populations non stressées et sans panique.
APPRENTIS d'autre part, voici le bisou.
Très rarement, des dissidents de paix surmonteront cette inertie sociale. Ils rapporteront la bonne nouvelle que chacun doit partager son Apprentissage équivalent. Pourvu que des élites d'information prêtent attention miraculeuse à cette idée, elles commenceront à la transmettre. Ainsi se débarrasseront-elles de la fonction désuète de limiter l’écoulement des informations. À ce point, les élites et prolétariens d'information se fusionneront en une COMMUNE DE BIENS (COMMONWEALTH) D’INFORMATION ou D’APPRENTIS.
3. Les POLITICIENS D'INFORMATION produiraient la vérité et des mensonges sur chaque question sans préjudice ni faveur, afin que les Apprentis eux-mêmes puissent s’en rendre compte. Une COMMUNE DE BIENS D'APPRENTIS apparaîtrait à la suite de discours publics sans restrictions et de dialogues étendus entre des jurys d’information se sélectionnant eux-mêmes. Ils poursuivront leurs sujets de passion sans se soucier de la richesse et du standing puisque cette richesse et ce statut leurs seront dus par droit commun dans cette commune.
Beaucoup de narrations qui semblent mensongères ne sont en réalité que des élaborations plus complexes de la vérité. Au moyen de fictions littéraires, d’idéologies nouvelles, de postulats scolaires, d’inventions, de découvertes et de réinterprétations du dogme antique, la vérité déborde parce qu'elle rend davantage de profit dans des milieux paisibles. Les gens réévaluent les informations qui leur semblent plus importantes que des objets coûteusement façonnés et des mythes d’armes.
Prenant le cap inverse, les collectivités de mésinformation n'adoptent que d’autres mensonges et terreurs. La vérité se rend la moins rémunératrice puisqu’elle te fera sitôt descendre. Un tel choix n’existe plus dans les sociétés de désinformation : là où le bruit blanc noie tous les autres, jusqu'à ce que ne s’abattent les tours jumelles de commerce mondial. Tout le monde se débrouille ensuite pour reprendre le broutement rassurant d’une normalité sournoise. Ainsi exposent-ils leur cou au prochain coup de hache et ne parviennent jamais à l’écarter.
Dans une politique d'information, des systèmes grandissants de communications se rendent plus interactifs, complexes et adaptatifs. Les gens s'engagent dans encore plus de dialogues à travers des médias neufs, plutôt que se soumettre au monologue dirigé du haut en bas par des élites dites supérieures. Elles sont plus passionnées par leurs sujets d’Apprentissage que par la désinformation publique et triviale que les médias en masse placent devant eux.
La télévision est un média de monologue, ainsi que les médias d'imprimerie, les stations radio et les pages non interactives de la toile. Reconnaîtrais-tu ces pages sans valeur sur l’Internet, d’entreprises corporatives et de bigots de propagande sans lien de CONTACT ?
Je ne puis tirer bénéfice de l'interactivité de ce livre avant que tu ne choisisses de m’en rendre des nouvelles, sinon à partir du lien email à la fin des chapitres d’APPRENTIS, sinon dans mon livre d’or (que je vais bientôt devoir fermer, grâce à la prépondérance de spammeurs et l’absence correspondante de commentateurs pensifs.) Je m’occuperai entre-temps de la frénésie de virus et de spams qui fait foule à ma porte, de façon futile et inopportune, en attendant l'exceptionnelle réponse constructive (la tienne, peut-être ?) d’Apprentis dignes de ce nom. Le message sur un millier qui ferait valoir la peine de tout ceci ?
Mitraillé comme je suis de négligence criminelle, de reproches vides et d'attaques sottes, j'ai besoin d'autant d'appuis que vous seriez en mesure de m'accorder. J'en ai déjà reçu quelques-uns (me soutenant de façon allègre ou désespérée) dont je suis infiniment reconnaissant. Ou dans mon livre d'or ou au courrier électronique : à toi choisir.
L'agora grecque, les réunions d'hôtel de ville, (sans questions rédigés au préalable ; il faut que j'ajoute ça, maintenant que les techniciens de désinfo du second Président Bush arrangent au préalable et de façon routinière les questions et les caresses médiatiques) ; les téléphones et les courriers postales et électroniques, tous sont des exemples de médias de dialogue. Ce n’est qu’une question de combien mieux l’on puisse satisfaire la formule du fauteuil. Les médias de dialogue peuvent soutenir au moins dix fois plus d’interactions utiles à travers la même longueur d’onde, que ne peuvent les médias de monologue. La somme de ces communications utiles égale à la vraie richesse (divisée, peut-être, par la somme des communications intentionnellement inutiles sinon nuisibles ?) Je parle de dix, de cent, de mille fois plus d’argent comptant disponible à chacun sans inflation aucune.
« Votre intention est noble mais votre appel mal orienté. Si vous discourez aux empereurs au sujet du gain et s’ils arrêtent leurs armées par amour du gain, leurs armées se réjouiront dans la paix et s’enchanteront du gain. Bientôt, les ministres embrasseront le gain au service de leur souverain, les fils embrasseront le gain au service de leur père, les frères cadets embrasseront le gain au service de leur frère aîné et tous auront abandonné l'humanité et le devoir. Quand tous ces rapports deviendront une question de gain, la nation sera condamnée à la ruine.
« Mais si vous discourez aux empereurs au sujet de l'humanité et du devoir et qu’ils arrêtent leurs armées par amour de l'humanité et du devoir, leurs armées se réjouiront dans la paix et s’enchanteront dans l'humanité et le devoir. Bientôt, les ministres embrasseront l'humanité et le devoir au service de leur souverain, les fils embrasseront l'humanité et le devoir au service de leur père, les frères cadets embrasseront l'humanité et le devoir au service de leur frère aîné et tous auront abandonné le gain.
