marc mulligan, Seattle, Terre, Troisième Millénaire de l’EC
A L’HEURE ACTUELLE, APPRENTIS EST ECRIT EN ANGLAIS ET EN FRANCAIS.
Si tous les Apprentis sur la terre en armes
Larguaient leurs appréhensions et œuvraient au même plan,
Nous pourrions établir le monde paisible en une seule génération.
L'ESSENTIELLE, TOUT D’ABORD :
LA PAIX GLOBALE AVANT TOUT !
« Nous sommes à présent confrontés par le fait que demain, c’est aujourd'hui. Nous sommes braqués par l'urgence féroce du maintenant. Dans cette énigme déferlant de l'histoire et de la vie, il est possible d’avoir trop tardé. L’atermoiement demeure le pillard du temps. La vie nous laisse souvent nus, dépouillés et déprimés par l’opportunité ratée. La ‛marée des affaires humaines’ ne dure pas haute, elle baisse. Nous pourrions hurler au désespoir que le temps ralentisse son passage, mais il reste sourd à tous nos appels et se précipite. Sur les os blanchis et les résidus confondus de nombreuses civilisations sont inscrits ces mots poignants : ‛Trop tard.’ Il existe un livre invisible de la vie, qui enregistre scrupuleusement notre vigilance ou notre négligence. “Le doigt mobile écrit et ayant écrit, passe…” Nous retenons aujourd’hui ce choix : coexistence non-violente ou co-annihilation violente. Ce pourrait bien être l’ultime opportunité pour l’humanité de choisir entre chaos et communauté. »
Martin Luther King, Where Do We Go From Here: Chaos or Community (Où allons-nous ci depuis : Chaos ou communauté), 1ere édition, 1967, “The World House” (La maison globale), http://ww.forusa.org/nonviolence/MLK_WorldHouse.html
ATTENTION : Ce qui suit est un LIVRE assez long et gratis comprenant beaucoup d’idées et d’inspirations dont nous avons été déshérités. Rassure-toi, je les ai divisées en une centaine de chapitres un peu plus comestibles. Malgré les demandes de l’orthodoxie de la toile, ces chapitres n’ont ni jolis dessins, ni MP3, ni trucs, ni bidules ; leur intégralité est longue et dure à lire (ma faute). C’est d’ailleurs dommage. Je préférerai inviter des Apprentis experts en multimédias à contribuer un assortiment innovant d’images et de musique sur l’Internet, afin d’embellir ce texte interminable de beaux vitraux et cantates. Somme toute, un autre projet au-delà de mes capacités, faute d’aide étrangère.
De ton livre préféré, à la déclaration des droits humains, au manuel de vol d’une navette spatiale ; un texte ne devient influent qu'après que maintes gens de bonne volonté aient accepté de le partager. Jusqu'alors, ce ne serait qu’une chaînette de symboles vides et impuissants puisque ignorés du monde entier. Si tu souhaites lancer la liberté, un engin spatial ou la paix au monde, du reste, toi et d’autres en grands nombres devront admettre le même texte de base, lui donner voix et le matérialiser.
Aucun texte n'est parfait, de sorte qu’il te faudra raffiner tout plein de minerai cru afin de découvrir et polir des diamants bruts dignes de partage avec tes amis, qu’ils puissent se rallier à cette cause et contribuer à son ouvrage.
Je pourrais adresser ici ta corvée de lecture sinon la mienne de révisions interminables.
Un texte révolutionnaire, c’est un peu comme tout autre outil. D’abord te semblera-t-il bavocher la page blanche de ton esprit, comme un nouvel outil pourrait rater dans tes mains inadaptées. Ce ne sera qu’après de nombreuses répétitions qu’il se rendra utile et familier. Sois patient et travaille dur ; je t’assure que cela t’en vaudra la peine. Voici ce que vous cherchiez patiemment, Apprentis dont j’impatientais.
Nous autres (trop rares à présent) qui convoitons la paix globale plutôt que n’en ayons peur, devons partager un texte distinct. Celui-ci, peut-être, ou un autre ? Il se pourrait que les pages/chapitres d’APPRENTIS ne servent que comme brouillons d’un schéma préférable.
Nous devons étudier les mêmes sujets, débattre les mêmes idées à maintes reprises et en plus grands nombres à la longue, afin de réaliser quelque chose d’éclatant. Pour ou contre, aucune importance ; partager les mêmes idées et le même vocabulaire, voici l’important. Entre temps nous limitons-nous à mimer nos idées divergentes et fantaisies de travers sans but ni fin utile.
Regarde autour de toi : le monde se rend quotidiennement plus malade ; elle manque l’influence rénovatrice d’une multitude de voix prêchant ensemble la paix et de l’application en commun de nos soins guidés par ce but partagé.
Ne prends pas la peine d’interpréter APPRENTIS de ta petite voix intérieure et isolée ; impose à sa place le rugissement de millions d'Apprentis alliés. Dans leur absence, ce texte demeure faiblard, n'importe le message qu’il souhaite transmettre. Avec eux, les idéaux de la paix au monde se transformeront de rêvasseries en usages de routine. Une fois que tu auras atteint mon age, tes enfants en maturité considéreront les propos fantasques d’APPRENTIS comme allant de soi, qu’ils en tombent d’accord ou non.
Attends un peu et découvre. Nous sommes à l’aube de l'époque du Verseau : un indice parmi d’autres. Pour l’instant, étudie soigneusement ces pages et partage-les avec tes amis ; ainsi servirons-nous la paix de notre mieux possible.
Je te prie de patienter mon français de cuisine. Je traduis ce texte par sympathie pour mes confrères francophones qui ne lisent pas l’anglais, et puis pour rappeler aux Apprentis sympas, internationaux comme concitoyens, que nous sommes plutôt nombreux, ici aux USA, n’étant ni troglodytes ni Huns renaissant en culte, (born-again Huns) en dépit des apparences suggérant autrement.
Si ce fut en mon pouvoir, je ferai traduire ce texte par des maîtres dans toutes les langues, que tous puissent y contribuer en tant qu’égaux. Si c’était en mon pouvoir, je m’attendrais à ce que chaque gouvernement au monde souscrive un system publique et gratis de traduction sur l’Internet, de toutes les langues majeures en celles natives – celui déjà rémunéré par tes impôts et à la disposition routinière des agences secrètes de ton gouvernement, sans doute – afin que nous puissions nous entretenir dans un débat globale et paisible, comme des êtres civilisés. Mais voici un autre chapitre.
Comme d’habitude dans la condition humaine, l’anarchie créatrice des Apprentis devra raccommoder la décomposition institutionnelle.
Je préférerai que des parleurs de langages internationaux (comme toi !) saisissent leurs chapitres favoris d’APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix, les traduisent affectueusement en leur langue maternelle, (comme moi l’ai entrepris, autant que possible, parmi mes nombreuses citations en anglais et français) et les remontent dans la toile globale, m’attribuant du titre d’auteur, (mon nom apparaît en bas de cette page et de la page titre, nul part ailleurs dans APPRENTIS), et pour eux-mêmes, celui de traducteur—afin que leurs concitoyens puissent assister à ce projet du monde paisible, comme des pairs bienvenus dans l’Agora globale. Je te prie de l’entreprendre pour moi, pour toi-même et pour notre gloire commune, mais surtout pour eux.
Personne ne doit être laissé en arrière, soit son adresse linguistique. Cinquante groupes de langues embrassent presque 99% de la population humaine. J’ai besoin de 50 Apprentis géniaux et prodigues d’eux-mêmes pour former l’avant garde de cette révolution.
Pourquoi atermoyer ? Mets-toi tout de suite à lire et à interpréter au bénéfice de tes voisins ! Comme dans mon cas, voici le boulot dont tu t’es apprêté toute ta vie.
Merci, l’ami.
Je me sers de la toile globale pour te transmettre ce message, ainsi qu’Érasme se servit de la presse d’imprimerie pour transmettre son rêve. Je me sers de toi, Apprenti idéaliste, ainsi que lui se servit de chaque humaniste sur terre. Voyons ce que nous pourrions accomplir – nous, les « idéalistes triviaux » – une fois ralliés.
Une dernière observation : inutile de perdre du temps à retoucher ta traduction jusqu’à la perfection littéraire, avant de la remonter dans la toile globale. Ce que je te demande, c’est de l’honnêteté, de la passion et de l’empressement. Il y aura toujours assez de temps ensuite, pour que quiconque puisse arranger une traduction parfaite de ce texte imparfait et la défendre des mauvaises interprétations de réactionnaires. Rien de ceci ne soustraira de ta gloire en tant que pionnier visionnaire et bienfaiteur initial de ton peuple. Entre temps, remonte ta traduction tout de suite dans la toile globale, soit à quel point boiteuse qu’elle t’apparaîtrait ; puis prends ton temps dans son perfectionnement au moyen de nombreuses réécritures, comme moi le fait quant au texte originel. Nous ne disposons plus de temps en surplus, le temps restant demeure péremptoire.
Parle-moi de ta traduction publiée sur l’Internet, que je puisse noter ta réalisation dans mes tables des matières.
Je n’ai pas fait paraître ce texte, ni ne l’as-tu rejoint avec la seule intention d’alimenter la plus salle des machines de la terre en armes, (to stoke the WeaponWorld Jive Drive) ni pour te distraire de tes responsabilités d’Apprenti, ni plus pour te rassurer que des élites d’armes doivent rendre toutes les décisions vitales en ton absence. Jamais n’a cela été sensé. Les Apprentis incluront les décisions de tous, de façon naturelle.
En poursuite du pourquoi, du comment faire et des résultats du monde en paix,
À moi, les Apprentis !
MON BLOG : Déguerpir de la terre en armes
« Nous sommes confrontés par
l'urgence féroce du maintenant. »
Citation de Martin Luther King et invitation à lire APPRENTIS.
Sommaire d’APPRENTIS : LA PAIX AU MONDE
Je bosse toujours sur ce
sommaire. Ce qu’un lecteur soumis à la
contrainte, s’opposant ou surchargé pourrait trouver trop ennuyeux aujourd’hui,
une douzaine de générations de disciples méticuleux pourraient étudier en
profondeur, moissonnant les déficits.
Nous sommes tous formés comme
enfants contre la paix. Une fois que les
Apprentis l’auront compris, ils seront en mesure d’ouvrir à grand les portes au
monde paisible.
TABLE DES MATIERES (TE VOICI).
Les mots-clés de chaque chapitre. Une description d’APPRENTIS plus fractale, de physique de quanta et de logique floue,
que ces phrases newtoniennes, trop linéaires et sirupeuses.
Poèmes, des miens et des leurs
I Will Wake Again in Darkness / Je
veillerai tantôt dans l’obscurité --- Chanson d’automne / Paul Verlaine /
Autumn Song --- By Not Loving You / En ne t’aimant point --- Ballade des pendus
/ François Villon / Ballad of the Hanged --- The Second Coming / W.B. Yeats /
Le second avènement --- Nobody is Blocking World Peace, but You / Personne ne
bloque la paix au monde, sauf toi --- I Have a Rendezvous with Death / Alan
Seeger / J’ai un rendezvous avec la mort --- L’âme du vin / Charles Baudelaire
/ The Soul of Wine --- What Questions about When? / Quelles questions sur quand
? --- Blue Energy Water / L’énergie bleue dans l’eau --- Grimpe / Climb ---
Darkness, Darkness / Jesse Colin Young / Noirceur, Noirceur --- Go Find It / Va
trouver --- L’Atlantide globale / Global Atlantis --- What Is All This For? /
Pourquoi faire, tout ça? --- Come to me, Eureka / Viens-moi, Euréka --- I’m in
hurry to get high/ J’ai hâte de me défoncer --- We are all the Grizzly Man /
Nous sommes tous l’homme grizzly --- I
Cannot Trust You If / Je ne te fais aucune confiance si --- An Irish Airman
Foresees his Death / W.B. Yeats / Un aéronaute irlandais prévoit sa mort ---
The Force that through the Green Fuse Drives the flower / Dylan Thomas / La force qui depuis le fusible vert dirige la fleur --- La
peine que j’induis, je dois ressentir / The Pain that I Induce, I must feel ---
We Win / Nous Gagnons --- Pavane pour une planète défunte / Pavane
For A Dying Planet --- One Art / Elizabeth Bishop / Un art
Pour la plupart en anglais ; où
sont mes rapports francophones ?
Qu’il soit si mauvais, mon français, ne change en rien du fait que mes
propos soient uniques et originels. Je
vous prie de m’en faire part et d’accrocher un lien du mien à votre site.
Nous nécessitons un tout nouveau
vocabulaire politique. La gamme de nos
sujets sera encyclopédique ; notre premier traitement de ces matières sera
d’un superficiel insolent, sujet au renvoi mythique à chaque tournure de page.
Mein fahrt, citant Hitler hors
de propos
Hitler comprit qu'une idéologie a
besoin d’un simple message que chacun puisse comprendre et auquel chacun puisse
se conformer de façon convenable, aussi du développement de ce message d’étape
en étape. Son contenu fut erroné ;
le notre pourrait être préférable. Ce
dispositif demeure tant prêt pour exploitation légitime que pour malversation.
Partageons-nous une superconscience
collective ? La polluons-nous de notre
violence ? Pourrions-nous l'inonder de
paix ?
La survie darwinienne des plus fatals
La sélection darwinienne pour des
meilleurs états militaires. L’intendance
dans ses contextures d’armes et de paix.
Du
mal inné humain ou de son ultime bonté ?
La nature, le nourrissage et d'autres intérêts.
Choisis ta propre constellation de
métaphores politiques : historiquement pur ou rêvant vers demain. A toi choisir.
Prends pause. Contacte-moi.
Voici qui est dur.
Pourquoi sommes-nous dans ce pétrin
?
Sommes-nous trop coopératifs ou
concurrentiels ? Pourquoi ?
La guerre n’a jamais commencé ni ne
s’est-elle jamais éteinte, elle est perpétuelle. Ceux qui la résistent le mieux, meurent le
plus rapidement.
La science et le métier de la
guerre dans l'histoire comme au présent.
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits
Sacrifice ou célébration ? Les religions d'armes favorisent le sacrifice
; les religions paisibles, la célébration.
Célébrons ensemble les Apprentis au lieu de sacrifier victimes.
Ce que j’en pense de la Rapture, mon pote
Jésus ne s’est jamais servi de
l’expression Rapture. Le Christ interdit aux chrétiens de prier en église
et en public : vois pour toi-même dans Matthieu 6-5. De quoi se mêlent ces « chrétiens
fondamentalistes » en désobéissant Ses instructions directes, menant des
croyants potentiels à s’égarer, détournant les incertains en dégoût et
pervertissant ainsi le christianisme ?
Pour quelle raison ces paysans et
nobles sempiternels honorèrent-ils des hérétiques au lieu de leur clergé
catholique et entièrement mûr ?
Ma tentative de récrire le
catéchisme cathare perdu depuis l’origine de l’inquisition.
Identité, conflit et
communauté. Les adhérents de différentes
positions d'identité pourraient se conjoindre en Apprentis, et leur partage de
cette désignation pourrait les protéger d’abus des droits humains.
Notre constellation de métaphores
politiques est farcie de mythes d'armes.
Pourquoi ne pas l’emplir de mythes paisibles ?
Le paradis et l’enfer, sur terre
Une liste de suggestions à réaliser
ou pas (du moins, pas si fréquemment.)
Ce syndrome : le gouvernement est
malveillant ; rendons-le donc aussi lent et stupide que possible. La thérapeutique : chaque gouvernement serait
aussi bon ou mauvais que la mairie la plus proche. S’assurer le plus souvent que ces mairies
soient bonnes.
Du contrat social par Jean-Jacques
Rousseau
Son contrat social manquait la
considération (terme légal) qui l’aurait déclenché et garanti : la paix au
monde. Son génie reconnut les bornes des
communications de son temps. Ce mur en
briques de communications restreintes lui interdit de publier les conséquences
de son contrat social à l’égard des relations internationales. En nous servant de technologies que lui
manquait, nous pourrions réduire ce mur inébranlable à la densité de l’air.
L’inadvertance fatale de Marx. Décrire la politique d'informations dans
l’absence de l’antinomie d’armes et de paix, ce serait comme décrire la
mécanique orbitale, absente la pesanteur inertielle. La phénoménologie économique n’est qu’un
tributaire mineur de l’écoulement des informations. Cet écoulement est infiniment renouvelable et
profitable à l’exponentielle ; il pourrait être multiplié par des millions
de fois, en embrassant des dialogues anarchiques et chaotiques au lieu du
monologue centralisé : beaucoup moins productif mais promouvant du
gouvernement. Une abondance inexploitée
réside là, que les Apprentis sauront libérer.
L’accroissement de la formule de
menace : le compte des corps multiplié par (le temps par-dessus la distance) au
carré ; au lieu de la formule de fauteuil qui accélère la pensée (voir en dessous).
Guerrier d'infanterie au combat
Mettons-nous les godasses d’un
fantassin moyen.
Des rapports entre le crime, la
guerre et la gouvernance.
Les deux voies que peut prendre le
Capital et leurs conséquences.
L’ultime faiblesse américaine et sa
puissance suprême.
Parmi les mieux préservées des
littératures historiques, qu’un seul auteur sur dix ne survit et qu'un seul
d’une dizaine de ses œuvres. Savais-tu
que l'Iliade et l'Odyssée n’étaient réellement que les deux tiers d'une trilogie
? Qu’il y eut une autre épopée perdue
? L’embrasement des livres est
omniprésent et d’un œcuménisme écœurant dans l’histoire.
La pensée politique moderne et le
fascisme sont-ils trop semblables ? Pourquoi
?
L'établissement de la
droiture : voici notre précédent historique.
Manque d'observer les
avertissements jusqu’à ce qu'il ne soit trop tard : caractéristique de la
mentalité d'armes.
Une liste partielle de mensonges
par espèce.
La mentalité d'armes est fatale par
conception. Incapable de se contrôler,
c'est ce qu’elle fait le mieux. Si tu
voulais tout massacrer, tu aurais choisi ta parfaite bête de compagnie. Choisis plutôt une de plus docile.
Comment transformer cette terre en
armes en un monde paisible ?
Mentalités et technologies paisibles
Croissance éphémère aux racines
profondes ; croissance explosive aux racines peu profondes. Des racines profondes et d’une croissance
fructueuse.
L'éléphant du monde est dirigé par
un cerveau de cafard : sa force musculaire, en déséquilibre avec sa
conscience neurologique. Cet éléphant
erre aveugle, se casse des membres et crève de faim au centre d’un marché de
produits agricoles. Voici comment va le
monde, comment il réagit. Installons un
cerveau d'éléphant dans cet éléphant et observons-le danser. Cette danse là figurerait notre ligne de
sauvetage au monde en paix.
L’éducation comme pathologie, contre la
formule du fauteuil
L'éducation moderne, c’est triage
et restriction. L'éducation des
Apprentis honorerait chaque enfant avec au moins un doctorat dès sa
puberté : comme nous entretenons nos musiciens prodiges à l’heure
actuelle. Accélérer l'écoulement des
informations au lieu de le rationner.
Inverser la ziggourat hiérarchique de l'éducation en cornes d'abondance
d’Apprentis.
Les lois qui règlent nos
communications au moyen de constellations de métaphores politiques. Du discours libre et des centres de
profit. Plutôt priorité à la largeur de
bande du dialogue et moins à la longueur d’onde du monologue officiel.
Le traitement des informations dans
une technologie paisible.
Taichi Sakaiya décrit l'abondance
perçue et les jugements objectifs de valeur qui en résultent ; il décrit
la pénurie et les jugements de connaissance-valeur en résultant. Des applications suggérées de la
connaissance-valeur quant aux technologies paisibles. Équilibrer l'affluence et la pauvreté, les valeurs
objectives et les connaissance-valeurs.
La laocratie comme alternative
directe et continuelle aux élections indirectes et sporadiques de la démocratie
représentative. L’architecture suggérée
de l'Agora mondiale des politiques d'information.
Le devoir des jurys pour justice
maximale.
Comment énumérer les matières de passion et leurs adhérents.
Quelques problèmes de la
gouvernance à grande échelle.
Ta représentation est tant valable
que la mienne ; échafaudons ensemble la nôtre.
Sur les avantages de voyages
étendus.
De l’ancienne abondance et des petits
bonshommes verts
Hypothèses exotiques et
spéculations risiblement non scientifiques, te divertissant de leurs feux
d'artifice.
L’application des technologies
paisibles à la science et aux superstitions.
Quel serait un remplacement
complémentaire à sa théorie évolutionnaire ?
L’Amer-Ind comme langue universelle
des voyageurs adjointe à celle de naissance.
Sur l'écologie culturelle : son étouffement par la culture corporative
d'armes et son appréciation au monde paisible.
Sur l'art fin de la verifaction : trouvaille de la vérité des
deux côtés d'un conflit. Sur
l'Islam. Si les deux convenaient
parfaitement ?
Des idées de Gandhi sur la
satyâgraha, la résolution des conflits et la non-violence, soulevées avec
reconnaissance du livre de Mark Juergensmeyer.
Ode à la vérité et à la non-violence
Un poème sur la satyâgraha et la
verifaction.
Ne juge pas l’économie de la
technologie paisible selon l'éconologie d’une technologie d'armes.
À quoi devons-nous nous attendre,
une fois que le monde paisible serait atteint ?
Pourrions-nous transformer cette
terre dans un modèle à plus grande échelle de l'Angleterre
victorienne ? La terre comme
féodalité. Les villes industrielles
frangeant l'orbite terrestre au lieu de la mer.
L’espace extra-atmosphérique : les colonies ?
Est-ce que la voix vivante de l'ADN
serait la voix du serpent d’Eden : le diable ? Serai-ce plutôt le saint esprit que Jésus
nous laissa comme rèconforteur, en attendant Son retour ? L'ADN est très vieille et très sage. Nos âmes sont déjà sauvées. Pourquoi ne pas se brancher dans cette base
titanesque de données, à la recherche de répliques aux pires de nos problèmes
? L'ADN les aurait déjà survécus dans
d’autres incarnations, les transformant en bénéfices. Pourquoi ne pas partager ces avantages ici en
temps réel ?
Les extraterrestres et les hommes des
cavernes
Spéculations encore plus exotiques
quant à la préhistoire, afin de te rendre plaisir en dînant et dansant.
Nous devons bénéficier de milliers
de toubibs supplémentaires. Des
problèmes de la technologie d’armes vis-à-vis la santé publique, et des
applications d’une technologie paisible à la santé publique.
Rajout de PLA, rabais des nuques
Des solutions de rechange à la
quincaillerie du transport.
L’interdiction formelle de la guerre nucléaire.
L'écologie est-elle constitutionnelle ?
La bonne écologie comme droit
constitutionnel.
Encore une liste de mots-clés :
renouvellement urbain, sylviculture urbaine, remèdes tectoniques, villes
couvertes, caillebotis élevés et énergie solaire. La surveillance au ras des pâquerettes
d’activités à grande échelle.
Tes droits ou leurs privilèges ?
La distribution des droits au monde
en paix.
Les contrôles de la population
La meilleure forme de contrôle de
population, c’est autant d'enfants et de vieillards en bonne santé et bien
aménagés que possible—beaucoup moins d’exceptions.
« La constitution réclame une
milice bien réglée… » Les forces de hargne au monde en paix.
Paix sur terre et bonne volonté
Convivencia : apprendre à vivre
ensemble. La conception urbaine et les
protections environnementales.
Sois gentil et traduis-moi quelques chapitres d’APPRENTIS dans ta propre langue. Une liste plus ou moins sotte de suggestions particulières. Comment ai-je osé ? Puisque ma soeur me l'a demandé. Compose donc tes propres !
Du développement soutenable au
moyen de technologies paisibles.
Activisme, commentaire social, prévision du futur, prophétie, politique,
théorie politique, écologie et paix, idéalisme, renouveau urbain, gestion
globale, fédération globale, vision du monde.
La transformation du contrôle des
civières en sport de rue. Des ordures
sont pour les taudis de la terre en d'armes, non pour le nouveau Jérusalem de
la paix globale. Son recyclage devrait
être un jeu d’enfant.
Bibliographie (en anglais)
À
Et à Dad, feu chevalier sans peur et sans reproche …
À nos bibliothèques publiques et leur quête épique d’apaiser La Faim.
Que ces braves soupes publiques se rendent en banquets d’Apprentissage :
Portiques à l’Agora mondiale du monde paisible.
Je soumets ce texte au verdict de Ganesh.
La quête d’APPRENTIS m’a désigné une steppe des tartares de solitude flamboyante à perte de vue. Mon voyage horripilant m'a emporté d’une oasis abondante de camaraderie à la prochaine au-delà de l'horizon. En me récupérant pendant un certain temps à chaque arrêt, me suis-je ravivé des offrandes d’espoir et d'appuis d’une poignée d’amis. Ensuite repris-je mon morne périple.
Dans L'instinct de la langue, Peter Pinker indique qu'il n'a jamais rencontré personne indifférente à sa matière de passion. Je ne peux en admettre autant. Une indifférence active engendra de l'agression passive, du moment que j’interrompis le bagout contemporain avec le mécontentement d’APPRENTIS.
Je suis génial à soulever de la colère. Nul harcèlement sexuel n'aurait suscitée de telles confrontations. Ma compagne, Linda, me suggéra que ce n’était pas ce que j’indiquais qui m’achetait tant d’ennuis, mais comment je l’indiquais. Peut-être. Ce travail n'aurait jamais vu la lumière du jour sans l’appui sincère – si parfois stupéfait – de ma bien-aimée veuve de manuscrit.
Je suis fier de ma famille et de mes amis : tous des modèles de rôle d’Apprentis. Beaucoup d'autres ont promu ce travail sans le savoir, de leur propre manière.
Mes remerciements particuliers aux volontaires étrangers et kibbutznikim (fermiers collectifs israéliens) des kibboutzim Evron et Dorot, et puis à nos hôtes arabes et palestiniens, dont la récompense des soumis à Allah soit la Paix.
A nos vieux ancêtres originaires de ce pais : hominidés, païens, juifs, chrétiens, musulmans et ceux intermédiaires : les ultimes réchappés de la colère de Dieu. Comme les Amériques du Nord, du Centre et du Sud forment un joyau triade, l'Israël et ses voisins, un collier de terres de promesse infinie – sinon encore réalisée – qui s’étend au-delà, de façon miraculeuse, en contact intime avec des anciens noyaux de civilisation, comprenant tous les sages, soit leur provenance et langue. Tous ces sages chantant en cœur : des Apprentis qui chanteraient en harmonie de la paix au monde …
J'ai obtenu de copieuses bénédictions : la passion de Plutarque, l’éclaircissement cosmique de Voltaire ; Le Regardant en arrière de Bellamy, Les dépossédés d'Ursula Le Guin, de John Brunner Prendre position sur Zanzibar et Les moutons qui recherchent, L'encyclopédie de l'histoire militaire des frères Dupuy, Les systèmes d'armes et la stabilité politique de Carroll Quigley, et Comment penser de la guerre et la paix, par Mortimer Adler.
J'avais pris l'habitude de puiser des suppléments de santé d'esprit du journal The Nation. J’ai dû lui tourner le dos, par la suite, à cause de son refus exaspérant de soutenir mon projet et tout autre, du reste, de transformation sociale notoire. Comme d’autres « libéraux américains » ils pleurnichent sans cesse de ce qu'ils refusent de transformer. Eux et leurs pairs du Dissident, The Progressive, Z, Harpers et d’autres hebdomadaires anglo-saxonnes qui osent se désigner gauchiste ou progressiste en dépit de leur embourgeoisement dur et leur fainéantise du haut du pavé. Ces mélioristes indiscrets et atomiseurs progressistes consentent à la longue aux pires dégâts.
Il ne reste que deux partis politiques en Amérique, conservateur et réactionnaire : ces Democrats qui n'ont eu de bonne idée depuis six décennies ni adopté celles d’autres depuis trois, et ces Republicans qui n'ont jamais rencontré de mauvaise idée qu’ils n’aient prisée.
La recette politique comprise dans The Nation (s'il y en ait une ; ils l’assombrissent soigneusement) c’est leur formule pour rendre l’initiative aux réactionnaires. La tourbière politique en Amérique confirme cette conclusion. Les progressistes sont encore plus responsables du refoulement courant des égouts réactionnaires, que ces réactionnaires eux-mêmes. Il serait facile d’écarter ces réactionnaires stupides ; mais le subtil monopole et sabotage d’idéaux progressistes, de la part du « liberal » moyen, voici une paralytique de nocivité incroyable.
Avec de tels amis, qui aurait besoin d’ennemis ?
De nombreuses gens et publications ont confirmé mes conclusions, même si elles ignoraient le sous texte de leurs propos, intentions et actifs.
La nature m’a indiqué beaucoup de merveilles déchirantes du coeur. Chaque nouvelle révélation m’a confirmé nos prérogatives de paix, d'abondance et de justice ; de cette bonté du Dieu d’amour, le rèconforteur que Jésus nous promit.
Mes reconnaissances au regretté Govind Naidu, professeur de sciences politiques à l'université d'Alaska en Anchorage. Les courriers ont flotté sur ses genoux mon petit manuscrit non sollicité, et les incitations de sa pensive réponse ont animé mes recherches excentriques. A part quelques communications éphémères au téléphone, me suis-je satisfait de cet unique encouragement.
Des remerciements incessants à Ted Fagin : voisin amical, joueur seigneurial, bibliophile, anarchiste et soldat chien indien (dog soldier) : le maître pour lequel j'ai prié et qui m'afflige à présent de son absence. Plaisamment mis t il de côté son atteinte terminale et ses sérieuses appréhensions quand à la teneur de mon livre, pour mieux former mon anglais. Je remercie pareillement ma soeur Leslie qui aménagea si affectueusement ma prose en anglais dont Ted entreprit le génie civil, Karen pour m’avoir montré l’au-delà de ma zone de confort, et Jill pour son sens d'équité.
Doug Dean et Paul Lackman, mes meilleurs amis, ont labouré de rugueuses ébauches de ce texte et m’ont offert davantage de commentaires que ne suggèrent leurs quelques attributions ici-bas : Doug, des premières ébauches jusqu'à sa disparition regrettée (il y à tant péniblement longtemps) et Paul depuis.
Je dois d’autres genres de remerciements aux innombrables gangsters, voyous, hypocrites et fascistes par là-bas (furent-ils flamboyants, blâmant ou cryptos) pour lesquels :
La cérémonie de l'innocence est noyée ;
Les meilleurs manquent de toute conviction, alors que les pires
Sont bourrés d’une fougue exaltée.
W.B. Yeats, Le second avènement
Qu’importe s'ils s’enveloppaient dans leur grande tenue ou la leur du combat, du maquillage à la crêpe télévisée ou des cendres du deuil, des soies institutionnelles sinon des chiffons de la dissidence ? Nous sommes tous des mortels nus en dessous. Leur arrogante impunité souleva ma basse rancoeur aux nouvelles cimes de hargne morale. Sans la terrible fécondité de leur méchanceté, jamais je n'aurai trouvé suffisante outrage pour manutentionner ce projet.
Je dois récemment une grande dette de gratitude aux âmes aimables du département de l'éducation des USA, bureau des droits civiques (OCR) Seattle, avec qui j'ai collaboré tant d'années. Et, auparavant, aux employés dévoués de la branche d'évaluation des dégâts, administration nationale océanique et atmosphérique des USA (NOAA), à Seattle. Ils auraient été mieux servis par quelqu’un d’un peu moins distrait, mais ont su tolérer mon étourderie.
Par ailleurs, je dois profonde grâce au service de traduction en ligne d’Alta Vista Bablefish, pour m’avoir fourni les moyens gratuits de tourner ce rêve impossible : traduire APPRENTIS en français, en un divertissement quasi praticable. Mes dizaines de pages Sommaires de Chapitre et Mots Clés, traduites en autant de langues, lui sont aussi dues. A Gooble Translation, la même chose en arabe, farsi et indonésien. En outre dois-je remercier Microsoft, Inc. et son auxiliaire, Bowne Global Service, pour l'utilité de leur service de traduction en ligne parfois revêche dans Word 2000. Aussi, http://www.wordreference.com/fr/index.htm, là où j'ai pu trouver des traductions françaises que ma stupidité ne me permit autrement ; et à http://www.touchon.net/annuaire-site-plans-dictionnaires.php, pour des synonymes en français, de même.
Je ne me remettrai jamais du fait que je n’ai pas encore trouvé de service gratuit de bonne traduction en ligne pour les langues majeures de l’Asie méridionale ni celles d’Afrique. Nous sommes tant faiblards quant à nous regrouper en paix. Il nous reste un travail ardu à nous taper.
APPRENTIS condamnent la défectuosité des compagnies courantes d’entreprise de logiciel. Ce livre prévoit la livraison de logiciels, entièrement rendue en tant que service public renommé pour son uniformité, son service gratuit et sa commodité d’emploi. En attendant, M. Bill Gates, merci d’avoir allégé mon fardeau.
A Ms. Jean Bacon et fils, dont le livre incendiaire, Les Saigneurs de la Guerre, et leur traduction, The Greater Glory, m’ont illuminé la voie à travers le labyrinthe enchâssé de crânes de la terre en armes. Et à tout ceux dans ma bibliographie qui ont placé des pierres de gué à travers sa boue gluante de sang, jusqu’à la clairière ombragée du monde paisible. Merci.