« Quand ces rapports deviendront une question d'humanité et de devoir, alors le souverain s’assurera d'être un vrai empereur. Or, pourquoi invoquer le gain ? » Mengzi [Mong-Tseu, Mencius] traduit en anglais par David Hinton, Counterpoint, Washington, D.C., 1998, p. 219. (Suite)
Il nous appartient de créer une AGORA VIRTUELLE massive de dialogue politique sillonnant le monde entier. La toile globale est la pénultième prototype de cette agora virtuelle d’Apprentis. À tel point qu’elle s’étende, nous aurons de la veine.
Les communautés mûres, jouissant d’insignifiantes menaces extérieures et d’un bon nombre de richesses en surplus, permettent aux Apprentis de RENDRE PLUS COMPLEXE la politique d’information. Lorsque la complexité des informations se rend plus turbulente, elle risque d’éclater les digues de conventions sociales conçues pour la contenir et la régler. Ainsi, les politiciens d’information doivent inventer de nouvelles habitudes de communication et des terminologies plus raffinées. Autrement, le hurlement de plus en plus strident du débat rendu chaotique risque de nouveau se dégrader en une politique de mésinformation.
La tentation courante des élites d'information, de censurer l'Internet du haut en bas, et des prolétariens d’info de l'estropier de fond en comble (avec des virus, du « hacking, » des flammes, du « Spam » et d'autres formes salissantes d'information) ce n’est que le démenti pathétique d’un univers d’information en accroissance. Pense à un bébé atteint d’une colique et refusant ses haricots. Des individus et des groupes déconcertés tentent de nouveau simplifier leur vie en jetant dehors les complications les plus récentes qu’ils considèrent vulnérables à leurs abus. Pauvres cons !
En poursuite de l'abondance, les praticiens avancés d’une politique de désinformation ont tendance à se désarmer à l’unilatérale et à provoquer ainsi encore plus d'agression militaire.
D’autres communautés historiques ont évolué jusqu’aux politiques d’information, mais ont été détruites militairement et ont disparu de nos écrits historiques. Beaucoup de sociétés bourgeonnantes de paix furent annihilées et rendues « préhistoriques » parce que leurs contrôleurs altissimes favorisaient la richesse et la paix interne tandis que des étrangers affamés demeuraient en dehors : irrités, jaloux et agressifs.
Nous pourrions noter cette tendance aux États-Unis, là où des pertes militaires se rendent en un poison politique. Cette aversion publique aux pertes militaires en particulier et au militarisme en général tente des étrangers agressifs et militaristes internes à infliger de pires ravages. Dès que leurs assauts se rendront mieux coordonnées, davantage audacieux et destructifs, les survivants réintègreront la politique de mésinformation et la tyrannie manifeste d’armes : des options tentantes sur cette terre en armes trop bien militarisée, là ou la panique de réflexe remplace presque automatiquement le bon sens.
La TECHNOLOGIE D'ARMES inclut le matériel (hardware : quincaillerie ; software : logiciel ; wetware : sérum charnier) de la guerre. Elle inclut les forces militaires (les TECHNICIENS D'ARMES) les récolteurs d’informations stratégiques, les agents de la sécurité nationale et de la police secrète, les industriels d'armes, les ouvriers d’armes, leurs usines et les énormes arsenaux eux-mêmes. A ce moment, il y a une arme (à vrai dire, une hargne) individuelle à feu pour tous les dix habitants au monde et deux balles fabriquées chaque année pour chacun d’eux.
Afin de mieux dissimuler leurs nombreux échecs de gérance (puisqu’ils sont par définition les pires gérants de paix) les DIRECTEURS D'ARMES condamnent tous et tout : les pauvres, les femmes, les non hétérosexuels, les enfants, les progressistes, les minoritaires ethniques/religieux, les migrants et immigrés, le mythe primordial, la nature humaine et la nature elle-même. Des réactionnaires d'armes les plus sophistiqués recrutent leurs postulants depuis leurs minorités maltraitées. Ainsi rendent-ils honneur formel au pluralisme, tout en stimulant des abus sociaux.
« Le plus légitimement qu’une société soit constituée et la plus excellente sa forme politique, le plus que la guerre [la mentalité d’armes] menacera d'affaiblir ses institutions et de les pervertir. Il est aussi vrai que la meilleure forme de gouvernement soit celle la moins bien adaptée aux exigences de la guerre. » Comment penser de la guerre et de la paix, Mortimer J. Adler, Simon et Schuster, New York, 1944, p 42.
Les directeurs d'armes dépendent des ÉLITES DE BATAILLE (une minorité d’environ 10% des techniciens d’armes) afin d'effectuer leurs plus sales besognes. Officiers éduqués sinon soldats esclaves : aucune importance. À mi endommagées génétiquement et à mi les produits de craintes de négligence et d’abus depuis l'enfance, ces élites de bataille prospèrent des deux côtés des champs de bataille, des zones d’émeute, des barres de prison et des fils de fer de Belsen. Les neuf dixièmes restants de ces techniciens d’armes ? Ils ne servent aux élites de bataille qu’en tant qu’appuis de logistique et de morale de leur coté, et comme proies faciles de l’autre, et puis comme multiplieurs de puissance de feu (artilleurs et tels) des deux cotés. Que ce soit en guerre ou en paix, ces élites de bataille font la casse et les restants la subissent.
Les élites de bataille ne peuvent maîtriser leur agression. Cela leur rend en des capitaux indispensables au champ de bataille et dans des bourdons onéreux partout ailleurs. Chacun partage quelques traits d’élite de bataille. Néanmoins, la plupart d'entre nous gardons les nôtres sous stricte péremption. Appelle cela de bonnes manières, du bon goût, de la conscience morale, civilité, décadence sinon poltronnerie toute simple. Nous sommes pour la plupart incapables de prospérer sur un champ de bataille ou dans une bagarre de taverne, comme le sont bien rompues les élites de bataille.