À la belle et aimable Esméralda Arana, jamais rencontrée, qui m’a fichu un bon coup de pied au meilleur moment, si dans un sens qu’elle ne prévoyait.
Je dois un remerciement particulier à Google. Ses araignées de recherche ont rampé chaque page de mon oeuvre, m'ont classé en mots-clés la chose entière et envoyé gratis des milliers de lecteurs ; Yahoo et d'autres moteurs de recherche et liens de Web maître, encore plus. Je les ai énumérés, si possible, dans ma page des LIENS. Merci à vous tous, sans qui ce samizdat n’aurait été connu que par moi.
Merci, www.freeservers.com, d’avoir hébergé mon site depuis tant d’années, et à 100mb.com, à présent, gratis.
Peu d'idées proposées dans ces parages sont de moi tout seul. La plupart des recommandations inclues dans APPRENTIS se dévoilent en tant
qu'éléments du Tao organique, tandis que la réaction présomptueuse croule sous
ses contradictions.
Toutes les erreurs trouvées ici sont les miennes. Veuillez m'adresser vos commentaires. Bienvenue à vos corrections que je prise et
prévois ! Merci d’avance de
celles-là. Mon intellect minime est
indigne de cette besogne : voici qui est donné. L'entendement des Apprentis mondiaux, réunis
dans l’Agora du monde paisible, pourrait en être digne : voila mon espoir.
Je remercie autant les poètes, ensuite.
JE VEILLERAI TANTOT DANS L’OBSCURITE - a
CHANSON D’AUTOMNE – Paul Verlaine
AUTUMN SONG - b
BALLADE DES PENDUS – François Villon
THE SECOND COMING – W.B. Yeats
NOBODY IS BLOCKING WORLD PEACE, BUT YOU
PERSONNE NE BLOQUE LA PAIX AU MONDE,
SAUF TOI - f
I HAVE A RENDEZVOUS WITH DEATH – Alan
Seeger
J’AI UN RENDEZVOUS AVEC LA MORT - g
L’AME DU VIN – Charles Baudelaire
THE SOUL OF WINE - h
QUELLES QUESTIONS SUR QUAND? – i
THE PARABLE OF THE YOUNG MAN AND THE OLD – Wilfred Owen
LE PARABOLE DU JEUNE HOMME ET DU VIEUX - j
VA TROUVER - l
GRIMPE – m
GLOBAL ATLANTIS - n
À MOI, EUREKA! - p
NOUS SOMMES TOUS L’HOMME GRIZZLY – r
JE NE PUIS TE FAIRE CONFIANCE – s
AN IRISH AIRMAN FORESEES HIS DEATH – W.
Yeats
UN AERONAUTE IRELANDIS PREVOIT SA MORT– t
THE FORCE THAT THROUGH THE GREEN FUSE DRIVES
THE FLOWER – Dylan Thomas
LA FORCE QUI DEPUIS LE FUSIBLE VERT DIRIGE LA
FLEUR - v
LA
PEINE QUE J’INDUIS, JE DOIS RESSENTIR
THE PAIN THAT I INDUCE, I MUST FEEL - w
NOUS GAGNONS – x
PAVANE POUR UNE PLANÈTE DEFUNTE
UN ART - z
ODE A LA VERITE ET A LA NON-VIOLENCE
THE MENTALITY AND TECHNOLOGIES OF PEACE
MENTALITES ET TECHNOLOGIES PAISIBLES
J’ai commandé, sur l’Internet, une copie gratuite de la bible en français (www.bibles.ch). Comme le Qran dans la culture musulmane et les Védas chez les hindous, la bible doit être une bonne source de style et d’inspiration littéraire pour les cultures qui l’adoptent. N’ayant jamais lu la bible en français (ni le Coran dans son arabe qu’on me dit des plus purs, hélas, ni la vie de Bouddha en pali, ni la Gîta en sanscrit, ni …), il m’a semblé que mon français bien rouillé pourrait en bénéficier.
Selon J.G. Ballard, tant que nous saisirons combien moins nous sachons, comparé à ce que nous ne sachons pas – et pourrons humer l’ail mijoter – tout ira bien.
Mon humble sommaire du Coran se trouve en bas de mon chapitre sur la satyâgraha : une consonance appropriée et à propos de ces croyances religieuses, je trouve. Dieu, c’est Dieu ; nulle importance le nom qu’on Lui prête.
Ma requête reçut cette réponse.
« Qu'avez-vous eu l'intention d'écrire ??? »
Je leur ai répondu à peu près comme ceci :
Il m'est difficile de tisser le tapis d’accueille d’APPRENTIS : De la terre en armes au monde en paix. Tant de choses à dire en tant peu de mots ! Du reste, il est presque fini, mon texte en anglais. Je ne le traduis qu'afin d'aiguiser ses raisonnements et rattraper mes camarades francophones qui ne lisent pas l’anglais. Qu’ils me pardonnent mone mauvais français et saisissent mon intention nonobstant.
J'entrevois un nouveau monde bientôt pourvu :
· d’une mairie mondiale dûment élue, avec son énorme conseil administratif d’autant dûment élu au ras des pâquerettes (nota mes italiques : aucun besoin de tyrans ; ce sera notre responsabilité collectif et plaisir particulier de les remplacer par des chefs tribaux dignes) ;
· d’une judiciaire vigilante et altruiste, contrôlée de fond en comble par des jurys choisis de façon aléatoire ; et
· d’une force de police bien réglée et d’un professionnalisme superbe : les meilleurs guerriers sur terre triés au volet pour garantir la paix.
Elles gouverneraient toutes seules le monde entier, comme sont gouvernées nos meilleures villes.
Ces jours-ci, cette planète ressemble plutôt à Mogadiscio pendant une mauvaise journée :
· 200 chefs de bande égoïstes et cruels ;
· 200 conseils de vieux décrépits se chamaillant comme des enfants gâtés ; et
· 200 coins de rue, chacun pourvu de sa bande d'enfants terribles jouant à la hargne sanglante aux AK-47, M-16 et pire.
L’occident actuel : l'Amérique, l'Europe, le Japon… C'est compris ? C’est un peu comme le Boulevard des Ambassades à Mogadiscio : occupant des quartiers les moins misérables, les moins détruits et les mieux armés d'une ville en ruines. Je ne connais pas Mogadiscio et pourrai donc me tromper quant à son meilleur quartier. Mon exemple demeure valide.
Moi, je ne suis qu’un pantouflard avide et lâche (donc aucune réclame de sainteté par ici !) La seule intention d’APPRENTIS est d’aider à créer un monde plus vivable dans lequel cet auteur aurait à réincarner. Aucun moyen de prévoir comment le monde évoluerait, en son absence ; pourtant le monde en paix me semble la voie préférée. Par pur égocentrisme, je favoriserai d’habiter pépère Seattle, Paris ou Genève, (nomme ta ville favorite) même pauvre, que tenter ma survie désespérée dans le quartier des millionnaires à Mogadiscio ou Groznyï. Que ce soit ma ville ou ma planète : ma vie et celle des bébés iraient mieux en habitant Genève, qu’esquivant des rafales le long des passages de Mogadiscio. Cela me semble incontestable.
Je me fiche pas mal de tous ces grands messieurs lisses et bien acérés qui flânent le long du Boulevard des Ambassades, ces apaches qui réussissent à cribler et affamer des enfants par millions, puis s’en tournent le dos, ils me rendent malade. Tout comme les anciens dirigeants de l'Allemagne de l'Est, ils sont uniformément indignes de leur tâche. Des meilleurs gérants sont ailleurs; il ne s'agirait que de les identifier et les restituer au pouvoir légitime.
En clair, j'ai l'intention de transformer cette planète Mogadiscio en celle Genève. Afin d’y parvenir, j’aurai besoin de ta coopération et celle de millions d’autres Apprentis (à vrai dire, d’environ six millions : un pour chaque millier de gens sur terre, cela pourraient réussir l’affaire. Bien sur, plus on sera de fous…)
Imagine les prodiges que pourrait accomplir toute une génération d’enfants mieux formés ! Toutes les rues reluiraient de propreté bien sécurisées ; tous les parcs seraient bien entretenus et accueillants ; tout l’art, ah l’art ! Et les découvertes scientifiques !
Mogadiscio pourrait devenir ce qu’elle a toujours voulu être : capitale de commerce locale, de piété et d’Apprentissage ; jardin tropical fameux pour ses parcs impériaux et pour son port prospère et cosmopolite ; bonne attraction touristique ; centre d’abondance et de sagesse : là ou plus jamais l’appelle aux prières ne serait interrompu par la disgrâce des tirs.
Et l’occident ? Le Boulevard des Ambassades sur la planète Mogadiscio pendant une mauvaise journée ? Il se transformerait en ce même quartier super luxueux sur la planète Genève. La marée montante hausserait toutes les barques ensemble : les grandes comme les petites.
Pourtant, Mengzi, mon philosophe chinois favori, prescrit qu’il serait plus sage de poursuivre l’humanité et le devoir, qu’un simple profit destructif à la longue. L’humanité, le devoir et l’Apprentissage : ceux-là nous assureraient une abondance plus certaine.
Après tout, quelles sont nos orientations actuelles ? De profiter de la terre en armes en la perfectionnant ? Opportunisme criminel. Que le monde en paix puisse escamoter nos revenus, sans nous en procurer davantage, sinon que ce serait trop difficile et risqué ? Dénie lâche et cruelle. Que la paix au monde n’arrivera qu’avec l’émergence de l’humanité version 2.0 : tant parfaite pour elle que la notre ne l’est pas ? Raisonnement circulaire afin d’esquiver ses responsabilités. Constate ici nos tendances communes sans merci, comme un clochard compterait sa petite monnaie, sous un crépuscule bruineux.
Bien sur, nous aurons besoin d'autres choses :
· d’une série de religions entièrement paisibles, comprenant toutes les autres et les embrassant passionnément. Serais-tu un fanatique prêchant l’exclusion et la brutalité au nom de Dieu ? A LA PORTE !
· d’une milice mondiale sur le plan suisse, qui encouragerait chacun à défendre sa maison, sa localité et sa planète contre tout Agresseur. Celle-ci mettrait fin au crime armé et à l’agression organisée, dans tous les locaux s’en enregistrant ;
· D’un numéro de téléphone : 1-MES-DROITS sonnant directement dans la cour du monde, afin d'investiguer tous les crimes de tyrannie et de violence ethnique, et d’arrêter tous les criminels de guerre, à leur étape de conspiration… Surtout ceux que perpétrait une milice locale se comportant en canon délié ;
· d’une agora mondiale de politiques d’information et d'Apprentissage, opérant aux ras des pâquerettes, mille fois plus délicate et opportune que ce à quoi nous nous serions accoutumé, bien coordonnée à l’ordinateur et tant fiable que de l’eau municipale ;
· d’au moins une agrégation supérieure assurée à chaque enfant dès sa puberté : comme nous honorons nos musiciens prodiges aujourd’hui. Chaque enfant serait prodige en au moins un sujet de son choix, pourvu que nous encouragions ses intérêts au lieu de les écraser ;
· de l’élevage d’enfants se rendant en une obligation sacrée. De même, la purification rituelle de l’eau, en la filtrant à travers un amas biologique, sinon quelque autre technologie « miraculeuse. » Il y en aurait beaucoup d’autres, étant donné tant d’Apprentis poursuivant leur sujet de passion dans l’Agora mondiale …
· d’un service garanti de santé publique : assez de nourriture, de vêtements, d’abris et de soins médicaux pour tous. Simplement parce que. Comme je dirai plus tard : une charité pratique. Nous partagerions ici la richesse de Genève, au lieu de la pénurie de Mogadiscio : toutes deux aux échelons planétaires. De quoi satisfaire les essentiels de tous, avec mille fois plus laissé pour compte…
· de services gratuits de médiation et d’arbitrage, religieux sinon laïcs, et disponibles depuis des devantures de magasin pour quiconque détiendrait rancune ou conflit. Nul désaccord civil n'irait devant un jury, avant d’avoir été adjugé de cette façon ;
· de l’accroissement d’apogée des biomes dans toutes les niches biologiques disponibles ; et
· de l’exploration au sérieux de l’espace.
Tu sais, toutes ces choses en faveur desquelles nous émettons des grands bruits ronflants, mais sabotons très soigneusement en faveur de nos technologies d’armes ? Note, je te prie : « NOS technologies d’armes, NOTRE responsabilité »—non les leurs. Si nous acceptions de jouer ce rôle de façon honnête avec toutes nos forces et celles de Dieu, ce pourrait nous sembler un peu plus satisfaisant que celui fatal que nous poursuivons aujourd’hui, blâmant les autres pour nos péchés.
En ce faisant, nous menons une vie de misère : dépourvue de civilité, de charité pratique, de vraie foi, d’éducation authentique, d’art éminent, de biome d’apogée, de bon goût et de sécurité fiable—écorchant vive, en effet, notre conscience individuelle et collective. Nous écorchons la terre à nue, quand nous pourrions cultiver Eden.
Remettons-nous à cultiver une nouvelle conscience morale, afin qu'elle se porte mieux.
Notre problème le pire, c’est que notre culture rend honneur à la mentalité d’armes plutôt qu’à celle paisible. La plupart de nos habitudes collectives devraient rendre honneur à la paix, au lieu de répéter seulement le nécessaire afin de survivre Mogadiscio pendant une mauvaise journée. Cet honneur que nous rendrions à la paix, il nous serait préférable dans toutes sortes de sens que nous refusons de reconnaître. Nous sommes fatalement craintifs de la paix.
Moi, j’impatiente de démarrer ce projet de paix mondiale que nous craignons le plus.
Nous nous soumettons plus ou moins consciemment à cette indigne bêtise en série, parce que nos sociétés ont évolué de façon darwinienne à craindre la paix autant que le choléra : tous deux fatals pour une communauté primitive et tous deux bannis.
Nos cultures nous entraînent, de façon hypnotique et continue depuis l’enfance, à esquiver la paix et le saint esprit autant que notre merde et nos pisses. Les collectivités sociales et les philosophes particuliers, ayant omis d'entraîner leurs enfants ainsi – à la recherche au lieu d’une paix honnête, d’authentique sainteté et de mérite valide – ont eu la gorge tranchée par d’autres collectivités avoisinantes et davantage militantes, sinon celle plus militante chez eux.
Nous sommes les pires démons d'armes, et nos communautés, les pires technologies d'armes qu'ont su produire cinq (?) milles ans de sélection darwinienne. Te rappelles-tu des orcs dans la fantaisie de Tolkien ? Ah, les orcs dans la vie réelle, c'est nous : les soi-disant amateurs de paix qui ne parviennent jamais à l'établir.
Notre culture actuelle n’est bonne qu’à optimiser cette formule de menace :
Meurtres militaires x (distance/temps) **2
L'omnicide nucléaire et biologique, peut-être même météorologique : voici notre ultime chef-d’œuvre culturel et notre destin inévitable, faute de nous transformer absolument à tous les échelons : sociaux, individuels et spirituels. Sinon, voici tout auquel nous serions bons et toute notre destinée, en fin de compte.
HUMANITE = 0, OMNICIDE = -1. Quel abominable bilan pour cette espèce humaine, si étroitement cultivée, si sagement endurcie et nourrie si parfaitement. Nous perchons sur une planète blue turquoise qui répond parfaitement à nos besoins, (bien qu’elle ne soit probablement pas notre planète d'origine, puisque notre cycle vital n’a jamais été de 24 heures) sous une grande noirceur bien solitaire et cloutée d’étoiles en diamants cachant encore plus d’abondance.
Allons, Apprentis ! Faisons mieux que ça !
Pour la première fois dans l’histoire humaine, nous disposons de tous les outils nécessaires pour réaliser la paix au monde : communications globales, reconnaissance mutuel et soif universelle de paix. Pour la première fois, l’humanité est capable (sinon encore désireuse) de reconnaître l’Autre comme un égal digne. Jusqu’à présent manquions-nous de tels dispositifs vitaux en commun. Nous ne nécessitons plus rien, à présent, que le consensus, la résolution, la foi et le cran. En aurions-nous assez ?
En avons-nous eu assez ?
Constate, au début de ma liste, l’adoption de nouvelles religions paisibles. Je crois que le christianisme comme couramment conçu est fondé sur les armes et donc défectueux en tant que religion paisible. De même, les autres religions courantes d’armes : toutes ont besoin d’un model plus bénin, afin de se rendre entièrement paisibles. Quel meilleur model que le Christ ?
Jésus remarqua continuellement le manque total de compréhension de la part de ses disciples. Nos religions chrétiennes dépendent des propos de l’apôtre Paul, de Jean du livre de révélation et de St Augustin. D’une manière ou d’une autre, la parole directe de Jésus est refoulée en arrière plan : décorative mais annulée. Nous n’écoutons plus qu’aux avis d’hommes, au lieu de la Voix de Dieu. Ce que tous devraient adorer en foi pure, presque personne ne peut plus blairer, tant cela à été pourri. Voila une évidente lacune de foi que nous devons combler.
L’instruction de Jésus fut pourrie de façon délibérée, à partir des persécutions romaines jusqu'au concile de Nicée et la destruction des Cathares. Ce concile raya toute indication de réincarnation dans la bible. Un putsch continu de réactionnaires d’armes prit possession de toutes les croyances dites chrétiennes, ainsi que toutes les autres. Cela c’est passé pour les mêmes raisons sottes mais inévitables décrites ci-dessus.
Je crois que Jésus nous enseigna à bien vivre et mourir une dernière fois, en tant que poupées paumées charnelles. Chercher à renaître en Lui (de façon littérale.) Réincarner dans Sa vie parfaite et la vivre intégralement. En apprendre exactement ce qu’il nous fallut pour être sauvés. Souffrir la deuxième mort, en prenant Sa Croix, et entrer directement au paradis avec Lui.
Va relire Ses propos et rends t’en compte.
Sinon doit-on se condamner à une continuité de réincarnations sans but, d’abstractions rotatoires, de rituels frivoles, de péchées vides et de morts futiles – à part celle qu'Il nous indiqua – en attendant d’obéir Ses instructions simples et claires.
Toutes les religions – qu'elles soient d'origine chrétienne, bouddhique, musulmane, védique, athée, païenne ou autre – sont également bonnes, pourvu qu'elles nous permettent une meilleure vie et qu’elles ne se fâchent point que nous commettions nos âmes dans la vie de Jésus, après la mort, notre conscience un peu moins flagellée de remords. Après cette mort, nous serions absolument libres de Le choisir, pour la première fois durant toutes nos nombreuses vies, Lui et Son passage au ciel.
Je te défi de trouver un choix d’une liberté aussi miraculeuse, divine et parfaite en n’importe quelle autre circonstance. Certainement pas parmi les prescriptions officieuses et esclavagistes d’hommes singes moindres, coincés sur cette terre en armes : « Faites-moi ci, faites-moi ça ; sinon, soyez-en damnés. Permettez-moi entre-temps de vous faire descendre, vous et votre progéniture plongée dans les ténèbres, faute de consentir d’aller assassiner ceux là-bas et les leurs. »
Tout sermonneur d'armes prêchant en frayeur le mensonge, la brutalité, l'exclusion, la compulsion, la trahison et la damnation par notre Dieu d’amour infinie, perfectionne-t-il une mentalité suicidaire d'armes, dépourvue de foi, d’amour et de Dieu. Que Dieu lui pardonne et que je trouve moyen de singer Sa miséricorde infinie.
Au lieu pourrions-nous jouir d’églises éternelles de paix. Notre Seigneur dispose d’assez de miséricorde pour toutes les âmes, avec surplus. Je cherche à déterrer cette apocatastase, cet universalisme. Les saints nécessaires pour l’établir sont désœuvrés tout autour de nous.
Absente telle foi – nul espoir – aucun gouvernement valide – nulle paix authentique.
Or, sache ceci. Nous pouvons tous nous sauver l’âme : toi, moi, quelque Hitler contemporain, quiconque. Ainsi endurcis et ne craignant plus rien sur terre, nous devons effectuer notre devoir ; ainsi cuirassés, nous devons réaliser la paix au monde.
Ce sommaire va déranger un grand monde, surtout parmi ceux trop bien formés comme enfants à craindre la paix mondiale et à la bloquer en tant qu’adultes. Il enragera encore plus qui ont pris l'habitude d'avoir leur pourriture guerroyante certifiée de façon formelle et intransigeante. Il froissera dur l’ego gras de ceux qui se prétendent entièrement prêts pour la paix—dès que tous les autres auront atteint leur crête magistrale de puritanisme pacifiste. Il confondra ceux trop nombreux qui ont mémorisé, en bons élèves, leurs leçons désavouant la paix et qui se les répètent comme des perroquets.
Ce texte est révolutionnaire et antithétique à l’orthodoxie, comme de mon gré. Selon APPRENTIS, le plus patriotique et estimable des nationalistes n’est pas plus qu’un arriviste Crip ou Blood (voyou bien organisé) qui revendique la supériorité de sa bande de rue en signalant comme un sot ses gestes de bande. Le pacifiste le plus dévoué – s’il se croit d’une moralité supérieure au type moyen – n’atteindra aucun meilleur but que lui (puisqu’il se ment, ce pacifiste—le guerrier moyen est au moins un monstre honnête.) Les Apprentis doivent s’attendre à de l’opposition féroce depuis tous les azimuts philosophiques.
Afin d'aboutir dans la paix, nous devons parfaitement comprendre combien nous en sommes craintifs, combien aversives en sont nos institutions et combien dévouées à la bafouer sont toutes nos modes courantes de penser et d’agir ; que nous nous appelions guerriers ou amants de paix ; que nous soyons vieux ou jeunes, riches ou pauvres, ignorants ou érudits, preux ou pas ; que nos institutions actuelles nous paressent bénignes et sacrées soit simplement médiocres sinon infernales. Chaque institution, chaque point d’appui culturel, chaque cliché habituel devra être pris d’assaut frontal et nettoyé au corps à corps dans ce Stalingrad intellectuel ; rien ni personne n’en demeurera intouché.
A quoi ressemblera notre monde en paix, une fois que la fumée s’en dissipera ? Il ravira notre Dieu d'amour qui le récompensera en miracles, au lieu d'exécrer la terre en armes et lui permettre de subsister par indulgence infinie pour nos erreurs impardonnables. Nous nous y rendrions en vrais serviteurs de Dieu : assoiffés, souls et combles de la paix de Dieu ; nous occupant sagement de chaque enfant ; cultivant tranquillement le terroir d’Eden et nous élançant aux étoiles. Justice, compassion, paix. Tu pourrais laisser en toute tranquillité ta porte de devant déverrouillée.
Penses-y.
Et si nous cessions de craindre la paix ? Si nous la comprenions, au lieu ? L’enseignions aux enfants en sincérité pure : vénérer la paix et la soutenir de toutes nos forces, parole d’honneur, pour toujours ?
Une fois que se rassembleront les Apprentis, les astres eux-mêmes nous viendront en aide.
Voici le sommaire d’APPRENTIS.
« Que ce soit en faveur de la liberté ou du despotisme, les citoyens qui tiennent à transformer la forme de leur gouvernement doivent considérer avec quelles matières ils ont affaire et juger la difficulté de leur tâche. Car il n’est non moins ardu et périlleux d’essayer de libérer un peuple disposé à vivre en servitude, que d'asservir celui [élisant de] vivre en liberté. » Niccolo Machiavel, Discours sur la première décennie de Tite Live, Colline Ninian Thomson, Traducteur en anglais, Kegan, Trench & Co., Londres, 1883, p. 376.
Cela fait maintenant une trentaine d’années que j’attends qu’un bienfaiteur digne de ce nom découvre APPRENTIS, le publie en maintes langues et fasse ainsi nos affaires, sinon que je disparaisse tranquillement de cette terre, sans me tracasser des suites de mon intervention.
Combien se rendent-t-ils distraits et poltrons, ces personnages bien connectés ! Combien de distractions vides et de périls imaginaires doivent-ils prioriser ! Si parfaitement isolés des affaires importantes mais imprévues, par une armée de subordonnés myopes.
Me voici toujours bossant solitaire, mon samizdat réécrit et rejeté maintes et maintes fois, autopublié sur le réseau mondial. Après des décennies d’assignation à résidence intellectuelle, me voici contraint de constater des soi-disant activistes et progressistes se congratuler que l’accélération de la déchéance réactionnaire n’ait trop démesurément accrue durant leur tour de ronde, aussi d’avoir esquivé l’empoisonnante corvée d’étudier APPRENTIS ; des bellicistes bourrus se distinguer à grand profit, en publiant des volumes best-seller de flagornerie martiale ; et chaque gouvernement se trébucher dessus afin de satisfaire leur moindre stipulation, sans que personne n’ose démentir leur démence kamikaze ! Je grisonne de ce renvoie universel qui me ronge l'esprit. Quand je pense combien mieux le monde pourrait être, sans tant de misère évitable !
Alors que je récris ce texte, sa présomption cosmique m'étourdit. Aucun privilège ne m'autorise à réclamer ton attention : ni haute réputation, ni patronat puissant, ni charisme particulier, ni affaire astucieuse, ni saint contentement de moi, ni mérite littéraire. Quand je trouve un boulot adéquat, ce n’est que comme commis de bureau et distrait en plus. Je réclame toutefois ta considération attentive. Ce texte pourrait être le plus important que tu lises ; cela dépend de toi et de ton penchant pour le statu quo.
J'ai longtemps rêvé de quitter cet asile de fous et de me rapatrier en grâce ailleurs, au-delà de cette luminance blanche, quoiqu’il y ait tant d'amour et de beauté ici. J'ai veillé des nuits tardives, examinant toutes les applications de politiques pourries et me marmonnant, « Au moins l’une d'elles dût réussir ! »
J'ose encore espérer. Les Apprentis forment une Nation parmi les nations, un état d'être au sein de l'Etat. De notre petit chemin tranquille et une fois proprement inspirés, nous veillerons sur assez de talent et d’initiative pour surpasser tous les défis. Une fois que nous, les Apprentis, nous reconnaîtrons, comprendrons combien nombreux nous sommes et la position dominante que nous détenons sur ce monde, une fois rassemblés autour de ces idées, nous serons imparables et destinés à la gloire, peu importe combien méprisables ces isolés individuels puissent se rendre avec leurs sordides ordres de picotement.
Consterné, j'ai compris le tourment du roi Asoka. Debout, le dos au dos, au centre de ce carnage de notre propre agencement, nous dûmes observer impuissants de longues colonnes de réfugiés en larmes ramper comme des mille-pattes depuis l’épave fuligineuse de chaque horizon. Ni l'un ni l'autre de nous n’a pu s’évader de sa complicité dans cette disgrâce, ni plus se tapir fainéant et indifférent. Nous devions accomplir quelque chose : nous précipiter vers cette bague de cuivre tendue juste au-delà de nos rêves les plus transcendants ; prodiguer de toute notre confiance, compétence et valeur en soi, quoique fragiles ; tout hasarder afin de réduire l’atrocité de la condition humaine.
Le livre APPRENTIS n’est pas incisé en pierre. Des spécialistes dédiés, amateurs et professionnels, doivent remâcher toutes ses conjectures. Leurs discussions seront peut-être en mesure de confectionner une brillante commune de biens d’Apprentis. Notre nouveau mantra devrait être : « Que ferions-nous si les cieux ne nous posaient plus aucune limite ? »
Chaque mètre cube d'eau, de terre, d’air et de vide contient toute l'énergie dans l'univers (moins 1 ?) Rendons-nous assez sages pour étendre nos mains dans ce feu cosmique et les y réchauffer, ne brûlant toutefois ni nos doigts ni le monde. Autrement ne serions-nous que des mendiants ignares, trébuchant faméliques et assoiffés au large d’un désert, tandis qu'une abondance incompréhensible nous attendrait scellée en silence sous nos pieds.
Nous nous asseyons – toi, moi et tout le monde ensemble – dans le partage d’une géante pizza de luxe qui s’étire à l'horizon et bien au-delà jusqu’à l’infini. Elle est couverte de bonnes choses à manger : des monticules de légumes parfaites, d’épices et d'épiceries parfumées, de fromages crémeux et de délicatesses exquises : tous les écimages de la pizza la plus fine. Elle contient des certificats d’université, des logements corrects et des basses mortalités natales : assez d'abondance, de justice et de sérénité pour tout le monde, de la meilleure qualité que l’on puisse estimer, en quantités incalculables et bien supérieures à nos besoins.
Quel dommage que nous n’entrevoyions qu’une petite tranche de cette tarte, d'un seul petit degré de courbe ! La plus désolée des tranches : saturée de manque, de panique et de souffrances, elle est dénudée, brûlée au troisième degré et âprement répugnante ; elle fut raclée au fil de l’épée durant des dizaines de siècles. Partout dessus, des enfants affamés tremblent en larmes stoïques, dans des blockhaus, taudis et décharges de réfugiés : les enfants d’affichage de nos échecs et de notre culpabilité. Nous ne discernons plus rien que notre terre en armes : la croûte noircie au napalm d’un terroir rendu en charbon varié. Affamés pour quelque chose de préférable, nous nous précipitons par compulsion microscopique sur ses miettes.
Le restant infini, entassé de friandises dont personne n'aurait touchées ? Voici qui se trouve au-delà de vu, en ce qui nous concerne. Nous avons cloisonné les autres 359 degrés de cette tarte, munis, comme nous sommes, d’œillères de conventions culturelles longuement révérées qui nous les dissimulent. Notre culture nous met ces œillères à la naissance, qui ne se rendent que plus restrictives tandis que nous vieillissons. Elles nous isolent du monde paisible et ne nous permettent de ne rien entrevoir que la terre en armes ; de sorte que nous renvoyons cette abondance comme simple idéal, mythe, rêve, phantasme, utopie et science-fiction.
Les Apprentis sauront polariser ces œillères que nous portons et rendre la tarte toute entière perceptible simultanément à tous. Elle est bien là, cette kermesse d’abondance au monde paisible, à nous de moissonner. Nous devons tout simplement nous éclaircir la vision, nous remonter les manches et nous mettre au boulot afin de la réaliser. Ce serait alors le temps des récoltes, et chacun serait trop préoccupé par la cueillette et le partage de cette abondance prodigue, pour infliger plus de maux.
Il y a une demi-vie, comme j’éprouvai les jambes de poulain de mes opinions, mon père me fit comprendre que c’était trop facile de condamner tout simplement les institutions. Je me souviendrai toujours de ce charmant Bayard, comme d’un chevalier sans peur et sans reproche.
Voici une combinaison épineuse, si l’on y pense. Ce serait plutôt facile d’infliger du mal, armé de quelque illusion d’intrépidité. « Je m’en fiche pas mal ; lâchez donc les chiens de la guerre ! » Ce ne serait qu’un peu plus aisé d’effectuer du bien, de peur des conséquences néfastes. L’incontestable but serait de se servir de cette intrépidité catégorique afin d’accomplir rien que de la bonté. Mon brave père n’entreprit que cela durant sa vie : ce qui le rendit noble dans le sens le plus véridique du terme. Nul comportement moindre ne vaut d’éloge.
Te crois-tu sans peur ? Soit. N’entreprends que du bien, sans égard aux coûts, et prouve-le-nous. Une petite astuce que tu dois entamer dans ta tête. En serais-tu digne ?
Le paragraphe ci-dessus pourraient être l’une des plus importants pour des sociopathes se reconnaissant eux-mêmes et leurs amis qui les comprennent. À ceux-là, je recommanderai de relire attentivement : ce pourrait retenir le remède de leur maladie et la voie la plus rapide au monde en paix.
« Condamner les institutions ? N’en prends pas la peine, » ce preux chevalier me conseilla-t-il, « sans démontrer des meilleures options. »
Je me suis obstiné, depuis, à imaginer ces fameux options. Enfant né durant la décennie adipeuse des 1950s, j'ai trouvé révoltant la Révolution au R majuscule : ses bavures juteuses disaient davantage d’elle que ses promesses aqueuses. Parmi ses pires échecs, après des souffrances à n’en plus parler, n'offrit-elle rien de mieux que le présent inadmissible, comportant de fréquentes rechutes. La dialectique révolutionnaire et tous les thèses qui en rejaillirent me sont devenus des bavardages insensés : des réactions d’inflammation culturelle à la médiocrité rabougrie de l'orthodoxie.
Aucun grand livre De la paix n’existe, bien que de nombreux étudiants se tapent dur De la guerre, par Clausewitz. Crois-moi, j'ai ratissé sans résultat des tas de bouquins à la recherche De la paix.
À mi-passage de mon dressage obligatoire – quand j’eus vraiment commencé à m’en marrer – j’entrepris le ratissage des bibliothèques à ma disposition, afin de trouver un texte primeur sur l'administration d’une paix globale. Tu sais, la vraie leçon de civisme pour un citoyen sérieusement cosmopolite ? Tant pis si cela ne consistait qu'en une spéculation étourdie de science-fiction ; je m’en serai satisfait !