Il me semble que j’ai fait un vœu spécial de karma à quelqu'un qui doit m’être fort influent. J'ai promis de ne tuer ni de torturer plus personne, si possible, cette tournée de ronde. Étonnamment, me suis-je au lieu engagé à consacrer cette vie à la réalisation du monde en paix. Étais-je un génocide d'élite pendant d’autres incarnations ? Voici le probable. Je n’en suis pas fier, bien au contraire. Quelle opportunité gaspillée pour ma méchanceté d’occasion et quel sillon rocheux à houer à sa place ! Le massacre aveugle serait à présent si aisé ! Il n’y en aurait aucune limite jusqu'à ce que tout le monde fût catapulté dans la boucherie. Le génocide est subventionné de façon fantasque sur cette planète. Elle rend satisfaction instantanée aux maraudeurs sincères.
Quant à prédiquer la paix, je me souhaite bonne chance devant cet auguste assemblé. Je te demande humblement pardon de cet abus, cher lecteur/chère lectrice, si déjà te considères-tu un Apprenti honnête.
Nous pourrions trancher ces élites de bataille en deux groupes :
· LA SALE DOUZAINE de guerriers nés, bandits armés, brutes et bannis sociaux. Ordinairement surmontent-ils leur agression au moyen de la maturité et des bontés affectueuses, proprement administrées.
· LE SOUSGROUPE HIMMLER : d'habitude des civils, des parents, des conjoints, des voisins et des administrateurs en apparence bons et souvent des lâches brillants. Charmants et séduisants pour autant qu’ils le voudront, ils ne songent qu’à ravager ce monde d’Autres qu’ils furent élevés à mépriser. Ils cherchent à grimper les plus hautes cimes du pouvoir afin de s’en sortir d’autant de mutilations que possibles, protégés par leur rang.
La moitié sinon davantage des responsables légitimes dans le monde actuel peut se composer des sociopathes malins du type 2.
Ni des deux types de sociopathes n'a aucun sens moral de bonne ou de mauvaise conduite. A la différence d'individus normaux, aucune hausse d’activité ne survient dans leurs centres du cerveau engendrant la conscience morale si l’on leur fait penser de crimes et de délits dans une situation contrôlée de laboratoire.
En tout cas, ces types 2 ont développé de spéciaux palpeurs sociaux qui leur permettent de ne jamais dépasser la ligne de comportement inacceptable que lorsqu’ils sachent qu’ils pourront l’accomplir sans être contrariés. Ils poursuivent leurs promotions et bonifications dans la torture des personnes, en fumant la forêt du monde, en semant des mines explosives, en affamant des bébés par millions et en apposant leur veto officiel sur des conventions cruciales d’environnement, de laboure, de droits de l’homme et de paix. Sur cette terre en armes, de telles promotions ne sont garanties que pour ce genre de personne et aucun autre.
N'importe qui n’étant lui-même sociopathe mais entouré et dirigé par eux, tombera bientôt dans leur piège vicieuse, sinon n’obtiendra-t-il que sa démission immédiate et un remplaçant plus convenable. Nos élites d’information en sont combles. Comparé à ces sociopathes seigneuriaux et internationaux, le plus monstrueux meurtrier en série ne serait qu’un enfant gâté.
Je crois qu’il y ait une cure et délivrance perpétuelle pour ces sociopathes. C’est à eux de la prendre. Personne ne peut leur y forcer. Cette cure est difficile, mais les affranchirait au-delà de leur espérance. Et voila tout ce qu’ils requièrent : délivrance de cette vacuité morale leur étant plus pénible et interminable que la douleur fantôme d’une amputation traumatique. C’est cette peine qui leur mène au crime et c’est à elle que nous devons nous adresser afin de réduire leur criminalité. Les punir pour leurs crimes, c’est vaporiser de l’essence sur leur feu.
Les sociopathes du type 1 ne développent jamais ces palpeurs spéciaux. Leurs brutaux caprices les trahissent presque instantanément. En temps de paix, leur brutalité en série les flanque d’habitude en prison, sinon dans des coins les plus ténébreux du system policier (gardes de prison, agents ruraux, police militaire, etc.) Rarement recrutés dans l’élite d’information, ils appartiennent aux sales douzaines. Ils sont réservés pour le combat : là ou certains deviennent les meilleurs soldats et le restant, les pires. En tous cas, ils sont dans l’ensemble plus résistants aux stresses psychologiques du combat.
Puisque nous soutenons avec notre apathie une grande majorité de chefs sociopathes et leurs décisions d’aliénés mentaux, nous devons nous considérer des collaborateurs d’armes : membres honorifiques du sous-groupe Himmler et fans fidèles de la terre en armes. Joins le club : il est énorme et singulièrement inclusif.
Mais n’ose plus t’appeler civilisé avant que tu ne te rendes en un Apprenti digne de ce nom.
Ainsi qu'un requin maintient des rangées de dents en réserve, les prolétariens d'information soutiennent des PROTO-ELITES D’INFORMATION zélées à renverser l'élite courante d'information. Ces proto-élites font partie d’un équipage entremêlé de commis, d’étudiants et de subalternes ambitieux : recrutés par les autorités ou pas, mais se discordant secrètement d'elles. Ces rebelles frustrés ne se cohérent que de manière maladroite, une fois que leur élite ait atteint un tau maximal d'échecs.
Eric Hoffer analyse les chefs proto-élites dans son texte, Le vrai croyant. Malheureusement se livre-t-il à l'habitude pénible du réductionnisme biographique. Il réduit la dynamique complexe des mouvements sociaux en un recensement simplet des idiosyncrasies particulières de leurs chefs. Hérodote et beaucoup d'autres historiens et journalistes depuis ont qualifié l'histoire et les événements courants comme des cultes de personnalité. Les actualités ont eu lieu parce qu'un certain gringalet et ses compagnons, officiellement indiqués comme chefs, se sont arrangés pour que ces événements se déroulent précisément de la manière qu'ils aient prévue.
« A partir de la mi-quatrième siècle, il existait un grand corpus littéraire Grec bien reconnu. Il n’était pas encore appelé Historia mais décrit plutôt comme « l’écriture des actions de la guerre » sinon « l’enquête concernant les actes de guerre » : incluant Hérodote, Thucydide et quelques continuations de Thucydide, l’ensemble sous le titre d’Hellenica (les affaires de Grèce) (le seul en survie celui de Xénophon) et les récits des Grecs occidentaux de la part d’écrivains perdus de Syracuse : Antiochos et Philistos, allant sous le titre de Sicelica (les affaires de Sicile). C’était donné que cette littérature fut la source de tout savoir sur la guerre et la diplomatie, sinon des relations entre états…
« De quoi quant aux historiens ? Le cinquième siècle nous aurait rendu deux styles majeurs narratives : l’épique linéaire de Hérodote et l’antithétique style réaliste de Thucydide, étant associées à deux conceptions divergentes du monde : l’encomiastique monde Hérodotien de l'exploit moral et de la loi cosmique à l’encontre de l’ironie et du pessimisme Thucydidiens… » Doyne Dawson, The Origins of Western Warfare: Militarism and Morality in the Ancient World, (Les origines de la guerre occidentale : Le militarisme et la moralité dans le monde antique.) Westview Press, Boulder, Colorado, 1996, p. 95.
Voila des histoires aussi vraisemblables que celle qui suit. Je conduis ma voiture et suis absolument en charge. Je vais donc m’arranger pour renverser chaque voiture dans le fracas d’une centaine sur une autoroute embrumée, dans des fentes soigneusement planifiées d’avance, et vais donc m'assurer que ma voiture et celles qui me suivent sortiront de l'autre coté sans une éraflure. C’est sûr, mon copain, cela pourrait bien se passer.
Pourtant serait-ce là un problème plutôt simple, comparé à diriger un pays entier. Voir la section des gérants dans le chapitre « Politiques d’identité. »
Après des millénaires de dissidence écrasée, les organisations dites réformistes se sont rendues désespérément balkanisées. La plupart de ces activistes sociaux aggravent leur manque de pouvoir au moyen de l'ostracisme mutuel, d’un intérêt particulier à s’entre quereller, de petites réprobations privées et de puritanisme idéologique. Ainsi permettent-ils aux élites d'armes, beaucoup plus pragmatiques et cohésives, elles, de les battre en détail.
Rejetant la transformation holistique, ces dissidents d'armes se mettent à couper des cheveux en quatre sans jamais finir, puis se renvoient au compromis moral et au désespoir fondamental. Indifférents à une paix incontestable et au vrai progrès qu'ils considèrent tout à fait au-delà de leur prise, ils se rangent sagement en une « opposition loyale. » Gare à celui qui mettrait en question leur hétérodoxie conforme ! Ils sont émotionnellement investis à maintenir leur résistance symbolique contre une succession d’états prospères d'armes qui se renforce au moyen de leur opposition inefficace.
Rappelle-toi, les haltérophiles poussent et tirent leurs muscles, comme du nougat, contre de la résistance. Plus ou moins de la même manière, les états d'armes exploitent leurs dissidents d'armes. Ainsi les propos en chicane du dissident moyen d'armes rendent plus fort et subtil son état d'armes.
Un mouvement de paix en percé réussit de temps en temps à dissoudre son état d'armes. Cette relaxation unilatérale dans la technologie d'armes sera d'habitude mortelle pour la société impliquée, étant donné la présence avoisinante d’étrangers mieux armés. Ainsi le succès dans la paix n’a jamais été encouragé. L'activisme communautaire à la mode courante résulte de milliers d'années de dissidences inefficaces d'armes : en effet, inversement efficaces.
Ma boîte aux lettres éclate sous un déluge de sollicitations se concurrençant pour ma petite contribution charitable : chaque appel plus déchirant que ses précédents. Elles ne me demandent qu’un cheque qui disparaîtra comme par magie avec la promesse qu'il soutiendra une cause digne, probablement dans l’achat d’avantage de courriers de sollicitation.
Par contre, nos institutions nettoient à l'aspirateur des fortunes de nos pochettes afin de déployer les moyens, justifier les motifs et développer les opportunités du meurtre en masse. Bénéficiant de milliers d'années de succès de propagande, les directeurs d'armes raisonnent ensemble de façon holistique et entreprennent des projets monolithiques. Leurs transactions et dépenses internationales sont universelles, prodigues, pseudo volontaires et bien indépendantes d'influences extérieures.
Comme durant la première guerre mondiale, ces gérants des deux cotés ont encore plus en commun, durant leur pas de deux fatal, qu’avec leur propre prolétariat d’information bien aligné pour le massacre. Si nous sommes en désaccord avec leurs buts, nous serons marqués de façon machinale comme des membres d’une minorité marginalisée, insignifiante et sans voix (par définition et non par nombres.) Aucune différence combien nombreux nous serions ni combien fins nos propos, grâce à notre incohérence historique et paralysie hystérique.
A cause de milliers d'années de défaite, de rejet et de balkanisation, et de temps en temps des succès rares et absolument fatals, le dissident moyen d'armes s’est rendu séparatiste, élitiste, plus saint que toi, avare, exclusif, réducteur et atomiste. Il se satisfait de liaisons rituelles dans l’adversité, d’indulgences égoïstes et de désespoir existentiel. Ainsi célébrons-nous notre longue tradition de défaite en série. Pour la plupart préférions-nous que cela demeure ainsi indéfiniment. Nous avons plutôt peur d’une vraie saisie de pouvoir transformationnelle. En effet, cette perspective m'effraie de même. Et alors? Comme si nous avions le luxe d’un autre choix valide que la transformation réussie en ce moment dans l'histoire!