Tout ce que j'ai pu trouver, ce n’étaient que De la guerre et d’autres textes élémentaires de la gestion d’armes. Il y eut d’innombrables histoires, textes dévots, harangues pompeuses, calembours en fiction et casse noisette philosophiques : tous soutenant de leur mieux la mentalité d'armes et nous détournant l’attention de ce qui dût être notre intérêt principal tout le long : celle paisible. Sinon parlaient-ils de sensations ou de sentiments ou de technolâtries, sinon d’abstractions vides de sens, sinon d’autres sottises sans importance. Tandis que mes lectures sont devenues plus voraces et moins judicieuses, elles m'ont mené à des écrits massifs confirmant la mentalité d’armes : de plus en plus sophistiqués, alambiqués et rébarbatifs. Mettant de coté cette chaîne alpestre de vétilles, il y eut, en toute vérité, fort peu autrement.
Avide pour le texte primeur de paix que je n'ai jamais pu trouver, j'ai pris l'intention de rédiger son volume un. Je n’oserai jamais appeler mon ouvrage De la paix. Seulement les Apprentis, rassemblés en leur collectivité intégrale dans l’agora virtuelle du monde, seront capables de rédiger un tel œuvre en mille millions de volumes. A présent n’en jouissons-nous d'aucun.
Quoi qu’APPRENTIS n’apparaisse que tout seul sur une étagère vide de bibliothèque virtuelle et sous un nombre d'appel inexistant ; son scribe, bien qu’éraflé d’orgueil, ne peut réclamer droit d’auteur aux idéaux de la paix. Quoique la mentalité bien dorée de la paix soit enfouie sous des tas de rebut de la mentalité d’armes, son éclat d’or reluit néanmoins depuis tous nos chefs-d’œuvre. Où sont allés les antécédents opulents d'APPRENTIS ? Ils ont disparu, remplacés par des textes classiques d’armes que nous avons dû étudier tout le long de notre vie.
APPRENTIS remettent en cause le choix vital que nous ayons à faire entre la mentalité d'armes et celle paisible. Chaque moment que nous endurons sur cette planète, nous demeurons de connivence avec ce mal ou le défions, que nous l’admettions ou pas. Cette mentalité d’armes domine nos pensées actuelles sans débat sérieux. Cela va sans dire que des technologies emballées d’armes doivent moissonner à jamais plus de victimes, puisque nous tous nous soumettons sans dispute à sa mentalité. Aussi, que toutes nos aspirations progressistes doivent tôt ou tard échouer dans cette Mer de Sargasse d’armes. Quelle surprise là-dedans ? Nous n’avons même pas droit d’être déçus par ce défaut social tant prévisible et universel. Dès que nous convertirons notre foi d'armes en celle de paix, nous saurons réussir infiniment mieux nos autres ambitions progressistes ; avant, rien de tel.
Puisque tu commences à saisir la prémisse centrale d'APPRENTIS, tu pourrais la refouler par réflexe commun de rote. « Paix au monde? Monde paisible ? Cesse de m’en parler, j’en suis quitte ! » Si tu estimes au fond de toi la controverse, demande-toi : « Pourquoi renvoyer ce sujet sans audition équitable ? Étant donné l’énorme étendu de mes autres études, pourquoi personne ne m'aurait-elle fait asseoir et le considérer aussi attentivement ? »
Je te dirai pourquoi. Émergeant de notre enfance en adolescence frustre, nous mûrissons sexuellement bien avant que nos émotions et manières sociales ne mûrissent à ce point. La communauté exploite ce développement en déséquilibre ; elle nous offre un cycle prévisible de vie : de la rébellion adolescente, aux incertitudes adultes, suivi du contrecoup réactionnaire d’une sénilité précoce.
Comme Siddhârta décrit par Hermann Hesse, nous ne sommes permis que de sonder les profondeurs d'ascétisme sévère, de plaisir sensuel, de richesse matérielle, d’auto répulsion et, en fin de compte et faute de mieux, de saint contentement dans notre abjecte médiocrité. Forcés d’abandonner notre bonne conscience, de la substituer par du compromis passif agressif, et collaborer par force majeur avec des conspirateurs d'avidité, nous amortissons notre mélancolie dans l’ignorance, l’indifférence, les drogues, l’alcool, le fanatisme, les obsessions d’amateur, les compulsions professionnelles, la folie, le crime ou le suicide. De ces évasions prends ton choix.
L’idéalisme réformateur de la jeunesse est partout subverti. Supprimer cet idéalisme dans les jeunes, voici une fausse compétence que nous sommes tous appelés à maîtriser. Notre première priorité ne devrait-elle pas être d’encourager cette randonnée créatrice ?
Te souviens-tu quand tu étais un(e) petit(e) précoce aussi pur(e) qu’un verre d’eau ? Te rappelle-tu la salve de railleries qu’ont obtenues tes premières enquêtes puériles au sujet de la paix mondiale ? Peu importe à qui tu te serais tourné – aux bien aimés ou aux étrangers, aux maîtres éclairés ou aux bêtes brutes – tu aurais couru, si tu persistais, le même gant d'insultes voilées, de condescendances et de brutalité.
Souviens-toi. « La paix au monde ? Terminer la pauvreté ? Bien nourrir et aimer tout le monde équitablement ? Reviens au réel, cesse de rêver, rentre dans la maturité ! Qu'est-ce que j'ai besoin de te faire : t’attraper par les épaules et te secouer ? »
Bien sur, je résume, grosso modo et en autant de lignes de texte, des années d’endoctrinement systématique et très subtile ; mais tu me comprends.
Cet incessant lavage de cerveau, alors que tu étais petit et facilement maniable, t’aurait-il assujetti sur-le-champ ? Aurait ta conscience morale été réduite au silence ? Aurais-tu suspendu ton incrédulité afin d'éviter ce rejet ? T’en serais-tu entièrement soumis, à présent, soit son mérite ? Quelle importance de quel race, nation ou croyance dont tu aies jailli ? Aurais-tu retenu le choix ?
« Crimestop, cela veut dire la capacité de se figer net, comme si par instinct, au seuil de toute pensée dangereuse. Cela inclut l’aptitude à ne plus comprendre les analogies, à rater les erreurs de logique, à mal entendre les discussions les plus élémentaires étant ennemies [de l’orthodoxie], et à être ennuyé et repoussé par toutes les suites d'idées capables de mener à l’hérésie. Crimestop, en bref, cela veut dire la stupidité protectrice. » George Orwell, 1984, the New American Library, Inc., New York, 1961, p. 174.
Voir Le Syndrome 1984.
Nous nous sommes figés sur place parce que l’on nous fit taire aussitôt que nous posâmes des questions gênantes. Notre culture subvertit le pacifisme et la décadence militaire de manière aussi obsédante qu'elle contrôle les déchets humains et les pandémies de choléra. Tous deux sont fatals pour une communauté primitive et tous deux en sont bannis. Nous sommes formés, comme enfants apprenant leur toilette, contre les validités de la paix et de la spiritualité.
L'une doit bien provenir de l'autre, n’est-ce pas ? Dans l'absence d’une paix valide, la spiritualité ne doit-elle pas souffrir ? Au sein de la guerre, notre spiritualité ne se rend-elle pas en une caricature monstrueuse d'elle-même, ricanant de son hypocrisie ? Durant ce que nous osons prétendre le temps de la paix, n’est-ce pas tant moche ?
Sommes-nous disposés de répondre ASSEZ à ce grotesque culte d'armes ? En serons-nous jamais mieux disposés ?
Comme dans notre adoration des cultes d’armes, il n'importe guère les beuglements hypocrites que nous rendrions à la paix ; nous en sommes aussi mal disposés qu’envers de l’excrément. Ainsi devons-nous faire face à une infinité de contradictions sociales et à nul aboutissement, résolution ni clarté.
Bien sur, je peux comprendre ta panique et ta répugnance, mais ne puis m’arrêter là. Toi et tous les autres Apprentis, rejoignez-moi au lieu ! Nous sommes des grands, à présent, immunisés en principe des blâmes de l’enfance. Dégage tes oreilles – là, c'est mieux – et prête attention. APPRENTIS te ramènent aux questions troublantes que nous dûmes laisser tomber quand nous étions gosses, avec ou sans notre consentement intègre.
Au seuil, comme nous sommes, de cette époque du Verseau, nous nous soumettons à une conjoncture bien triste. Une logique à la tronçonneuse lubrifiée de démocratie à l'huile de serpent, encourage de flagrantes malversations. Le sourire crétin du destin semble bénir des conspirateurs d'avidité. Devant nos regards qui refusent à y croire, des prédateurs aux sourires affectés violent la justice aveugle ; ils ricanent jusqu’à leur banque, congrès, chaire et université, puis reviennent pour jouir de seconds malpropres. Nos institutions justifient sans cesse la spasmodique comédie de primats meurtriers.
Des banalités absurdes s'incrustent dans nos constellations de métaphores politiques, en dépit de leur échec spectaculaire—ou ne l’aurais-tu pas encore remarqué ? Comme des assistants stupides gravitant autour d’une voiture calée, nous persistons à entonner : « Faudra bien accumuler davantage d'amour, de perfectionnement particulier, de Christ dans ce monde, d'humanisme, de science, de soumission, de valeurs familiales, de marché libre ; nous aurons grand besoin de politiciens plus intègres, de tyrans plus justes et de gros messieurs plus gentils. » En bref, d’une dictature de tête vide d’autant plus pure. Encore plus répandu et sans valeur : « Ne crois plus en rien, mon coco, que de gagner et dépenser ton prochain euro. Sois "cool". Reste bien tranquille et sot, comme nous. »
Stupéfiés par toute cette barbarie, des prophètes, des présentateurs de nouvelles, des technocrates et des bourgeois braient du désastre en harmonie à quatre voix. Encore d’autres prient qu'une apocalypse vienne SVP les délivrer. Rendus sots par leur panique, ils aggravent la nécrose du monde afin d’accélérer bêtement cette Terminaison qu'ils souhaitent tant.
Ainsi nions-nous l'évident : le miracle dont notre existence dépend mille fois par jour. D'après ce miracle, une sagesse supérieure nous attend, capable de remplacer nos typhons de venin avec des averses d’aubaines ; une abondance fantasque pourrait fleurir dans les terrains vagues qui nous enclosent ; pleine justice, poser de l’onguent sur nos anciennes plaies et enjoindre aux légions récalcitrantes : demi-tour vers la civilité !
Imagine ça. Jette ta panique de sot par la fenêtre et commence à imaginer le mieux qui pourrait advenir.
Au lieu, les dissidents d’armes et les réactionnaires d’armes grognent des duos en contrepoint de dogme maladif. Tous deux s’obsèdent de l’Autre détesté et complotent son anéantissement impraticable. D’autres se contentent d’attendre, assis sur leurs mains, que tous se rendent en anges, sinon que le Christ revienne nous délivrer (quoi qui adviendra d’abord.)
Tout ce déroule à l’improviste. Personne ne sait de quoi il parle et personne n’a de plan concret sauf pour des tueries supplémentaires—ou s’en tenir quitte, sinon les aggraver. Personne n’écoute plus personne ; le bénéfice principal de la promotion, c’est de n’avoir plus à écouter personne et simplement donner une suite d’ordres n’ayant rien à voir avec la réalité—la recette du désastre garanti. Rien d’autre n’est toléré.
Nous ne sommes plus permis, ces jours-ci, que deux genres de politiciens : ceux qui ont écrasé depuis trois générations toutes les bonnes idées et ceux qui n’ont découvert d’idée infecte qu’ils n’aient prisée. Comme des forgerons villageois convoitant une motocyclette entrevue pour la première fois, leur plus ardant désire est de disjoindre ce monde et le rassembler selon leur gré. Quoique leurs obsolètes métaphores politiques ne leur permettent d’énoncer correctement ni les contradictions ni les opportunités fondamentales dans ce monde. Ils cherchent à remonter une moto Harley-Davidson des années 50s, en se servant de la terminologie de Périclès et d’outils propres aux carrosses à chevaux.
Il n’y a que la justice absolue de notre cause qui la garde en vie, non nos habitudes nécrosées de pensée et de parole. Empoisonnés par des idéologies gangreneuses et les rejetant, nous nous sommes rendus tant credophobes que nous refusons depuis longtemps à ne plus croire en rien. Par conséquent avons-nous perdu nos dernières prises d’esprit et nous trouvons largués dans des contre-courants de la transformation.
Mais ne désespérons plus, prêtons plutôt attention aux prêches de Jesse Jackson et « ranimons l’espoir ! » Comme durant les deux après-guerres en Allemagne, ces réactionnaires nous remettront une épave aussitôt qu’elle paraîtra trop déchirée pour en sauver n'importe quoi. APPRENTIS anticipent cette remise, cette fois du monde entier. À nous de tout remonter !
Tu pourrais te rappeler avoir vu un film selon lequel d’impitoyables méchants extorquent toutes les bases de pouvoir, de contrôle et de sécurité. Arrivés à mi-chemin dans l'histoire, tous les bons sont abasourdis ; personne n’a d’idée que faire ensuite.
Alors, quelqu'un dit, « Attendez, j'ai un plan. » C’est Marianne, peut-être ? Au lieu de se tapir en désespoir, des spectateurs passifs commencent à prêter attention miraculeuse. Inspirés, ils se transforment en héros. À ce point, par égard à la continuité dramatique, la camera se braque sur le triomphe des bons.
Ce livre énumère des démarches essentielles entre « nul plan » et « plan en action. » Durant cette étape obligatoire mais pas très marrante, nous devons discuter de ce plan en détail, exposer ses faiblesses inhérentes, suggérer des options préférables et en coordonner le réglage et la chronologie. Laissons aux audacieux volontaires le choix des tâches qu’alimenteront leurs intérêts et talents particuliers. Messieurs les améliorateurs réducteurs, en panne depuis des millénaires et tapant au volant, démarrez vos moteurs ! Secouons en éveille tous ceux s’étant abstenus par nihilisme et lâcheté purs.
J'ai un plan : le voici, de suite. Nous sommes à cette étape essentielle mais ennuyeuse de cette procédure. Continuons par conséquent et hâtons-nous, je vous en supplie.
Quelques avertissements, avant de démarrer. La prose excentrique de ce livre, son idiome exotique et ses spéculations bizarroïdes rendront très difficile ta lecture. Nous allons rendre ici la guerre illégale à travers la planète, et non cuir une petite omelette. Tu ne trouveras dans ces pages ni des raccommodages rapides ni des aphorismes simplificateurs : les formules télévisées de bébé dont nous sommes habitués. Tu peux à présent cliquer EN ARRIERE, si voici tout ce que tu cherchais ici.
Traite APPRENTIS comme un guide rugueux : plus franc que des textes classiques qui traînent sans fin, et plus transparent que les obscurantismes privilégiés des académiciens. Après l'avoir lu, des jeunes prodiges pourront explorer ce monde en prison ferme, tandis que ronflent ses gardiens et séquestrés.
Ce livre fait autant signe aux gagnants extatiques du prix Nobel, aux forcenés n’ayant plus rien à perdre, aux idéalistes sans but, aux rêveurs de madrasa, aux bonzes, doctes du Talmud et séminaristes insatisfaits, aux traîtres scolarisés et aux esprits lumineux de ghetto qui défient des maux se tortillant juste par-delà de leur pièce sombre d’étude. Il interpelle chaque Apprenti perdu dans son labyrinthe à miroirs d’armes et de paix, autant que le fantôme de mon enfance hantant les étalages de livres d’antan. J'adresse ces mots tout autant aux candidats de la prochaine classe des académies de guerre, qu’à la prochaine récolte des prodiges de collège. Les meilleurs parmi vous ont prospecté la littérature de la paix dans vos paperasseries d’armes, sans succès.
APPRENTIS dessinent le contour de ce que nous étions passionnés à découvrir et avions manqué. Rêvant en Californien, son auteur surfe le contre-courant antécédent du chaos, et les courants de retour du paradoxe. D'un ton irrité, il rejette des conceptions chéries et reprend des idées trop bien calomniées.
Mon message s’emporte à l’extrême. Attaquant des platitudes rusées, mes discussions grimperont aux bouts tremblants de l’arbre : plus loin, peut-être, qu’il te paraîtrait apaisant de suivre. Tu ne trouveras ici aucune « indifférence, » aucun « désintérêt » ni « équilibre d’intérêts » comme ces expressions sont mal employées, ces jours. Étant donné la complexité infinie de ce sujet, mon manque d’adresse à l’écrit et mon érudition minime, voici ton travail bien arrangé.
Par ailleurs tournerai-je chaque canon rhétorique contre les mentors d’armes qui m'en ont entraîné. Horrifié et rendu furieux, j'invoquerai tous les sophismes plus avantageux que leurs équivalents « de logique correcte. » Je dédaigne ces prédicateurs de « raisonnement correcte » qui osent consciemment permettre aux enfants de mourir de faim, et tournent simplement le dos quand cette déplaisance s'insinue dans leur minutieux vide d’esprit. En esprit parallèle, les Apprentis ranimeront le monde en paix au moyen de pirateries effrontées de toutes les fraudes de Madison Avenue et appelles au couvre feu qui nous ont bercés à dormir jusqu'à présent.
Si la simple logique de la paix globale, voici tout ce que tu souhaitais trouver ici, lis Mortimer Adler, How to Think about War and Peace (Comment penser de la guerre et de la paix), Simon et Schuster, New York, 1944. Lors de ce temps intoxicant, le Président Roosevelt et ses assistants brillants ont anticipé un gouvernement unimondial et populaire qui aurait criminalisé la guerre à travers la planète et garanti les droits humains à tous—il y a soixante-dix ans, cent cinquante millions de morts de guerre et quelques milliards d’évitables morts de famine et de maladie en moins que ceux dont nous, les éclaircis contemporains, sommes responsables. Et combien de milliers de milliards d’argent gaspillés avec notre consentement ?
Eh, quoi ! Prétends-tu que tu n’y serais pour rien, peut-être ? Cesse de te mentir, ici du moins ! Nous sommes tous responsables à cent pour cent.
Hélas, des kommissares du parti américain d’armes, se sont assurés qu’un mercier manqué, Harry Truman, rattraperait les brides de pouvoir des mains mourantes de Roosevelt. Hiroshima, mon amour ? Truman, et ses vieux copains d’esprit provincial et fermement clos, ont gaspillé toute la bonne volonté que l'Amérique acquit en libérant le monde du fascisme ; tout comme Bush et ses conjoints politiques, après l’onze septembre. Ils ont soigneusement caressé depuis une succession de médiocrités politiquement correctes ; leurs préjugés bornés ne leur ont autorisé aucune alternative que cent cinquante millions de fatalités supplémentaires en guerre, et encore un demi-siècle de gestion s’envenimant d’armes.
Encore aujourd’hui, nous persistons à gaspiller notre temps et nos talents précieux, en protestant sans résultat la robustesse de leurs initiatives guerroyantes. Mais QU’ILS aillent protester, en futilité totale, la robustesse de NOS initiatives paisibles—plus jamais dans l’autre sens !
Ce livre, APPRENTIS, voici un divertissement spéculatif et un battement passionné de rassemblement, non un manuel accablant. Ne se prétendant ni fiction ni actualité, il prend place quelque part entre confession, harangue et carnet d’homélies, d’anecdotes et de conjectures. Comme le décrit tant bien Margaret Atwood, du journalisme de pronostic. Aucun tel œuvre n’existe, et je ne puis trouver aucun regroupement politique qui l'accepterait d’un trait comme le sien. Comme parti politique, les Apprentis sont certainement à venir—après ma disparition peut-être, comme pour Marx, Rousseau et Érasme.
« Ainsi se fait-il qu’au-delà de la ligne imaginaire qui démarque le présent du passé, l’écrivain se trouve toujours scrutant le regard fixe de la condition humaine qu’il doit observer et comprendre aussi bien que possible, à laquelle il doit s’identifier, lui remettant la force de son souffle et la chaleur de son sang ; il doit tenter de la remettre dans cette contexture vive de l’histoire qu’il compte interpréter à ses lecteurs, pour que son effet soit aussi beau, simple et persuasif que possible. » Ivo Andrić, Discours d’acceptation du prix Nobel de la littérature en 1961.
« Nous considérons que la valeur fondamentale de l’artiste européen, à nos plus grandes époques, depuis les sculpteurs de Chartres jusqu’aux grands individualistes, de Rembrandt a Victor Hugo, est dans la volonté de tenir l’art et la culture pour l’objet d’une conquête. Pour préciser, je dirai que le génie est une différence conquise ; que le génie commence – que ce soit celui de Renoir ou celui d’un sculpteur thébain – à ceci : un homme qui regardait depuis son enfance quelques œuvres admirables qui suffisaient à le distraire du monde, s’est senti un jour en rupture avec ces formes, soit parce qu’elles n’étaient pas assez sereines, soit parce qu’elles l’étaient trop ; et c’est à sa volonté de contraindre à une vérité mystérieuse et incommunicable (autrement que par son œuvre), le monde et les œuvres mêmes dont il est né, c’est cette volonté qui a déterminé son génie. En d’autres termes, il n’y a pas de génie copieur, il n’y a pas de génie servile. Qu’on nous laisse tranquille avec les grands artisans du Moyen Age ! Même dans une civilisation où tous les artistes seraient esclaves, l’imitateur de formes serait encore irréductible à l’esclave qui aurait trouvé des formes inconnues. Il y a dans la découverte, en art comme dans les autres domaines, une sorte de signature du génie, et cette signature n’a pas changé à travers les cinq millénaires d’histoire que nous connaissons. »
« Si l’humanité porte en elle une donnée éternelle, c’est bien cette hésitation tragique de l’homme qu’on appellera ensuite, pour des siècles, un artiste – en face de l’œuvre qu’il ressent plus profondément qu’aucun, qu’il admire comme personne, mais que seul au monde, il veut en même temps souterrainement détruire. »
« Or, si le génie est une découverte, comprenons bien que c’est sur cette découverte que se fonde la résurrection du passé. J’ai parlé au début de ce discours de ce que pouvait être une renaissance, de ce que pouvait être l’héritage d’une culture. Une culture renaît quand les hommes de génie, cherchant leur propre vérité, tirent du fond des siècles tout ce que ressembla jadis à cette vérité, même s’ils ne la connaissent pas. »
André Malraux, Les Conquérants, Le livre de poche, © Bernard Grasset, 1928, pages 311-13.
Admets les parties d'APPRENTIS qui résonneront au fond de ton esprit ; permets-toi ensuite de réaliser des meilleures. Renvois ce que tu trouveras déconcertant au-dedans, comme conjecture, ouï-dire, hérésie, ce que tu voudras.
Si ce texte t’inspire une nouvelle idée, donne m’en des nouvelles. Je préférerai apposer au filigrane des idées neuves (pourvues d’attribution adéquate, bien sur) dans des éditions subséquentes de cet œuvre. Avec un peu de veine serais-je peut-être permis de chroniquer le progrès de cet effort vertueux dans des chapitres suivants de ce samizdat ?
Pourquoi les termes « utopique » et « idéaliste » consignent-ils nos meilleures valeurs au tas d’ordures ? Quand aurait le chic réactionnaire rendu démodé d’inciter l’ultime bonté ?
Il se pourrait que ne nous ne soyons, tout d'abord, que des praticiens maladroits de la paix. Pourtant, l'amour du bien circule dans nos veines. Aucune expression n’existe pour ce talent : ce kalotropisme ? Néanmoins, ne se laissera-t-il plus être nié. Qui sait, réaliser du bien pourrait revenir à la mode, en dépit des efforts les plus vigoureux de nos pires compagnons de le ridiculiser et l’interdire.
Ces truands absentéistes de la vertu feignent leur sophistication en aggravant nos névroses d’armes. Par répétition de routine calomnient-ils « le bienfaiteur » et « le cœur sanguinolent » (bleeding heart). Cachant leurs défauts ignominieux, ils promeuvent la terminologie obstinée et la mise en ligne criminelle de connivence réactionnaire. Ils ont créé une chaîne d'usine productrice d'arnaqueurs et d’hypocrites professionnels, scrupuleusement triés pour suffisance de correctitude politique afin de remplacer nos gérants légitimes. Chacun d'eux moins savoureux que son précédant, alors que des gens de talent et de génie sont chassés de la politique et du commentaire social ; sinon sont-ils abattus tout simplement dans la rue, sinon crucifiés de par les medias.
Qui SONT ces truands ? Des maîtres de méchanceté ? Des cœurs en silex ? Quelques cœurs rocailleux exigent-ils peut-être un petit saignement lubrifiant afin de ré-oxygéner la conscience morale en ligne plate de leur propriétaire ?
Après tant d'essais, pourquoi ne jouissons-nous pas du meilleur gouvernement possible ? N’ose surtout pas me suggérer que nous l’ayons déjà obtenu, ce meilleur gouvernement possible. Sois intègre ici, sinon ailleurs. Avec toutes nos écoles, tous nos livres et professeurs, pourquoi n’apprécions-nous pas des milliards de maîtres paisibles enrichissant l'abondance qui est notre dû, truffant le monde de technologies miraculeuses, de faune et de flore sacrées, d’amour courtois et d’actes aléatoires de gentillesse ? Où sont les remplaçants superbes du jeune Andy Carnegie, des Roosevelts et de la Petite Fleur LaGuardia que l'administration d'excellence nous exige ? Où auriez-vous disparu !
Si nous considérions ce monde comme une énorme Académie – comme les Apprentis espéreront le rendre – la plupart de ses étudiants matriculent dans un aspect quelconque de la technologie d’armes, et un trop petit nombre s’accorde une échantillon parcimonieuse de paix. Tandis que la machinerie de guerre broie son grincement ininterrompu, ses esclaves les plus dévoués sont les seuls permis d’évaluer son utilité en débat public.
Presque personne ne peut dénommer les meilleurs maîtres paisibles. Moi, je n’en serais pas capable. Les praticiens primaires de la paix ont été des personnes gentilles et peu prétentieuses ; les omnipraticiennes paisibles, aussi mal répertoriées dans l’histoire générale qu’elles le sont ici. Compare cet état d'ignorance mitraillée avec notre familiarité domiciliaire de Gengis Khan, Hitler et pareils maîtres de mutilation. Si la paix fut notre première priorité – et non la tuerie en masse – ce déficit d'Apprentissage nous rendrait de graves inquiétudes. Rien de la sorte ne nous concerne, puisque nous sommes tout d’abord et avant tout des esclaves d’armes.
APPRENTIS pourraient d’abord te rendre le vertige, tant sa gamme de sujets te semblera kaléidoscopique. Nous ne les avons jamais étudiés dans la profondeur qu'ils méritent. De nécessité, notre première revue sera d’une insolente superficialité et assujettie aux négations mythiques à chaque tournure de page. Une fois que cette crise passera, nous serons en mesure de rendre meilleure justice à tous ces exotismes.
Lis les premiers chapitres d'APPRENTIS afin de sonder son vocabulaire : d’« Intro & Vocabulaire » jusqu’à « Stop. » Reprends ensuite ta lecture, de façon aléatoire, dans l’une de ses trois sections :
Section I) Pourquoi nous trouvons-nous dans ce pétrin.
Section II) Comment Faire pour s’approcher du monde en paix.
Section III) Quels Résultats en attendre.
La première section, Pourquoi, voici la plus pénible qui s’étire au-delà du mi-chemin d’APPRENTIS. Pourquoi est tant incendiaire, ses lecteurs de première souche risquent d'embraser leurs facultés. Contrairement aux textes plus calmants, celui-ci ne négligera aucun des maux monumentaux que nous avons été instruits de regretter brièvement et puis d’accepter comme allant de soi. Cet impitoyable inventaire d'erreurs te paraîtra fatigant d’abord, engourdissant d’esprit après et finalement insupportable ; ton subconscient revisitera toutes les thérapies d'aversion que tu ais souffert comme gosse, afin de te faire abandonner cette lecture. Tu en seras agacé, écœuré, puis enragé. Tu devras te raffermir en toute sévérité, afin d'ingurgiter cette âcre infusion jusqu'à sa lie. Prends des petites gorgées de cette aigre bouillie et trouve ailleurs quelque breuvage plus sirupeux—peut-être au téton de la télé.
Mais n'abandonne surtout pas cette lecture. J’aurai autant bien pu intituler Pourquoi, Comment Faire et Quels Résultats : Lamentation, Transition et Espoir.
L’aigre-doux Comment Faire inscrit des tendances fâcheuses et propose quelques contre-mesures. Encore plus savoureuse, la section Quels Résultats esquisse des options paisibles à l’encontre des technologies d’armes auxquelles nous nous soumettons à présent, supposant que des majorités globales aient d’abord saisi Pourquoi et Comment Faire.
APPRENTIS sont prévus pour chaque Apprenti à venir. Le mécontentement dans ce livre aurait dû être notre patrimoine et le fut jadis : oublié depuis. Mes Apprentis bien-aimés, je vous laisse entreprendre le Qui, le Quand et l’Où. Si vous m'attrapez en train de faillir mon mandat extraordinaire, voici votre signale de prendre en relève le fardeau de ma preuve.
J'ai pu récemment trouver moyen de filer au paradis, mine de rien, tout simplement en me réincarnant dans la ligne de vie de Jésus Christ, la prochaine fois que je mourrai. Je crois que cette douloureuse méthode de rédemption est ouverte à nous tous, peu importe la pesanteur de nos fardeaux karmiques. Je me répète afin d’accentuer cette idée primordiale.
Cette doctrine exotique pourrait proscrire, une fois pour toutes, le diktat crétin des fondamentalistes. Cette croyance, si rendue universelle, chasserait du discours religieux tous ces promoteurs fondamentalistes uniformément impropres à la tâche. Par quel droit, sagesse et bénédiction réclament-ils de s’interposer là, tout de même ? Elle mettrait le royaume du ciel dans la portée de chacun dans l’après monde, sans avoir à se soucier des vérités ni des erreurs durant cette vie ; elle confierait les soins terrestres à notre propre responsabilité, et notre salut éternel à la tutelle directe du Seigneur.
Une fois que tu auras pigé cette idée et ses suites, aucun fanatique pompeux ne pourra te l’extraire ni par conférence, ni par manigance, ni par la torture. Tu seras entièrement libre (cette liberté d’une pureté miraculeuse) de te sauver l’âme. Sinon pourras-tu revenir ici-bas dans ces vies sans fin, en tant que bodhisattva, aussi souvent que tu le souhaiteras, pourvue que cette leçon attendrait ton retour et ne serait plus supprimée, comme elle le fut tant de fois jadis par des fondamentalistes et des indifférents également dépourvus de Dieu.
Nous pouvons servir Dieu ou Mammon, mais non les deux à la fois. APPRENTIS suggèrent comment servir ce monde gracieusement et rentrer en grâce ensuite. Si tu renvois le précité comme quelque fourberie biblique du genre fondamentaliste, tu auras manqué mon but. Et, l’ami, voici ta perte. Vérifie ci-dessus le lien « réincarnant » et interprète ça pour toi-même.
Si tu prends trop au sérieux ton endoctrinement d’armes, tu pourrais t’attendre à assortir la religion du gouvernement comme des variables indépendants. Oublis vite ça. Nous sommes des progressistes dans la mesure que notre foi (dans n’importe quoi) nous rend en amoureux héroïques, et des réactionnaires en réagissant (sans foi) contre l'ombre de nos craintes et de notre haine. Notre credo et nos gouvernements sont intégraux. Peu importe les rideaux en toc dont nous couvririons les pilons religieux de nos gouvernements, comme des prudes victoriennes drapèrent les jambes de leur piano.
Ces déclarations peuvent te sembler d’une arrogance pure. Je t’assure que je les ai posées avec autant de soin que toutes les autres que tu trouveras dans APPRENTIS. À vous de discuter, une fois pour toutes.
Une des paraboles du Christ (celle des Talents : Matthieu 25-14) confie à chacun de nous, ses domestiques, une bourse de monnaie pour apporter au risque. Le Seigneur nous projette de diriger nos vies au profit de notre âme, non d’entreprendre tout simplement la protection du risque. Comme les cascadeurs dans un universel film d'action, nous sommes ici pour prendre de très grands risques. Une médiocre sûreté doit nous être illusoire, puisque tout nous tue en fin de compte. Dans notre mortalité résident notre gloire et notre salut.
Cela me surprend, tant peu cette inspiration change ce que je dois discuter dans APPRENTIS. Encore plus surprenants seront les grands exploits qu'accompliront les Apprentis, une fois qu’ils réclameront grâce en ce monde et grâce dans le monde à venir.
Tout au plus, ces méditations ont transformé ma fortune et mes échecs, sur ce plan matériel, en ces éblouissements furieux dont des vaguelettes sont illuminées pendant des après-midi tardifs et ensoleillés : transitoires et ennuyeux au pire, beaux en dépit de leur douleur et allant bientôt se faner.
J'ai abandonné le conseil gratuit de « Vivre chaque jour comme s’il fut ton premier et ton ultime. » Quel comportement impraticable du point de vue hormonale ! À présent, j'attends à la fin de chaque jour. Le rêve le plus miteux auquel j'assiste endormi m'est prouvé plus intéressant que le spectacle le plus transcendant et émouvant que j’ai vu à l'écran sinon lu. Je pressens que l’après mort, proprement négociée, soit également supérieure à notre vie sinon plus. La bonne musique, l’amour courtois et les bons amis, puis quelques autres astuces (les rires et les bons plats) durant cette vie, voici d’autres choses qui rendent supportable la peine de vivre ! Je ne conseil à personne de les abandonner prématurément, quel que soit le destin de nos âmes. Il est évident que nous ayons quelque chose d’important à apprendre ici présent.