Donc, d’heure en heure, les médias annoncent de nouveaux triomphes d'armes et de nouvelles tragédies de paix. Les progressistes ne peuvent espérer refluer le courant principal politique jusqu'à ce qu'ils ne se rassemblent autour d'une plate-forme hypercomplexe de réformes inclusives, coopératives et mutuelles. En d'autres mots, jusqu'à ce qu'ils ne maximisent l’Apprentissage à travers le monde.
Quelque texte, celui-ci peut-être ou un autre de plus serviable, pourrait catapulter au pouvoir mondial ses adhérents internationaux, interethniques et de tous les âges, sexes, classes et désignations. Cela pourrait se réaliser bien plus promptement et aisément que nous ne l’envisagerions couramment. Comme l'exposition de toute autre vérité cachée, ce ne serait qu'une question de temps et de nombres : le temps d’élargir la compréhension collective et le nombre de ceux qui auront compris.
Comme un vampire attrapé en plein soleil, la mentalité d'armes ne peut endurer d'être exposée à la pleine vérité.
Cette transition pourrait être aussi mal prévue, fulgurante et intégrale que la perestroïka le fut en U.R.S.S. Tous les gérants contemporains – se trouvant les mains vides, dépourvus d’idées et rendus au silence par l’absence de sources inépuisables de pétrole – pourraient abandonner leurs bureaux tant spontanément que simultanément. Dans l’absence d’un cadre organisationnel comparable à celui d’APPRENTIS, cette transition pourrait être terriblement démolisseuse—en simple, la mafia s’emparera du monde entier et toutes les horreurs politiques que tu craignais le pis se dérouleront comme un rouage d’horloge.
De nombreux idéologues indépendants et polémistes anonymes bossent dur à ce travail. Chacun apporte à cet ouvrage ses perspicacités et talents distincts. Nous ne trouvons, dans la plupart des cas, aucun forum adéquat où exposer nos idées, surtout parmi les dissidents d'armes. De façon paradoxale, ils sont encore plus fermés aux nouvelles idées que ne le sont les gérants d’armes. Eux adopteront, à contre coeur mais assurément, des perfectionnements de leur gérance robuste et confiante d’elle-même. Le terrain branlant que les progressistes doivent négocier leur interdit une pareille ouverture d’esprit, sauf après avoir consciemment changé d’avis. Que ces dissidents se changent d’avis et permettent aux meilleures de nos pensées d’être entendues, sérieusement méditées et retransmises !
Alors que notre civilisation se polarise entre des minorités luxuriantes et des majorités de plus en plus agitées, alors que la raison et les droits se dérobent du discours public, l'avarice crue se rend l’arbitre final de plus en plus de décisions politiques. Mais même une avarice sournoise doit retenir quelque part sa place légitime. Des COOPÉRATIVES DE PLÉNITUDE bien réglées feront bon accueil à l'entreprise privée : cette source illimitée d'innovations et de leur abondance, pourvu que chaque citoyen seraient fourni entre-temps de bénéfices égaux de base.
En dépit de leurs privilèges hyper gonflés, les élites d'information sont aussi vulnérables aux informations erronées – provenant autant de chez eux que d’ailleurs – que ne sont leurs prolétariens d'information. Afin de s'assurer de bénéfices fiables (contrastant aux avantages rachitiques qu’elles doivent sauvegarder le revolver au poing) ces élites devront trouver de nouveaux moyens d'engendrer une richesse soutenable. Elles devront adopter d’inoffensifs rituels capables de réorienter l’agression craintive, la diligence destructrice et les idées les plus pernicieuses.
Parmi les dispositifs qu'emploient les élites d'information afin d'aménager leurs partisans, l'avarice n’obtient second lieu qu’à la crainte. Les Apprentis n’inciteront jamais ces élites d'information à abandonner leurs CONSPIRATIONS D'AVARICE avant que notre vocabulaire et nos buts ne parviennent à déjouer cette avarice hystérique. La doctrine des Apprentis doit être imperméable aux préjudices, à la cupidité et à la panique. Nous devons développer un plan ou une série de plans avec lesquels la plupart des personnes choisiront de coopérer parce qu'elles verraient dans ces plans une meilleure chance de favoriser leur avantage de façon coopérative (sinon simple survie) quels que soient leur milieu d’origine et statut contemporain.
La croyance est désuète que les gens peuvent être punies dans un meilleur comportement. Davantage de pénalités, au-delà du minimum obligatoire, davantage de résistance de façon automatique. Seuls, les directeurs d'armes profitent de cette chute en vrille de contrainte et de défi.
« Le primitif reconnaît sagement que l'homme prospère n'est pas celui qui s’accumule de la profusion mais celui qui en redonne le plus. Les plus riches doivent se priver de richesses. Cette sagesse devient ardue à maintenir dans un contexte néolithique de cheptels et de surplus agricole. Avec l'invention urbaine de l’argent liquide, nous sommes en danger de la perdre entièrement. Est-ce que la pièce de monnaie, puisque incorruptible, pourrait être amassée sans risquer de corrompre son propriétaire, à la différence de la merde dont elle évolua symboliquement ? Est-ce qu’une culture endurcie pourrait ainsi déjouer ses origines modestes et les bornes qu’elles lui imposent ?
« Probablement pas. Le tas originel de pierres proclame de façon pieuse l'espoir que nous pourrions établir quelque chose de durablement humain en nous recueillant ensemble. Quand ce tas se trouve remplacé par des pièces d'or en tas sécrétés dans la trésorerie du riche, cette culture est presque certainement dans l'embarras. Ce tas de pièces d'or, c’est un essaim congelé qui ne remue plus. L'homme riche, bien que d'apparence post magique, sera tenté de fétichiser cet essaim : de croire en secret que sa possession le transformera, de façon alchimique, de la bassesse humaine en une pureté impérissable. Dans ce cas aura-t-il dévié ses entrailles … Ainsi le culte du lucre dégoûtant n'est pas, comme le supposent tant de personnes, le culte de la merde mais son démenti ; et un démenti de telles réalités fondamentales finira par empoisonner la totalité dans sa tentative de trouver expression. Non seulement est-ce certain que la pièce de monnaie amassée décompose tôt ou tard l'âme (ainsi que la prestance des déchets et du fœtus putréfie le corps) mais la culture qui adore l’argent abandonne la vertu principale qui découle de l’échange des cadeaux : sa capacité magique de retenir l'avarice et de prévenir la guerre. » Traduit Des origines du sacré : Les extases de l'amour et de la guerre, par Dudley Young, St. Martin’s Press, New York, 1991, p. 207.
La MENTALITÉ PAISIBLE soutient nos âmes. Comme un physicien spirituel, Mahatma Gandhi indiqua que son noyau central consistait d’une fusion de la vérité et de la non-violence. Nos âmes scintillent autour de ce noyau comme des électrons autour d’un atome énorme. Chaque moment de chaque jour, une petite voix invariable nous chuchote : « Aime sans crainte. » Elle se répète inlassablement à l’amplitude céleste à travers le vide cosmique. Nous n’avons qu’à l’entendre et obéir.
Bien que la mentalité de paix flamboie brillamment dans des jeunes esprits idéalistes, elle vacille durant l'âge intermédiaire et s’éteint dans trop d'âmes malheureuses. Sur un terrain égal, presque tous favoriserait la mentalité paisible par-dessus celle d'armes. Cependant, notre opportunité de pratiquer la paix est aussi passagère que nos pratiques en matière d'armes sont diverses, puissantes et tentantes. Étant donné tant de conditionnement négatif, très peu d’éclairés n'arrivent à se rendre en praticiens habiles de la paix.
La technologie de la paix paye son propre fret et celui de la technologie d'armes. En dépit d’innombrables reculs imposés par nos priorités d'armes, la mentalité paisible s'avance petit à petit. Elle dépasse la vie et la mort, non moins le narcissisme sans scrupules des politiciens de désinformation.
La TECHNOLOGIE PAISIBLE inclut:
· Notre décrochage de la misère (au-delà de toute « poursuite constitutionnelle du bonheur. »)
· Notre poursuite de l'abondance, de l’agriculture soutenable, de la bonne santé et des droits de l'homme.
· Nos cultes de la nature et du surnaturel.
· Nos études d'Apprentissage : jeux, divertissements et éclaircissements.
· Notre poursuite :
o Des protections de la PAIX,
o D’une philosophie SAGE,
o D'entreprises VALABLES et
o D’un professionnalisme UTILITAIRE, ainsi que d'autres activités vitales.
Absent ces modifiants exemplaires (en MAJUSCULES) nous ne devons nécessairement considérer ces quatre derniers valables en eux-mêmes. Après tout se mutent-ils facilement en intimidation organisée, en pataphysique, en satiation d'avarice et en élitisme cru : symptômes dénonciateurs de la mentalité d'armes.
La mentalité paisible comporte cet impératif catégorique : BIEN ELEVER LES ENFANTS. Toute autre pratique n’arrive qu’à renforcer cet effort ou le nuire. On dit : « Bien élever l’enfant, cela nécessite le village entier. » Élever un enfant en bonne santé, cela exige la coopération alerte de tous les adultes présents. Notre ultime but serait de ne plus jamais élever indifféremment beaucoup d'enfants. Voici la stipulation d'armes. Une gestion paisible exigerait que chaque enfant soit emmailloté dans son milieu optimal. Sa bonne santé et plein Apprentissage prendraient priorité absolue.
« Les petits éprouvent tous de l'amour pour leurs parents. Et quand ils grandissent, ils éprouvent tous du respect pour leurs aînés. Aimer les parents, c’est l’humanité et le respect des aînés, c’est le devoir. Voici le secret. Étalez-le simplement à tous sous les cieux. » Mencius, traduit en anglais par David Hinton, Counterpoint, Washington, D.C., 1998, p. 240. Bibliography in English
Il est évident que tous les biens sociaux s’écoulent naturellement d'enfants bien aimés mûrissant dans de bons citoyens. Pensant logiquement, l’on pourrait conjecturer que son opposée soit aussi vraie : que les mauvais citoyens se proliféreraient quand davantage d’enfants sont abusés. Au fond nous enchantons-nous dans le bonheur des gosses, ressentons le cœur brisé quand on leur nuie et rendons un ouf de soulagement dès qu’ils en sont délivrés. On n'a pas besoin d'être un parent pour ressentir ces choses-là, ni particulièrement sensible.
Pour quiconque croirait en la réincarnation, toute pratique sauf celle qui chouchouterait tous les enfants à venir sans exception serait de la folie furieuse : signature du mandat sanctionnant sa supplice juvénile au cours des réincarnations à suivre. Faudrait être éperdument dingue… Une autre bonne raison pour rendre universelle la croyance en la réincarnation.
Ceux qui résistent à cette empathie sont profondément troublés ainsi que l’est notre société toute entière, puisqu'elle se moque bien de cette vérité élémentaire. Nous laissons des enfants périr par millions, des milliards supplémentaires devenir des adultes stupides par malnutrition et négligence.