Je n'ai eu aucun choix que d’écrire et réécrire – in two languages – ce livre, ce livre entier et rien que ce livre. En fin de compte, je ne puis justifier ma présomption cosmique qu’en te signalant les profondeurs sans limites de notre faillite morale … et de notre avidité pour la paix.
« Ton isolement n'est pas autant l’effet directe des actions ennemies, mais du fait qu’en parcourrant ce chemin, tes expériences seront partagées par de moins en moins de monde, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne à qui tu puisses te faire comprendre. » Sarah Patton Boyle, « Crache dans l’œil du diable : Une hérétique méridionale te parle. » The Nation 1865-1990, Katrina Vanden Heuvel, Éditrice, p. 214.
En secret, tout le long de l'histoire, des maîtres d’armes et de paix se sont chamaillés notre tout : talents, croyances, corps, richesse, postérité, santé d’esprit et saint esprit. Ces premiers ont voulu nous protéger militairement de l'Autre et se protéger de nous ; les seconds, nous faire accepter l'Autre et nous-mêmes en paix.
Tu trouveras cette même concurrence entre les partisans de la paix et ceux d'armes, que ce soit parmi les blancs et les noirs ; les Chinois, Argentins, Nouvelle Zélandais et Groenlandais ; parmi les capitalistes, communistes, socialistes et fascistes (progressistes ou réactionnaires) ; les athées, agnostiques, déistes, chrétiens, musulmans, païens et bouddhistes (fondamentalistes ou œcuméniques) ; autant parmi des habitants de la jungle, maniant une technologie lithique, que parmi des résidents de gratte-ciel munis d’une technologie informatique.
Aucune différence quant à cette concurrence universelle : personne ne se porte mieux ni n'en est immunisé. Certainement ni moi, ni toi, ni le pape, ni le Dallai Lama, malgré tous nos préjugés nous menant au démenti.
Est-ce parfaitement compris ?
Leur rivalité divise toutes les tranches sociétales qui nous sont familières : d’âge, de sexe, de race, classe, religion, idéologie, géographie et politique : des simples étalages cosmétiques, n'ayant réussi qu’à nous distraire de notre tâche principale : réaliser la paix au monde, une fois pour toutes.
La DIALECTIQUE D’ARMES ET DE PAIX règle notre dialogue politique sur le plan d’un rigide coordonné cartésien. Nous devons tous parler en langue bifurquée, comme le doivent tous nos états nations. Les deux lames de cette langue en fourche – l’une guidée par les maîtres d'armes ; l'autre, par des maîtres paisibles – partagent trois particularités. Elles sont, toutes deux :
· dialectiques : parallèles le long l'axe de compréhension ;
· antithétiques : perpendiculaires aux croyances de l’autre ; et
· antinomiques : contredisant directement les résultats projetés par l’autre.
Ce galimatias en langue bifurquée et trois fois nouée, induit l’ANTINOMIE D’ARMES ET DE PAIX : un désaccord absolu entre nos méthodes, buts et résultats.
Permets-moi de t’offrir un exemple ; il y en a des milliers et tu pourras facilement trouver d’autres, une fois l’astuce comprise. Mon exemple sera l’expression « utopie. »
Le long du premier axe dialectique, L'Utopie, c’est un livre classique dont l'auteur, Thomas More, décrit un ordre social « parfait. » Chacun convient que son utopie ne concerne aucune circonstance actuelle, n'est pas un précis historique et ne sera jamais praticable dans l'avenir. Voici toutefois le plus près que la plupart des fidèles l’ère occidental des lumières se défient d’approcher au monde paisible. Il y a une poignée de textes subséquents, pareillement obscures et mal réfléchis. Autant conviennent les réactionnaires et les progressistes anglo-saxons, que ce pauvre assemblage doit être toute la documentation requise pour énoncer les mérites de la mentalité d'armes relative à celle paisible. Autant vaudrait naviguer les Alpes, guidé par une carte de Pangée.
Si cela t’intéresse, Lewis Mumford résume en anglais, dans les premiers 150 pages de son livre, L'histoire des utopies, environ une vingtaine de textes principaux dans ce genre, figurant quelques milliers de pages.
Pas mal, jusque là. Du moins le long de cet axe dialectique, tous peuvent convenir que leurs mots auront le même sens.
Le long du second axe antithétique, cette expression, utopie, signifie pour les maîtres d'armes : « ce (cet endroit) qui ne peut jamais être. » L'utopie est une de leurs lectures favorites de référence. Enseigné dans toutes les moyennes et hautes écoles anglo-saxonnes, ce livre confirme leur conviction fondamentale de l’impossibilité d’une commune paisible et bienveillante. Quant aux maîtres paisibles, L'Utopie, c'est leur spéculation bornée qu’une meilleure paix serait praticable. Selon eux, l'utopie signifie « ce (cet endroit) n'étant pas mais qui pourrait être. »
Ne me demande pas pourquoi les progressistes n’ont jamais diffusé de livre supérieur, depuis. Leur refus peut être attribué aux raisons divers : subordination lâche aux maîtres d'armes, manque d'imagination, satisfaction subconsciente avec le statu quo sinon, peut-être, de l’inertie mentale toute simple. Leur ultime raison reste au-delà de ma maigre compréhension.
Constate comment ces deux structures de croyance s’arrangent : l’un à l’angle droit de l’autre mais comprenant la même terminologie en parallèle.
Le long du troisième axe antinomique, les maîtres d'armes emploient l’adjectif utopiste presque comme une clause adverbiale : comme s’ils voulaient dire « jamais de la vie. » Toute idée marquée utopiste peut être rejetée par réflexe, sans dispute ni pensée subséquente. Les maîtres paisibles prêtent de cette expression pour décrire un arrangement social qui prévoirait une amélioration de la réalité courante, sinon valide et pratique. En d'autres mots, la version paisible de l'utopie signifie un bien qui devrait être poursuivi, tandis que celle d'armes veut dire une horreur à éviter comme la peste : non seulement inutile mais en quelque sorte toxique.
Ainsi, le long de l’axe antinomial, l’ultime intention des deux cotés semble être orientée précisément dans le sens opposé de l’autre. Ce n’est plus une conversation mais un tir à la ligne.
De nos jours, la mentalité d'armes domine partout nos propos, arguments et intentions, ainsi que sa technologie domine chaque aspect notre vie matérielle. Nous tentons de survivre en paix, nonobstant cette dominance universelle.
Nous devrions clarifier cette antinomie. Notre synchronisation de ses sens, définitions et intentions – et la clarté qu'elle pourrait faire parvenir à nos propos publics – nous promettent plus de sécurité, d’abondance et de camaraderie que nous ne puissions contempler. Nos institutions et cultures retiennent des vestiges de paix que nous devrions cultiver, et des notions dominantes d'armes à nous de rendre en vestige. Jusqu'à ce que nous ne clarifiions ces idées, elles seront également suspectes (nos favorites incluses) et valides (y compris celles que nous dédaignons le plus.) Ce texte remet en cause les idées que j’estime les plus propices et marginalise les restants.
Le texte ci-dessous subdivise en quatre mots pairs l’antinomie d’armes et de paix :
· la mentalité d'armes ;
· la technologie d'armes ;
· la mentalité paisible ; et
· la technologie paisible.
La MENTALITÉ D'ARMES dépend de la crainte et la crainte dispose de notre monde. Afin de protéger leurs adhérents d’une crainte accablante, les directeurs d'armes développent des forces de menace dissuasive qu’ils présument tant atroces que personne n'oserait les défier. Hélas, la terre en armes décrète ce défi : « La meilleure défense, c’est une bonne offensive. »
Nous éviterons, dans ce texte, des expressions bornées telles que la mentalité de guerre sinon guerrière. La mentalité de la guerre se compare à celle d'armes, comme la fureur de la route se comparerait à la conduite défensive. Ni les directeurs d'armes ni les chauffeurs défensifs ne souhaitent encourir une collision. Si un accident se produit néanmoins, c’est parce que les choses se sont échappées de leur contrôle. De façon plus ou moins réaliste, ils croient que leurs efforts éviteront ce choc.
Rarement emploierons-nous des expressions comme « militarisme » ou « fascisme » afin de remplacer « la mentalité d'armes. » Celle-là est beaucoup plus répandue et subtile, elle se prolifère dans les démocraties dites libres avec autant d’aise qu'au travers de dictatures. En effet, les citoyens libres de républiques libres sont des meilleurs techniciens d’armes que les esclaves d'une dictature. Un peuple qui se déclare amateur de paix gère mieux ses mises à mort que celui hurlant pour un sang étranger.
Si tu t'estimes un amant de la paix – pur au-delà du reproche, quoique tu n’ais jamais pris la peine d’assortir tes préjudices d'armes et de paix – tu n’es réellement qu’un sympathisant (ou collaborateur) d’armes et qu'un autre pilier du statu quo d'armes.
Comme des ivrognes désavouant leur addiction, nous empirons la mentalité d'armes en y niant notre penchant.
La mentalité d'armes impose sciemment des déformations sociales. La pauvreté, la hiérarchie inflexible, l'injustice, l'inégalité, le sous-emploi, la criminalité consolidée, la mauvaise éducation, la malnutrition, l'arrogance professionnelle : cette triste liste de déformations sociales s’étend sans fin. Nous les confondons avec une fâcheuse combinaison de stupidité, de bigoterie, de folie, d'avarice, de crime, d'erreur et de mésaventure honnête, mais ne parvenons jamais à croire qu’elles seraient faites exprès afin d'atteindre les buts de la mentalité d'armes.
Les réformateurs sociaux s’estiment capables d’améliorer les affaires de manière réductive, graduelle et par incréments : problème par problème, identité politique par politique d’identité et question par question. Ils ont échoué à cette besogne, usant des mêmes méthodes éparpillées et raisonnements réductifs depuis cinq millénaires.
Seulement l’unité d'intention holistique, globale et simultanée de la mentalité paisible, convenue au préalable par presque tout le monde – suivi d'une cascade de solutions réductrices de petite envergure – serait capable de résoudre ces problèmes. Nulle réussite soutenue dans l'ordre opposé, puisque toutes les petites réformes seront paralysées par la force prévenante, holistique, simultanée et globale de la mentalité d’armes que nous choyons à présent.
Toute société, n'importe laquelle, se mesure par rapport à une CONSTELLATION DE MÉTAPHORES POLITIQUES que ses membres s'accordent en commun. La notre est farcie de MYTHES D'ARMES. De nombreuses politiques collectives et croyances religieuses, légales et morales constituent la MYTHOLOGIE D'ARMES : des rationalisations populaires pour nos pratiques et institutions les moins admissibles. Puisque les valeurs de base de la mentalité d'armes sont insensées selon quiconque aurait la moindre compréhension de la paix et amour pour elle, les maîtres d'armes doivent imposer leurs propres vocabulaire et syntaxe, mythiques et bien immunisés de la critique raisonnable des maîtres de paix.
Voici un refrain familier des maîtres d'armes : « Tu n’es pas payé pour penser à ces choses-là ; nous le sommes. »
Les PROLÉTARIENS D'INFORMATION sont asservis par leur manque d'informations valides. Des données de rebut, leur étant quotidiennement servies bien chaudes, maintiennent leur situation servile. Nous tombons ici d'ordinaire, toi et moi. Dans d'autres cas, notre fidélité miroite entre ces métagroupes, plutôt comme des quantum d'énergie entre les orbites d'un atome grand comme la terre.
Alors que ces prolétariens d'information apprennent, travaillent et jouent ensemble, ils créent de la richesse en se soutenant eux-mêmes et leurs bien-aimés. Des groupes beaucoup plus restreints, appelés ELITES D’INFORMATION, saisissent la majeure partie de cette richesse au nom de la sécurité militaire, afin de défrayer les coûts anti-profit de leurs TECHNOLOGIES D'ARMES.
Ces coûts dépassent de loin les simples montants de toutes les armes et tous les soldats durant la paix, loin au-delà. En comparant la performance économique d’une véritable communauté paisible à celle d’une communauté d’armes, la juste mesure serait entre la richesse de Genève et de Mogadishu, sinon la performance athlétique d’un coureur olympique en pleine forme courrant sa course favorite, comparé à celle d’un soldat blessé traînant le corps de son meilleur copain et leur équipement vers l’arrière.
J’ai sérieusement considéré d’adopter les expressions ÉLITE D'OPINION et PROLÉTARIAT D'OPINION, afin de souligner la nature éphémère de ces préjugées et le manque paradoxal de mérite objectif de la part de cette élite. L’élite d'opinion suppose que ses préjudices soient supérieurs à celles du restant du monde ; les prolétariens d'opinion se sont convaincus que leurs préférences sont secondaires à celles de l’élite d'opinion. Bien encadrée dans les médias et les écoles, elle approuve avidement de leur complexe d'infériorité.
Ce pourrait être la cause principale que la majorité écrasante des progressistes ne surpasse jamais une minorité dérisoire de gérants d'armes. Ça, puis le reflex instinctif des réactionnaires se croyant sérieusement confrontés : de tuer et torturer des gens choisies de façon aléatoire – j’allais l’oublier ! – sinon dans les caveaux de la police secrète durant de longs intervalles de chaumage massif, sinon dans les tranchées d’une guerre fabriquée de toutes pièces pour cette seule raison, sinon les deux en série pour autant de fois que seront nécessaires afin d’extraire en continuité la soumission taciturne de leur prolétariat.
Des ELITES D'INFORMATION et DIRECTEURS D’ARMES sont interchangeables entre divers états, nations, affiliations religieuses et organes politiques ; elles incluent nos gouverneurs, leur personnel, les ouvriers des médias, les juges, professeurs, prêtres, politiciens et d’autres cadres influents de mésinformation et de désinformation, qui se croient supérieurs à leurs hôtes prolétariens dont ils ressortent et dépendent, ainsi qu’un petit précoce pourrait dédaigner ses humbles gardiens.
Les prolétariens d'information ont d’abord choisi leurs élites parmi eux-mêmes ; par la suite, ces élites d'info ont sélectionné leurs remplaçants depuis le prolétariat d'info. Aucune différence si cette sélection s'effectua par privilège princier, élection démocratique, hiérarchie religieuse, nomination soviétique, baronnie du vol ou autre méthode ; ni plus si la scène politique fut un kraal de huttes en boue, un puant baronnât féodal ou un empire militaro-industriel, transcontinental et multiethnique ; soit que ces directeurs d'armes fussent asservis ou libres, séculaires ou religieux, centralisés ou orientés au profit, plèbes ou nobles, criminels ou autorisés, professionnels ou amateurs. D’identiques élites d'armes ont émergé de toute façon, disposant d’une ressemblance remarquable quant à leur mentalité, attitude et comportement réflexif. Leurs propos ont pu changer avec le temps et selon les circonstances de façon arbitraire, manipulatoire et préjudiciable, mais leur comportement fondamental, jamais ; sauf, peut-être, pour l’honneur…
Les Apprentis doivent surtout faire appelle à l’honneur guerrier : celui de mon père, de tout bon guerrier, le nettoyant de sa crasse. Les bons guerriers reconnaîtront de façon automatique l’honneur et le défendront contre quiconque assez dément pour ne pas l’admettre : si fatal soit-il. Cet honneur secondera le monde en paix et le protégera farouchement ensuite ; lui et l’Apprentissage doivent s’unir ensemble.
Les élites d’information convainquent son prolétariat que leur idéal d'armes doit être supérieur (un mensonge transparent.) L'élite d’info se sert :
· de MÂITRES, MENTEURS ou MENTORS D'ARMES afin d'énoncer cette fabrication pendant la pseudo paix ; et
· de SECTAIRES D’ARMES afin de l’annoncer plus vigoureusement quand advient la guerre.
L’élite d’information n'est pas plus clairvoyante que le prolétariat d’information dont elle ressort ; ses membres favorisent tout simplement la mentalité d'armes et eux-mêmes dans le moins distant, en censurant des informations importantes et noyant cette censure sous des ras de marée de rumeurs et de mensonges insignifiants. Seront marginalisés tous ceux assez éclairés et consciencieux pour disputer cet arrangement ridicule.
Ce triage « au nom de l’obéissance et de la loyauté » rendra encore plus stupide, de façon collective et automatique, ceux qui élisent de demeurer au pouvoir. L’ayant détenu pendant un certain temps, ces élites d'armes chavireront sur les roches acérées de leurs contradictions sociales ; elles s’inonderont très prévisiblement en cruautés rituelles, terreurs institutionnelles et corruptions de routine (voir La stupidité rituelle.)
Parlant en gros, ces élites d’information peuvent pratiquer une de trois catégories de politiques d’information : les deux premières SIMPLIFIANT le contenu d’information ; la troisième le rendant DAVANTAGE COMPLEXE. Les transitions entre ces catégories sont graduelles et flexibles – tant capables d’aller en avant ou en arrière – non nécessairement catégoriques, abruptes ni progressives.
1. Les ÉLITES (ou POLITICIENS) DE MÉSINFORMATION annoncent autant de mensonges que possible. Ce comportement s’accorde aux tyrans anciens et modernes. Tout n’étant pas une vérité interdite devient un mensonge obligatoire. La politique de mésinformation crée des systèmes de gestion du combat qui filent du haut en bas et semblent optimisés pour la guerre. Pense à Staline et à Saddam Hussein.
C’est plutôt facile de transmettre ces mensonges et d’en discerner la vérité ; dans la plupart des cas d’une politique de mésinformation, l'opposé exact de ce qui est transmis par monologue officiel doit être plus vraisemblable.
Une politique de mésinformation multiplie l’aliénation, le soupçon et la terreur ; rien n'est comme il semble et l’on ne peut rendre confiance en personne. Sous cette exigence claustrophobe, l'élite d’information se réduit à un minimum très restreint et puis se purge au-delà. Le dogme de cul-de-sac devient la réalité manifeste, répétée de façon décérébrée de par tous les médias. Plutôt que de manipuler tout simplement l'opinion des masses, les élites de mésinfo font fantaisie qu'elles peuvent transformer la réalité elle-même : comme sur papier, ainsi en réalité. Elles tuent et terrorisent leurs hôtes prolétaires, jusqu'à ce que cette fiction remplace le bon sens.
Des gangsters règnent, tandis que des politiciens aveuglés par la mésinformation mènent guerre sainte contre la créativité des Apprentis. La collectivité tourne de sa propre inertie et s’alimente de ses dernières réserves, jusqu'à ce que la famine ne s’annonce et la fige. L’ultime résultat ? De brutales guerres d’agression à l’étranger et le génocide interne afin de confirmer la propagande officielle : l’ultime simplification de la réalité publique.
Nous pourrions évaluer ces élites de mésinformation selon leur dureté. Combien l'élite rend dure la survie de ses prolétariens ? La plus rugueuse cette tyrannie, le plus néfaste sa politique de mésinformation.
Les tyrannies plus douces sont plus riches ; elles remplacent la mésinformation par une politique de DÉSINFORMATION : beaucoup plus subtile et difficile à manier que celle de la mésinformation.
Alors qu’un état d'armes mûrit, les insuffisances de la politique de mésinformation sonnent de plus en plus stridentes. Les mensonges ne rendent que de la richesse volée et son entropie au chaos—une richesse soutenable ne s’accroît que depuis des vérités légitimes et la confiance du public en leur légitimité. Des réformateurs pensifs essayent de tisser quelques brindilles de mentalité paisible – y compris un peu de politique d’information – dans l’osier pourri de la gestion d'armes. Cette conglomération de contradictions ne peut durer longtemps liée ; au lieu polarise-t-elle, dans une centrifugeuse de politiques de désinformation, des directeurs corrompus d'armes en contrepartie de leurs dissidents vexés d'armes. Nous voici, régis par…
2. Des ÉLITES DE DÉSINFORMATION qui incluent un mélange de prétendus populistes et libéraux, avec un noyau dur de réactionnaires retenant parole finale sur chaque sujet important. Ensemble transmettent-ils leur demi monologue sans jamais finir, au travers d’extensives hiérarchies de corporation, de gouvernement et de religion. À la différence de la politique de mésinformation, un « feedback » (échange d’information) soigneusement contrôlé sera permis en doses minutieuses.
Le mot clé dans la politique de désinformation, c’est « mais ». Comme ainsi : « Nous entendons vos appels à la réforme. Nous savons que la moralité, la morale militaire et l'efficacité nous dictent de mieux effectuer les affaires, MAIS … » suit une longue liste de raisons et d'excuses pour que des pratiques inefficaces et immorales demeurent courantes.
« Mais soyez donc plus raisonnables, messieurs dames ! Ce que vous proposez serait impraticable, trop coûteux, soumis aux abus des voyous, ne s’accorderait jamais avec nos protocoles antiques les plus prisées, etc., etc.… » Dogmes religieux éphémères, charabias idéologiques, distorsions de l’histoire, feuilletons littéraires tant vides qu’exquis, publicités commerciales, babillements sportives, violence d’arène, procès d'exposition, drames triviaux d'opéra de lessive, données « mathématiques » et conclusions « scientifiques » qui se prouvent par la suite entièrement erronées : tous seront émis par voie de monologue, d'autant de sources médiatiques que possible, sans fin, en détail somptueux, en exactitude douloureuse et en volume sonore.
Les sujets significatifs seront dissimulés de façon obsédante par omission coutumière. Cette procédure de transe devient hypnotique et autorenforçant. Autant les promoteurs de désinformation que leurs auditeurs refuseront-ils de distinguer leurs évidentes tromperies de la vérité. Les élites de désinfo sont aussi vulnérables à leur propre désinformation que leurs hôtes prolétaires. Les activités destructrices s’accroissent mais la vraie richesse s'évapore.
La populace ignorera ses forces et périls les plus éminents, en faveur de plus en plus d’élaborations de banalités ; elle sera facilement convaincue de sa richesse imaginaire quand en réalité au bord de la faillite et vice versa. Les ordonnances publiques se rendront vacillantes et arbitraires, sans base morale ni idéologique. La gérance s'appliquera à l'improviste et ses résultats en souffriront.
Il deviendra de plus en plus facile (bon marché ou gratis) de se procurer des informations inutiles et triviales, et plus avantageux de les produire, alors que les informations utiles se rendront de plus en plus difficiles (dispendieux de temps et d’argent) à annoncer et acquérir. Sera interdite toute croyance sauf celle favorisant le mercantilisme rabique; prohibée par consentement universel et culture populaire, la foi en autre chose que l’avarice nue et le dogme sénile.
Les élites de désinfo évoluent en mandarinats boursouflés. Au moyen de vigoureuses promotions de médiocrités certifiées et d’escrocs bien fondés, des Apprentis doués sont relégués au prolétariat et à l'anéantissement de leur créativité. Ces habitudes de malentendu délibéré, de sur simplification de consensus et de médiocrité sociale ne sont renversées que pendant des intervalles de guerre, lorsque nombreux talents frustrés seront recrutés dans des cadres revitalisés d'armes.
Je me souviens d'une photo d’ouvriers qui quittaient un chantier naval américain durant la deuxième guerre mondiale. Une énorme affiche décorait l’entré : « Faites-nous part de vos meilleurs idées ! » Aucune affiche semblable n’aurait embellie une telle usine au même moment dans l'historie, si entre les guerres.
Comme une claque à la figure arrêtera net une crise hystérique, et un profond baiser de même, le trauma en masse est la méthode usuelle de stopper cet état d’illusion. Sans avertir, le désastre et la guerre frappent dur parce que personne ne s’est donné la peine d'aborder au sérieux les questions les plus importantes. Tout le monde se sent consterné quand leurs châteaux de sable se font niveler simultanément. Ensuite, les élites de désinfo déclarent la guerre : cette tâche leur étant plus facile que de favoriser l’abondance et des sentiments supplémentaires de camaraderie. Le meurtre en masse redevient la norme ; il est alors trop tard pour adopter une paisible politique d'information, puisque furent gaspillées la richesse requise et les populations non stressées et sans panique.
APPRENTIS, d'autre part, voici le bisou.
Très rarement, des dissidents paisibles surmontent cette inertie sociale, en rapportant la bonne nouvelle que chacun doit partager son Apprentissage équivalent. Pourvu que des élites d'information prêtent attention miraculeuse à cette idée, elles commencent à la transmettre et ainsi se débarrassent de la fonction désuète de limiter l’écoulement des informations. À ce point, les élites et les prolétariens d'information se fusionnent en une COMMUNE DE BIENS (COMMONWEALTH) D’INFORMATION ou D’APPRENTIS.
3. Les POLITICIENS D'INFORMATION exhiberaient la vérité et des mensonges sur chaque question, sans préjudice ni faveur, afin que des Apprentis eux-mêmes puissent s’en rendre compte. Une COMMUNE DE BIENS D'APPRENTIS apparaîtrait à la suite de discours publics sans restriction et de dialogues étendus entre des jurys d’information se sélectionnant eux-mêmes, poursuivant leurs sujets de passion sans se soucier de la richesse et du standing, puisque cette richesse et ce standing leurs sont dus par droit commun dans cette commune.
Beaucoup de narrations qui semblent mensongères, ne sont en réalité que des élaborations plus complexes de la vérité. Au moyen de fictions littéraires, d’idéologies neuves, de postulats scolaires, d’inventions, de découvertes et de réinterprétations du dogme antique, la vérité déborde parce qu'elle rend toujours plus de profit dans un milieu paisible. Des gens réévaluent les informations leur semblant plus importantes que des objets coûteusement façonnés et des mythes d’armes.
Prenant cap inverse, les collectivités de mésinformation n'adoptent que d’autres mensonges et terreurs ; la vérité s’y rend la moins rémunératrice, puisqu’elle te fera sitôt descendre. Un tel choix n’existe plus dans les sociétés de désinformation : là où le bruit blanc noie tous les autres, jusqu'à ce que ne s’abattent en démolition contrôlée les tours jumelles de commerce mondial. Tout le monde se débrouille ensuite pour reprendre le broutement rassurant d’une normalité sournoise. Ainsi exposent-ils leur cou au prochain coup de hache et ne parviennent jamais à l’écarter.
Dans une politique d'information, des systèmes grandissants de communications se rendent plus interactifs, complexes et adaptatifs. Les gens s'engagent dans encore plus de dialogues à travers des médias neufs, plutôt que de se soumettre au monologue dirigé du haut en bas par une élite dite supérieure ; elles sont plus passionnées par leurs sujets d’Apprentissage que par la désinformation publique et triviale que les médias en masse placent devant eux.
La télévision est un média de monologue, ainsi que ceux d'imprimerie, des stations radio et des pages non interactives de la toile. Reconnaîtrais-tu ces pages sans valeur sur l’Internet, d’entreprises corporatives et de bigots de propagande sans liens de CONTACT ?
Je ne puis tirer bénéfice de l'interactivité de ce texte, avant que tu ne choisisses de m’en rendre des nouvelles, sinon à partir de mon lien email à la fin des chapitres d’APPRENTIS. Je m’occuperai entre-temps de la frénésie de virus et de spams qui fait foule à ma porte, en attendant l'exceptionnelle réponse constructive (la tienne, peut-être ?) d’Apprentis dignes de ce nom : le message sur un millier qui ferait valoir la peine de tout ceci ?
Mitraillé comme je suis de négligence criminelle, de reproches vides et d'attaques sottes, j'ai besoin d'autant d'appuis que vous seriez en mesure de m'expédier. J'en ai déjà reçu quelques-uns (me soutenant de façon allègre ou désespérée) dont je suis infiniment reconnaissant.
L'agora grecque, les réunions d'hôtel de ville, (sans questions rédigés au préalable ; il faut que j'ajoute ça, maintenant que les techniciens de désinfo de Bush le Moindre ont arrangé au préalable et de façon routinière les questions et les caresses médiatiques) les téléphones et les courriers postales et électroniques, tous sont des exemples de médias de dialogue.
C’est une question de combien plus rapidement l’on puisse satisfaire la formule du fauteuil. Les médias de dialogue peuvent soutenir au moins dix fois plus d’interactions utiles à travers la même longueur d’onde, que ne peuvent les médias de monologue. La somme de ces communications utiles égale à la vraie richesse (divisée par la somme de celles intentionnellement inutiles sinon nuisibles ?) Je parle de dix, de cent, de mille fois plus d’argent comptant disponible à chacun sans inflation aucune.
« Votre intention est noble mais votre appel mal orienté. Si vous discourez aux empereurs au sujet du gain et s’ils arrêtent leurs armées par amour du gain, leurs armées se réjouiront dans la paix et s’enchanteront du gain. Bientôt les ministres embrasseront le gain au service de leur souverain, les fils embrasseront le gain au service de leur père, les frères cadets embrasseront le gain au service de leur frère aîné, et tous auront abandonné l'humanité et le devoir. Quand ces rapports deviennent une question de gain, la nation sera condamnée à la ruine.
« Mais si vous discourez aux empereurs au sujet de l'humanité et du devoir, et qu’ils arrêtent leurs armées par leur amour de l'humanité et du devoir, leurs armées se réjouiront dans la paix et s’enchanteront dans l'humanité et le devoir. Bientôt les ministres embrasseront l'humanité et le devoir au service de leur souverain, les fils embrasseront l'humanité et le devoir au service de leur père, les frères cadets embrasseront l'humanité et le devoir au service de leur frère aîné, et tous auront abandonné le gain.
« Quand ces rapports deviendront une question d'humanité et de devoir, alors le souverain s’assurera d'être un vrai empereur. Or, pourquoi invoquer le gain ? » Mengzi [Mong-Tseu, Mencius] traduit en anglais par David Hinton, Counterpoint, Washington, D.C., 1998, p. 219. (Suite)
Il nous appartient de créer une massive AGORA VIRTUELLE de dialogue politique sillonnant le monde entier. La toile globale est le prototype de cette agora virtuelle d’Apprentis ; à tel point qu’elle s’étende, nous aurons de la veine.
Les communautés mûres, jouissant d’insignifiantes menaces extérieures et d’un bon nombre de richesses en surplus, permettent aux Apprentis de RENDRE PLUS COMPLEXE la politique d’information.
Quand la complexité des informations se rend plus turbulente, elle risque d’éclater les digues de conventions sociales conçues pour la contenir et régler. Ainsi, les politiciens d’information doivent renouveler des habitudes de communication et des terminologies de plus en plus raffinées; autrement, le hurlement de plus en plus strident du débat rendu chaotique risque de nouveau se dégrader en une politique de mésinformation.
La tentation courante des élites d'info, de censurer l'Internet du haut en bas, et des prolétariens d’info, de l'estropier de fond en comble, (avec des virus, du « hacking, » des flammes, du « Spam » et d'autres formes salissantes d'information) ce n’est que le démenti pathétique d’un univers d’information en accroissance. Pense à un bébé atteint d’une colique et refusant ses haricots. Des individus et des groupes déconcertés tentent de nouveau simplifier leur vie, en corrompant les complications les plus récentes qu’ils considèrent vulnérables à leurs abus. Pauvres cons !
En poursuite d'abondance, les praticiens avancés d’une politique de désinformation ont tendance à se désarmer à l’unilatérale, provoquant ainsi encore plus d'agression militaire.
D’autres communautés historiques ont évolué jusqu’aux politiques d’information, mais furent détruites manu militari et disparurent de nos écrits historiques. Des sociétés bourgeonnantes de paix furent annihilées et rendues « préhistoriques » parce que leurs contrôleurs altissimes favorisèrent richesse et paix internes tandis que des étrangers affamés demeuraient en dehors : irrités, jaloux et agressifs.
Nous pourrions noter cette tendance aux États-Unis, là où des pertes militaires se rendent en poison politique. Cette aversion publique aux pertes militaires en particulier et au militarisme en général tente des étrangers agressifs et des militaristes internes à infliger de pires ravages. Dès que leurs assauts se rendent mieux coordonnées, donc encore plus audacieux et destructifs, les survivants réintègrent la politique de mésinformation et sa tyrannie d’armes plus manifeste : des options tentantes sur cette terre en armes trop militarisée, là ou la panique de réflexe remplace presque automatiquement le bon sens.
La TECHNOLOGIE D'ARMES inclut le matériel (hardware : quincaillerie ; software : logiciel ; wetware : sérum charnier) de la guerre ; elle inclut les forces militaires (les TECHNICIENS D'ARMES), les récolteurs d’informations stratégiques, les agents de sécurité nationale et de la police secrète, les industriels d'armes, les ouvriers d’armes, leurs usines et les énormes arsenaux eux-mêmes. A ce moment, il y a une arme (à vrai dire, une hargne) individuelle à feu pour tous les dix habitants au monde et deux balles fabriquées chaque année pour chacun d’eux.
Afin de mieux dissimuler leurs nombreux échecs de gérance (puisqu’ils sont par définition les pires gérants de paix), les DIRECTEURS D'ARMES condamnent tous et tout : les pauvres, les femmes, les non hétérosexuels, les enfants, les progressistes, les minoritaires ethniques/religieux, les migrants et les immigrés, le mythe primordial, la nature humaine et la nature elle-même. Des réactionnaires d'armes les plus sophistiqués recrutent leurs postulants depuis des minorités maltraitées ; ainsi rendent-ils honneur formel au pluralisme, tout en stimulant des abus sociaux.
« Le plus légitimement qu’une société soit constituée et la plus excellente sa forme politique, le plus la guerre [la mentalité d’armes] menace d'affaiblir ses institutions et de les pervertir. Il est aussi vrai que la meilleure forme de gouvernement soit celle la moins bien adaptée aux exigences de la guerre. » Comment penser de la guerre et de la paix, Mortimer J. Adler, Simon et Schuster, New York, 1944, p 42.
Les directeurs d'armes comptent sur des ÉLITES DE BATAILLE (une minorité d’environ 10% de ces techniciens d’armes) afin d'effectuer leurs plus sales besognes. Officiers éduqués sinon soldats esclaves : aucune importance. À mi endommagées génétiquement et à mi les produits de craintes de négligence et d’abus d'enfance, ces élites de bataille prospèrent des deux côtés des champs de bataille, zones d’émeute, barres de prison et fils de fer de Belsen.
Les neuf dixièmes restants de ces techniciens d’armes ? Ils ne servent aux élites de bataille qu’en tant qu’appuis de logistique et de morale militaire, de leur coté, et comme proies faciles, de l’autre ; et puis comme multiplieurs de puissance de feu (artilleurs et tels) des deux cotés. Que ce soit en guerre ou en paix, ces élites de bataille font la casse et les restants la subissent.
Les élites de bataille ne peuvent maîtriser leur agression : ce qui les rend en capitaux indispensables au champ de bataille et en bourdons onéreux ailleurs. Chacun partage quelques traits d’élite de bataille, bien que la plupart d'entre nous gardons les nôtres sous stricte péremption. Appelle cela de bonnes manières, du bon goût, de la conscience morale, civilité, décadence sinon simple poltronnerie. Nous sommes pour la plupart incapables de prospérer au champ de bataille ou en bagarre de taverne, comme le sont bien rompues les élites de bataille.
Il me semble que j’ai fait un vœu spécial de karma à quelqu'un qui doit m’être fort influent. J'ai promis de ne tuer ni de torturer plus personne, si possible, cette tournée de ronde. Étonnamment, me suis-je au lieu engagé à consacrer cette vie à la documentation du monde paisible. Étais-je génocide d'élite pendant d’autres incarnations ? Voici le probable. Je n’en suis pas fier, au contraire. Quelle opportunité gaspillée pour ma méchanceté d’occasion et quel sillon rocheux à houer à sa place ! Le massacre aveugle serait à présent si aisé ! Il n’y en aurait aucune limite, jusqu'à ce que tous fussent catapultés dans la boucherie. Le génocide est subventionné de façon fantasque sur cette planète, ce qui rend satisfaction instantanée aux maraudeurs sincères.
Quant à prédiquer pour la paix, je me souhaite bonne chance devant cet auguste assemblé. Je vous demande humblement pardon de cet abus, chers lecteurs, chères lectrices, si déjà vous considérez-vous d’honnêtes Apprentis.
Nous pourrions trancher ces élites de bataille en deux groupes :
· LA SALE DOUZAINE de guerriers nés, bandits armés, brutes et bannis sociaux, surmontant ordinairement leur agression au moyen de la maturité et d’affectueuses bontés proprement administrées.
· LE SOUSGROUPE HIMMLER : d'habitude des civils, parents, conjoints, voisins et administrateurs en apparence bons, et souvent des lâches brillants. Charmants et séduisants pour autant qu’ils le veulent, ils ne songent qu’à ravager ce monde d’Autres qu’ils furent élevés à mépriser. Ils cherchent à franchir les plus hautes cimes de pouvoir, afin de s’en sortir d’autant de mutilations que possibles, protégés par leur rang.
La moitié sinon plus des responsables dans ce monde actuel peut se composer de sociopathes malins du type 2.
Ni des deux types de sociopathes n'a aucun sens moral de bonne ou de mauvaise conduite. A la différence d'individus normaux, aucune hausse d’activité ne survient dans leurs centres de cerveau engendrant la conscience morale, si l’on leur fait penser de crimes et de délits dans une situation contrôlée de laboratoire.
En tout cas, ces types 2 ont développé de spéciaux palpeurs sociaux qui leur permettent de ne jamais dépasser la ligne de comportement inacceptable, qu’en sachant qu’ils pourront l’accomplir sans être contrariés. Ils poursuivent leurs promotions et bonifications dans la torture des personnes, en fumant la forêt du monde, semant des mines explosives, affamant des bébés par millions et apposant leur veto officiel sur des conventions cruciales d’environnement, de laboure, de droits de l’homme et de paix. Sur cette terre en armes, de telles promotions ne sont garanties que pour ce genre de personne et aucun autre.
Soit, ces « antennes spéciales » sont très intéressantes. Elles se composent habituellement d’associés subalternes que cultive chaque sociopathe du type 2 en les épargnant de son mauvais traitement habituel. D'une manière ou d'une autre, certains sociopathes sont assez futés pour se rendre compte qu'ils doivent être accompagnés et conseillés par au moins quelques personnes capables de les restreindre de leurs plus grands méfaits. Ces associés subalternes ont leurs propres problèmes de co-dépendance (puisqu'ils sont attirés aux sociopathes et se présument plus puissants à deuxième main, à cause de la mauvaise conduite de leur idole.) Ils restent cependant pourvus d'un sens fonctionnel du bon et du mal, et servent leur sociopathe en le retenant de sa tendance autrement incontrôlable de blesser chacun qu'il rencontre (il ne « rencontre » personne ; il confronte tout le monde pour dominance.) Ces personnalités bêtas peuvent être des associés, des subalternes ou des compagnons sexuels, à condition qu'elles montrent une quantité suffisante de vénération et de fidélité envers le sociopathe alpha qui doit rester dominant à tout moment. Tôt ou tard, ce sociopathe trahira son subalterne sinon l’abusera au delà du raccommodage -- après tout, voici sa nature. À ce point, le sociopathe ira trouver un autre esclave pour remplir ce rôle, et son associé ira trouver un autre sociopathe pour servir. Ceci se produit de façon subconsciente et semble être la norme de comportement pour ces genres de personne. Ne me demande pas pourquoi ou pour quelle raison. L'étude de leur activité et esprit ressemble à la visite à un nid de vipères.
Ces types 2 sont sans doute munis d’autres talents et ressources psychologiques au sujet desquels je ne suis pas entraîné et dont je ne suis pas intéressé.
N'importe qui n’étant lui-même sociopathe mais entouré et dirigé par eux, tombera bientôt dans leur piège vicieuse sinon n’obtiendra que sa démission immédiate et un remplaçant plus convenable. Nos élites d’information en sont combles. Comparé à ces sociopathes seigneuriaux et internationaux, le plus monstrueux des meurtriers en série n’est qu’un enfant gâté.
Je crois qu’il existe une cure et délivrance pour ces sociopathes. C’est à eux de la prendre ; personne ne peut les y forcer. Cette cure est difficile, mais les affranchirait au-delà de leur espérance. Et voila tout ce qu’ils requièrent : délivrance de cette vacuité morale leur étant plus pénible et interminable que la douleur fantôme d’une amputation traumatique. C’est cette peine qui leur mène au crime et c’est à elle que nous devons nous adresser afin de réduire leur criminalité. Les punir pour leurs crimes, c’est vaporiser de l’essence sur leur feu.
Les sociopathes du type 1 ne développent jamais ces palpeurs spéciaux. Leurs caprices brutaux les trahissent presque instantanément. En temps de paix, leurs brutalités en série les flanquent d’habitude en prison sinon dans des recoins les plus ténébreux du system policier (gardes de prison, agents ruraux, police militaire, etc.) Rarement recrutés dans l’élite d’information, ils appartiennent aux sales douzaines et sont réservés au combat : là ou certains deviennent les meilleurs soldats et le restant, les pires. En tout cas, ils sont dans l’ensemble plus résistants aux stresses psychologiques du combat.
Puisque nous soutenons avec notre apathie une grande majorité de chefs sociopathes et leurs décisions d’aliénés mentaux, nous devons nous considérer des collaborateurs d’armes : membres honorifiques du sous-groupe Himmler et fans fidèles de la terre en armes. Joins le club : il est énorme et singulièrement inclusif.
Mais n’ose plus t’appeler civilisé, avant que tu ne te rendes en Apprenti digne de ce nom.
Ainsi qu'un requin maintient des rangées de dents en réserve, les prolétariens d'info soutiennent des PROTO-ELITES D’INFO zélées à renverser l'élite courante d'information. Ces proto-élites font partie d’un mélange de commis, d’étudiants et de subalternes ambitieux : recrutés par les autorités ou pas, mais se discordant secrètement d'elles. Ces rebelles frustrés ne se cohérent que de manière maladroite, une fois que leur élite ait atteint le tau maximal d'échecs.
Eric Hoffer analyse les chefs de proto-élites dans son texte, Le vrai croyant. Malheureusement se livre-t-il à l’habitude pénible du réductionnisme biographique, réduisant la dynamique complexe de mouvements sociaux en un simple recensement des idiosyncrasies de leurs chefs. Hérodote et beaucoup d'autres historiens et journalistes depuis, ont qualifié l'histoire et les événements courants comme des cultes de personnalité. Les actualités ont eu lieu parce qu'un certain gringalet et ses compagnons, officiellement indiqués comme chefs, se sont arrangés pour que ces événements se déroulent précisément ainsi qu'ils aient prévue.
« A partir de la mi-quatrième siècle, il y eut un grand corpus littéraire Grec bien reconnu, qui n’était pas encore appelé Historia mais décrit plutôt comme « l’écriture des actions de la guerre » sinon « l’enquête concernant les actes de guerre » incluant Hérodote, Thucydide et quelques continuations de Thucydide : l’ensemble sous le titre d’Hellenica (les affaires de Grèce) (le seul en survie, celui de Xénophon) et les récits des Grecs occidentaux de la part d’écrivains perdus de Syracuse : Antiochos et Philistos, allant sous le titre de Sicelica (les affaires de Sicile.) C’était donné que cette littérature fut la source de tout savoir faire de guerre et de diplomatie, sinon des relations entre états…
« De quoi, quant aux historiens ? Le cinquième siècle nous a rendu deux majeurs styles narratives : l’épique linéaire d’Hérodote et l’antithétique style réaliste de Thucydide, étant associés à deux conceptions divergentes du monde : l’encomiastique monde Hérodotien de l'exploit moral et de la loi cosmique, à l’encontre de l’ironie et du pessimisme Thucydidiens… » Doyne Dawson, The Origins of Western Warfare: Militarism and Morality in the Ancient World, (Les origines de la guerre occidentale : Le militarisme et la moralité dans l’ancien monde), Westview Press, Boulder, Colorado, 1996, p. 95.
Voila des histoires aussi vraisemblables que celle qui suit : je conduis ma voiture et suis absolument en charge. Je vais donc m’arranger pour renverser chaque voiture dans le fracas d’une centaine sur une autoroute embrumée, dans des fentes soigneusement planifiées d’avance, et vais donc m'assurer que la mienne et celles qui me suivent sortiront de l'autre coté sans une éraflure. C’est sûr, mon copain, cela pourrait bien se produire.
Pourtant serait-ce là un problème plutôt simple, comparé à diriger un pays entier. Voir la section des gérants dans le chapitre « Politiques d’identité. »
Après des millénaires de dissidence écrasée, les organisations dites réformistes se sont rendues désespérément balkanisées. La plupart des activistes sociaux aggravent leur manque de pouvoir, au moyen d'ostracismes mutuels, d’intérêts particuliers à s’entre quereller, de petites réprobations privées et de puritanisme idéologique. Ainsi permettent-ils aux élites d'armes beaucoup plus pragmatiques et cohésives, elles, de les battre en détail.
Rejetant toute transformation holistique, ces dissidents d'armes se mettent à couper des cheveux en quatre sans jamais finir, puis se renvoient au compromis moral et au désespoir fondamental. Indifférents à la paix incontestable et au vrai progrès qu'ils considèrent au-delà de leur prise, ils se rangent sagement en une « opposition loyale. » Gare à celui qui mettrait en question leur hétérodoxie conforme ! Ils sont émotionnellement investis dans leur entretient d’une résistance symbolique à l’encontre d’une succession d’états prospères d'armes qui se renforce au moyen de leur opposition dérisoire.
Rappelle-toi que les haltérophiles poussent et tirent leurs muscles comme du nougat, contre de la résistance. Plus ou moins de la même manière, les états d'armes exploitent leurs dissidents d'armes. Ainsi, les propos en chicane du dissident moyen d'armes rendent plus fort et subtil son état d'armes.
Un mouvement de paix en percé réussit de temps en temps à dissoudre son état d'armes. Cette relaxation unilatérale dans la technologie d'armes sera d'habitude mortelle pour la société impliquée, étant donné la présence avoisinante d’étrangers mieux armés. Ainsi, le succès dans la paix n’a jamais été encouragé. L'activisme communautaire, à la mode courante, résulte de milliers d'années de dissidence d'armes inefficace : en effet, inversement efficace.
Ma boîte aux lettres éclate sous un déluge de sollicitations se concurrençant pour ma petite contribution charitable : chaque appel plus déchirant que ses précédents. Elles ne me demandent qu’un cheque qui disparaîtra, comme par magie, avec la promesse qu'il soutiendra une cause digne, probablement dans l’achat d’encore plus de courriers de sollicitation.
Par contre, nos institutions nettoient à l'aspirateur des fortunes de nos pochettes, afin de déployer les moyens, justifier les motifs et développer les opportunités du meurtre en masse. Bénéficiant de milliers d'années de propagande réussie, ces directeurs d'armes raisonnent ensemble de façon holistique et entreprennent des projets monolithiques ; leurs transactions et dépenses internationales sont universelles, prodigues, pseudo volontaires et plutôt indépendantes d'influences extérieures.
Comme lors de la première guerre mondiale, ces gérants des deux cotés ont plus en commun, durant leur pas de deux fatal, qu’avec leur propre prolétariat d’info bien aligné pour le massacre. Si nous querellons leurs buts, nous serons marqués de façon machinale comme des membres d’une minorité marginalisée, insignifiante et sans voix (par définition et non par nombres.) Aucune différence combien nombreux nous serions ni combien fins nos propos, grâce à notre incohérence historique et paralysie hystérique.
A cause de milliers d'années de défaite, de rejet et de balkanisation, et, de temps en temps, de rares succès absolument fatals, le dissident moyen d'armes s’est rendu séparatiste, élitiste, plus saint que toi, avare, exclusif, réducteur et atomiste, se satisfaisant de liaisons rituelles dans l’adversité, d’indulgences égoïstes et de désespoir existentiel. Ainsi célébrons-nous notre longue tradition de défaite en série. Pour la plupart préférons-nous que cela demeure ainsi indéfiniment. Nous avons plutôt peur d’une vraie saisie de pouvoir transformationnelle. En effet, cette perspective m'effraie de même. Et alors ? Comme si nous pourrions choisir autre chose qu’une transformation réussie en ce moment dans l’histoire !
Donc, d’heure en heure, les médias annoncent de nouveaux triomphes d'armes et de nouvelles tragédies de paix. Les progressistes ne peuvent espérer naviguer le fleuve principal de la politique, avant qu'ils ne se rassemblent autour d'une plate-forme hypercomplexe de réformes inclusives, coopératives et mutuelles ; en d'autres mots, jusqu'à ce qu'ils ne maximisent l’Apprentissage à travers le monde.
Quelque texte comme celui-ci ou un autre préférable pourrait catapulter au pouvoir mondial ses adhérents internationaux, interethniques et de tout âge, sexe, classe et désignation. Cela pourrait advenir beaucoup plus facilement que nous ne l’envisageons couramment. Comme l'exposition d’autres vérités cachées, ce n’est qu'une question de temps et de nombres : le temps requis pour élargir la compréhension collective et le nombre de ceux qui comprennent.
Comme un vampire attrapé au grand jour, la mentalité d'armes ne peut endurer d'être exposée à la pleine vérité.
Cette transition pourrait être aussi mal prévue, fulgurante et intégrale que la perestroïka en U.R.S.S. Tous les gérants contemporains – se trouvant les mains vides, dépourvus d’idées et rendus au silence par la disparition d’inépuisables sources de pétrole – pourraient abandonner leurs bureaux tant spontanément que simultanément. Dans l’absence d’un cadre organisationnel comparable à celui d’APPRENTIS, cette transition pourrait se rendre terriblement démolisseuse—en simple, la mafia s’emparera du monde entier, et toutes les horreurs politiques que tu craignais le pis se dérouleront comme un rouage d’horloge.
Beaucoup d’idéologues indépendants et de polémistes anonymes bossent dur à cet ouvrage, chacun y apportant ses perspicacités et talents distincts. Nous ne trouvons, dans la plupart des cas, aucun forum adéquat où exposer nos idées, surtout parmi les dissidents d'armes. De façon paradoxale, ceux-ci sont encore plus fermés aux nouvelles idées que les gérants d’armes. Ceux-là adopteront, à contrecoeur mais assurément, des perfectionnements de leur gérance robuste et confiante d’elle-même. Le terrain branlant que les progressistes doivent négocier, leur interdit pareille ouverture d’esprit, sauf après avoir consciemment changé d’avis. Que ces dissidents se changent d’avis et permettent aux meilleures de nos pensées d’être entendues, sérieusement méditées et retransmises !
Alors que notre civilisation se polarise entre des minorités luxuriantes et des majorités de plus en plus agitées, alors que la raison et les droits se dérobent du discours public, l'avarice crue se rend l’arbitre final de plus en plus de décisions politiques. Mais même cette avarice sournoise doit trouver sa place légitime. Des COOPÉRATIVES DE PLÉNITUDE bien réglées feront bon accueil à l'entreprise privée : cette source illimitée d'innovations et de leur abondance, pourvu que chaque citoyen soit fourni entre-temps de bénéfices égaux de base.
En dépit de leurs privilèges hyper gonflés, ces élites d'information sont aussi vulnérables aux informations erronées – autant de chez eux que d’ailleurs – que leurs prolétariens d'information. Afin de s'assurer des bénéfices fiables, (contrastant aux avantages rachitiques qu’elles doivent sauvegarder le revolver au poing) elles doivent trouver de nouveaux moyens d'engendrer leur richesse soutenable et d’adopter d’inoffensifs rituels capables de réorienter l’agression craintive, la diligence destructrice et les idées pernicieuses.
Parmi les dispositifs dont se servent les élites d'information afin d'aménager leurs partisans, l'avarice n’obtient second lieu qu’à la crainte. Les Apprentis n’inciteront pas ces élites d'information à abandonner leurs CONSPIRATIONS D'AVARICE, avant que notre vocabulaire et nos buts ne parviennent à déjouer cette avarice hystérique. La doctrine d’Apprentis doit être imperméable aux préjudices, à la cupidité et le panique ; nous devons développer un plan ou une série de plans avec lesquels la plupart des personnes choisiraient de coopérer parce qu'elles voient au-dedans une meilleure opportunité de favoriser leur avantage de façon coopérative, (sinon simple survie) soit leur milieu d’origine et standing contemporain.
La croyance est désuète que des gens peuvent être punies dans un meilleur comportement. Davantage de pénalités au-delà du minimum nécessaire, davantage de résistance de façon automatique. Ce ne sont que les directeurs d'armes qui profitent de cette chute en vrille de contrainte et de défi.
« Le primitif reconnaît sagement que l'homme prospère n'est pas celui qui s’accumule de la profusion, mais celui qui en redonne le plus ; que d’être riche, c’est se priver de richesses. Cette sagesse devient ardue à maintenir dans un contexte de cheptels néolithiques et de surplus agricole. Avec l'invention de l’argent liquide dans les villes, nous sommes en danger de la perdre entièrement. Est-ce que l’argent comptant, puisque incorruptible, pourrait être amassée sans risquer de corrompre son propriétaire, à la différence de la merde dont elle eut évolué symboliquement ? Une culture endurcie pourrait-elle ainsi déjouer ses origines modestes et les bornes qu’elles imposent ?
« Probablement pas. Le tas originel de pierres proclame de façon pieuse l'espoir qu’en nous recueillant ensemble, nous pourrions établir quelque chose de durablement humain. Quand il est remplacé par des tas de pièces d’or sécrétés dans la trésorerie du riche, la culture est presque certainement dans l'embarras. Ce tas de pièces d'or, c’est un essaim congelé et fixe. L'homme riche, bien que d'apparence post magique, sera tenté de fétichiser cet essaim, croire en secret que sa possession l’a transformé de façon alchimique de la bassesse humaine en une pureté impérissable. Dans ce cas, il aura contourné ses entrailles … Ainsi, le culte du lucre dégoûtant n'est pas, comme le suppose tant de monde, le culte de la merde mais son démenti ; et un démenti de telles réalités fondamentales finira par empoisonner la totalité dans sa tentative de trouver expression. Non seulement est-ce certain que la pièce de monnaie amassée décompose tôt ou tard l'âme, (ainsi que la prestance des déchets et du fœtus putréfie le corps) mais la culture qui adore l’argent abandonne la vertu principale qui découle de l’échange des cadeaux : sa capacité magique de retenir l'avarice et prévenir la guerre. » Traduit Des origines du sacré : Les extases de l'amour et de la guerre, par Dudley Young, St. Martin’s Press, New York, 1991, p. 207.
La MENTALITÉ PAISIBLE soutient nos âmes. Comme un physicien spirituel, Mahatma Gandhi révéla que son noyau central consistait d’une fusion de la vérité et la non-violence. Nos âmes scintillent autour de ce noyau, comme des électrons autour d’un énorme atome. Chaque moment de chaque jour, une petite voix invariable nous chuchote : « Aime sans crainte. » Elle se répète inlassablement à l’amplitude céleste à travers le vide cosmique. Nous n’avons qu’à l’écouter et obéir.
Bien que la mentalité paisible brûle vive dans de jeunes esprits idéalistes, elle vacille durant l'âge intermédiaire et s’éteint dans trop d'âmes malheureuses. Sur un terrain égal, presque tous favoriserait la mentalité paisible par-dessus celle d'armes. Nos opportunités de pratiquer la paix sont pourtant aussi passagères que nos pratiques d'armes sont diverses, puissantes et tentantes. Étant donné tant de conditionnement négatif, très peu d’éclairés ne parviennent à se rendre en praticiens habiles de paix.
La technologie paisible paye son propre fret et celui de la technologie d'armes. En dépit d’innombrables reculs imposés par nos priorités d'armes, celle-là s'avance petit à petit, dépassant la vie et la mort, non moins le narcissisme sans scrupules de nos politiciens de désinformation.
La TECHNOLOGIE PAISIBLE inclut :
· notre décrochage de la misère (au-delà de toute « poursuite constitutionnelle du bonheur ») ;
· notre poursuite de l'abondance, de l’agriculture soutenable, de la bonne santé et des droits humains ;
· nos cultes de la nature et du surnaturel ;
· notre recherche d'Apprentissage : jeux, divertissements et éclaircissements ;
· nos poursuites :
o des protections de la PAIX ;
o d’une philosophie SAGE ;
o d'entreprises VALABLES ; et
o d’un professionnalisme UTILITAIRE, ainsi que d'autres activités vitales.
Absents tels modifiants exemplaires, (en MAJUSCULES) nous ne devons nécessairement considérer ces derniers valables en eux-mêmes. Après tout, se mutent-ils facilement en intimidation organisée, pataphysique, satiation d'avarice et élitisme cru : ces symptômes dénonciateurs de la mentalité d'armes.
La mentalité paisible comporte un impératif catégorique : BIEN ELEVER LES ENFANTS. Toute autre pratique passe au second plan de cet effort ou le nuit. L’on dit, « Cela nécessite un village entier pour élever un enfant » : élever des enfants en bonne santé, cela exige la coopération alerte de tous les adultes présents. Le but n’est pas d’élever indifféremment beaucoup d'enfants : une stipulation d'armes. La gestion paisible exigerait que chaque enfant soit emmailloté dans un milieu optimal, que sa bonne santé et plein Apprentissage prennent priorité absolue.
« Les petits éprouvent tous de l'amour pour leurs parents ; et quand ils grandissent, ils éprouvent tous du respect pour leurs aînés. Aimer les parents, c’est l’humanité ; le respect des aînés, c’est le devoir. Voici le secret : étalez-le simplement à tous sous les cieux. » Mencius, traduit en anglais par David Hinton, Counterpoint, Washington, D.C., 1998, p. 240. Bibliography in English
Il semble évident que tous les biens sociétaux s’écoulent d'enfants bien aimés mûrissant en bons citoyens. Pensant logiquement, l’on pourrait conjecturer que son opposée soit d’autant vraie : que les mauvais citoyens se prolifèrent quand davantage d’enfants sont abusés. Au fond, nous nous enchantons dans le bonheur des gosses, ressentons le cœur brisé quand on leur nuit et rendons un ouf de soulagement dès qu’ils en sont délivrés. On n'a pas besoin d'être un parent pour ressentir ces choses-là ni particulièrement sensible.
Pour quiconque croirait en la réincarnation, toute pratique sauf celle qui chouchouterait tous les enfants à venir sans exception serait de la folie furieuse : signature du mandat sanctionnant sa supplice juvénile lors de ses réincarnations à suivre. Faudrait être éperdument dingue… Une autre bonne raison pour rendre universelle la croyance en la réincarnation.
Ceux qui résistent à cette empathie sont profondément troublés, ainsi que l’est notre société toute entière, puisqu'elle se moque bien de cette vérité élémentaire. Nous laissons des enfants périr par millions, des milliards supplémentaires devenir des adultes stupides par malnutrition et négligence.
Nous devons raccommoder ces scandales mortels et cela rapidement. Cette travestie serait impensable au monde paisible : on n’en aurait jamais entendu de telle ; elle provoquerait l’effondrement de nos gouvernements, déclencherait une révision complète dans leur gérance. Les ex-chefs, paralysés de honte, se retireraient du service public en déshonneur intégral. Bonne chance à parier que nos chefs d’armes actuels se présenteraient à la hauteur d'un tel idéal paisible. Les meilleurs le feraient volontiers, peut-être, étant donné des conditions favorables. Une fois que nous nous en serons convaincus de façon sérieuse, ils devront en être persuadés sinon remplacés sans hésiter.
Une homélie amusante bourdonne dans mon crâne comme de la musique d’ascenseur. Les êtres humains se fendent en trois catégories principales de comportement politique. Indépendamment d’autres allégeances, nous nous répartissons parmi les ex HERBIVORES, les ex CARNIVORES et les OMNIVORES : des herbivores et carnivores fréquemment réincarnés, ayant appris la futilité de leurs habitudes précédentes.
Ex HERBIVORE : « Holà, voici tout plein d'herbe ! L’herbe ruminée n’est pas de la nourriture de cerveau. Ainsi devons-nous mâcher dur et faire beaucoup d'enfants : ce que nous faisons le mieux.
« Nous vivons au présent. Si quelque chose nous démange, nous le grattons : notre univers réside dans ce grattement. Tout en plus, c'est trop compliqué pour nous.
« Eh bien ! Que nos carnivores sont plutôt méchants : ils nous chassent, nous tuent et NOUS MANGENT. Mais ils chassent outre d’autres carnivores qui doivent être pires. Cela pourrait être pis. Quoi qui nous effraye, notre bousculade aveugle le fera disparaître. Pourquoi s’embêter à voter ? Tout ce que nous demandons, c’est d’être heurrrrrrrreux. »
Ex CARNIVORE : « Voyez mon beau corps tout lisse, vorace et puissant ; mon intellect fait tic tac : fatal et sans remords. Je vis dans l'avenir, quand mes désirs les plus ténébreux seront enfin satisfaits.
« Je suis expert en pensée magique. Dès que je pratiquerai une série précise de démarches dans leur ordre exact et chronologie parfaite, je pourrai m’assouvir à perfection et à jamais (ce qui doit être le paradis et preuve de ma sélection comme favori de Dieu.) Personne ne peut me retenir et je tuerai quiconque le tentant. Si j’échoue, c’est par manque de perfectionnement particulier. Aucune importance combien de fois je rate ; je dois enfin réussir sinon mourir dans l’attentat.
« Cette cérémonie obsédante compulsive peut être effectuée par un lion pendant sa chasse, un hiérarque pendant ses dévotions de culte, (soit sanglantes ou pas) un magnat pendant ses transactions de bourse commerciale, un doctrinaire scientifique pendant ses astuces de labo ou par un écrivain mastiquant ses propos. Mes résultats ont été plus ou moins comparables et je me suis réincarné dans tous ces milieux et d’autant plus. Mon univers se focalise dans le sacrifice des proies et dans mon perfectionnement particulier en l’effectuant. Rien d’autre ne compte tant et ni Dieu ni moi n’a besoin de miséricorde pour quiconque de moins obsédé.
« Mes aïeux m'ont enseigné comment employer cet argent, ces institutions et ces nouveaux gadgets afin d’apaiser ma faim. N'importe qui se permettrait d’être plus lent, faible et vertueux que moi, voici du gibier en règle. Tout ce que je peux griffer jusqu’au sol, c’est ma propriété sacrée à moi de disposer comme il me plait. Si je m’en délasse, un autre carnassier plus affamé que moi en profiterait.
« Finies les discussions ! Voici l’heure venue de poursuivre le bonheur.
« Je sais ! Courrons au parlement ! »
OMNIVORE : « Les salades peuvent être très fines, dans l’occurrence. Moi et mes pairs, nous pouvons neutraliser à volonté n'importe quel carnassier de rien du tout : c’est amusant et puis ça se mange bien !
« Nous coordonnons le passé, le présent et le futur afin d'augmenter nos opportunités de bonheur particulier. Nous ne nous intéressons pas tant dans la poursuite du bonheur d’aucuns : ce serait plutôt leur affaire. Nous sommes pourtant bien intéressés dans l’accélération du décrochage de leur misère : ce que les carnassiers politiques conviennent si facilement à oublier, en poursuite farouche de leur bonheur particulier.
« Au moyen de la sélection naturelle, nous avons évolué pour apprendre. Le plus complexe notre univers d’information, le plus nous lui devons notre richesse. Nous pourrions employer cette richesse supplémentaire afin de distraire les ex-herbivores et détourner les ex-carnivores, jusqu'à ce qu'ils aient saisi les principes fondamentaux de la civilisation d'Apprentis.
Après cinq millénaires de compromis sanglants, nous venons à peine d’atteindre notre pas de course et c’est excitant ! Notre potlatch d’informations promet de supplanter les rigueurs de la battue et les rites du printemps. Chacun mérite abondance et sécurité… Voici évidemment le meilleur moyen de procurer les nôtres.
« Eh, ex-herbivore privé d’imagination ! Regarde au-delà de ta rumine. Eh toi, ex-carnassier sournois ! Ton agression trahit ta faiblesse. Va s’y, hasarde ta prochaine attaque. Tôt ou tard échouera-t-elle, comme toujours en fin de compte. Eh, vous deux ! Rejoignez-nous dans la paix ! »
Mais ce n’est qu’une écoute de musique facile. Les Apprentis examineront plus minutieusement la physiologie de la responsabilité sociale et du comportement public, leur permettant de découvrir des meilleurs modèles de motivation humaine.
« Paul MacLean nous dit que nous sommes les propriétaires de cerveaux trilatéraux ; non d’un cerveau mais de trois : chacun comprenant sa façon de percevoir le monde et d’y répondre. Richard M. Restak, Le cerveau : La dernière frontière (Garden City, NY, Doubleday, 1979). « Dans l’ordre croissant des échelons phylogéniques, ils sont : (1) le reptilien (le noyau central), (2) le palèomammalien (le système limbique), et (3) le néo-mammalien (le cortex cérébral). Le premier, le reptilien, c’est le plus primitif. MacLean l’a aussi marqué comme le complexe « R » comparable à une grande partie du cerveau des reptiles, [et des poissons] incluant l'hypothalamus. Dans le voisinage de ce complexe reptilien, voici le niveau contigu : le système limbique que l'on associe au cerveau trouvé dans les mammifères primitifs...
« En effet, nous semblons du moins partiellement avoir été encablés au préalable par le cerveau reptilien, à être ritualistes, à craindre l'autorité, à développer des ordres de picotement sociaux et peut-être même des névroses d’obsédants compulsifs...
« Autant dans le cas du système limbique, nous semblons avoir été précablés à répondre de façon émotionnelle aux menaces à l'individu et à la continuité de l'espèce. » Dennis J. D. Sandole, La base biologique du besoin. Le conflit : La théorie des besoins humains, John Burton, éditeur, 1990, Macmillan Press, Ltd., 1990, p. 71.
Alors que nos modèles de conscience humaine se rendent plus évidents, notre évaluation des motivations humaines se rendra plus subtile, et des meilleurs traitements pour les déviants avides de violence et orientés par la crainte, nous permettront de nous entr’aimer sans grand effroi—enfin !