Nous devons raccommoder ces scandales mortels et cela rapidement. Cette travestie serait impensable au monde en paix ; on n’en aurait jamais entendu de telle. Elle provoquerait l’effondrement de nos gouvernements, déclencherait une révision complète dans leur gérance. Les ex-chefs, paralysés de honte, se retireraient du service public en déshonneur intégral. Bonne chance à parier que nos courants chefs d’armes se présenteraient à la hauteur d'un tel idéal paisible. Les meilleurs le feraient volontiers, peut-être, étant donné des conditions favorables. Une fois que nous en serions convaincus de façon sérieuse, ils devront en être persuadés sinon remplacés sans hésiter.
Une homélie amusante bourdonne dans mon crâne comme de la musique d’ascenseur. Les êtres humains se fendent en trois catégories principales de comportement politique. Indépendamment d’autres allégeances, nous nous répartissons parmi les ex HERBIVORES, les ex CARNIVORES et les OMNIVORES, des herbivores et carnivores fréquemment réincarnés, ayant appris la futilité de leurs habitudes précédentes.
Ex HERBIVORE : « Holà, voici tout plein d'herbe ! L’herbe ruminée, ça n’est pas de la nourriture de cerveau. Ainsi devons-nous mâcher dur et faire beaucoup d'enfants : ce que nous faisons le mieux.
« Nous vivons au présent. Si quelque chose nous démange, nous le grattons. Notre univers réside dans ce grattement. Tout ce qu’il y aurait de plus, c'est trop compliqué pour nous.
« Eh bien ! Que nos carnivores sont méchants ! Ils nous chassent, nous tuent et NOUS MANGENT. Mais ils chassent outre d’autres carnivores qui doivent être pires. Cela pourrait être pis. Quoi qui nous effraye, notre bousculade aveugle le fera disparaître. Pourquoi s’embêter à voter ? Tout ce que nous demandons, c’est d’être heurrrrrrrreux. »
Ex CARNIVORE: « Voyez mon beau corps tout lisse, vorace et puissant. Mon intellect fait tic tac : fatal et sans remords. Je vis dans l'avenir, quand mes désirs les plus ténébreux seront enfin satisfaits.
« Je suis expert en pensée magique. Dès que je pratiquerai une série précise de démarches dans l’ordre exact et en chronologie parfaitement correcte, je pourrai m’assouvir à perfection et indéfiniment (ce qui doit être le paradis et preuve de ma sélection comme favori de Dieu). Personne ne peut me retenir et je tuerai quiconque le tentant. Si j’échoue, c’est par manque de perfectionnement particulier. Aucune importance combien de fois je rate, je dois enfin réussir sinon mourir dans l’attentat.
« Cette cérémonie obsédante compulsive peut être effectuée par le lion pendant sa chasse, par l’hiérarque pendant ses dévotions de culte (soit sanglantes ou pas) par le magnat pendant ses transactions de bourse commerciale, par le doctrinaire scientifique pendant ses astuces de labo ou par l’écrivain mastiquant ses propos. Tels résultats ont été plus ou moins comparables et me suis-je réincarné dans tous ces milieux et d’autant plus.
« Mon univers se focalise dans le sacrifice des proies et mon perfectionnement particulier en l’effectuant. Rien d’autre ne compte et ni Dieu ni moi n’a besoin de miséricorde pour quiconque de moins obsédé.
« Mes aïeux m'ont enseigné comment employer cet argent, ces institutions et ces nouveaux gadgets afin de combler ma faim. N'importe qui se permettrait d’être plus lent, faible et vertueux que moi, voici du gibier en règle. Tout ce que je peux griffer jusqu’au sol, c’est ma propriété sacrée à moi de disposer comme il me plaira. Si je m’en délasse, un autre carnassier plus affamé que moi en profiterait.
« Finies les discussions ! Voici l’heure venue de poursuivre le bonheur.
« Je sais ! Courrons au parlement ! »
OMNIVORE: « Les salades sont très fines dans l’occurrence. Moi et mes pairs, nous pouvons neutraliser à volonté n'importe quel carnassier de rien du tout. C’est amusant et puis ça se mange bien !
« Nous coordonnons le passé, le présent et le futur afin d'augmenter nos opportunités de bonheur personnel. Nous ne nous intéressons tant dans la poursuite du bonheur d’aucuns : ce serait plutôt leur affaire. Sommes-nous pourtant bien intéressés dans l’accélération du décrochage de leur misère : ce que les carnassiers politiques conviennent si facilement à oublier en poursuite farouche de leur bonheur particulier.
« Au moyen de la sélection naturelle, nous avons évolué pour apprendre. Le plus complexe notre univers d’information, le plus nous lui devons notre richesse. Nous pourrions employer cette richesse supplémentaire afin de distraire les ex-herbivores et détourner les ex-carnivores jusqu'à ce qu'ils aient saisi les principes fondamentaux de la civilisation d'Apprentis. Après cinq millénaires de compromis sanglants, nous venons à peine d’atteindre notre pas de course. C’est excitant ! Notre potlatch d’informations promet de supplanter les rigueurs de la battue et les rites du printemps. Chacun mérite abondance et sécurité… Voici évidemment le meilleur moyen de procurer les nôtres.
« Eh, ex-herbivore privé d’imagination ! Regarde au-delà de ta rumine. Eh toi, ex-carnivore sournois ! Ton agression trahit ta faiblesse. Va s’y, hasarde ta prochaine attaque. Tôt ou tard échouera-t-elle, comme toujours en fin de compte. Eh, vous deux ! Rejoignez-nous dans la paix ! »
Mais ce n’est là qu’une écoute de musique facile. Les Apprentis examineront encore plus minutieusement la physiologie de la responsabilité sociale et du comportement public. Ils découvriront des meilleurs modèles de motivation humaine.