Debra Niehoff passe en revue la correction criminelle dans son livre très lucide, La biologie de la violence, Free Press, New York, 1999. Une victime elle-même d’un crime brutal (ainsi que je l’ai été, le pistolet aux nez, et comme tu dois l’être à cette époque de misère, comme presque toutes celles d’antan) minimise-t-elle la brutalité comme force dissuasive du crime ; elle nous suggère des méthodes plus pensives de modification du comportement. Sa recherche indique que les terreurs policières et les brutalités pénales ne suppriment jamais la criminalité autant qu'elles ne l’augmentent. Voici l'effort constant de la mentalité d'armes : augmenter la criminalité et l’agression.
Nous habitons la terre en armes : le produit d’êtres humains démunis de la paix de Dieu, de son bien reçu réciproque et de sa bienveillance. Nous sommes là pour refaire cette planète en son propre monde paisible, rempli de tels. Le dieu dont je crois aime la paix et abhorre la guerre entre ses enfants. Dieu récompensera ses Apprentis fidèles et avides de paix, comme ses enfants authentiques et ses vrais saints. Sa récompense se traduira en miracles.
Disons que tu n'étais ni athée ni religieux – tous deux d'esprit également clos – et que tu cherchais à confirmer l’existence de Dieu, rien que pour ta propre satisfaction. Tu n’en trouverais aucun meilleur moyen que de transformer la terre en armes dans le monde paisible et d’entrevoir Dieu confirmer Son existence en nous inondant de miracles d’approbation. Après tout, nous serions en train de réaliser ce que Dieu nous a toujours instruit, au lieu de ce qu’Il nous a toujours interdit, nonobstant l’autorisation démente de nos menteurs religieux et idéologues d'armes : « Tue, ment, déteste ton voisin, vole-lui et prie en public : nous t'ordonnons d'obéir à nos commandements d'hommes et de pratiquer ce que Dieu nous interdit. »
Ces miracles seraient les remplacements par Dieu de nos désastres parfaitement en série, parfaitement scientifiques et parfaitement orthodoxes. Nous pourrions verser dans le monde en paix toute la sainteté refoulée dans nos poitrines et jouir de miracles de sagesse, de bonté et d’amour. Tous les Apprentis pourraient s’y rendre en frères et sœurs, à tel point que nous ne pouvons le contempler à présent.
Ce serait comme de jouer son rôle dans une pièce de théâtre ; sauf que les charpentes, costumes et éclairages, tous se conformeraient mieux à la paix en améliorations successives ; puis le directeur de cette pièce, ses écrivains, acteurs, réalisateurs, patrons et assistants, tous se seraient changés d’avis : que leur terre en armes N’ÉTAIT PAS SI CHOUETTE et que l’on se sentirait mieux au monde paisible.
Chaque Apprenti pourrait endosser – avec plus d’aise, de charité et de camaraderie ; plus facilement et meilleur marché ; sans plus de risques ni de frousses ; se servant d’exponentiellement plus d’artisanat, de passion et de dévouement – le comportement de saints massés de Dieu : assoiffés, souls et combles de sa paix, jusqu'à ce que Dieu obtienne Sa paix.
Nous sommes tous des Apprentis—de la naissance à la mort. En tant qu’êtres politiques, moraux, spirituels et pragmatiques : amants et apparentées de tous, pour le mieux ou le pire, nous sommes les êtres choisis dans ce continuum d’espace-temps. De Dieu, d’Allah, du sort ou du néant ? C'est comme tu voudras. J’appelle ça Dieu, et nous-mêmes, appartenant à Dieu : comprenant le tout. Cela te dérange ?
Au lieu aurons-nous choisi d’éterniser en tant qu’esclaves de la terre en armes. Emportés dans une danse à claquettes de guerre perpétuelle et de paix éphémère, nous improvisons de notre mieux en rendant hommage à deux principes contradictoires : la mentalité d’armes et celle paisible. Souffrant de cette schizophrénie en masse et demeurant ses otages, nous nous réduisons en brebis asociaux et loups solidaires : les enfants gâtés de Dieu au lieu d’être Ses saints.
Quel gâchis inexcusable !
Nous disposons tous de notre propre voyage, n’est ce pas ? Tu as le tien, j’ai le mien, tout le monde a le sien : tous réalisés sur commande et soigneusement œuvrés pour mieux ou pire. Hitler et ses partisans ont eu les leurs, eux aussi. Celui d'un nouveau tyran pourrait fracasser les nôtres comme des yachts en rade dans un ouragan. L'histoire nous en aurait averti.
Ne serions-nous pourtant pas rendus assez méfiants pour identifier les pires bandits et les figer sitôt sur place ? Ne pourrions-nous pas les comparer à tous les brigands dans l'histoire ? Qu’est-ce qu’ils pourraient accomplir de neuf, que nous n’ayons pas encore remarqué ?
Les Apprentis remarqueront de tout ce qu’il y ait à connaître : ce qui leur rendra plus sages. Davantage de gens plus sages, moins d’erreurs ; moins d’erreurs, moins de peine ; moins de peine humaine, davantage de productivité. Un investissement diligent pour des profits illimités. Aurions-nous assez d’humanité et de devoir, selon Mengzi, pour l’accomplir ? En aurions-nous le cran ? D’où pourrait-il provenir, ce cran ? D’avoir l’âme sauve en Jésus, peut-être ?
Pourrait-on toutefois se rendre trop méfiant pour son bien ? Aujourd'hui, il nous semble plus facile de ne plus croire en rien ni de rendre confiance en aucune nouvelle idéologie, quel qu’en soit le prix. La fanatophobie : voici une triste habitude. « L'opposé des illusions, ce n'est pas la désillusion mais la vérité. » Un cours en miracles, p. 438.
Ainsi, voici mes ordres du jour, en nets et clairs pour ton examen.
L’ESSENTIEL, TOUT D’ABORD ! LA PAIX AU MONDE AVANT TOUT !
Je cri ceci du haut des toits, jusqu'à présent point ouï―que de nenni.
Tu aurais pu constater trois phénomènes advenir simultanément pour la première fois dans toute l'histoire.
· Il existe un réseau carrément global de transmission. Au lieu d'une conglomération de nations d'aliénés et d’états aliénants, nous nous transformons rapidement en un seul monde. Comme Tarzan, je bascule mon message le long des lianes de transmission de cette jungle de réseaux globaux, afin de te le transmettre.
· Une multitude refoule cette planète, d’Apprentis aux sentiments semblables. Quelles que soit notre provenance, religion ou idéologie, nous implorons tous la paix. Exquisément qualifiés et prêts à tout, nous surpassons les tyrans et leurs complices par des milliers contre un.
· Enfin chancelons-nous au bord d’un précipice d’omnicide « Mettez tout à mort ! » qui se rend quotidiennement plus proche et alarmant.
Pourquoi ne pas exploiter cette fenêtre à triples carreaux, entrouverte à crique : d'opportunités, de recrues et de crise ? Elle nous fut jadis close, faute d’éléments obligatoires de paix. Tous nos efforts antécédents vers la paix en ont été estropiés, au point de nous convaincre qu’un tel effort soit en vain, soit avec soit sans ces éléments essentiels. Et elle se refermera bientôt de suite, cette fenêtre, quand s’exécuteront de façon définitive les éléments frères d’armes de ces efforts de paix. Nous ne disposons plus que de cette conjoncture actuelle et fugace.
Pour bien l’exploiter, nous devrons partager un idéal commun et nous en servir afin d'harmoniser nos activités constructives : cet idéal n’étant pas encore au bout des lèvres de chacun, mais adoptable à la suite de sa considération attentive ; embrassant le meilleur et le pire de qui nous sommes ; nous soutenant à ne craindre, n’exclure ni censurer plus rien ni personne. Celui qui nous abriterait de l’orage de glace des récriminations, jeux de blâme, agressions et mensonges ; qui nous permettrait, enfin, de pardonner chacun et tout, y compris nous-mêmes et nos démarches les moins admissibles : tant culturelles et religieuses qu’individuelles.
Nous permettant de nous pardonner et nous repentir de toutes nos sacrées mécréances ? Aurions-nous de quoi le réaliser ? Saurions-nous en méditer ?
Les Apprentis appelleront cet idéal-là le monde paisible.
Pour la première fois dans l'histoire, nous disposons de tous les moyens, mobiles et opportunités de le réaliser. Une fois rendu, le volume sonore de notre chant de la paix pourrait s’amplifier, peut-être même au-delà de la fausse et tonitruante fanfaronnade de la terre en armes.
Cotations de :
http://sunsite.org.uk/packages/Online-Book-Initiative/Adolph.Hitler/unpacked/mkv1ch04.html,
[Nota : un site scolaire et neutre, à présent hors de jeu. Je préfèrerai ne pas t'envoyer à un site alternatif Nazi. Ma famille a combattu les Nazis, crocs et croches ; je les dédaigne. Pourtant vit-on sur cette terre en armes et l’on doit moissonner ses cotations là où l'on les trouve. Ta lecture d’APPRENTIS te nécessitera de l’ouverture d’esprit.]
« Dans tous les cas d'exigences où de tâches semblant intraitables avec succès, l’opinion publique doit être concentrée sur ce seul problème... Ce n’est qu'ainsi que l’intérêt public peut être éveillé au point d'engager les gens à se rassembler dans un grand effort volontaire et parvenir à des résultats importants.
« Cette vérité fondamentale s'applique autant à l'individu... Celui-ci doit toujours concentrer ses efforts sur une certaine étape restreinte de son progrès, qui doit être achevée avant que la prochaine ne soit entamée. Cette méthode systématique de s'approcher à l’objectif, c'est un art en soi qui réclame la dépense de jusqu’à la moindre once d'énergie... » Hitler, Adolf, Mein Kampf, Vol. I, Chapitre 10.
« … toute propagande efficace doit se limiter à quelques essentiels absolus et ceux-là doivent être autant que possible exprimés en formules stéréotypées. Ces formules doivent être inlassablement répétées, jusqu'à ce que le tout dernier individu ait saisi l'idée présentée. » Vol. I, Chapitre 6.
« Les mieux orientées vers un objectif que seront les énergies militantes du peuple, les plus nombreuses les nouvelles recrues qui, attirées par le magnétisme de ses actions unifiées, se rassembleront au mouvement … » Vol. I, Chapitre 3.
« Toute Weltanschauung, qu’elle soit mille fois correcte et suprêmement salutaire à l'humanité, restera démunie de service pratique dans l'entretien du peuple, en attendant que ses principes ne se rendent en points de rassemblement d'un mouvement militant. » Vol. II, Chapitre 1.
L'Amérique ne doit-elle pas demeurer le phare politique du restant du monde ? Doit-elle au lieu se transformer en sa brute de centurion la plus récente ? Pourquoi ne pas choyer cet idéalisme légendaire américain et le transplanter pour cultive permanente dans les terres vierges et grasses de l’ancien monde, qui n’ont pu nourrir auparavant que les mauvaises herbes de la mentalité d’armes ?
Elle a toujours servi comme banc d’essai pragmatique pour de nouveaux idéaux élevés ; ses citoyens ont saisi les idéologies les plus radicales et risquées, et les ont transformées en fonctions pragmatiques d’abondance en aval. D’un bout à l’autre du monde, des idéalistes, entrepreneurs et gens ordinaires ont été séduits par nos résultats splendides et frayé leur chemin à notre porte. Ce n’est que pour cela que nous sommes admirés, et qu’en le pratiquant que nous sommes les meilleurs.
Quand nous imitons toutefois les tyrans vannés de l’ancien monde, ses habitants nous dédaignent notre despotisme d'occasion et nous contrefrappent dur. Ils en ont bonne raison : ces stéréotypes de film de gladiateur n'ont jamais réussi depuis des millénaires, comme tout le monde le comprend parfaitement.
Il est l’heure de cultiver le monde en paix : voici notre devoir incontestable. Tout autre choix ne serait que la mort par l'épée.
« A ces trois formes de lois, il s’en joint une quatrième, la plus importante de toutes ; qui ne se grave ni sur le marbre ni sur l’airain, mais dans les cœurs des citoyens, qui fait la véritable constitution de l’Etat ; qui prend tous les jours de nouvelles forces ; qui, lorsque les autres lois vieillissent ou s’éteignent, les ranime ou les supplée, conserve un peuple dans l’esprit de son institution et substitue insensiblement la force de l’habitude à celle de l’autorité. Je parle des mœurs, des coutumes et surtout de l’opinion, partie inconnue à nos politiques, mais de laquelle dépend les causes de toutes les autres ; partie dont le grand législateur s’occupe en secret, tandis qu’il paraît se borner à des règlements particuliers qui ne sont que le cintre de la voûte, dont les mœurs, plus lentes à naître, forment enfin l’inébranlable clef. » Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livre II, Chapitre 11.
Je pourrai t’inviter au monde en paix, mais jamais te fourrer au-dedans. Je ne puis que te suggérer la mélodie, dans l’espérance que tu te permettes d’harmoniser.
Aucune importance, ce que nous rembourserait le monde en paix, soit combien nous souhaiterions nous dorer dans sa gloire. Notre conscience morale enfin un peu ravivée, la gloire de notre Dieu favori, révérence pour nos anciens décédés, le bien-être de la postérité et notre honneur militaire en tant que garants de paix : tous nous l'exigent.
Cela devrait suffire.
Nous
subissons tous, durant l’enfance, une formation aversive à la paix. Ainsi refusons-nous d'assortir nos politiques
d'information dans ses catégories d’armes et de paix, et ne permettons la paix
globale durant notre vie.
Je viens
de rompre correspondance avec un soi-disant progressiste qui conclut,
parfaitement content de lui, que la paix mondiale n’apparaîtrait pas avant au
moins quarante ans : le temps d’éliminer sa responsabilité dans cette
réalisation, puisqu'il serait alors à la retraite sinon mort. Entre-temps, les gens ne sont pas encore
apprêtées, ne disposent pas de la moralité supérieure dont lui serait
certainement muni…
Je ne le
dénomme point, par miséricorde. Après
tout, son exemple est un méfait général et non une mièvrerie particulière. Dans la plupart des cas actuels, le
responsable direct n’est jamais dénommé, par égard aux conséquences nuisibles
que celui-ci ou ces supporters pourraient engendrer en revanche. Dès qu’il y aurait la moindre peine
matérielle quant au plus petit, celui responsable devrait être dénommé sans merci
par les Apprentis, soit les conséquences.
Dans
l’Agora infiniment plus sage et attentif du monde paisible, les responsables de
toute peine humaine devront être renvoyés du pouvoir. Regrets
et repentances de leurs méfaits doivent devenir les préventions
majeures—quoique coûte dans l’intervalle.
L’habitude actuelle doit être exclue – autant sur l’Internet que quant à
chaque malheur institutionnel – de déguiser ses résultats dans l’anonymat.
Par
exemple, le meurtre en 2006 d’Anna Politkovskaya, la brave journaliste qui
figurait comme immuable conscience morale de l’Etat Russe, malgré tous les
coûts, doit être présenté aux pieds de Vladimir Putin dont l’anniversaire fut
le jour de son meurtre, et de son copain meurtrier, Ramzan Kadyrov, à la tête
de l’état Russe Chèchenne.
Les suivants travailleurs, journalistes et avocats des droits humains ont été exécutés en Russie, la plupart sans investigation sérieuse ni arrestation subséquente.
·
Galina Starovoitova,
1998
·
Paul Klebnikov, 2004
·
Ivan Safronov, 2007
·
Magomed Yvloyev,
2009
·
Vyachsla Yaroshenko,
2009
·
Stanislav Markelov,
2009
·
Anastasia Babourova,
2009
·
Natalia Estemirova,
2009
Beaucoup plus de meurtres subventionnés par le pouvoir, passèrent inaperçus par la presse occidentale. La Russie ne regagnera jamais sa slava (gloire) avant qu’elle ne protége leurs remplaçants aussi consciemment qu’elle a sacrifié impulsivement ceux listés en haut.
Détruire
de tels trésors nationaux et décourager leurs imitateurs par acte de terrorisme
pur seraient inacceptables à d’authentiques dirigeants de ces états. Au monde paisible, cette disgrâce les aurait
renvoyé du pouvoir sans appelle ; pourtant prospèrent-ils sur la terre en
armes, bien sur, de leurs délits inconcevables.
Ils ne sont pas les seuls ici, au contraire ; presque tous nos chefs
actuels perdraient leur appel devant la cour mondiale pour crimes de guerre.
Comparé à
la plupart des gens auxquelles j'ai tendu la main, ce mec fut plutôt optimiste
quant à l’éventualité de la paix globale.
Voici comment se trie, à présent, le triste fardeau planétaire des
collaborateurs d’armes : une majorité écrasante qui maintient que la paix
globale soit impossible, sans valeur et néfaste ; et la petite poigné des
restants qui maintiennent qu’elle soit plutôt improbable dans l’avenir proche,
lorsqu’ils en seraient les responsables en particulier. Que quelqu’un d’autre accomplisse cette
besogne !
Quel
décalage commode pour lui, babillant ses platitudes ! Cela va sans dire, qu'il ne soulèverait pas
un doigt afin de m'aider entre temps, ni lui et ni la cohorte fainéante de ses
compagnons « progressistes » : experts à ne rien faire que s'essorer
les mains et gémir combien ignobles soient les gens et les événements courants
! Prends encore quarante ans, mon brave,
sinon les derniers cinq milles ; tes résultats seront toujours les mêmes. La mentalité d'armes gagne toujours, parce
que tu ne te présentes jamais comme champion de la paix, malgré tous tes fins
propos.
La paix mondiale aura lieu, d’une manière ou
d’une autre. Ou notre folie militaire
tuera la plupart d’entre nous et les rares survivants jouiront de cette paix,
faute de mieux ; sinon les Apprentis se rallieront et l’établiront de
façon rationnelle : intentionnellement, paisiblement et bientôt de suite.
Les réactionnaires
ne toucheront jamais à ce sujet parce qu'il trahit le primordial de leurs
motifs et motivateurs d'autrui : la crainte. Le progressiste à la mode courante (également
craintif) repousse ce sujet d'avance comme ayant été trop discuté ; ainsi
soutient-il de façon commode les réactionnaires, en dépit de tous ses fins
propos.
APPRENTIS examinent les mentalités d’armes et
de paix, comme des entités discrètes, cohérents et de libre arbitre : des
mèmeplexes. Selon APPRENTIS,
leurs arrangements se contestent, se développent et s’affaiblissent avec le
temps, et agissent ainsi sur la pensée des masses. Les maîtres de paix et d'armes sont des
porte-parole de forces invisibles mais beaucoup plus puissantes ; leurs
actions et croyances, des réflexions constructives et destructives de la
SUPERCONSCIENCE COLLECTIVE. Quelques
structures de pensée supplémentaires nous aideront peut-être à clarifier cette
idée.
Jean-Jacques
Rousseau parlait de la volonté générale qui
prescrit le plus grand bien collectif ; voici la seule validation légitime
du gouvernement. Sous cette volonté
générale, tous pourraient se permettre de diminuer leur propre volonté,
pourtant bénéficier davantage à la longue, puisque voici ce que la volonté
générale réalise le mieux.
Les
philosophes occidentaux parlent de cela comme poussant du bas, de l’individu,
vers les cimes gouvernementales. Les
Chinois et leurs disciples orientaux parlent du « mandat du ciel »
prescrit par Confucius, (Kong Fu Zi) qui rend seule légitimité au gouvernement,
en vertu de son accord rituel avec la loi cosmique : cela croîtrait du
haut vers les profondeurs individuelles.
Tous deux
sont considérés obligatoires à la bonne marche du gouvernement, selon leurs
partisans respectifs. J’envisage qu’ils
soient fondamentalement identiques.
Conscience de la loi cosmique, du pouvoir gouvernemental et des libertés
particulières, toutes trois retiendraient des fréquences s’accordant le mieux
aux deux autres. Un désaccord dans cette
résonance, soit son niveau de provenance, pourrait entamer un désastre
correspondant : absent la volonté générale, nous sombrerions dans le
chaosisme ; absent le mandat du ciel, notre rébellion se rendrait
obligatoire.
Le diapason
central de se system harmonique doit être le gouvernement.
Freud a
brillamment démontré l’existence du subconscient. Parlant de moi-même, je ne l’admets
pas (je blague.) Ces jours-ci,
chacun se reconnaît d’être muni d’un paquet d’impulsions subconscientes.
Carl
Gustav Jung parla du subconscient collectif dont ressortent des archétypes
curieusement conformes et des phénomènes en synchronie. Toutes les cultures vénèrent ces super
coïncidences ambiguës. Selon Jung, le
subconscient collectif contient la somme de toutes les pensées oubliées et
toutes celles dans l'avenir ; en attendant, chaque conscience humaine
retient un assortiment rigoureux de la pensée courante ; sinon les reçoit
et convertit-elle, comme une antenne finement accordée ?
Dans ce cas,
pourraient des déments avoir leur antenne accordée aux fréquences un peu
différentes ? Serait-ce la raison
que les sociétés primales prisaient leurs fous, au lieu de les marginaliser
selon nos habitudes ? Parce qu’ils
étaient accordés à de bizarres transmissions de fréquence modulée, au lieu de
nos stations communs d’amplitude modulée, et que leur rendement biscornu ait pu
mieux servir dans un pétrin ?
D'où
proviennent ces idées ? Je te
soumets qu’elles soient distribuées par la superconscience collective.
Le
subconscient collectif serait comparable à une pile de stockage
transitoire et donc muable – restreint à la mode courante de penser et la
géographie humaine locale – tandis que la superconscience collective agirait
plutôt comme une carte fluide (un plasma magnétohydrodynamique ?) de
circuit imprimé, opérant en parallèle des collectivités humaines et
schématisant là où leurs courants filent, s’accumulent et se dispersent ;
incendiant certains circuits et permettant à d’autres de s’accroître en étendu
et complexité.
J’espère
que nos quelques circuits paisibles s’accroîtront de façon luxuriante et que
nos nombreux circuits d’armes se croiseront paisiblement. Je crois en miracles de la part de notre Dieu
d’amour ; le restant est à nous d’accomplir.
Émile
Durkheim évoqua la conscience collective comme un intangible cadre social
au-delà duquel débordent des criminels actifs, plutôt comme les lignes de
démarcation d'un jeu de football. Leurs
transgressions (COMMENT a-t-il pu FAIRE ÇA !) renforcent les règles
normatives auxquelles souscrivent la plupart des gens, nous ficelant plus
étroitement ensemble.
La paix
globale pourrait se déployer ainsi.
Noam
Chomsky a postulé une grammaire universelle : que nous serions en quelque
sorte encablés pour les habiletés du langage.
N’utilise surtout pas ce texte comme son exemple ! Jung proposa aussi la mémoire raciale :
la capacité d’un peuple de retenir de l’information concernant son passé. L’on constate l’akasha dans l’hindouisme
et d’autres religions : un champ éthèrique universel dans lequel est empreinte
une transcription des événements du passé, (selon The Oxford Dictionary of
Phrase and Fable, Elizabeth Knowles, Ed., Oxford University Press, 2000, p.
17.)
Je
n’entreprends que de frôler ces sujets ; l’humanité n’a qu’effleuré ces
matières, elle a oublié ce qu’elle en sut auparavant. Des Apprentis avenants les étudieront en
profondeur. Voici un formidable
potentiel de percés scientifiques, capable d’éclipser toutes nos découvertes
actuelles : des vaccins contre nos fléaux culturels et des raccourcis à
travers nos technologies labyrinthiques.
D'autres
chercheurs étudient des champs morphiques qui baignent le tissu vivant
dans des auras comme ceux captés dans la photographie de kirlian. Ces champs morphiques pourraient expliquer la
manière insolite dont le plasma de germe réalise ses improbables spéciations de
modèle et de symétrie.
Le long
de milliards d'années, de nombreuses réactions chimiques ont eu lieu dans un
ragoût primordial de molécules organiques transpercé de boulons de foudre. Des entités de plus en plus complexes ont
émergé de ce bouillon choqué, jusqu’à ce que le fond de mer fût recouvert, des
éons plus tard, de pianos mécaniques !
Imagine combien plus simple ce scénario aurait été comparé à l'évolution
de la vie. Je ne retiens plus le
patronyme de l’auteur de cette anecdote (J.B.S. Haldane ?) Lui, indiquait dans son exemple, des machines
à taper IBM Selectric : celles-là splendides et bientôt oubliées. Son illustration reste tout de même trop
appropriée pour la laisser tomber, quoique je doive l'inclure sans attribution
adéquate.
Dans
l'absence de ces champs morphiques, la forme dominante de la vie terrestre
pourrait être une couche de boue translucide, profonde de cinq mètres (afin que
la lumière solaire la pénètre) et englobant la terre. Quelque chose favorise une diversité beaucoup
plus riche, mobile et adaptative, à partir d’une petite trousse de traits dont
on puisse hériter. Après tout, les
moisissures de boue et les êtres humains partagent les mêmes quatre nucléotides
d'ADN et les 64 codons formés d'eux, dont les modèles en décalage et codes
d'assemblée distinguent chaque individu de tout autre.
Un
certain champ non reconnu d’effets doit jeter une cape sur chaque
créature : la maintenant en vie, intacte et distincte du restant du monde,
mais l’y rattachant pourtant profondément, elle autant que nous.
L’Apprenti
le plus éminent du Cabala s'appelait Isaac Luria, Yitzhak Luria, Yitzhak Ben
Shlomo Ashkenazi et Yitzhak Ashkenazi.
Il est également connu sous le nom d’Ari et de He-Ari ("le
lion") selon l'acronyme pour Ashkenazi Rabbin Itzhak ("Le Rabbin
Ashkénaze Yitzhak"), ainsi Arizal avec "ZaL" étant l'acronyme
pour Zikhrono Livrakha ("de mémoire bénie" ou littéralement
"permettez sa mémoire d’être comme une bénédiction"), des formules de
politesse juives, communes aux défunts, aussi connu comme Ari Ha-Kadosh
("Ari le saint"). Je le
dénomme si complètement pour deux raisons : 1) par égard à son humble
génie ; et 2) pour que les moteurs de recherche pointent ceux lui étant
intéressés à ce texte.
http://en.wikipedia.org/wiki/Isaac_Luria
Traduisant
Luria dans les limites les plus simplistes au bénéfice des Apprentis, celui-ci a
posé le principe que Dieu eut créé l'univers, en aménageant de la place en
dehors de Sa Perfection, un peu comme un homme inhalerait brusquement afin que
quelqu'un puisse le passer le long d'un couloir étroit.
Selon
Luria, il y eut un certain trauma durant cette transition, qui créa la
dichotomie entre le bon et le mal mondains.
La Lumière Divine – celle qui autrefois remplissait toutes les choses –
eut découlé des yeux, du nez et de la bouche d'Adam : ce que le monde
matériel ne pût supporter. Trois vaisseaux
supérieurs de l'univers en furent fêlés et sept vaisseaux inférieurs furent
brisés, dans une ondée d’Étincelles Saintes.
Les éléments qui ont résisté à ce brisement sont devenus mauvais, alors
que ceux qui en ont participé sont restés bons.
J'ai du
mal à souscrire à cette interprétation, puisque je crois que le conflit entre
le bon et le mal est le réacteur à fusion qui actionne l'univers matériel et
l'ADN de la vie perché au-dedans. S’il
n’y eut aucun bon ni mal, aucune énergie depuis leur conflit et le zéro absolu
partout. Ce qui pourrait être l’ultime objectif de cet exercice ?
Selon
Luria, chaque fois qu'un être humain obéit à un commandement de Dieu, il ‛répare
le monde’ et soulève une Étincelle Divine des niveaux inférieurs du mal à ceux
supérieurs du bien. La vie rituelle
juive est conçue pour soulever le plus grand bien, n'importe combien
insignifiant en serait l'obéissance ; et pareillement, n'importe quelle
déviation du commandement de Dieu, laisse tomber une autre Étincelle aux
niveaux inférieurs. De ce fait, le juif
pratiquant effectue une lutte existentielle, équivalente au mythe de Sisyphe,
en soutenant des Étincelles Saintes vers le haut de la Lumière, en dépit d'une
cascade de celles déversant sur lui et son fardeau. Aussi, Dieu a besoin cosmique de l'humanité
pour reconstituer Son Ordre Saint.
Qu’est-ce
que cela pourrait signifier pour le restant de nous ? Que nous devons obéir aux commandements que
nous accepterions le mieux de n'importe quel Dieu de notre choix, afin de
remettre à leur propre place des Étincelles Saintes de Dieu. Le premier parmi eux : « fais aux
autres ce que tu souhaites qu’on te fasse » qui inclut, dans ses
sous-ensembles, « tu ne tueras pas » et régit toutes les lois
religieuses dont nous sachons – soit d’un païen ou d’un Kantien honnête, d’un
agnostique ou d’un athée – serait le mieux servi en bossant dur pour la paix au
monde.
http://www.pasarel.org/main/kabbalah/kabbalah.htm
http://www.wordtrade.com/religion/judaism/kabbalahR.htm
Peter
Tompkins et Christopher Bird, dans Les secrets du terroir : Des
solutions de nouvel age afin de reconstruire notre planète, Harper Collins
et Row, 1989, affirment avoir découvert des dèvas qui se sont identifiées comme
des esprits architectes de diverses communautés de plantes, d’animaux et
d’autres espèces vivantes. En d'autres
mots, des formes communicatives du champ morphique dont nous parlons.
À
Findhorn et ailleurs, des naturalistes de nouvel age ont admis de s'en être
entretenus. Selon eux, ces dèvas, de
plus en plus maltraitées par l'humanité, se sont retirées dans leurs dernières
brousses de maquis, en attendant notre suicide mécanisé. Apparemment préféreraient-elles communiquer
avec des naturalistes sensibles parmi nous et rétablir un cadre plus compréhensif
d’entente et de coopération mutuelle que nous nous serions acharnés à arracher
depuis ces derniers millénaires.
Ceci,
pourvu que nous leur répliquions avec amour.
Dans ce cas, l'amour signifie l'empathie, les soins efficaces et la
sensibilité anticipatoire dont notre espèce excelle, et non cette combinaison
de sentimentalité insipide, de positivisme réducteur et d’hypocrisie dogmatique
que nous confondons à présent avec l’amour.
Abandonnant
notre engagement diabolique d'abus à court terme et d'annihilation éventuelle,
ces Apprentis et dèvas mutualistes pourraient promouvoir une association plus
robuste. Assumons que nous élisions de
les respecter et de suivre leurs conseils de meilleure pratique ; L'ARCHITECTURE GÉNÉTIQUE
de la technologie paisible pourrait nous procurer une abondance imprévue,
évitant des catastrophes transgéniques et leurs conséquences inattendues. Autrement, si nos INGÉNIEURS EN GÉNÉTIQUE
persistent avec leurs tâtonnements à double aveuglette, nous ne produirons
qu’un nouveau surplus de technologies d'armes et d’inévitables désastres encore
plus fatals : l'omnicide qui menace de nous engloutir deviendra
inévitable.
Rupert
Sheldrake navigue sans peur au-delà de cet horizon de pensée. Dans La présence du passé : La
résonance morphique et les habitudes de la nature et Une nouvelle
science vitale : L'hypothèse de la résonance morphique, il postule
l'existence de résonances morphiques.
Entre d’autres capacités, celles-ci faciliteraient ce qui a déjà été
accompli.
Par
exemple, étant donné une sélection aléatoire d’étudiants, il leur est plus
facile de résoudre un jeu de mots croisés le jour APRES que ce jeu fut publié
et que de nombreuses gens l’aient résolu ; les mêmes étudiants prennent
sensiblement plus longtemps à résoudre le même genre de puzzle AVANT que le
public n’en obtienne accès. Des puzzles
de contrôle non publiés sont ni plus ni moins difficiles à résoudre.
Sinon,
rappel-toi du mile couru en quatre minutes : voilà qui est courant parmi
les coureurs olympiques, bien qu’auparavant convenu impossible.
Je suis
assez certain que l’écriture de ce texte m’a été rendue plus praticable, de
façon indirecte, en fonction de ceux qui ont constaté mes multiples erreurs
sans m’en faire part. Je suis persuadé
que nos esprits délicats sont reliés dans des ensembles mystérieux et
imperceptibles.
En bref,
des bonnes habitudes deviennent plus faciles après qu’elles aient été
pratiquées ailleurs ; et les mauvaises, plus difficiles à abandonner dans
la mesure que ces indulgences aient été permises plus souvent et plus longtemps
auparavant.
Jusqu’à
présent, l’humanité a pratiqué la guerre de façon obsédante compulsive ; à
partir de maintenant, nous devons réaliser une paix équivalente. Collaborateurs prédisposés à la terre en
armes, nous avons récuré l’expression « paix au monde » de sa
puissance émotive, laissé nos maîtres d'armes l’affaiblir en la phrase
terminale d’une mauvaise plaisanterie.
Désormais, la guerre doit devenir l’objet de mauvaises plaisanteries et
nous devons réaliser la paix d’un sérieux de vie et de mort.
Un autre
exemple : des éruptions périodiques dans la chromosphère éclairent
l’aurore des cieux polaires ; elles font de temps en temps frire nos
réseaux électriques et nos satellites, caillent l'albumine sanguinaire et
transforment des rassemblements autrement passifs en foules émeutières. Il faut se déplacer au moins vingt mètres
sous terre afin d’échapper à leur effet.
Compare les dates de fluctuation maximale solaire sur terre avec celles
de violences en masse et trouve pour toi-même leur entremêlement.
Le
« vide non différencié de l'espace » au travers duquel dérive notre
système solaire, voici une purée de particules et d’ondules subatomiques adapté
à minuter précisément des perturbations minimes d’émissions provenant d’objets
célestes lointains. Ces perturbations
sont d’autant électromagnétiques que de gravitation, et il y aurait de plus
subtiles, en toute probabilité, que nous n’ayons pas encore enregistrées. Ce flux de quantum et ces mélanges variables
de l'espace, en pénétrant notre atmosphère protectrice et nos défenses
magnétiques planétaires, produisent des effets immensément subtils sur nos
pensées et comportements.
Cinq
millénaires d’astrologues ont à peine rayée la surface de ces effets ; les
professeurs d’astrophysique n'ont même pas pris la peine de les noter depuis
trois cents ans. Quelle fainéantise
intellectuelle déguisée en méthode scientifique !
Ce
n'était pas pour rien que Newton s'eut brûlé comme une bougie durant ses
dernières années. Il tenait à reformuler
L'ASTROLOGIE en une mathématique rigoureuse, malgré l’absence de la moitié des
planètes, astéroïdes, etc., qui ne furent découvertes qu’après sa mort. Un projet héroïque qui lui valut la peine
d’en mourir, même s’il l’eut échoué.
Johann Kepler de même, ainsi qu’une succession de génies équivalents,
perdus dans la nuit du temps. Une telle
directive mathématique aurait éclipsé la physique newtonienne et élevé au cube
la valeur de leur patrimoine ; les Apprentis en disposeront
instantanément, supposant que nous nous en rendrions familiers de façon
scientifique.
Ainsi que
l'adaptation génétique et les mythes humains se balancent aux brises non
ressenties, je crois que des champs moraux nous entourent et nous agissent
dessus, même (surtout !) quand nous ne les notons point. Ces champs corrompent souvent des peuples
entiers, tentent leurs élites dans des indulgences périlleuses et terrorisent
les rares résistants. Ceci s'est produit
en Assyrie, en Allemagne Nazi, au Cambodge, au Rwanda et autour de ton
cimetière en masse le plus proche. Des
méfaits massifs se sont rendus banals, quoi qu’ils seraient impensables dans
d’autres circonstances. Durant d’autres
conjonctures, des expressions publiques de compassion et de grâce propulsent
des nations entières aux nouvelles cimes de complexité sociale. Nous pourrions être assez fortunés et
débrouillards pour témoigner d'une nouvelle période d'éclaircissement global. Dieu sait, on a déjà témoignée d’un foisonnement
du genre plutôt sanglant : suffisamment pour tuer presque tout le monde
impliqué et rendre la nausée aux restants.
Ces
tendances sont des effets perceptibles de la superconscience collective. Nous avons opté de laisser ces forces
invisibles nous projeter là où elles veulent et les déclarer inexistantes par
consentement universel. Si nous étions
un petit peu plus astucieux, nous les repérerions sans crainte, en cultiverions
les plus utiles et réorienterions les défectueux sur des voies moins nocives. Ce sujet vient à peine d’être étudié sous la
rubrique, noétique : voir Rupert Sheldrake, ci-dessus et ailleurs.
En
conclusion, APPRENTIS hèlent le monde paisible : l'antithèse de la terre
en armes gérée par répétition compulsive d’épreuve et d’erreur, dans laquelle
nous nous trouvons piégés par des redondances de résonances morphiques
parfaitement remplaçables au monde en paix.
Plutôt devrions-nous penser de ce monde paisible comme d’un parc de
thème planétaire, à nous d’ouvrager à grands soins afin d’enchanter ses
artisans actifs autant que ses occupants passifs, ne laissant plus personne en
dehors contre gré.
Je
répète : voici qui est à nous d’accomplir.
Tout le long de l'histoire, des maîtres d'armes ont suffoqué la mentalité paisible et revivifié celle d’armes. L'histoire enregistrée, ce n’est que la glorification constamment republiée d’états d'armes. Si jamais une civilisation entièrement paisible n’ait existé, elle disparut : épongée de l’histoire et donc « préhistorique. »
Les directeurs d'armes pressentent qu’une surabondance de technologie paisible réduirait l’effort correspondant d’armes, bien moins attrayant. Leur conclusion : pourvu qu’une gérance paisible allouerait trop de ressources aux marchandises et services non militaires, les demandes populaires d’une prospérité égalitaire surpasseraient leurs méthodes balourdes de commande sociale. Ils craignent que la paix ne ramollisse le gros populo, ne le rende moins combatif : plus raffiné, cosmopolite et décadent, au lieu. Selon eux, la seule acceptable option à la révolte et la guerre serait l’application d’une technologie minime de paix―souligne le mot minime. La paix accoutume les gens à résoudre leurs différences tranquillement ; trop d'agression les dérange. Les maîtres d'armes protestent, « Faute de réprimer cette décadence, nous serons envahis par des barbares d'armes ! »
La pauvreté martiale et la brutalité hiérarchique ne sont que les revers de l'abondance paisible et du pacifisme vulnérable.
La prévision infâme que propose Francis Fukuyama, dans son livre, La fin de l'histoire, pourrait advenir de façon qu’il ne devinerait ni désirerait le moins. Le Reich de milles ans qu’il vénère, de la mentalité d'armes, s'effondrera sous son fardeau de contradictions, sinon en holocauste d’omnicide, en transformation paisible aux mains des Apprentis.
Supposons que nous explorions une planète lointaine. Elle serait toute comme la notre, sauf que son climat serait si tropical que des ouragans y souffleraient de temps en temps à près de cinq cents KMH. Nos véhicules expéditionnaires devraient s'ancrer à la roche, quand ces vents feront rage, bien que notre logistique d’une avarice interstellaire dicte que ces véhicules soient aussi légers que des plumes, agiles et économes en combustible.
Stationnaire ou poids plume ? Cette condition paradoxale forme une antinomie qui se contredit dans toutes les dimensions du problème. La résolution de ces deux problèmes dans la même conception, produira un monstre qui s’abreuvera au carburant et qui dégringolera dès la troisième rafale sérieuse.
L’antinomie d’armes et de paix est entièrement analogue.
Imaginons-nous transportés dans une jungle verdoyant, mais autrement vide. Déchargeons au-dedans deux variétés de lézard : des lézards bariolés en vert chiné (« cammo » : des technologies d'armes), et des lézards en orange éblouissant (« day-glo » : des technologies paisibles.) Les lézards day-glo sont gras, végétariens et aimables ; ceux cammos, rapides, venimeux et vicieux. Quoiqu’ils s’entremultiplient avec ferveur égale, les lézards cammo développent un goût cannibale pour la chair et les oeufs day-glo.
Après quelques milliers d’années, combien survivront de lézards day-glo ? Combien persistera d'ADN day-glo parmi les lézards cammo ? Les caractéristiques cammo marqueront tous les survivants.
La dominance de la mentalité d'armes n'est pas principalement due à une conspiration sinistre entre quelques malfaiteurs psychopathes (bien que cela se produise, aussi) ni plus que seraient des crocs davantage aigus parmi ces lézards survivants. Comme eux, nous collaborons tous avec le paradigme prévalant : dans notre cas, la mentalité d'armes ; dissemblablement pourrions-nous cesser de conspirer avec cette terre en armes, sinon transformer la contexture de notre conspiration, en un monde paisible.
C’est aussi simple que ça. Cela exigerait que nous nous mettions tous d’accord, à quelques exceptions près, durant la même génération. Pour la première fois dans l'histoire, nous disposons de toutes les voies de transmission, infrastructures paisibles et identifications mutuelles nécessaires pour l’entreprendre.
Notre problème, c'est qu'en aurions-nous le cran ?
Cherchons une illustration plus ardente. Supposons que l'atmosphère détenait une légère augmentation d'oxygène : les feux s’y embraseraient spontanément et brûleraient plus ardemment.
La lutte contre l'incendie serait la préoccupation principale des élites : le devoir des dignitaires et l'obligation du petit bonhomme. Les manœuvres de base contre l'incendie seraient praticables par tout le monde : des enfants en bas âge aux vielles personnes, tous en seraient capables dans leur sommeil. Les nouveaux-nés, animés en vie par le toucher d’un fer chauffé au rouge, commenceraient à s’instruire des détails de la gestion du feu, dès leur premier souffle de vie. En médecine, les guérisseurs les plus doués seraient des pyrologues soignant des brûlures.
Les écoles, les médias et la culture populaire : tous hyper raffineraient cette réalité combustible, en cycles hypnotiques de répétition par coeur. Le feu serait décrit par des centaines d’expressions supplémentaires. La littérature et les mythes se raidiraient de contes inspirateurs, des héros de la lutte contre l'incendie. La technologie antifeu traditionnelle engloutirait les budgets nationaux ; elle tordrait le développement, la planification et l’architecture. Des tabous compulsifs colmateraient les technologies à grande énergie, de la fabrique des allumettes à l'énergie nucléaire. La maçonnerie, la métallurgie froide et le sculptage des cavernes remplaceraient toutes les charpenteries. L'amiante, ses risques sanitaires ignorés, vaudrait son poids en or. L’élevage des plantes à racine pourrait remplacer celui de plantes alimentaires qui poussent trop vulnérables par-dessus terre.
Leurs gouvernements (chacun retenant sa manière favorite de combattre le feu) pourraient prétendre qu’ils ne consacrent qu’un petit pourcentage de leur produit brut national au contrôle du feu. Jamais ne parviendraient-ils à signaler les fortunes s’étant envolés en flammes durant d’intermittents ouragans de feu ; et ses sommes titanesques ne dissimuleraient à peine les coûts cachés et sacrifices particuliers qu’eurent à accroître leurs citoyens.
De temps en temps, la vraie menace de conflagration tenterait ces gens-là à pétarder la majeure partie de leur infrastructure, de façon préventive. Peut-être se sacrifieraient-ils entre eux, en soumission tremblante à leurs dieu(x) et idéologies pyromanes ? Les feux d’enfers religieux brûleraient d’une froideur encore plus flamboyante, dans l’imagination fanatique―encore plus que dans la notre, du reste…
En tant qu’observateurs étrangers, nous nous foulerions les jambes entre des contradictions sociales et frais sociaux que ces locaux trouveraient parfaitement ordinaires.
À partir de maintenant, considère-moi comme un observateur aliéné de cette terre, comme doivent se sentir beaucoup d’autres Apprentis. Ce chaos terrestre n’à rien avoir avec nous autres Apprentis, sauf en nous accordant le rôle d’observateurs isolés et guérisseurs amateurs, planqués au pied du mur de cette terre de primates meurtriers. Apprentis : je vous prie d’accepter mon invitation au sauvetage de votre âme, quoique transpire de cette pagaille—mon humble offrande à me frères et sœurs Apprentis ci piégés.
De notre perspective, ce monde semblerait fort déformé : ses indigènes, agissant au gré d’horripilantes contraintes. Néanmoins trouveraient-ils tout cela parfaitement normal.
Quelques indigènes plus éclairés pourraient décrier les demandes les plus extravagantes de l'orthodoxie de la lutte contre l'incendie ; suggèreraient-ils poliment, peut-être, que le sacrifice humain dut avoir lieu moins souvent. Mais aucun argument ne tirerait des majorités pépères du confort familier de leurs préjudices. Et la résistance la plus sophistiquée à l’encontre de toute transformation radicale ? Elle proviendrait des « progressistes » indigènes, auto-immunisés de toute transformation salutaire par leur pré-analyse intensive des raisonnements au cliché du passé.
Même si l’on pouvait leur démontrer que la concentration d'oxygène atmosphérique s’était mise en baisse et que tous leurs préjugés et pratiques s’étaient rendus désuets, résisteraient-ils toujours à ces propos, par habitude fainéante, crainte imaginaire et inertie mentale. La crainte du feu tordrait tous leurs arrangements sociaux – sans que personne ne s’en intéresse – comme notre crainte de l'agression militaire pervertit les nôtres. Nous nous accrochons à nos réflexes guerroyants, ainsi qu’ils s’accrocheraient à leurs réflexes antiflammes.
Un autre exemple. Supposons que tu fus le chef d’un clan barbare qui vint juste de conquérir une civilisation antique. Pour commencer, tu ignorerais l’accomplissement culturel de tes victimes. Même si tu fus assez sage pour ordonner que les clercs ennemis soient interrogés et leurs livres te soient lus en privé, jetterais-tu dehors la majeure partie de cet inutile charabia. Ta curiosité frustrée pourrait te faire sembler sot devant tes lieutenants, les doucereuses manières citadines, nuire à l'esprit combatif de tes guerriers, et cette tradition indigène, fusionner l’opposition populaire en bandes de guérilleros libérateurs.
Tu t’assurerais donc que cette culture écrite disparut avec son cadre instructif, par négligence et conception. Tu terroriserais, asservirais et surchargerais les gens locales, afin qu’elles perdissent la volonté d'enseigner leurs enfants pour tout autre engagement que tes champs de laboure et places d’armes. Apprendre sa littérature, sa religion, son histoire et ses mythes, cela deviendrait un méfait capital. Voici comment des conquérants nomades se sont distancés de leurs victimes, par ignorance et ségrégation ; ainsi ont-ils rendu l'esprit et la lettre de leur loi. De notre loi.
Les clans guerriers ont dominé chaque civilisation urbaine, tant qu'ils ont pu maintenir leurs façons simples de nomade. Les champs irrigués étaient inhospitaliers aux troupeaux nomades, et les douces habitudes urbaines incitaient de la décadence militaire. Par conséquent, ces champs furent rasés ; des systèmes d'irrigation, ouverts en brèche ; et des grandes villes, détruites de façon régulière. Qu’une petite fraction portative des richesses urbaines fut pillée ; seuls préservés, les livres servant le mieux à la mentalité d'armes. Le restant fut calciné et lessivé en sang – y compris de nombreuses archives inestimables, technologies et techniciens paisibles : tous oubliés depuis.
Nos sociétés n’adoptent qu’à grand péril la mentalité d'armes. Des normes inférieures de vie, des impôts astronomiques et des cultes de répression engendrent une superstratification d’hiérarchies de classe, de bigoterie militante, d'arrogance institutionnelle et de folie en escalade : le tout entraînant une croissance explosive de populations pénales et des tsunamis de corruption.
La société réagit à ces irritants, comme le ferait une colonie dérangée d'abeilles : le prolétariat, rendu irascible par ces contradictions, côtoie de nouvelles proto-élites souhaitant de se révolter, et ses réflexes d'attaque repartent à toute vitesse.
Les élites de bataille s’arrentent d’habitude en mercenaire, afin de protéger l'élite d'information, mais à condition que cela leur apporte d’énormes bénéfices. Une fois que les affaires commencent à sérieusement se gâter pour l'élite d'information, de plus en plus d’élites de bataille rejoignent la proto-élite (cellule révolutionnaire) la plus malveillante qu'elles peuvent trouver.
La guerre offre au mécontentement populaire une grande avenue de sorti. Avec étonnante facilité, des élites d'info peuvent se dissocier de la responsabilité des maux sociétaux dont elles-mêmes sont responsables, et la rendre aux ennemis convenus, internes comme externes. Un prolétariat d'information en guerre, se soumet à ses élites, jusqu’à ce que celles-ci le convainquent qu’il ait gagné sinon qu’il eut saigné à blanc. Spectateur passif d’affrontements gouvernementaux à l’encontre d’inoffensives minorités et d’étrangers innocents, ce prolétariat d'info se rend tour à tour dégoûté, terrorisé, soulagé, fasciné, unifié, enrégimenté et finalement inspiré à entreprendre plus de crimes contre l'humanité.
Des attaques d'étrangers contre la population dite « civile » renforcent sa résolution de résister. N’importe que ces incursions soient entreprises par de puantes hordes en cavalcade, des flottes de bombardiers luisants ou des terroristes aux yeux de fou : ces assauts augmenteront la tolérance prolétarienne des faillites de son élite.
Cette mentalité de siège réduit les opportunités d’une dissidence efficace. Les élites d'info galvanisent souvent cet appui populaire passif, en invitant de la terreur domestique et en organisant des aventures internationales ; elles tiennent en otage leurs combattants non armés (civiles) en contrôlant leurs aïeux au service militaire, et vice versa.
Voici la marotte, ici aux USA. Puisque presque personne n’a de penchant pour la guerre, l’on déclenche des guerres inutiles (aussi profitables pour des goules d’armes que pénibles pour les troupes et coûteux pour leurs aïeux civiles), puis on attaque les civiles douteux, pour avoir refusé d’en rendre l’appui moral. L’on nous indique que nous devons soutenir « nos combattants sacrificatoires, sinon cette guerre particulière. » Si tu es contre la guerre, tu es contre les troupes ; si tu es contre les troupes, tu n’es pas assez patriotique et n’as plus droit de critiquer cette guerre. Paralogisme meurtrier.
Qu’adviendrait-il si l’on aménageait une
guerre à laquelle personne n’assisterait ? “What if they gave a
war and nobody came?”
La thèse inachevée de Carroll Quigley, L'évolution des civilisations : Une introduction à l'analyse historique (New York, Macmillan Company, 1961) nous fournit une excellente lecture historique. De ses pages 50 à 62, celui-ci contraste :
· des INSTRUMENTS, des organisations sociales qui accomplissent leurs mandats de façon efficace, avec
· des INSTITUTIONS, dont les membres adoptent des buts illégitimes.
Quelques chefs institutionnels abandonnent leur mandat instrumental, par faiblesse personnelle ; d'autres se concentrent trop sur leur propre contribution. « Le but de la discipline militaire, c’est de bien cirer les chaussures et bien rendre le salut aux supérieurs. Le but de l’entraînement militaire, c’est d’éliminer les accidents. » Souvent se rendent-ils à la fainéantise, la médiocrité, la négligence, l’avarice et la simonie, sinon aux précédents inférieurs. D'autres fois refusent-ils d'accepter des nouvelles formations, équipements ou circonstances. D’autres, souvent les plus puissants, sont tout simplement corrompus.
En outre, la plupart de ces problèmes sont en grande partie résolus par le premier incrément d'énergie employé dans sa résolution, le restant exige encore plus d’énergie, et la résolution des derniers détails en exige une infinitude : tout comme pour pousser un objet à la vitesse lumière avec un actionnement de masse newtonienne.
Afin de mieux répondre au progrès, aucun besoin de résoudre nos problèmes jusqu’à leurs ultimes détails ; s’agirait-il plutôt de les redéfinir afin de renouveler leur incrément initial de résolution énergétique, de façon plus efficace, puis redéfinir ce problème, le résoudre efficacement, et ainsi de suite.
Tandis que des instruments sociaux se délabrent en institutions, faute de ce redéfinis, leurs chefs malmènent de plus en plus d’effort, mais profitent de résultats de moins en moins satisfaisants ; ils ignorent des nouvelles trouvailles et empirent les erreurs du passé. L'empaquetage et les intentions deviennent plus importants que le contenu et les résultats.
Trois phénomènes résultent de cette « tension de développement. »
· Des institutions en faillite cèdent à la RÉACTION. Ce résultat réactionnaire enroule des antagonistes dans des cycles vicieux d'injustice, de dissidence et de suppression.
· Ils SE REFORMENT en instruments viables. Des chefs de secours succèdent aux médiocrités inefficaces, et leur instrument renouvelé se rend plus honnête et compétent.
· Des nouveaux instruments assument l’authentique pouvoir, par CIRCONVENTION, en laissant aux anciennes institutions des fonctions cérémonielles et superficielles. Par exemple, un parlement outrepasse sa monarchie dégénérée et la limite aux défilés annuels et aux reconstitutions historiques ; sinon, l’empereur romain intimide les membres du Sénat, tout en lui attribuant de nombreuses distinctions coutumières (comme le fit le presque empereur Marius.)
Des directeurs d'armes ont affirmé que la corporation d’entreprise soit la forme la plus désintéressée d’organisation sociale ; ils ont conclu que la stabilité gouvernementale exige le désintérêt public, encore plus que tout autre attribut. Je me demande qui aurait promu leur recherche ?
Pour que cette disposition puisse durer, ces sociétés commerçantes doivent détenir tous les droits de l’individu : les libertés d’expression et d'assemblée ; puis immunité de toute responsabilité criminelle, à moins qu’elle ne soit prouvée en cour de loi ; puis des millions de fois plus de richesses et de pouvoirs que ceux appartenant à l’individu, sans vulnérabilité ni responsabilité correspondante. Enfin, une existence continue et illimitée, au lieu de notre mortalité commune. En bref doivent-elles se rendre en monarchies organisationnelles. Vive le Roi Cola !
Selon leur évaluation, les biens sociétaux les plus essentiels doivent être un électorat apathique, mal éduqué et motivé, puis l'infrastructure politique injustifiée mais requise pour le former. Voici la tentative la plus récente, de ces réactionnaires, de simplifier à nouveau notre terrain politique aux normes médiévales.
Voici sur quoi APPRENTIS insistent : ce n’est pas le désintérêt dont nous ayons le plus grand besoin ni des raisonnements particulièrement raffinés, mais de la PASSION.
« Le cœur accepte la conclusion dont l'intellect trouve ensuite le raisonnement. L'argument suit à la conviction. L'homme trouve souvent des raisons à l'appui de ce qu’il fait sinon de ce qu’il veut faire. » Citation de Gandhi, de L’inde jeune (journal hebdomadaire), Navajivan, 1919-32. Pris de La pensée morale et politique de Gandhi, écrite par Raghavan Iyer, publié par Oxford University, Londres, 1973, p. 18.
Le désintérêt humain n'existe pas. Nos intérêts perçus en particulier, nous tirent là où elles veulent, y compris à l'extinction en masse. Quand nous abandonnons nos authentiques intérêts et succombons à la panique mortelle, nous nous soumettons à l'avarice, à l'arrogance, à la poltronnerie, au démenti et au sadisme—à vrai dire, au schadenfreude. Souffrant d’hiérarchies périodiques de caporaux vicieux, les Allemands ont inventé ce terme afin d’énoncer le sombre plaisir que prennent certaines personnes dans le malheur d’autrui. De telles sont plus contentes en affligeant des gens gravement, sinon en savourant leur souffrance à tierces mains.
Les Russes ont une expression équivalente : zloradtsvo. Le philosophe russe, Pyotr Chaadeyev, en écrit durant le dix-neuvième siècle :
« Nous sommes un peuple exceptionnel ; nous sommes parmi ces nations qui, pour ainsi dire, ne sont pas des membres de l’humanité, mais qui n’existent qu’afin de rendre au monde une terrible leçon. »
L’on pourrait autant bien appliquer cette lamentation à chaque nation d'armes.
Le tsar Nicolas I le prononça officiellement dément et l’assigna à résidence, (ni sorties, ni visites : pense s’y) jusqu’à ce qu’il ne se repentit. Ce Pyotr dut être l’un des premiers de nombreux prisonniers politiques russes pour cause psychiatrique.
Il me semble que n'importe quel groupe linguistique inventerait une telle expression, à la suite de sa récente expérience de tyrannie. Puisque notre tyrannie corporative s’est rendue ordinaire partout au monde, une francophonie plus précise pourrait être le SHADISME.
Le sadisme, c’est l’éveil sexuel que provoque la douleur d’autrui : une perversion qui ne préoccupe qu’un petit monde. Par contre, le SHADISME nous est enseigné étonnamment tôt et communément. Ces fâcheuses répétitions sans limites doivent nous rendre en SHADIQUES experts : tant à l’aise comme ses victimes adonnées que comme ses tourmenteurs experts. Nous administrons l’enfer sur terre, parce que nous apprécions la haine craintive et gardons dent contre l'amour héroïque—en soumission asservi à ce qui nous fut enseigné le plus souvent.
Il est temps de convoquer notre meilleure nature et de la sustenter au moyen d’une paix globale de notre propre agencement.
« L'évolution est toujours expérimentale. Chaque progrès n’est obtenu qu'au moyen d'erreurs et de leur rectification. Aucun bien n’arrive entièrement préfabriqué, mais doit être ciselé à force de croissances et d'expériences réitérées. Cette même loi contrôle autant bien l'évolution sociale que celle politique. Le droit d’errer, ce qui veut dire la liberté d’expérimenter, voici la condition universelle de tout progrès. » Gandhi, cité par Raghavan Iyer dans La pensée morale et politique de Mahatma Gandhi, Oxford University Press, New York, 1973, p. 354.
L’un des mythes les plus corrosifs de la mentalité d’armes, c’est que nous serions des méchants innés. D'après ce mythe, nous sommes atteints d’un péché mal défini mais primordial, enveloppés dans le mal parce que remplis de tel. Selon lui, aucun bien ne peut advenir de nos efforts corrompus à améliorer le monde. Nous n’avons qu’à capituler au mal public et chercher au lieu notre perfectionnement particulier, marginal et momentané. Marginal, en réalité, puisque nous retombons dans l’erreur avec facilité redoutable ; momentané, parce que nous mourrons bientôt de suite et nos revalorisations disparaissent avec nous.
Cette idée : « Aucun bien … » elle est certainement ridicule, si l’on y pense. Mon pied n’a pas besoin d’être le plus beau pied au monde ni n’ai-je besoin de gaspiller ma vie entière en le manucurant, afin de pistonner des rebuts du trottoir à la rue.
Comme ce français, dont ma rédaction est aussi ardue que ton déchiffrage, n’a pas besoin d’être parfait. L’erreur honnête, si admise et permise, peut toujours jouer un rôle valide dans le plan global. La perfection n’est pas nécessaire ; l’excellence est indispensable.
La principale différence entre les progressistes et les réactionnaires ? Les premiers tiennent à la bonté humaine en général, tandis que les autres insistent que tout le monde soit méchant de façon innée. Va s-y, sollicite l’opinion de quiconque, à ce sujet, et l’histoire de ses choix politiques, et rends-t’en compte.
Mon expérience supporte la conclusion opposée : presque tout le monde fait du mieux qu’il peut, dans la plupart des cas, souvent de façon héroïque et à grand sacrifice. Certainement, quelques gens sont pourries jusqu’à la moelle, mais très rares par terre. Bien sur, je me rappelle mes immoralités dénudées d’honneur ; aussi est-il certain que tout le monde rate son coup, de temps en temps, et engendre des actions humiliantes. Mais, prenant le tout pour tout et dans la plupart des cas, nous ramons tous aussi vigoureusement que possible.
Voyons, si le mal prédominait à ce point, nous serions écrasés durant presque toutes nos traversées de rue ! Ce n’est pas la norme, sauf en guerre.
La quintessence de l'erreur fautive et d’autres faiblesses humaines, c’est que nous puissions les régler à force d'étapes graduelles d’Apprentissage et d’autocorrection : des tâches auxquelles nous sommes experts. En d'autres mots, le progrès a lieu au moyen d’évolutions volontaires : personnelles, institutionnelles, culturelles, psychiques et génétiques : chaque facette évolutionnaire, interdépendante, vitale de façon holistique, et opérant en synergie.
Cette idée du péché originel, elle émousse notre ardeur à améliorer le monde. Il n’est pas question de l’abandonner en faveur de l’amélioration du monde tout court, mais de clarifier ces deux notions.
Un peu comme les dinosaures d’auparavant, nous sommes arrivés à l’embranchement du chemin, sans nous en rendre compte. Un environnement « idéal » leur soutint depuis la nuit du temps ; ensuite, des transformations mineures sont parties en tremblotes, provoquant haute mortalité. Ces dinosaures n'ont pas eu assez de temps, ne furent pas dotés de corps assez flexibles, et se trouvèrent donc incapables d’échanger leurs tonnes d'os, de tendons et de blindages, péniblement accumulés durant des éons, avant que l'extinction ne leur rattrapât.
Nous autres, les êtres humains, possédons quelques avantages sur les feu propriétaires de ces ossements monstrueux. Notre grandeur réside en partie dans notre capacité de nous entre aimer : un trait que nous partageons avec d’autres charognards de meute. Un autre talent crucial à l’humanité pourrait être l’appui qu’elle fournit à ses jeunes, malades et infirmes. Notre niveau élevé de soins pourrait être la bonne mesure de notre grandeur.
Dans quelques âmes angoissées, le méfie et le « réalisme » ont remplacé la compassion. Cette dégénérescence nous fixe comme inférieurs à quelques espèces de dinosaures qui veillaient les uns sur les autres et sur leurs petits.
Chacun de nous, peu importe combien maltraité et abusif aujourd'hui, reçut quelques soins affectueux auparavant, afin de subsister jusqu’à ce jour. Est-ce possible que la plupart des criminels le sont parce que jamais chouchoutés assez affectueusement ni suffisamment tôt ? Quelques gens conjecturent que le meilleur présage du récidivisme criminel, c’est l’abus au préalable du criminel prospectif, quand lui-même fut enfant.
La malice, c’est facile : n’importe quel sot peut flanquer un grand mal sans rompre en sueurs. Inversement, les soins humains demandent tout plein de travail dur. Réduire les soins afin d’en faire des économies, ce serait aussi stupide que de s'affamer à mort pour s’abriter des billets d'épicerie.
Si nous pouvions tabuler le montant de la violence potentielle sur terre, en une somme représentant l'énergie X, notre richesse actuelle devrait équivaloir en milliers de X de soins consacrés, moins l’unique gaspillé en contrevérités et brutalités. La somme de ces soins humains doit toujours rendre naine celle du mal humain, de peur que nous n’en périssions. Aujourd'hui, cette kinésie des soins a atteint un palier dangereusement équivalent au potentielle énergétique d’armes.
Pense s’y. Combien prendrait-ce d’étreintes maternelles afin d’équivaloir à l'énergie d'une grenade, d’une détonation nucléaire ou de tous leurs analogues sautant ensemble depuis les silos et sous-marins onéreux où nous les aurions enfouis ?
Notre grandeur primordiale réside dans le partage de notre Apprentissage. Souviens-toi que chaque génération doit réapprendre la somme totale des connaissances humaines, et que ce n’est qu’ensuite que nous puissions ajouter notre petite contribution. Tout ce qui ne serait pas réappris par quelqu'un, doit être oublié et disparaître, sinon réintégrer la superconscience collective.
La grammaire universelle de Noam Chomsky postule qu'un sous univers entier d'informations nous soit encablé, venant en ligne lors de notre maturation. Pourtant, cette programmation ne s'initialise à moins qu'un bénin stimulus extérieur n'actionne le logiciel interne. Nous devons être élevés avec tendresse amoureuse, afin de nous rendre tout à fait avertis et sains d’esprit.
À la différence de ces dinosaures piégés dans leur extravagante armure, nos cerveaux élastiques et reprogrammables nous offrent le moyen, le motif et l’opportunité de renverser nos faiblesses et de nous redéfinir pratiquement d’une nuit. Il pourrait y avoir du gâchis et cela ne marcherait pas nécessairement tout de suite d’une pièce, mais la possibilité demeure, d’apprendre à mieux faire.
L’Apprentissage rend nains des préoccupations moindres, telles que le sexe, la prédation et la survie génétique. Ces motifs confectionnés sont les champions courants du préjugé scientifique ; elles servent aux conspirateurs d'avidité ainsi que leur ont servi le darwinisme social et la prédestination : en tant que propagande de mythes d'armes justifiant leurs malveillances. Contrairement à ces motivations secondaires mais magnifiées au-delà du raisonnable, l’Apprentissage est la fondation véritable de la conscience de soi et du monde paisible.
Jusqu'à présent, des historiens se sont affairés à rassembler des vignettes biographiques de la micro histoire ; ils ont simplifié d’énormes bouleversements de climat, de ressources et de civilisations en disséquant la vie privée de quelques chefs clés. Les transactions opulentes de l'humanité furent réduites en caprices de quelques égoïstes courtisés et aux sanglots longs mais bien étouffés de leurs innombrables victimes. Ces historiens, à commencer par Hérodote et finir par les pandits des médias actuelles, ont écrit : « Le Roi (Président, Calife, Dictateur, etc.) X a décrété A, B et pas C. Ses Ducs (ministres, secrétaires, vizirs, satrapes, peu importe), d’un à six avec l'exception du numéro quatre, se sont révoltés de cette politique ; provoquant ainsi... » d’interminables crises de simplification grossière et de réductionnisme biographique.
L’acceptation de ce simplisme semble aussi raisonnable que de réduire les seize millions d’années de génie, de main-d’œuvre et d'espoir humains que nous accumulons CHAQUE JOUR, en quelques brins momentanés de papier journal et plates vaporeuses de nouvelles télévisées.
Je déteste la biographie. L’art transcende la vie quand il enregistre des rêves dans la culture : des rêves fades, pour pas bien longtemps ; ceux magnifiques ou terribles, de façon amoureuse et presque pour toujours, en comparaison de nos vies plutôt courtes. L’art s’empare des petites non pertinences de la vie et les transforme en un holisme supérieur à la somme de ses constituants.
La biographie renverse cette procédure : elle rend le rêve culturel en une longue chronologie qui interprète de façon obsédante la politique de primates se grattant les puces, la torture d'ordres bien rangés de picotement, l'accroissement, le déplacement et la disparition de poupées charnelles et la marée de leur fluide corporel. Dégoûtant.