« Paul MacLean nous indique que nous sommes les propriétaires de cerveaux trilatéraux. Non d’un cerveau mais de trois : chacun comprenant sa façon de percevoir le monde et d’y répondre. Richard M. Restak, Le cerveau : La dernière frontière (Garden City, NY: Doubleday, 1979.) « Dans l’ordre croissant des échelons phylogéniques, ils sont : (1) le reptilien (le noyau central) (2) le palèomammalien (le système limbique) et (3) le néo-mammalien (le cortex cérébral.) Ce premier, le reptilien, c’est le plus primitif. MacLean l’a aussi marqué comme le complexe « R » comparable à une grande partie du cerveau des reptiles [et des poissons], il inclut l'hypothalamus. Dans le voisinage du complexe reptilien, voici le niveau contigu : le système limbique que l'on associe au cerveau trouvé dans les mammifères primitifs...
« En effet semblons-nous du moins partiellement avoir été encablés au préalable par le cerveau reptilien, à être ritualistes, à craindre l'autorité, à développer des ordres de picotement sociaux et peut-être même des névroses d’obsédants compulsifs...
« Autant dans le cas du système limbique, nous semblons avoir été précablés à répondre de façon émotionnelle aux menaces à l'individu et à la continuité de l'espèce. » Dennis J. D. Sandole, La base biologique du besoin. Le conflit : La théorie des besoins humains, John Burton, éditeur, 1990, Macmillan Press, Ltd., 1990, p. 71.
Alors que nos modèles de la conscience humaine se rendront un peu plus apparents, notre évaluation des motivations humaines se rendra plus subtile et des meilleurs traitements pour les déviants avides de violence et orientés par la crainte, nous permettront de nous entr’aimer sans grand effroi—enfin !
Debra Niehoff passe en revue la correction criminelle dans son livre très lucide, La biologie de la violence, Free Press, New York, 1999. Une victime elle-même d’un crime brutal, (ainsi que je l’ai été et comme tu dois bien l’être à cette époque de misère, comme presque toutes celles d’antan) minimise-t-elle la brutalité comme une force dissuasive du crime. Elle nous suggère des méthodes plus pensives de modification de comportement. Sa recherche indique que les terreurs policières et les brutalités pénales ne suppriment jamais la criminalité autant qu'elles ne l’augmentent. Voici l'effort constant de la mentalité d'armes : augmenter la criminalité et l’agression.
Nous habitons la terre en armes : le produit d’êtres humains démunis de la paix de Dieu, de son bien reçu réciproque et de sa bienveillance. Nous sommes là pour refaire cette planète en son propre monde en paix, rempli de tels. Le dieu dont je crois aime la paix et abhorre la guerre entre ses enfants. Dieu récompensera ses Apprentis fidèles et avides de paix comme ses enfants authentiques et ses vrais saints. Sa récompense se traduira en miracles.
Disons que tu n'étais ni athée ni religieux : tous deux d'esprit également clos, et que tu cherchais à confirmer l’existence de Dieu, rien que pour ta propre satisfaction. Tu n’en trouverais aucun meilleur moyen que de transformer la terre en armes dans le monde en paix et d’entrevoir Dieu confirmer Son existence en nous inondant de miracles d’approbation. Après tout, nous serions en train de réaliser ce que Dieu nous ait toujours instruit, au lieu de ce qu’Il nous ait toujours interdit ; nonobstant l'autorisation démente de nos menteurs religieux et idéologues d'armes : « Tue, ment, déteste ton voisin, vole-lui et prie en public : nous t'ordonnons d'obéir nos commandements d'hommes et de pratiquer ce que Dieu nous interdit. »
Ces miracles seraient les remplacements par Dieu de nos désastres parfaitement en série, parfaitement scientifiques et parfaitement orthodoxes. Nous pourrions verser au monde en paix toute la sainteté refoulée dans nos poitrines et jouir de miracles de sagesse, de bonté et d’amour. Tous les Apprentis pourraient se rendre en frères et sœurs au monde en paix, à tel point que nous ne puissions le contempler à présent.
Ce serait comme de jouer son rôle dans une pièce de théâtre. Sauf que ses charpentes, costumes et éclairages, tous se conformeraient mieux à la paix en améliorations progressives ; puis le directeur de cette pièce, ses écrivains, acteurs, réalisateurs, patrons et assistants, se seraient changés d’avis : que la terre en armes N’ÉTAIT PAS SI CHOUETTE et que l’on se sentirait mieux au monde en paix.
Chaque Apprenti pourrait endosser – avec encore plus d’aise, de charité et de camaraderie ; plus facilement et meilleur marché ; avec moins de risque et de frousses ; se servant d’exponentiellement plus d’artisanat, de passion et de dévouement – le comportement de saints massés de Dieu : assoiffés, souls et comblés de sa paix. Jusqu'à ce que Dieu n’obtienne sa paix.
Nous sommes tous des Apprentis—de la naissance à la mort. En tant qu’êtres politiques, moraux, spirituels et pragmatiques : amants et apparentées de tous pour le mieux ou le pire, nous sommes les êtres choisis dans ce continuum d’espace-temps. De Dieu, d’Allah, du sort ou du néant ? C'est comme tu voudras. J’appelle ça Dieu, et nous-mêmes appartenant à Dieu : comprenant le tout. Cela te dérange ?
Au lieu aurions-nous choisi d’éterniser comme esclaves de la terre en armes. Emportés dans une danse à claquettes de guerre perpétuelle et de paix éphémère, improvisons-nous de notre mieux pour rendre hommage à deux principes contradictoires : la mentalité d’armes et celle paisible. En souffrant de cette schizophrénie en masse et en demeurant ses otages, nous nous réduisons dans des brebis asociaux et des loups solidaires. Les enfants gâtés de Dieu au lieu d’être ses saints.
Quel gâchis inexcusable !
ENSUITE TABLE
DES MATIÈRES ANTÉCÉDENT
APPRENTIS : De la terre en armes
au monde en paix
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CONTACTS (sous développement)