Mettant pour un moment ce lustre de côté, le prolétariat d'info cultive la direction qu'il exige selon une procédure d'hyper démocratie organique qui ressemble plutôt à celle d’une ruche d'abeilles. Notre participation intime dans cette procédure nous la fait sembler plus complexe et subjective.
Durant les décennies récentes, des historiens insatisfaits ont consolidé un tas de correspondances et d’anecdotes dans des macro histoires ; ce faisant ont-ils entrepris une chronique de la vie et du temps de peuples entiers à longue durée. Des tentatives préliminaires ont été entreprises, d’analyser l'histoire à partir de perspectives multidisciplinaires : d’épidémiologie, de météorologie, de géoscience, de biogéographie, d’écologie, de mèmetique, de psychohistoire, de la « herstory » (l’histoire féministe), et de la sociobiologie, parmi d’autres. Les plus interdisciplinaires ces études, les plus fraîches et éclaircissantes leurs conclusions ; elles nous ont permis de chasser un bon nombre d’absurdités longtemps données et figées depuis en béton dans nos esprits.
Cette casse de vielles croyances, elle nous rend de graves incertitudes. On hésite à croire en n’importe quoi. Rien n’est facile à déterminer : nulle suffisance de donnés et pas assez de temps pour les récolter. Nous pourrions encabler le monde entier pour qu’il y ait suffisance de temps : assez pour ceux partageant la paix, pour qu’ils puissent mieux se rassembler les idées et rendre de meilleures décisions à toutes les échelles.
Tandis que s’élargit ainsi notre point de vue, les idiosyncrasies se réduisent au point de manquer d'à propos. L'individu tout simple disparaît dans la foule, et le comportement social se rend plus facile à traquer ; des modèles, des stresses et des courants d'énergie pratiquement identiques s’entassent aux échelons distincts de l'espace-temps, comme le prédit la théorie du chaos.
Il serait difficile de traquer la dynamique d’une rive de mer, en tentant de suivre chaque grain de sable, surtout les « exceptionnels. » Ne devrions-nous plutôt étudier les inférieurs dénominateurs communs des marées, des vagues et du vent ? Une compréhension plus approfondie de l'histoire mondiale exigerait que nous nous arrachions de nos contextures confortablement réductives : de la vie autoréférentielle, biographique, nationaliste et pieusement moralisatrice ; même de celle humaine et assujettie à l’entropie linéaire, comme nous la concevons.
De récentes photos prises de l'espace nous démontrent un monde fort délicat ; elles nous suggèrent un changement de perspective qui nous révélerait que cette vie, comme nous l’ayons convenue, ressemble plutôt à une simple écume d'étang luminescente se tortillant sur la surface d’une toute petite bille en bleu porcelaine, scellée dans un mince verni d'eau et de gaz, orbitant sereinement autour d'une étoile parfaitement ordinaire. Cette permutation de perspective nous permettra peut-être d'isoler les traits significatifs de l'histoire, à condition que nous rendions vénération due à un univers reluisant de l’intention sacrée.
Des évènements remarquables rentrent en perspective à cet échelon de vision. Des incidents décisifs résonnent avec leurs équivalents du passé, influencent des événements courants et déforment les probabilités futures. Les accidents d'individualité, de chronologie et de localité (dont les professeurs d’histoire aiment à faire bosser leurs élèves) perdent leur signification illusoire, sauf comme jargon au raccourci et marqueurs commodes de lieu et de temps.
Carroll Quigley concentra sa vision historique aux échelons continentaux ; des écrivains autant divers que Ryszard Kapuscinski, Rian Malan, Antje Krog et John Del Vecchio ont poursuivi ce niveau de vénération dans leur reportage.
En revanche, nombreux les génies de boucherie qui ont abusé de cette échelle de vision. Par exemple, fuis le livre Mein Kampf, de Hitler, sinon endosse une combinaison protectrice de ses hasards biologiques avant de l’ouvrir. Cet homme fut mûr pour sa certification psychiatrique. Il souhaitait remplacer les Juifs, le peuple choisi du Dieu biblique, par de bons Allemands. Afin d'effectuer cette mutation eut-il dû tuer tous les Juifs au monde et ensuite tous les autres qui se seraient souvenus des Juifs, à cause de leurs lectures bibliques, islamiques ou d’histoire occidentale.
Cette folie collective n'a rien d'exceptionnelle. Afin de la susciter, cent cinquante générations de maîtres d’armes ont invoqué des dieux singeant l’homme, des héros hyperactifs, le pouvoir cru, l’éconologie, la dialectique, l’honneur national, la pureté de sang, le positivisme scientifique, « Je suis positif que vous ayez tort, » le nihilisme postmoderne et toute autre superstition impétueuse qu'ils ont pu fantasmer. Le Nazisme ne fut qu’un de leurs échecs d’ingénierie sociale des plus spectaculaires ; il y en eut beaucoup plus auparavant et depuis. Ils les ont tant fréquemment raté parce qu'ils ont ignoré le contexte clé du sacré. Leur adoration adéquate aurait annulé leurs ambitions maladives et génocides favoris.
En induisant ce sens d'indifférence morale et cette manque d'empathie à faire tourner la tête, ils ont négocié de manière de plus en plus convaincante en faveur d’un sans merci propre aux Nazis et d’un déterminisme fataliste du genre publié dans le livre morne d'Elias Canetti, Masse et puissance. Leurs visions restreintes par la peur n’ont été qu’une succession de tentatives de simplifier l’effarante complexité de la réalité, en y broyant toute vie, beauté et révérence.
Ces visionnaires illusionnés ont pu nous faillir jadis ; cela n’est pourtant pas une bonne raison de devenir crédophobes et cesser de croire en n'importe quoi : le chemin de retour le plus rapide au fascisme. Quels qu’en soient les risques, nous devons cultiver nos dons de vision.
Je doute que quiconque étudierait un peu d'histoire puisse se servir de mots comme « humanitaires, humanistes et humains » en tant qu’analogues aux expressions « avec bonté, compatissants et simplement pas stupides d’ordinaire. » Le comportement qui caractérise les êtres humains en masse, il est fondé sur l’application d’armes. Cette masse a jusqu'à présent manqué de se rendre digne du titre d'éloge « civilisée. » Les rassemblements humains n’ont adhéré au bien qu’après avoir épuisé toutes les potentialités du mal.
Ce n’est pas surprenant. Les chevronnés, les athlètes et les professionnels ne se rendent en véritables experts qu’une fois qu’ils aient raté chaque autre option systématiquement et à maintes reprises. Ensuite doivent-ils accepter, au niveau intestinal, l’unique moyen supérieur de s’en sortir ; ils doivent l’exercer en dépit de fréquentes erreurs et irrégularités, jusqu’à ce qu’il ne se rende en automatisme. Ainsi que l’humanité devra effectuer ses ultimes réussites paisibles, en dépit et à cause de ses erreurs d’armes en milliards d’exemplaires.
Célébrer les athlétismes Olympiques ; célébrer la profonde pensée de l’Agora du monde paisible !
La soif humaine du sang est moins justifiable que celle d'un carnassier affamé. Auschwitz est un monument typique du comportement d’êtres humains en masse : ses rituels meurtriers, reconstitués par toutes les nations enregistrées dans l’histoire―en plans légèrement diminués, peut-être, et un peu plus en pastorale, du moins la plupart du temps.
Aucune nation ni croyance ne peut prétendre aux résultats propres. Chaque culture en survie fut l'oeuvre de maniaques, de tyrans, de génocides et de leurs maîtres d’armes apologistes. La masse bovine de l'humanité les toléra, eux et leurs cauchemars, comme des mouches de ver n’ayant qu’à recourir de fortuits coups de queue. L'histoire a exalté les civilisations aux mains les plus sanglantes ; elle a effacé de la mémoire collective toutes les sociétés d’une paix exceptionnelle.
Nos institutions d’armes colportent leur point de vue monolithique et catégorique à travers une vaste gamme de multimédias. En piteuse poursuite d’une certitude parfaite, leurs maîtres d’armes ont tenté d’aspirer l’entièreté des vérités, des beautés et des mystères de la vie.
Malgré les gémissements de cette logique à la tronçonneuse, ses certitudes brevetées ne sont que d’évidents mensonges au travers desquels tout enfant peut voir clair. En effet, les petits discernent tout à fait clairement cette hypocrisie d’adulte. Voici la raison que nous prenons tant de peines à leur briser l’esprit et les idéaux, tant qu'ils seront assez tendres et fragiles.
Nous témoignons tous de ces contradictions, chaque jour. Beaucoup de vérités officielles sont évidemment pires que leurs équivalentes repoussées. Nos croyances sociales sont si odieuses que personne parmi leurs adhérents ne se donne la peine de séduire tous les partis. Nous trouvons plus facile d’insulter, de terroriser et d’assassiner l'Autre—sinon de tolérer ceux qui le feront pour nous.
Nous pourrions nettoyer notre loge, de fond en comble, du moment que nous choisirions de démasquer ce lavage de cerveau s'éternisant depuis des siècles. Une fois que nous adopterons la vérité et la non-violence comme nos inspirations fondamentales, l’expression « Apprentis » pourrait refléter notre avidité du bien (notre kalotropisme) et nous pourrions récupérer le titre de « civilisés. »
Nous devons défier deux autres mythes qui caractérisent la mentalité d’armes.
D'après le premier de ces illusions subtiles, chacun doit satisfaire un idéal irréalisable de sainteté personnelle. L’on ne peut espérer améliorer le terrain communal avant de s’être transformé en saint adéquat. Chaque sous-entendu de faiblesse particulière confirme notre korruption kosmique.
Personne ne peut réprouver la situation actuelle, sans d’abord convaincre son auditoire qu’il est un saint incontestable. Si des responsables peuvent lui coller n’importe quelle accusation, ils pourront interdire son commentaire social. Puisque tout le monde a quelque chose à cacher, personne ne peut rendre des comptes, sauf ceux dont les autorités seront amicales, leur protégeant d'attaques publiques. N'importe qui les défierait sera à leur merci. Voici qui convient parfaitement à la mentalité d'armes !
Ainsi, l'amélioration globale se rend impossible, du moins avant que tous ne se soient rendus en anges. Entre-temps, asseyons-nous commodément sur nos mains et attendons que Jésus nous apporte le royaume du ciel sur un plateau d'argent. Cela fait maintenant deux milles ans que nous nous attardons ainsi mollement. Je me las d’attendre.
Dans le livre de Jean 14, 2-3, Jésus dit : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était, vous aurai-je dit que j’y vais pour vous préparer une place ? Et lorsque je m’en serai allé et vous aurai préparé les places, je reviendrai et vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. » Amen, mon frère.
Au demeurant, cette besogne doit assurément être la notre. Je me renvois toujours au sermon de Jésus, des talents. Le Maître nous a laissé une somme de monnaie. Une fois de retour, Il sera plus satisfait de ceux qui l’auront augmenté, que de ceux qui l’ont enfouie afin de n’en rien perdre. Il ne s’agit pas de se sauver l’âme en n’ayant rien fait d’autre, mais de prendre d’énormes risques afin de Lui gagner encore plus.
Entre-temps, aucun débouché salubre n’est permis pour notre frustration. La terre en armes lui permet de s'envenimer dans nos poitrines, jusqu'à ce qu'elle puisse nous être puisée, à la Heimlich, en guerre. Cette répression des comportements se multiplie avec la densité régulatrice. Alors qu'un nombre croissant de fonctionnaires fouineurs ajustent les détails de notre vie, de moins en moins de terrain ne demeure où exprimer quoi que ce soit d’émancipé ou de risqué.
Emmurés dans nos incapacités, nous picotons du mépris de soi ; maudissant la faute des autres, nous contemplons vengeance futile. Nous nous offensons amèrement d’intrusions croissantes dans ce monde matériel, nous coûtant notre temps et nos atouts si limités. Tandis que l’inspiration et la satisfaction se rendent de plus en plus distantes et théoriques, d’incontestables obligations et amendes sursautent autour de nous comme des fusées éclairantes. Soumis en perpétuité, nous doublons et redoublons les chaînes de notre esclavage. La malice se rend extrêmement tentante : elle paraît offrir quelque soulagement de ce train sans fin d'obligations et de compromis. La présomption machinale de notre malice éventuelle, voici une autre justification pour nous pilonner. Tôt ou tard souhaitons-nous qu’un vaste tourbillon ne renverse le tout et ne simplifie, une fois pour toutes, notre réalité.
La vie ne simplifie jamais, la mort le fait. Rends-t’en compte.
D’innombrables jeunes anorexiques, toxicomanes et tentants au suicide, leurs bouts de nerfs enflammés à vif, ont lancé cette même lamentation non perçue : « Je ne suis pas ASSEZ BON pour négocier tout ça ! » A quoi bon ? Se débrouiller des demandes infinies d’un moralisme nul ? Bien manier l’hyperactif raffinement des maux de la mentalité d’armes ?
Tandis que nous, les adultes préstupéfiés, mûrissons dans la « maturité, » souffrons d’une paralysie d'analyse due au lavage de cerveau à l'hominem de l'orthodoxie, et châtions nos cadets idéalistes pour avoir osé franchir la seule piste approuvée : l’absolue mentalité d’armes. Nous sommes convaincus que la mentalité paisible ne peut être assez « réaliste. » Nous sommes supposés grandir et l'abandonner.
Grandis et embrasse la paix : je t’en défi.
À vrai dire, nous sommes les meilleures personnes que nous pouvons être : les ultimes chef-d’œuvres de l’univers, de l’ADN et de Dieu. Accommode-toi à cela : il n’y a personne de meilleure que toi ; personne ne peut prendre ta place et réaliser meilleure besogne. Il ne devrait y avoir aucun besoin de perfectionnement radical en particulier, avant que nos institutions radicalement améliorées ne soutiennent de tels efforts individuels, sans contradiction ni démentie systématique. Comment parvenir autrement, même après mille milliards de réincarnations ?
Le deuxième fâcheux mythe d’armes, il absout nos institutions. À la différence des individus, nos institutions courantes sont sacrées, émancipées d’erreur, opaques à l’analyse et exemptes d'amélioration … sauf tous les quelques siècles, durant de brusques paroxysmes de révolution sanglante.
Même dans les pays prééminents, la méthode approuvée d'exprimer notre désapprobation politique des pires gaffes institutionnelles, demeure une marche de protestation : parfaitement bête, bovine et insignifiante sinon nuisible. Si le sujet en question est d’une importance quelconque, ce rassemblement aboutira en émeute de police : encore d’autres gros titres de propagande en faveur d’institutions balourdes.
Par exemple, la démonstration de Seattle en 1999, contre l'organisation mondiale du commerce, fut signalée avoir induit « des millions de dollars de dégâts. » Tous ces dégâts furent attribués à la conduite tapageuse de ce qui s’est prouvé une foule parfaitement légitime de protestataires moyens se comportant fort bourgeoisement, du moins avant que la police ne les ait refoulés.
En fait, quelques vandales boutonneux ont pu casser des vitrines, mettre le feu à une benne ou deux d’ordures et renverser quelques voitures, dans leur actualisation sur le plan réel du jeu vidéo L’anarchie au drapeau noire. Leurs dégâts n'ont tout au plus surpassé deux cent mille dollars de valeur contemporaine. J'étais là, tant durant qu’après, et j’ai tout vu. J'ai appelé ensuite chez les journaux, et leur ai défié d’énumérer ces célèbres « millions de dollars de dégâts. » Personne ne s'est donné la peine de rendre mon coup de file et personne que j'ai pu trouver n’a rédigé un exact compte rendu de ces dégâts.
Néanmoins, cette émeute policière à Seattle en 1999 s’est déchue dans l'histoire officielle comme une vicieuse attaque de la part des masses, à l’encontre de la propriété et la conformité. Exactement la même chose s’est passée à Seattle en 1968, lors d’une grande démonstration pacifiste contre la guerre au Vietnam : son reportage pareillement fautif.
Est-ce donc comment les principaux événements sont commémorés dans les médias de l’histoire orthodoxe ? Je ne puis que conclure : « La vache ! Quel système raffiné de renseignement politique ! » Voir Apprendre à danser, pour l’option des Apprentis.
« Rend à César ce qui appartient à César. » Bien sûr, cette citation biblique pourrait autant bien dire que César ne possède rien et que rien ne lui est dû. Après tout, quelle autorité César peut-il nous quémander, comparé à celle de Dieu ? Le sens contraire dérape nos sens : des maîtres d’armes idolâtrent Son casier de torture et noient en sang Ses idéaux sacrés : sang symbolique sinon trop véritable, prends ton choix.
À quoi d’autre devons-nous nous attendre du christianisme d’armes : ce vénérable programme de soulagement pour des désespérés exaucés ? Quant à cette hypocrisie furtive, les autres religions mondiales ne s’attardent pas loin en arrière. Les religions d'abnégation rendent grand service à la mentalité d’armes : elles en aliènent les meilleurs, en isolant leur esprit de la vie politique et en leur contentant de fausses contemplations mystiques. Les seules religions plus ignobles que celles qui encouragent les gens à abandonner le monde réel, sont celles qui les encouragent à simplifier le monde actuel au moyen de suppléments de violence.
Mais l’essentielle bonté de ces religions leur permit de survivre, nonobstant leurs erreurs et hypocrisies accrues en soutenant la terre en armes, puis en étant aggravées. Les bonnes politiques et religions fleuriraient ensemble, au monde paisible, chacune servant à renforcer la bonté dans l’autre, aussi pour prévenir ses méfaits.
Les fonctionnaires gouvernementaux aiment à administrer de ronflants serments. La plus désagréable l'institution, le plus grondant son serment de fidélité et le plus souvent qu’il doit être invoqué. Hitler fut un grand enthousiaste de vigoureuses cérémonies de prise de serment qui l’ont attaché à ses gens de façon plus attentive, jusqu’à leur ultime destruction. Il est certes plus facile d'obtenir que des gens s’assassinent, pourvu qu'on leur fasse prêter serment de le faire d'avance.
Toutes les communautés d’armes glorifient ce dévouement suicidaire. La propagande de Prisme contredit des principes « de vivre et de laisser vivre » que tout le monde reconnaît supérieurs. Paul Lackman constate les kamikazes et les suicides collectifs des Japonais durant la seconde guerre mondiale ; pourtant devons-nous inclure toutes les tendances sacrificatoires provenant de la mentalité d’armes : toutes foncièrement interchangeables.
Dans quel état d’esprit devrais-tu te mettre afin de larguer une grosse bombe au milieu d’une ville affairée ? Imagine-toi volant par-dessus cette métropole. La vois-tu clairement ? Maintenant, lâche ta bombe. Tu aurais dû être dingue. Tu ne serais qu’un terroriste enragé, rendu au désespoir par toute une vie de souffrances et d’humiliations ; sinon un pilote militaire talentueux, courageux et dévoué, accomplissant ton service militaire en échange de ta réalisation de l’amour du pilotage.
L’aboutissement serait pareil : un champ de destruction embrasée, plein de corps en lambeaux et de débris à nous de nettoyer ensuite, le cœur brisé et au montant énorme. Un gâchis total, de toute façon. Comme s’il n’y eut aucune pauvreté dans ce monde, comme si nous jouissions d’assez de richesse et de bonne volonté en surplus pour pouvoir en gaspiller ainsi.
La culture moderne révère des nobles guerriers qui poursuivent leurs privations, endurent des tortures avec stoïcisme et tiennent bon sur leurs dernières positions, contre des forces irrésistibles. Ils doivent violer à sang froid des lois fondamentales de l’humanité, sont sacrés parce qu’ils ont outrepassé la moralité du bon sens.
D’une manière ou d’une autre, nos institutions induisent sans opposition la souffrance des masses. Leurs victimes sont déshumanisées et distancées de l’actualité. Par convention, les individus sont remplaçables et les institutions, elles, irremplaçables.
Les ordres de la gestion paisible seraient exactement contraires. Chaque individu est une précieuse dynamo de bonté et de mauvaises démarches. Nous devons développer et modifier de nouveaux instruments sociaux afin de magnifier ces bons traits et canaliser les pires dans des jeux et pièces de théâtre à demi inoffensifs.
Malgré les interventions sacrées de Moïse, Bouddha, Jésus et Mahomet, la PROPORTION des bonnes et des mauvaises conduites humaines n'a jamais semblé changer durant toute l’histoire. Les bons païens de naguère furent les égaux en bonté et en nombres proportionnels aux bons croyants d’aujourd'hui ; les vicieux païens, proportionnellement tant nombreux et nauséabonds que les extrémistes religieux et idéologiques d'aujourd'hui. Le sacrifice humain qu’ils réclament aujourd’hui, en jihad et en guerres saintes et idéologiques, ce n’est qu’une continuation institutionnelle du sacrifice humain qu’ils pratiquèrent jadis en personne et aux mains sanglantes. Autant hier qu’aujourd’hui, beaucoup de non-croyants, d’athées dévots et de pratiquants d’éthiques situationnistes ont recensé par où le zéphyr soufflait.
Ainsi n'aurions-nous jamais su modifier la moyenne des actions humaines, pour autant les bonnes que les mauvaises. Aucun de nos saints ne l'a réalisé ni nos prophètes ni nos sauveurs, et je doute que personne d'autre ne puisse le réussir. Et alors ?
Toutefois pourrions-nous traduire la QUALITÉ de nos comportements vers le bon ou le mauvais sens du spectre éthique. Nous pourrions fortifier les articles des droits humains, par exemple, et pousser notre société vers une éthique améliorée ; sinon faire marche arrière, au génocide officiel et à l’esclavage légal, et refouler davantage de gens et de décisions vers le mal.
Thomas Jefferson s’assujettit aux abus et à l’hypocrisie de l'esclavage. En souffrant de ce fardeau, il fut moindre homme que le bigot le plus fanatique, une fois que l'esclavage serait aboli. Ainsi de même pourrions-nous demeurer exactement les mêmes personnes que nous sommes aujourd'hui, et pourtant nous rendre en meilleurs praticiens du bien, en remplaçant simplement nos institutions d’armes, par des instruments plus raisonnables de paix.
Des instruments valides INVITENT la critique et ses transformations. Il n'y a aucune bonté irréductible dans nos institutions ; nous les avons simplement adoptées pour le moment. Elles méritent moins de dévouement que des anneaux féeriques de champignons poussant parmi des chênes de druides. Des institutions trop longtemps incontestées ont tendance à s’attiser d’égoïstes parasites et d’idiots autoritaires ; ratent-elles leur but de plus en plus spectaculairement au passage du temps.
Toi, moi, TOUT LE MONDE : nous sommes tous directement responsables du progrès. La salubrité de notre conscience morale ne fait aucune exception … contrairement à nos institutions maladives qui, elles, nous proposent des exceptions en série. Dès qu’une institution se rend si inflexible qu'elle facilite le mal, elle doit être exposée aux corrections immédiates et consécutives. Ses malfaiteurs adjoints doivent être bannis du pouvoir institutionnel, du moment qu’ils commencent à improviser sur les thèmes : « Nous n'étions pas les responsables ; nous suivions tout simplement les règlements, la politique, les directives de profit, la concurrence, etc. »
« Peu de pratiques sont plus révélatrices de l'homme guerrier, que sa tendance à escamoter sa part dans les souffrances et les tragédies qu'il inflige… Comment les hommes peuvent-ils perpétrer, nonchalamment en groupes, des actes qui les tourmenteraient au-delà de l’endurance s’ils les entreprirent tout seuls ? …
« Assis dans nos salons et écartés de l'action et des passions, nous préférions en grande partie croire que nous ne céderions plus jamais aux anciennes haines. Du point de vue historique, notre succès à endiguer cette marée n'a pas été bon …
« Peut-être même pire, peu d’entre nous ne sachons à quel point la crainte et la brutalité pourraient nous transformer en créatures prises au piège, apprêtées aux croques et aux griffes. Si la guerre m'a enseigné quoi que ce soit, elle m'a convaincu que les gens ne sont pas ce qu’elles semblent être ni même ce qu’elles se croient d’être. Rien n'est plus tentant, quand advient la peur, que d’abdiquer à la dominance de la nécessité et d’agir aux ordres d'autrui de manière irresponsable. Nous parlons facilement de la liberté et de la responsabilité, sans presque jamais reconnaître le courage de fer exigé pour les rendre efficaces en notre vie. » J. Glenn Davis, Les guerriers : Réflexions sur les hommes en bataille, Harcourt, Brace et Co., New York, 1959, pp. 168-169.
Au lendemain que les conquérants Nazis ont ordonné aux Danois juifs de coudre une étoile jaune sur leurs habits, le roi du Danemark prit sa chevauchée matinale en la portant. Nombreux ceux parmi ses sujets qui ont suivi son noble exemple et ainsi rétabli l’honneur de leur nation défaite.
Voici une légende magnifique. Très souvent, durant l’occupation allemande, le roi, Christian X, fit à cheval et sans escorte sa promenade matinale en ville afin de demeurer en bon contact avec son peuple. Les Allemands n’ont jamais imposé l’étoile jaune aux Danois juifs, mais à ceux ailleurs.
Bien rares les non juifs s’étant mis ce tricot fatal.
Le fait demeure que presque tous les Danois juifs furent dérobés en Suède et sa sécurité relative, sous le museau flairant des Nazis. Les Danois en général ont conclu que si les Nazis avaient imposé l’étoile jaune, leur roi l’eut porté en premier. Si nous pouvions nous assurer que tous les rois seraient tant honorables, APPRENTIS seraient partisans de la monarchie. À vrai dire, une noblesse internationale et intégralement digne de se nom, serait encouragée au monde en paix.
Quand tu affrontes le dilemme ordinaire d’obéir aux règlements ou de rendre la main à quelqu'un sans nuire aux autres, entreprends le second avec conviction. Si tu surveilles de telles personnes, protége leur obligation de faire du bien. Si ces décisions étaient banales, beaucoup de règlements protecteurs deviendraient redondants. Si les employés criminels d'une institution quelconque sont incapables de décrasser leurs démarches, ils ne peuvent plus réclamer notre appui. Dépourvus de notre appui, leurs institutions préférées s'écrouleraient … sans égare au niveau de terreur qu’elles pourraient inspirer.
Nous habitons une scène globale incroyablement délabrée. Regarde-moi ça ! Elle nous réclame une amélioration saisissante.
Le fantôme revenant de Sir Lawrence Olivier pourrait recruter ses acteurs favoris en une troupe de bourreaux de travail brillants et obsédés de perfection théâtrale ; ces braves pourraient se taper des années à répéter leurs scènes, et des mois en plus à parfaire leur costume. Si, cependant, leur présentation de Falstaff eut lieu dans une benne à ordures renfermée, leur rendement en serait endommagé, peu importe leur élan.
On m'a répondu, pour se marrer un peu à mon compte, que s’aurait valu le coup d'assister à ce triste spectacle. Comme leçon morose de bonne moralité, peut-être ? Moi, je préférerai assister à leur Shakespeare joué quasi-parfaitement sur une scène excellente.
Leurrés par la mentalité d’armes, nous avons gaspillé des vies entières à régler précisément notre perfection particulière, au centre d’un camp de concentration global. Une fois que notre poursuite de l’Apprentissage, de l’abondance, de la justice et la nature, transformera cette benne à ordures de terre en armes en un monde paisible digne de notre génie – et seulement alors – notre quête d’auto perfection sera en mesure de porter fruit. Entre temps gaspillons-nous des vies précieuses en échange de palliatifs triviaux et d’une sainteté bien largable, tout simplement pour nous sentir un peu mieux, malgré notre faillite intégrale.
La preuve réside dans les derniers milliers d’années de l'histoire. Mal lisant les instructions de nos prophètes, nous n'avons rien poursuivi de façon zélée que notre sainteté particulière. En dépit de cette quête incessante, nous avons ruiné notre moralité, gâché nos schémas sociaux et invité chez nous le désastre militaire, afin de ruiner notre festin de fin de semaine.
Il n’y a pas de quoi se marrer.
Quand nos institutions encouragent le mal (comme le fit l'esclavage), elles nous mènent à empirer l’esprit commun malgré nos meilleures intentions. Une fois que nos institutions nous exigeront de mieux faire – et cela de plus en plus souvent, libéré de paradoxes et sans compromis – nous nous comporterons mieux, sans grand besoin d’extraordinaires perfectionnements particuliers. Nous découvrirons qui nous sommes, en réalité : des êtres parfaitement adaptés à vivre ensemble en paix et en harmonie, soit nos faiblesses transitoires. Une fois que nos institutions se parachèveront, nous trouverons notre poursuite de sainteté particulière étonnamment bien avancée.
Ce renversement funeste de priorités personnelles et institutionnelles, survient des distorsions usuelles de notre perspective historique. Selon cet abord commun, nos institutions nous semblent comme des corniches monolithiques de granite, soigneusement sculptées et polies le long de siècles d’essais et d’erreurs. En revanche, chaque vie mortelle nous paraît aussi éphémère et transitoire que la première goutte de pluie sur une toile de zinc ensoleillée. Il paraît plus judicieux de doter nos institutions de qualités catégoriques de permanence et de perfection, et d’agacer nos esprits périssables avec des adjurations à n’en plus finir de perfectionnement particulier.
Les Apprentis renverseront ces attributs. Nos institutions sont des bouche-trous fragiles et éphémères que nous avons gréés, ces derniers siècles, pour mieux nous débrouiller ; tandis que nos traits humains ont pris des millions d'années pour nous adapter parfaitement à ce monde et à l’un l’autre. Nous pourrions transformer nos institutions, dans quelques semaines, mois ou années ; mais la tâche de changer (d’améliorer) la nature humaine nous semblerait comme de broyer Mont Blanc avec une brosse à dents.
Le problème demeure : comment améliorer nos institutions de façon paisible et donc par consentement quasi-universel ? Nous devons recruter tous ceux s’étant rendus au désespoir, et poursuivre le consentement de ceux ayant fabulé d’avoir quelque chose de considérable à perdre dans cette transformation.
Comment éviter de régler tout ça, avec, par et pour l'épée ?
Il ne nous reste qu’une alternative aux appâts de l'antinomie d’armes et de paix, c'est-à-dire le monde paisible. Nous devons infuser notre constellation de métaphores politiques avec des vocabulaire et dialectique supérieures. Pour la première fois dans l’histoire, nous devons strictement suivre le train de nos propos (au lieu de parler dans un sens et d’agir en sens inverse), et reléguer nos technologies et mentalités d’armes au statut résiduel.
« Les êtres humains n'habitent pas un monde objectif tout seul ni tout seul le monde des activités sociales, comme compris d’ordinaire, mais sont plutôt à la merci de la langue particulière qui s’est rendue la mode d'expression de leur société. Au fait, le « monde véritable » est en grande partie échafaudé, de façon inconsciente, sur les habitudes de parler du groupe. » Edward Sapir, « Le Statut de la Linguistique en tant que science » “The Status of Linguistics as a Science,” Language (Charlottesville, Virginia: Linguistic Society of America), vol. 5 (1929), p. 209.
« Nous sommes enseignés par tous ces préalables à entretenir aussi attentivement que possible le point de vue, la patience et la compétence de Dieu. » Buckminster Fuller, Critical Path (Voie cruciale), St. Martin Press, p. 251.
Pendant la seconde guerre mondiale, tous les Européens ont dû faire face au même choix : défier les Nazis ou embrasser leur foi. Aujourd'hui, c'est à toi choisir. Nul temps ne reste pour esquiver ton épreuve principale, semblant le passe-temps humain favori ; nul part ne reste où courir te cacher. De la Nouvelle Zélande à Novaya Zemlya, tu devras choisir entre le risque mortel et la faillite morale, à moins que tu n’acceptes de te rendre en un Apprenti digne de ce nom. Cette lecture te permet quelques instants supplémentaires de réflexion afin de peser tes options avant que ne débute le scrum.
Quoiqu’il te sera d’abord nécessaire de larguer quelques lests mentaux. L’attitude mentale que tu dois considérer abandonner inclut trois niveaux, chacun comprenant le précédent et empirant ses dégâts. Tu peux élire d'être :
· méconnaissant : « Je ne peux rendre confiance qu’en des idées que j'ai déjà assimilées au moins cent fois : les moins susceptibles de m’apporter des ennuis. Rien d’autre ne compte tant. »
· crédophobe : « Je n’accepte vraiment rien de ces bibines dont ils m’ont si souvent bourrées le crâne; mais je ne peux me permettre de croire en autre chose. »
· fanaticophobe : « Je ne peux rendre confiance qu’en ceux qui me répètent des idées ordinaires. Quiconque témoignerait autrement doit être un fanatique, une noix de coco ou un colporteur d’huile de serpent. Personne ne peut m'escroquer ; je suis bien trop "cool" et subtil pour le lui permettre. »
Ces jours-ci, presque tout le monde s’est rendu en fanaticophobe.
Tu peux réfuter ces arguments et endurer l'ostracisme que provoquera ta contestation. Prends ton propre chemin, pour changer un peu ; choisis de prendre quelques risques selon ton gré. Il n’y a que toi qui puisses déboucher tes oreilles à l’égard de nouvelles idées. Cela demande du cran et un discernement supérieur.
Aurions-nous de quoi l’effectuer ? Je te crois l’avoir, puisque tu as lu jusqu’ici.
L'orthodoxie dominante nous prie d’assister à un « nouvel ordre mondial » fondé